(Cliquer sur le régiment correspondant ou voir ci-dessous les derniers soldats entrés dans la Mémoire)

(Jean Cathebras au 342e RI)

 

Pages complètes des nouveaux soldats en ligne ci-dessous.

Un immense merci aux familles grâce auxquelles Massiges retrouve sa Mémoire ; à Annie Mandrin, Robert Beaufrère et à son petit-fils Adrian, sans lesquels beaucoup de ces recherches n'auraient pu aboutir !

NEW !

Mort Pour La France à Massiges le 28/09/1915

Dominique POUJOL

Lieuran-Cabrières, HERAULT

22e RIC, 2e Bataillon, 7e Cie

Né le 04/08/1883, fils de Beloni et de Marie Beaumel ; classe 1903, matricule 983 au recrutement de Béziers.

1,65m ; cheveux et yeux châtain clair

Profession : propriétaire

Service militaire au 17e RI en 1904, puis au 142e RI en 1905 ; soldat musicien en 1906

Mobilisé au 4e RIC le 01/08/1914 ; passé au 7e Bataillon Colonial le 19/09/1914.

Blessé à St Eloi le 06/11/1914 (une balle lui a traversée l'épaule)

Passé au 22e RIC le 03/05/1915.

(Dominique Poujol avec des frères d'arme)

01/08/1915 :

"Je suis logé dans la forêt comme les loups à deux kilomètres à l'est de Suippes que tu peux voir sur la carte.

Inutile de te dire si le canon tonne il vaudrait mieux entendre la petite cloche de notre petite église, que ces maudits canons qui font tout trembler. Pendant la nuit nous voyons les fusées volantes que les bôches font partir en l'air pour voir ce qu'il y a en avant d'eux, et je t'assure qu'elles éclairent beaucoup et loin, on dirait des lanternes d'autos.

(Dominique Poujol lui envoie plusieurs bagues qu'il a fabriquées)

30.08.1915 :

"J'aurais voulu t'écrire plutôt mais étant depuis quelques jours en face ces sales et maudits Bôches, on a pas toujours le temps disponible pour faire une lettre (...)"

Nous sommes assez bien nourris, mais les colis que tu m' envois me font tout de même bien plaisir, nous avons un quart de vin à tous les repas, et un quart de café le matin et le soir, quant au sommeil, tu sais combien je l'aimais, et bien maintenant il m'est impossible de dormir soit pour une cause ou pour une autre, le bruit de canon, mal couchés, ou les poux, qui malgré l'essence d'aspic ou le Camphre, je les sents toujours, et toujours j'en aurais, du moment que les abris en sont partout infestés. Je t'assure que ma vie ou plutôt notre vie est bien triste."

 

02.09.1915 :

"Encore je n'ais pas étréné l'imperméable mais je crois l'étrenner bientôt, il me va bien, et me convien beaucoup, maintenant il peut pleuvoir et je suis tranquille, il m'arrive jusqu'aux jenoux. On m'a changé de pantalons, je porte des pantalons-culottes avec une raie jaune de chaque côté, larges en haut, et étroites en bas que je ferme avec des cordons, ensuite une capote gris-clair ainsi que le képi."

 

15.09.1915 :

Déjà à cette date la claire conscience  d'une terrible offensive à venir...

"Pardonnez-moi tous si je vous fait de la peine en vous écrivant ces quelques mots, mon coeur est trop douloureux pour que je ne vous en fasse part, et étant trop gros, il faut que je m'adresse, à vous tous qui m'êtes si chers, pour me consoler.

Si je vous adresse à vous tous c'est que je vois devant moi un horizon bien sombre, dont je ne puis vous en donner des détails. Pour vous il n'y a qu'à prier pour moi, et attendre (...)."

 

Son émouvante dernière lettre écrite la veille de son décès :

"27 septembre 1915

Très chère épouse, cher fils

Chère mère et tous mes très chers parents bien aimés

C’est au milieu de la fournaise terrible que je vous envoie encore un doux baisers a tous et bien veuille que je puisse vous écrire encore une autre fois. Je me recommande à vos prières

Je n’ai pas de nouvelles d’ Alexandre ni d’Albert je suis plein de boue jusqu’aux oreilles je suis méconnaissable .c’est à la hâte que je t’écris pour te dire que je suis encore bien portant pour le moment .il est probable que tu restes sans nouvelles de moi de quelques jours

Je t’envoie à toi et à tous mes meilleurs baisers de ton pauvre époux .je te remercie de tout ce que tu as fait pour moi

Prie bien pour moi

Ton pauvre époux

Embrasse bien le petit augustin pour moi

Pauvre petit reçois un bon baiser de ton papa chéri

Ton cher époux

Miqou"

 

Son régiment est engagé à Massiges dans la terrible Offensive du 25/09/1915.

Le 27/09/1915, son Bataillon est toujours à la disposition du Lieutenant Colonel commandant le 24e RI, il occupe pendant toute la journée le flanc droit du Ravin du Pouce prêt à soutenir le Bataillon Noel.

Le 28/09/1915 dès 6h du matin, la 6e Brigade reçoit l'ordre d' attaquer le bois de la Chenille et le bois Chausson.

Les 22e et 24e Coloniaux doivent attaquer le bois Chausson en partant des pentes sud du Mt Têtu et de 844.

Cette attaque est entravée par un violent bombardement de l'artillerie allemande.

 

Dominique POUJOL est tué à l'ennemi le 28/09/1915 à 17h.

 

Le 4/10/1915, un frère d'arme informe sa veuve des circonstances de son décès :

 

Le 22/10/1915, il lui écrit cette autre lettre : (la date de décès a été rectifiée)

"Votre mari fut le 28 septembre au soir en corvée de vivres pain et vin que depuis les premiers jours de l'engagement on n'avait pu avoir à volonté. Revenant de la corvée avec Jean Guirand (qui maintenant est évacuée pour oreillons) et étant qu'a quelque centaine de mètres de notre poste un obus est venu les frapper en pleine tête et renverssa simplement Guirand qui lui ne fût pas blessé, ce ne fut que le déplacement d'air qui le fit tomber.

Quant à votre cher mari c'est l'éclat qui le toucha et tout ce que je puis vous dire il n'a pas souffert la mort fût instantanée, sitôt l'arrivée de la corvée j'appris par Guérand ce grand malheur qui nous frappa à tous. la première des choses je lui demande si il avait pu lui prendre le portefeuille dans lequel si je ne me trompe, il avait placé la photo qu'il avait reçu depuis quelques jours. ou était son fils puis son neveu et vous aussi. Rien de tout cela n'a pu être effectué, et n'avons pu rien absolument de lui comme nous nous sommes portés tout de suite en avant.

C'est les brancardiers divisionnaires qui dans la nuit après le combat relèvent les morts et en même temps leur enlèvent tout ce quils ont sur eux et sans doute que tout cela vous sera adressé un jour.

Ces brancardiers sont la exprès et les transportent dans des fausses que l'on fait sur un coin de terrain formant cimetière. Maintenant pour le moment impossible pour le prendre. quant a plu tard ce ne sera pas commode n'on plus. Il faut se résigner chère Madame. Combien encore ne sommes pas à l'abri de tout cela" (Achille H)

 

Primo-inhumé dans un cimetière provisoire de la Main de Massiges, Dominique Poujol est ré-inhumé en 1923 dans l'un des ossuaires de la Nécropole militaire du Pont de Marson.

Dans l'intervalle le sort s'est encore acharné sur cette famille endeuillée...

"Son épouse Henriette décèdera de la grippe espagnole en 1918 ; leur fils le petit Auguste mon grand-père si souvent cité dans ses lettres finira dans un orphelinat de l’Aveyron comme pupille de la nation et ne reviendra a Lieuran-Cabrières qu’ à l’âge de 18 ans. Il se maria avec ma grand-mère Agnes Bousquet lieuranaise aussi et ils auront mon père qui naitra en 1939.
Mon père est déjà venu il y a 30 ans à la recherche de son grand-père".

Mlle Poujol Anne, son arrière petite-fille

(Avec son aimable autorisation)

 

 

Combats de Massiges (Cratère, Arbre aux vaches, col des Abeilles) de Janvier à Mai 1916

Pierre PELOFI

Comus, AUDE

Caporal téléphoniste au 142e RI

Né le 17/04/1894, fils de Léon et de Catherine Parda

1,64m ; cheveux et yeux noirs

Profession : Instituteur

Incorporé au 142e RI le 05/09/1914 ; parti aux Armées le 01/03/1915

 

La plus grande partie de sa guerre, après les combats dans la région d’Ypres, se déroulera en Champagne dans les secteurs d’Auberives, Minaucourt, Les Hurlus et la Main de Massiges, avant qu’il ne rejoigne Verdun.

Le 16 Janvier 1916. Arbre aux vaches.

Bien cher père.

Je réponds à votre lettre du 9 Janvier. J’ai été heureux que vous ayez fait la connaissance de la famille Doutre car le fourrier est l’un de mes meilleurs camarades du 142. Nous reviendrons sûrement en permission ensemble, nous l’inviterons à venir faire un repas avec nous.

Je suis en ligne, dans un secteur assez calme. Je ne vous dis pas où je me trouve c’est rigoureusement interdit, mais c’est une partie du front dont on a parlé le plus souvent et où se sont déroulés les plus terribles combats. J’habite ici une véritable forteresse creusée dans le roc. J’ai, sur ma tête, pour me protéger, quatre ou cinq mètres de terre. Mon poste serait bon mais je suis très loin de la cuisine, trois kilomètres et demi environ, ce qui ne me permet de ne faire qu’un repas par jour ; à part cela je n’ai pas trop à souffrir. Mon lit est un brancard d’infirmiers, je n’y suis pas trop mal et je souhaiterais de finir la guerre dans ces conditions.

Ma chère sœur. Col des Abeilles.

Je réponds à ta carte que tu m’as envoyée à la hâte et que j’ai reçue hier. Je savais que l’Adjudant Palanquié devait venir en permission. Je l’ai même vu le jour où il partait ; si j’y avais pensé je lui aurais remis un petit colis à ton adresse mais il est passé précipitamment. Il te racontera sans doute qu’il était avec moi au col des Abeilles et que nous causions ensemble jusqu’à minuit. C’est un garçon très courageux, peut -être même le plus courageux de tout le régiment. Tu as pu voir qu’il portait de nombreuses médailles. Il a actuellement six citations à l’ordre du jour….

Ici le temps n'est pas beau il neige, il pleut, il fait très froid. Malgré cela, je ne souffre pas trop.

J'ai vu le "brave" Bourriel dans un boyau, il faisait bien piètre mine. Il relevait la tête chaque fois qu'il entendait passer un obus.

Je t'embrasse bien fort. P. Pelofi

Le 12 Février - Main de Massiges.

En ligne la vie devient pénible. La pluie et la gelée ont désagrégé les boyaux et les tranchées. Les parapets s’éboulent dans les flaques d’eau, la boue collante, pétrie par le piétinement atteint déjà les genoux. Par endroits les abris s’effondrent où se remplissent d’eau. Figurez-vous que dans mon poste, pour lutter contre l’eau envahissante, nous la vidons avec une boîte….

27 Février - Main de Massiges.

Nous sommes en première ligne, toujours la même place. L’hiver se fait sentir plus que jamais ; il neige pendant la journée, il gèle pendant la nuit.

Les tranchées et les abris s’éboulent . Notre vie est rendue pénible par un travail constant de reconstruction, de réinstallation. Mais l’hiver passe nous allons être au mois de Mars…

Le 4 Avril – Main de Massiges.

Ici rien de nouveau. Il a plu dans la journée d’hier et dans la matinée d’aujourd’hui ; aussi nageons nous dans la boue. Jusqu’à ce jour, le temps avait été très beau et la chaleur accablante dans l’après- midi. Le printemps bat son plein. Tous les arbres sont en fleurs, les prés verdissent ; les beaux jours sont revenus, et avec eux un peu d’espérance. Souhaitons qu’elle ne sera pas déçue…

Caporal le 17/05/1916

Le régiment entrera en ligne à Verdun le 19/05/1916 où il occupera le secteur de Vaux.

Disparu le 02/06/1916 à Damloup, présumé prisonnier.

Il connaîtra la dure vie des camps disciplinaires après chacune de ses tentatives d’évasion la dernière réussie, il terminera la guerre, avec neuf de ses camarades d’évasion, un Mauser Serbe à la main, aux côtés du Comité National Yougoslave qui leur offrira les fusils et les drapeaux accompagnés des documents qui leur permettront de les ramener en France.

La correspondance liée à cette période montre beaucoup de tristesse et d’ennui, le sentiment d’une totale inutilité bien plus empreinte de mélancolie que ses « lettres de guerre ».

Rapatrié le 28/11/1918, passé au 143e RI le 03/01/1919

Citation :

"Blessé à la tête par éclat d'obus le 26/08/1915 en réparant une ligne téléphonique dans un boyau (à Auberive) violemment bombardé, n'a pas quitté son poste et n'a consenti à se laisser panser qu'après s'être assuré que sa ligne fonctionnait à nouveau.

Fait prisonnier, a tenté de s'évader."

Croix de guerre avec étoile vermeil (bronze?)

Médaille des évadés, médaille militaire

"Baigné dans mon enfance par ses récits j’ai eu l’immense plaisir de retrouver les lieux qu’il a connus, de pouvoir suivre sa trace sur ces terres aujourd’hui réhabilitées mais qui laissent encore apparaître bien des cicatrices pour qui veut les lire.

Il a aussi combattu au Mesnil, ferme de Beauséjour enfin, la où le 142 a combattu dans le secteur de la Main. J'ai consigné toute "la partie guerre" dans un ouvrage - à usage personnel-  qui reprend toute la correspondance et "romance" sa vie au front, sachant, qu'enfant il m'a raconté sa guerre.... je me souviens combien "Le Mesnil les Hurlus" était un nom qui m'avait frappé et que je n'ai jamais oublié.

Le travail qui a été accompli sur la Main de Massiges est particulièrement émouvant et d’une rare qualité. On ne peut que féliciter et remercier les personnes qui ont œuvré là pour que reste au regard de l’histoire la mémoire de ceux qui y ont vécu, y ont souffert, y sont morts pour que cette terre vive libre sous la lumière de Champagne. Merci".

Jean Louis Pélofi, son petit-fils.

(Avec son aimable autorisation)

 

 

DISPARU MPLF à MASSIGES le 03/02/1915

Pierre SIPRA, 32 ans

La Fajolle, Aude

4e RIC, 9e Cie, 3e Escouade

 (plaque de poignet confiée par Jean-Pierre Mainsan, trouvée par Jean Mathieu, le père de Thérèse)

Avec la précieuse aide de Mr Jean Marc Bisserie (frère de Mme Arlette Belou) et de Mr René Sipra, petit-neveu du soldat, Annie a retrouvé sa PETITE-FILLE Arlette, 83 ans, très émue : sa grand-mère lui a souvent parlé de lui.

"Sachez que cela nous touche tous et que l'on a le sentiment de retrouver un être cher même si nous ne l'avons jamais connu, c'est une partie de lui que vous allez nous restituer." (Mme Anne Belou, son arrière petite-fille)

"Nous sommes très émus, et les arrières petits-enfants de Pierre SIPRA seront très impressionnés." (Mr Bisserie)

 

Né le 18/02/1882, fils de Charles et Madeleine Chourreu ; classe 1902, matricule 1318 au recrutement de Narbonne.

1,60m, cheveux châtain clair, yeux bleus

Profession : Cultivateur

Effectue son service militaire en 1903 au 122e RI, puis ses périodes d'exercices au 80e RI.

Epouse en 1906 Rosalie ("Rose") Fourie : Magdeleine naît en 1908 suivie de Jane en 1912.

(Rose Sipra)

Le 13/08/1914, Pierre est incorporé dans le 4e RIC.

La châleur de cet été est accablante et parfois meurtrière : le JMO du 4e RIC rapporte que "les réservistes non habitués au sac (35 kilos!), non entraînés, se couchent le long de la route, il faut en arriver aux menaces pour les faire avancer".

Son régiment prend part aux combats violents de septembre 1914 à Massiges.

"Depuis le 16 septembre, temps détestable, pluie et vent froid. Les hommes souffrent beaucoup surtout la nuit malgré les abris en paille qu'ils s'ingénuent à établir dans les tranchées".

La retraite de l'ennemi continue et le 4e RIC à l'avant-garde de la 2e DIC, le poursuit sans relâche. Le 4e RIC participe ensuite à quelques actions autour de Virginy et Massiges. Il relève le 22e RIC sur les hauteurs au Nord de Massiges et tient garnison dans des tranchées en attendant la reprise de la marche en avant".

 

Lettre du 09/11/1914 à son épouse Rose et sa fille Magdeleine ("Magdou") :

(Rose exerçant le métier d'institutrice, leur plus jeune fille "Janette" est gardée par les parents de Pierre)

 

Virginy le 9 novembre 1914

Bien chère Rose et Magdou, 

Il est 9 ½ du matin je viens de passer la visite, je suis guéri

le major me dit que je peux reprendre mon service par conséquent ce soir il faut reprendre

le chemin des tranchées, j’aurais bien voulu que cela dure un peu plus longtemps. Enfin que veux-tu je ne suis pas pour me reposer, d’un côté je préfère,

si j’ai l’honneur d’arriver sain et sauf ce sera une gloire de ne jamais

avoir quitté le champ de bataille.

Je n’ai pas encore reçu le colis annoncé déjà avant-hier.

Aujourd’hui il fait frai toujours le brouillard mais nous n’avons toujours pas vu

la neige ce qu’il parait qu’il n’en tombe pas beaucoup. Je suis assez couvert

pour supporter quelque chose, tu n’as pas besoin de m’envoyer le caoutchouc,

cela me chargerait trop mais à mesure qu’il me faudra quelque chose je te le

ferais savoir, maintenant pour la ceinture de laine que tu dois m’envoyer je ne

dis pas non, je la mettrais avec plaisir.

Donc pas du souci pour moi, soignez-vous afin que nous puissions nous retrouver

tous en bonne et parfaite santé.

Quand tu écriras à la famille Mage donne bien le bonjour de ma part de gros baisers

à notre petite mignonne sans oubliez notre mamanotte. Il y a déjà quelques jours

que je n’ai rien reçu de René, je suis peut-être un peu exigent, je voudrais avoir

des lettres tous les jours.

Enfin que te dire les nouvelles de la situation de la guerre sont assez bonnes pour

la France, nous lisons de temps en temps quelques journaux mais anciens.

Dis moi un mot sur cela de temps en temps tu dois recevoir la dépêche comme avant.

Lettre incomplète et non datée à Rose :

Je reçois toujours des lettres qui me font un grand plaisir, hier j’ai reçu

celle des lacets aujourd’hui ta lettre du 15 courant.

Je reçois à l’instant le colis de Marguerite le tout est au complet merci

du chocolat et de deux petits flacons on va le boire à votre santé à la

promite victoire de notre chère France et à notre prochain retour.

Je n’ai pas encore reçu ton colis expédié par la gare, il arrivera bientôt ainsi

que la ceinture celui-là fera deux fois qu’il verra Virginy.

Aujourd’hui le temps est assez beau mais il pleuvra surement avant la nuit.

Que vous dire de plus la santé est fort bonne je désire qu’il en soit de

même pour vous tous, et notre chère Janette que fait-elle va-t-elle mieux

de sa rougeole tenez moi au courant, merci à maman de m’avoir ci bien arrangé

le capuchon cela me préservera toujours un peu, en voilà une idée s’il en reste

un peu d’étoffe pour faire une paire de bas cela me préserverait, ici les officiers

ne craignent rien ils passent dans l’eau jusqu’aux genoux ils portent des bas en

caoutchouc.

Mille choses à la famille Mage ainsi qu’à maman

Million de baisers à mes deux petites et pour toi chère Rose mes plus tendres caresses

de ton Pierrot.

 

Lettre du 11/12/1914 à Rose :

Virginy le 11 décembre 1914

Bien chère Rose et Magdou, 

Nous voilà de nouveau dans notre chic patelin depuis avant-hier, nous sommes

allés prendre positions près des Boches, la boue a été notre premier plat, nous en

avions jusqu’aux genoux, on ne pouvait marcher, arrivé aux tranchées, croyant

pouvoir allumer un bon feu afin de pouvoir se sécher les pieds, notre casbat était

tombé à cause des grandes pluie qui tombent. Il fait un temps affreux, il a fallu

se mettre en œuvre pour remonter notre modeste abri, nous y avons passé toute

la nuit avec quelques averses qui arrosait, maintenant j’en ai monté avec un plus

chique et plus solide elle est en planche avec très peu de terre dessus on sera

moins dangereux si elle vient à retomber, dans la même un autre éboulement

d’une autre casbat il y avait quelques types dessous, il n’y a pas eu de mort mes

tous blessés, dans la notre j’y ai un petit fourneau avec tuyau, une foi allumé il

chauffe très bien notre petite cahutte.

J’ai reçu des nouvelles des mages et des Parisiens ils sont tous en très bonne santé.

Marguerite me parle beaucoup de notre petite Janette elle est s’y mignonne elle ma

dit qu’elle c’est dire « papa fait quic aux Ayemands » et que l’on lui pose la question

Et les Allemands ? elle répond font quic à papa, a la pauvre petite elle a bien raison.

Eva est arrivé à Paris il y a déjà quelques jours ils me demandent de mes nouvelles,

je leur ai écris une lettre 4 lettres avec la tienne quelle correspondance, une à

Marinette, à Paris et aux Mages/

Je n’ai pas encore reçu les ceintures, je crois bien qu’elle sera perdu car depuis le

25 novembre surtout par la poste, Mamanottte utilise le caoutchouc, elle doit m’en

faire une ceinture, un capuchon cela me préservera toujours un peu.

Allon ma chérie ne fais pas du soucis, je vais très bien soignez-vous ne soyez pas

malade.

Million de baisers à Magdou et pour toi mes plus tendres baisers.

Pierre

(en marge : "J’attends une lettre de Magdou encore baisers").

 

JMO du 3e Bataillon du 4e RIC :

 

Lettre du 18/01/1915 de Pierre à ses parents :

Virginy le 18 janvier 1915

Je suis dans les tranchées près des Boches et ces de ma modeste cahute

que je vous écris ces quelques mots, aujourd’hui le temps a assez bonne

mine, quoique la nuit a été très froide il a fait un peu de tous les temps,

pluie, neige, beau temps. J’ai eu par moments bien froid aux pieds, pas

à présent par exemple je suis tout près de ma « joconde » qui répand

une chaleur très vive, vous devez vous demander ce que je veux vous dire

et qu’elle est cette bête là, et bien c’est un petit poêle nouveau système qui

consiste d’un tuyau au trou d’un arrosoir avec une pl….. à feu faite à coups de

pioche, mis en place et recouvert de couleur très vite ….. et en abondance

dans ce pays ci c’est la boue qui une fois cuite devient dure comme du fer,

pour le moment le Boche nous laissent assez tranquille ils sont assez raisonnables,

si de notre part on ne les attissaient pas ils le seraient encore davantage mais

que voulez vous qu’ils disent nous allons travailler devant eux faire des boyaux

sous le nez pour nous y installer plus tard, nous sommes à présent à 20 ou 25 mètres

de leur tranchée nous faisons tous ces travaux de nuit, ils nous envoyent bien de temps

en temps quelques balles qui parfois portent bien, cette nuit il y a eu un blessé, j’aurai

bien voulu être à sa place car rester ici ce n’est plus une vie, surtout un temps pareil,

toujours la pluie et la pluie toujours.

J’ai reçu hier votre lettre dans laquelle j’ai trouvé celle de Rose, je suis heureux de

vous savoir tous en très bonne santé ainsi que notre petite Janette ah que je voudrais

la revoir notre petite mignonne et l’entendre dire ces petites réflexions – dites lui quelle

soit bien sage et je lui apporterai un cheval mécanique qui marchera seul.

Ces jours derniers nous avons reçu des blessés j’ai entendu parler qu’il y en avait

quelque’uns de St Afrique je m’en informerais et je vous le ferais savoir.

Et mamanotte que fait-elle qu’elle se soigne et qu’elle se tienne au chaud le mieux possible

afin quelle ne tombe pas malade et vous deux le papa et la maman de Janette vous qui la

soignez si bien conservez-vous dans une parfaite santé pour que le jour ou la victoire sera

complète et que j’aurais donné ma part de mes forces pour défendre le sol français souillé

par ces salle Boches, le jour ou j’aurais accompli mon devoir, je puisse partir content, heureux

vous revoir dans ce Saint Affrique tous en pleine santé. Hélas je rêve et ce rêve ne peut se

réaliser, la distance est trop longue et les circonstances trop dangereuses pour que je puisse

arriver à bon terme. Si je vous parle ainsi ce n’est pas parce qu’il manque du courage et de

confiance chez moi.

Enfin que vous dire les nouvelles sont minimes je vous quitte faites un million de baisers à

la petite pour moi et pour vous trois une grosse embrassade de votre fils et frère.

Pierrot

 

Extrait du JMO :

 

Lettre datée du 01/02/1915 de Rose : Pierre ne la recevra pas à temps...

Artigues 1 février 1915 

Bien chéri,

Ce matin je n’ai pu t’écrire longuement. Depuis que tu m’as dit que tu étais heureux

Tu trouverais une pièce de sous dans le cachet de cire de l’enveloppe.

de recevoir de longues lettres. Je tache de te faire plaisir mais quelquefois je suis

Si tu la reçois bien je t’en mettrai une de temps en temps.

empêchée d’écrire.

Mon bonjour à Chaubet, Marty le rigolo et tes autres camarades.

J’ai toujours beaucoup d’ouvrage.

Bon courage

Je tiens ma maison très propre et cela m’occupe beaucoup.

Que n’êtes-vous là, tous notre Janette, toi et mémé pour me mettre du désordre et me

faire crier un peu ! C’était le bon temps où je grognais contre les objets mal rangés ou

contre…ce malheureux petit chien qui a failli nous brouiller ! tu me menaçais de partir,

c’était pour rire et aujourd’hui cette menace s’est réalisée par la force des choses et

tu es loin et tu regrettes ton bonheur d’ici ! Courage mon grand tu reviendras heureux

d’avoir combattu pour notre France aimé. Je te ferai oublier tes souffrances par toujours

plus de soins, toujours plus de tendresse tes filles te vénéreront, elles t’admireront.

Déjà 8 jours que je t’ai expédié le colis de 5 kilos par la gare tu ne tarderas pas à le recevoir

quand cette lettre t’arrivera. Ensuite je t’expédierai celui de St Etienne dès que je l’aurai reçu.

Mr Pagès m’a dit que j’avais rudement bien fait de ne pas te commander les bas en caoutchouc.

Ce qu’il y a de mieux dit-il, ce sont les jambières imperméables. Je lui ai parlé de la culotte en

toile huilée, il m’a dit que cela aussi serait pratique. Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt !

Je lui ai raconté que votre Capitaine vous faisait mettre pieds nus pour enlever l’eau des

tranchées, il m’a dit que ce Capitaine avait raison, que c’était empêcher de vous faire geler

les pieds. Enfin nous avons causé beaucoup de la guerre, il est Adjudant mais il est bien

avec ses off. Il dit que Joffre attend le moment comment dirai-je, le moment atmosphérique,

si tu veux, le plus propice pour l’offensive et que le moment là venu, les Boches seront repoussés

avec force, chassés, vauriens ! Ce sera terrible mon pauvre Pierre, bonne chance pour cette

époque là, mars probablement. Il ne faut pas de l’eau, il ne faut pas de la neige, les cours d’eau

ne doivent pas être capricieux comme l’a été l’Aisne dans l’affaire de Soissons.

Je t’ai dit ce matin de te montrer bon pour celui qui ne serait pas choyé de sa famille et de personne.

Je te le répète, fais lui part de ce que tu peux offrir, malheureusement bien peu ; hélas ! pourquoi

ne suis-je pas riche, comme je vous gâterais tous, pauvres soldats ! chaque jour j’expédierais un colis

tantôt à l’un, tantôt à l’autre, hélas ! trois fois hélas !

Tu diras à Auguste…. Que la témérité n’est pas du courage et il faut savoir ménager sa vie comme il faut savoir l’exposer s’il le faut.

Adieu, mille tendres baisers bien doux bien doux.

Tes chéries Rose et Madou

Extrait du JMO du 03/02/1915 :  

"Le 3 février, alerte à minuit, le 4e RIC remonte (de Courtémont, lieu de cantonnement) par le pont de Minaucourt vers 191 et Massiges.

Les Allemands ont fait sauter plusieurs mines, enlevé la côte 191, et le 21e qui occupait la position appelée « la Main de Massiges » a été délogé de « l’Annulaire ».

Le 4e est chargé de la contre-attaque, elle est menée par le bataillon Duchan sur 191 et par le bataillon Barbazan (celui de Pierre) sur l’Annulaire. Le bataillon Barbazan réussit parfaitement, enlève deux lignes de tranchées, tuant, faisant prisonniers plusieurs centaines d’ennemis ; malheureusement le commandant Barbazan payait de sa vie le succès de ses hommes et les pertes étaient lourdes".

 

Pierre Sipra disparaît au cours de cette terrible attaque du 3 février 1915.

Rose tente d'obtenir des nouvelles auprès de ses frères d'arme...

 

Lettre datée du 11/03/1915 du soldat Paul Chaubet, ami de Pierre et proche voisin audois :

"Néris-les-Bains le 11 mars 1915

Madame,

Vous avez déjà cru peut-être que je n’avais pas fait mon devoir vis-à-vis de vous faire savoir le terrible malheur qui vient de vous frapper.

Voici comment nous avons faite notre attaque, hélas nous étions au repos à Courtemont, le 03 février à 9 heures du matin il y a alerte et il faut partir, nous ne savions pas où, à midi tout a été pris à partir, nous marchons sur une route que jamais nous n’étions passé, nous arrivons à Minaucourt juste à l’emplacement du 22e Colonial là on se repose c’était 6 heures du soir, à 8 heure nous prenons la route de Massige, personne ne savait où nous allions, il faisait obscur, à 10 heures on arrive à Massiges pas loin de Virgini où a été notre poste depuis le 15 septembre, arrivé là on nous fait couché par section au milieu d’un champ que l’eau perlait dessus, il faut il le faut, véritablement nous l’avons deviné ce que nous venons faire à 11 heures du soir, on nous fait marcher à gauche de Massige par escouade, nous posons les sacs et nous montons à peu près 100 mètres.

Toujour Madame mon grand ami Pierre à mon côté, nous étions derrière une haie de champ, où les obus boches frappait toujour, c’était 11 ½ , à un moment donné nous voyons six fusé qui montent vers le ciel.

Il faisait alors un clair de lune extra, ses fusé fut l’attaque de l’artillerie ceci dura ½ heures, puis les fusé rouges reviennent sortir, l’artillerie se tut, se fut l’attaque.

Nous nous sommes embrassé tous les deux. En avant à la bayonnette, nous partons fier, car croyais Madame qu’il était plein dardeur et du courage, on part, à peine fait 30 mètres, les balles boches font rage autour de nous.

Il dit simplement une parole « Je suis touché » et tombe percé d’une balle au front,

je court je suis perdu, « part fait ton devoir » .

Je n’ai pu prendre ce qu’il possédait car la rigueur est très sévère, j’arrive à la ligne de la tranchée boche, une balle me traverse la cuisse et m’oblige aussi à renoncer de combattre.

Je suis resté là pendant 18 heures sur le champ de bataille.

Si j’avais pas été blessé le soir en descendant j’aurais pris tout ce que possédait mon grand ami, mais je n’ai pas pu.

Madame malgré votre malheur prenez douceur sur la peine car il ne faut pas se laisser aller au désespoir, car il faut vivre pour les deux gentilles petites filles que vous avez, croyais hélas qui en aura malheureusement que trop qui seront frappé de ce terrible malheur.

Ah triste vie que cette guerre et quand sera fini, pour quand à moi, maintenant que sa va mieux, je m’empresse de vous écrire.

Je suis en traitement à Néris-les-Bains, donc je suis très bien soigné.

Voilà Madame mon grand ami disparu et votre cher époux, ne vous chagrinez pas trop.

Je joint à votre grande douleur mes meilleures consolation.

Recevez Madame mes plus grandes consolation de mon grand ami Pierre et votre cher époux.

Je vous salue

Paul Chaubet 4e Colonial en traitement à Neris-les-Bains allier Salle (N° 1)

L’emplacement où nous avons attaqué c’était le Col des Abeilles à gauche de Massige".

(Paul Chaubet a survécu et s'est marié : nous recherchons sa famille)

Avec un seul témoin du décès de Pierre Sipra, et en l'absence de son corps, le jugement de décès ne peut être rendu. La Croix Rouge (CICR) entreprend des recherches : blessé, a t'il été fait prisonnier ?

Pierre ne rentrera pas. Très probablement relevé dans les jours qui ont suivi mais sans identification possible, il repose aujourd'hui dans l'un des ossuaires de la Nécropole Militaire du Pont de Marson auprès de 23 000 de ses frères d'arme, la moitié de non-identifiés...

Son nom est inscrit sur les Monuments Aux Morts de La Fajolle et d' Artigues.

 

Rose Sipra qui ne s'est jamais remariée, a du élever seule ses 2 filles auxquelles elle survivra...

Rose et Jane, orpheline de guerre. Magdeleine est décédée

 

Avec l'aimable autorisation de Madame Arlette Belou, sa petite-fille et fille de Jane décédée en 1936 quand Arlette n'était âgée que de 3 ans). L'association la remercie châleureusement pour son très généreux don.

(Merci à Annie pour ce long travail de retranscription des lettres)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 03 ou 04/02/1915

Samuel RECOLIN, 33 ans

Aumessas, GARD

Sergent du 4e RIC, 3e Bataillon, 9e Cie

Né le 08/05/1881, fils de Emile et de Célestine Ferrières ; classe 1901, matricule 2359 au recrutement de Nîmes.

1,69 m ; cheveux noirs, yeux bruns

Nommé Caporal en 1903 puis Sergent dans le 6e BCP en 1905

Profession : cultivateur

Mobilisé au 8e RIC ; passé au 4e RIC le 30/08/1914

Samuel Recolin est présumé blessé dans la nuit du 3 au 4 février 1915 puis porté disparu.

"Je pense que les recherches ont continué malgré la réponse négative transmise par le CICR le 29 février 1916 et ce pour découvrir le lieu d'inhumation. Que c'est le transfert des cimetières provisoires (vers la Nécropole) avec la présence de son corps qui est à l'origine de rectification de "disparu" en 1915 à "Mort Pour La France" en 1922 et ce afin de faire valoir les droits de la famille". (Robert Beaufrère, bénévole de la Main)

Samuel RECOLIN repose à la Nécropole Militaire du Pont de Marson, tombe 8555.

(Avec l'aimable autorisation de Mr et Mme Badet, rencontrés à Massiges le 17/10/2016)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES Côte 191 le 25/09/1915 NEW !

Etienne Emilien PEROT

Milly, SEINE ET OISE

23e RIC, 8e Cie

Né le 15/02/1889, fils de Jacques et de Geneviève Martin ; Classe 1909, matricule 5520 au recrutement de Versailles.

Profession : jardinier

1,64 m ; cheveux châtain clair, yeux verts

Rappelé au 23e RIC le 01/08/1914.

Présent du 11/08/1915 au 03/09/1915 dans le secteur de Massiges, son régiment y retourne le 15/09/1915 pour des travaux offensifs.

"Le 25/09/1915, l'attaque est déclenchée à 9h15. Le régiment a pour objectif la côte 191. Les bataillons d'assaut (2e et 3e), formés en 4 vagues, s'élancent sur les pentes sud de la position. (...) La 1ère vague n'a pas parcouru 50 mètres qu'elle se trouve prise sous un feu violent de mousqueterie et de mitrailleuses, les autres vagues sont prises sous le feu de l'artillerie qui va en augmentant d'intensité. (...) Des mitrailleuses, de tous côtés sur le sommet de la position, entrent en action, une casemate dans laquelle se trouvent un canon tirant à mitraille et plusieurs mitrailleuses se révèle. Tout ce qui progresse sur les terre-pleins est littéralement fauché." (JMO du 23e RIC)

Emilien Pérot est tué à l'ennemi le 25/09/1915 à Massiges côte 191, par suite de blessure d' arme à feu.

Primo-inhumé au cimetière de Massiges, il est ré-inhumé en 1923 à la Nécropole militaire du Pont de Marson (Minaucourt), tombe 4454.

(Photo à venir)

Citation :

"Brave soldat. Tué le 25 septembre 1915, à MASSIGES, en accomplissant vaillamment son devoir, au cours de l'offensive française, en Champagne. Croix de guerre avec étoile d'Argent".

Médaille Militaire, médaille commémorative française de la Grande Guerre, médaille interalliée dite de la Victoire.

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Jean-Pierre Jouaneix, son petit-neveu, en visite à Massiges le 30/09/2017)

 

 

Fidèle frère d'arme du Capitaine REVEILLARD qui l'a pris en photo de nombreuses fois y compris dans son ultime demeure...

MPLF à la Main de Massiges le 13/01/1916

Julien Emmanuel LEVEAU, 32 ans

Neuville, SARTHE

Sous-Lieutenant au 115e RI, 3e Bataillon, 10e Cie

Né le 17/02/1883, fils de Julien et de Léontine Picault ; classe 1903, matricule 384 au recrutement de Mamers.

1,64 m ; cheveux noirs, yeux gris bleu

Marié le 15/10/1907 à Maria Tessier avec, pour témoins, 2 sergents du 115e RI : Eugène Herbaud et Antoine Bonnassié. Avec leur fille Andrée, le couple habite Margon.

Incorporé au 115e RI à compter du 15/11/1904 ; soldat de 1ère Classe le 01/06/1905

Caporal le 26/11/1905 puis Sergent le 21/09/1906

Rengagé pour 2 ans à compter du 01/10/1907 ; pour 2 ans à compter du 01/08/1909 puis pour 3 ans.

Adjudant le 29/09/1914

Citation :

"Blessé le 17/12/1914, a refusé de se laisser panser et a continué à commander sa section, n'a cessé de montrer la plus belle attitude depuis le début de la campagne."

Médaille Militaire et Croix de Guerre avec palme et étoile de vermeil

"Lieutenant Leveau (en août 1915)"

Promu Sous-Lieutenant le 25/10/1915, il commande la 10e Cie du 3e Bataillon du 115e RI

Tué à l'ennemi à la Main de Massiges le 13/01/1916 à 00h15.

Le médecin qui a constaté son décès n'est autre que le médecin Major du 115e RI, Fernand Rault, au sujet duquel un de ses hommes écrit :
"Ma division prenait les lignes à la main, de Massiges au Mont Têtu. Les attaques étaient incessantes, et chaque fois, Fernand Rault quittait son poste de secours, franchissait les barrages, visitait les postes de bataillon et montait en première ligne pour s'assurer de la bonne relève des blessés, transportés dans des tubes de tente à travers des boyaux éboulés sous les chutes de torpilles et les éclatements de 105 fusants. Il devait être amputé d'un bras".

"Février 1916 Couronne offerte par les poilus de la 10 Cie à leur Lieut Leveau"

"Février 1916 Tombe du Lieutenant Leveau à l' Index" (Main de Massiges)

Il reçoit la Légion d'Honneur à titre posthume.

Fin 1922 : translation des cimetières provisoires vers la Nécropole Militaire du Pont de Marson. Au cours de ces transferts, de nombreuses identités sont malheureusement perdues : Julien Leveau repose très probablement en ossuaire.

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Michel-Marie MAURICE, petit-neveu du Capitaine Fernand REVEILLARD dont les photos ont permis à Mme Gonsard, fille du filleul d'Andrée Leveau, de nous retrouver)

 

 

NEW ! MPLF à la Main de Massiges le 16/10/1915

Némorin Célestin DANIS, 22 ans

Réalmont, TARN

Brigadier au 52e RAC, 111e Batterie

Né le 28/06/1893, fils d'Hippolyte et de Augustine Combes ; classe 1913, matricule 1085 au recrutement d'Albi

1,60 m ; cheveux châtain roux, yeux marrons

Profession : forgeron maréchal

Incorporé au 2e RA le 01/09/1914, passé au 55e RA la 13/10/1914

Nommé Brigadier le 12/05/1915 ; passé au 55e RAC le 31/07/1915

Le 16 Octobre 1915 à la Main de Massiges :

Suite du JMO :

"Le lieutenant, Danis et Lefévre se trouvaient probablement près du canon ; le lieutenant Gouon (?) donnait ses indications pour le tir qui devait commencer immédiatement avec cette pièce.

Les 3 autres étaient à l'entrée de l'abri et ont du être décapités ou du moins blessés mortellement par des pièces du canon que l'on retrouva dans l'abri.

Le blessé Texier alla de suite au poste de secours. Il rencontra le sous-lieutenant Gottby(?) de la 113e Batterie

de bombardiers et lui expliqua la situation. Celui ci vint me trouver aux tranchées de 1ère ligne où j'observais le tir. Je partis aussitôt avec le maréchal du logis Fillioux et ses hommes à l'abri, pour dégager l'entrée. Nous ne retrouvâmes que trois cadavres, ceux des canonniers qui étaient dans l'abri. Une 2de torpille tomba presqu'au même endroit et détruisit notre travail.

A la tombée de la nuit, quand l'endroit fut moins dangereux, on commença des recherches".

Extraits du JMO du 52e RAC

Némorin DANIS repose dans l'un des ossuaires de la Nécropole Militaire du Pont de Marson.

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Michel PAGET et de son épouse, nièce de Némorin Danis)

 

 

NEW ! MORT POUR LA FRANCE à VILLE-SUR-TOURBE le 25/09/1915

Pierre André DOCHE, 27 ans

Margueron, GIRONDE

Caporal au 3e RIC

Né le 5 mai 1888, fils de Jean Doche et de Anne Loncle, 3 frères : Louis, Adrien et Henri ; 1 sœur, Louise.

Profession : cultivateur à Margueron.

Classe 1908, matricule 320 au recrutement de Libourne. 1m72, cheveux châtains, yeux marrons foncés

(son livret individuel)

De 1909 à 1911, André Doche effectue son service au 31e bataillon sénégalais (casernement à Lure).

Le 22/05/1912, il épouse Marie Faugère.

07/04/1913 : naissance de leur première fille Anne, Germaine, Denise.

En Octobre 1913, André Doche effectue une période obligatoire de 23 jours en tant que réserviste de l’armée active à Rochefort. Il écrit :
"Ma chère petite femme

Il me tarde beaucoup de recevoir des nouvelles car voila déjà six jours que je ne t’ai point vu je l’assure que le temps ne passe pas vite il passe plus vite lorsque je suis auprès de toi. mais que veux tu il faut attendre 23 jours (...) Aujourd’hui Jeudi nous avons eu une marche d’au moins 30Kilometres nous sommes parti a 5 heures du matin et nous sommes rentré a 11heurs
je t’assure que j’étais très content d’arriver car je n’en avais jamais fait de pareille moi qui disais a la maman que je ne pourrais pas aller à St Foy à pied. Il faut bien en faire davantage. Je ferai tout mon possible pour faire les manœuvres mais tout de même je ne forcerai pas plus qu’il ne faut. En attendant le plaisir de recevoir de tes nouvelles reçois ma bien aimée ainsi que ma petite Denise papa maman mille baisers. A Doche"


01/08/1914 : rappelé au 3e RIC en tant que soldat de 1ère Classe

7-8/08/1914 : dans la nuit, le régiment quitte Rochefort sur mer pour Bar le Duc.

Le 16 Aout 1914

Ma bien aimée

Je profite d’un moment de repos que nous avons pour te faire savoir encore une fois de mes nouvelles. Je te dirai que je suis toujours à peu près en bonne santé mon rhume ne fait pas de progrès il faut espérer que ce ne sera rien ce qu’il y a eu de bon pour nous qu’il n’a pas plu depuis que nous sommes partis de Rochefort mais hier au soir 15aout le temps a changé, il a fait orage et il a beaucoup plût et ce matin le temps est brumeux peut être que ce ne sera rien car autrement nous ne serons pas toujours heureux vivement que tout cela se termine car je t’assure qu’il me tarde bien de vous revoir mais tout cela est encore bien loin en attendant chère et bien aimée prie toujours bien le bon Dieu pour moi afin que je revienne auprès de toi et de ma petite Denise. Hier 15 aout je t’assure que j’ai bien pensé à vous autre peut-être n’avez vous pas eu de messe à Margueron heureusement qu’il y a Loubés. Pour nous ce n’était pas fête nous sommes partis le matin à 2 heures pour arriver à 11 heures avant midi après avoir fait une marche de 35 kilms je t’assure que nous en avions tous assez surtout que depuis que nous sommes parti nous n’avions fait au plus fort 15 kilomètres. Ma bien aimée je n’ai pas encore reçu de lettre cela ne m’étonne pas car personne n’en a encore reçu pourtant je t’assure ma chérie que je voudrais bien en recevoir bientôt je serais si heureux de lire une lettre car voilà 15 jours que je suis partis d’avec toi oh ma chérie.

Je te quitte ma bien aimée pour me reposer un peu car je suis encore fatigué de la journée de hier je suis encore heureux que je n’étai pas blessé au pied j’aurai voulu aller à la messe ce matin mais je ne le puis pas car nous sommes de piqué de 8 heures à midi. J’espère que tu y aura prié pour moi.

Adieu ma chérie adieu ma petite Denise et tous mes parents mille doux baisers de celui qui vous aime tant et ne vous oublie pas

A Doche

 

11-22/08/1914 : mouvement offensif en direction de Neufchâteau en Belgique.

22/08/1914 : bataille des frontières, terribles combats de Rossignol.

André Doche livre ici l'un des très rares témoignages du 22 août 1914, journée la plus meurtrière de l'histoire de la France :

"Le 23 Aout 1914

Mille baisers aussi pour papa et maman ainsi qu’a tous les parents et amis. Ma bien aimée Je m’empresse encore une fois de te donner de mes nouvelles qui sont toujours à peu prés les mêmes. D’abord je te dirais ma bien aimée que j’ai reçu ta première lettre. Je t’assure que je l’ai reçu avec plaisir car il y a longtemps que je l’attendais. Je suis heureux de voir que tu es en bonne santé ainsi que toute la famille et aussi de voir que ma petite Denise pense bien à moi.

nous voilà en prise avec les Allemands hier samedi 22 nous sommes tombés dans un grand piège qu’ils nous avaient tendus nous marchions une brigade pour aller cantonner dans un village comme d’habitude les allemands n’était point signalé lorsque nous arrivons au village voila les canons qui commence a nous bombarder et pour nous nos fusils ne le pouvait guère car de suite nous nous sommes trouver enfermé entre deus feux et le plus fort c’est que nous n’avions point d’artillerie pour pouvoir nous protéger c’est ce qui a fiat le plus de tord car nos fusils ne pouvait point leur répondre car ils était dans les tranchets on ne pouvait rien faire que de se sauver ou l’on pouvait mais ce n’était guère possible quand passant sous les balles. Dieu nous a garder car nous étions dans le village il n’était plus possible d’y rester nous partons mais n’étions pas parti que le village était en flamme depuis ce village nous nous sommes dirigé vers un petit bois en travers dans un pré d’une longueur de 150 mètres sous la pluie des mitrailleuses qui nous tirait dessus nous ne devions pas mourir. En arrivant au bois voilà que j’entends un obus qui arrive je me couche pour me cacher et voilà que je me sens (projeter) au reins je me croyais blesser par un éclat mais non. Je n’ai eu que le choc qui n’est rien pas même une égratignure Dieu merci. Heureusement que l’artillerie française est arrivé vers 5 heures du soir et c’est elle qui nous a sauvé car sans ça nous étions tous perdus.
Dieu merci ça a mieux marcher que nous l’espérions car nos étions 20 mille français contre 120 mille Allemands. Tu vois ma cherie si nous étions dans de jolis draps et sur ces 20 mille nous sommes sortis peut être 3 ou 4 mille le premier et le 2ième Regits d’inf coloniale ont été complètement anéantis le 3ième nous sommes peut être 3 ou 4 cent sur 3 mille Tu vois d’ici le carnage qu’il y avait Dieu veuille que cela ne se renouvelle pas si fort. Si je te donne toute ces explications c’est que aujourd’hui Dimanche nous nous sommes repliés en arrière et nous nous reposons l’après midi et ce n’est pas de trop car depuis Samedi matin que nous étions parti pour aller cantonner au village ou nous avons eu la bataille qui a duré jusqu’au soir a la nuit, ensuite nous sommes parti et nous sommes arrivé à notre cantonnement ce matin dimanche a 3 heures du matin avec un quart (jus) et deux ou trois bouché de pain que nous avions manger en marchant et encore on ne pensait pas à manger car après avoir vu ce carnage passé personne ne disait rien.

Je ne (t’en) dis pas plus long ma chérie car une lettre si grande qu’elle soit ne pourrais jamais contenir tout ce qui s’est déroulé dans cette journée du 22 (Aout) ce que je te demande ma chérie C’est que tu prie de plus en plus le bon Dieu pour moi. En attendant le beau jour ou Dieu nous reunira reçois ma cherie de ton petit mari qui ne t’oublie pas ainsi qu’a sa petite Denise les plus doux baisers. A Doche"

27/08/1914 : combat vers la forêt de Dieulet (bataille de la Meuse)

6-11/09/1914 : 1ère bataille de la Marne, bataille de Vitry, combats vers Ecriennes, Thieblemont-Faremont, Matignicourt-et-Goncourt puis poursuite par Favresse et Saint-Jean-devant Possesse jusque vers Ville Sur Tourbe.

14/09 au 20/12/1914 : combats dans cette région, puis stabilisation du front et occupation d’un secteur vers Ville Sur Tourbe et le bois d’hauzy (guerre des mines). Perte du Bois de Ville et attaque française sur Melzicourt et occupation du village.

20/12/1914 au 31/05/1915 : engagé dans la 1ère bataille de champagne : attaque allemande le 23 au nord de Ville Sur Tourbe. Puis organisation du terrain conquis.

Maffrecourt le 24 janvier 1915

7 heures soir

Ma chérie et bien aimée

C’est toujours avec un bien grand plaisir que je reçois de tes nouvelles ce soir je viens de recevoir une lettre datée du 20 janvier au soir elle a donc mis juste 4 jours je suis heureux de recevoir des nouvelles si fraiche au prix des autres qui mettaient 6 ou 7 jours donc je suis heureux de voir que tu es toujours en bonne santé peut être que lorsque tu recevras cette lettre il y aura du nouveau pour toi Dieu veuille que tout aille bien afin que nous puissions nous revoir un jour ; tu me dis sur ta lettre que je ne passe pas plus de 2 jours sans te donner de mes nouvelles ma chérie je te dirais qu’il y a longtemps que je suis resté plus de 2 jours sans te donner de mes nouvelles au contraire je t’écris presque tous les jours si je passe un jour des fois c’est que je ne puis faire autrement car tu sais bien que je te l’ai promis et je vois par moi-même qu’on est bien content d’avoir des nouvelles car moi je t’assure que je suis bien content d’avoir presque tous les jours de tes nouvelles.

Sur une de tes lettres tu me disais que je devrais me faire photografié ma chérie il y a longtemps que j’y pensais mais ma chérie c’est presque impossible car il n’y a point de photographe à Maffrecourt et pour cela il faut aller à St Ménehould et tu sais on ne peut pas y aller comme on veut il faut une permission du corps d’armée et il n’y a guère que des cyclistes ou bien quelques conducteurs qui y vont conduire des fourrièrs pour faire des provisions pour les compagnies je t’assure que si je l’avais pu il y a longtemps que je l’aurai fait mais comme tu vois c’est impossible. Aujourd’hui j’ai écrit au cousin Albert et au cousin Louis Grenier. Tu me dis que tante Blanche reste à présent chez le pépé il doit être content de l’avoir auprès de lui et s’il te garde la petite Denise tu es un peu plus tranquille pour faire ton ouvrage pauvre petite comme je serai heureux de la revoir ainsi qu’a toi ma chérie quand est ce donc que nous pourrons nous revoir quelle joie pour nous de se revoir.

Aujourd’hui dimanche je suis allé à la messe et ce soir je suis allé à vêpres je t’assure qu’i y a longtemps que je n’avais pu en faire autant, j’étais heureux de pouvoir y aller car je me disais peut être que ma chérie est à souffrir aussi. Je t’assure que j’ai bien prié pour toi afin qu’il nous protège de tous malheurs. Je te remercie ma chérie de tous les renseignements que tu me donnes au sujet des travaux je suis heureux de savoir ce qui se passe je sais bien que le travail ne vous manque pas car quant j’y étais il y en avait assez pour tout le monde. Sur ta lettre tu me dis que Pierre est allé souper avec vous autres c’est encore heureux pour cette pauvre Marie qu’il ne soit pas parti car avec tout ces bestiaux elle aurait eu quelques choses à faire. Tu me dis que le tonton Léon garde la (moutonnière ?) il a peur que s’il vient à partir elle ne pousse pas enfin il vaut mieux qu’il la garde et qu’il n’est pas besoin de partir. Je suis toujours en très bonne santé et désire que ma lettre vous trouve tous de même.

Reçois ma chérie et bien aimée ainsi que ma petite Denise les plus doux baisers de celui qui ne cesse de penser à vous et vous aime toujours bien

André Doche

Mille baisers au papa et à la maman ainsi qu’aux grands parents à tante Blanche et chez le tonton Léon bonjour aux voisins et amis bonjour à Mr le curé. Encore mille millions de baisers de ton chéri qui ne t’oublie pas et ne t’oubliera jamais . Adieu ma chérie mon amour mille baisers

André Doche

Adieu ma chérie bonne nuit que je te souhaite adieu mon amour

André Doche

 

28 janvier 1915 : naissance de sa seconde fille Marie, Jeanne, Marcelle qu’il ne connaîtra jamais.

Lettre retrouvée incomplète

(...) "Ma petite chérie je mets dans ma lettre quelques fleurs en souvenir de Maffrécourt j’espère te faire plaisir en te les envoyant. Ici rien de particulier, le temps est toujours variable et au froid. Je te quitte ma chérie pour aller me coucher.
Reçois ma bien aimée ainsi que notre petite Denise et Marcelle les plus doux baisers de celui qui vous aime toujours bien Mille baisers au papa et a la maman ainsi qu’aux Grands Parents sans oublier chez le tonton Leon (...) Adieu ma chérie ma bien aimée Bonne nuit mille millions de baisers de ton amour chérie qui ne t’oublie pas et t’oubliera jamais et qui t’aime toujours bien et a qui il tarde de revenir auprès de toi
.

A Doche"

(...)

Maffrecourt le 1er février 1915

Ma chérie ma bien aimée

Ce n’est pas sans une grande émotion que ce matin j’ai reçu une lettre et d’abord je me suis aperçu que ce n’était point toi qui avait écrit l’adresse et pour tout c’était toujours les mêmes cachets aussi je t’assure qu’il me tardait de savoir ce que contenait cette lettre justement lorsque l’on m’a donné la lettre j’étais parti pour aller à la messe mais je n’ai pas pu attendre que la messe soit finie pour pouvoir la lire et je vois que tout va bien et aussi que cela a marcher assez vite et que j’ai une grosse fille de plus. Je remercie le bon Dieu que tout ce soit si bien passé et si vite : Dieu veuille que tout aille encore bien et tout le temps. J’espère bien avoir une autre lettre ce soir car celle que j’ai reçu ce matin était arrivée d’hier au soir et je l’aurai eu hier au soir si j’avais été à Maffrecourt enfin il n’y a pas grande importance car pour la réponse c’est la même chose. Chère maman je suis bien heureux que vous m’ayez appris la naissance de notre petite fille j’ai vu sur votre lettre que vous avez été bien pressé pendant un petit moment 3 heures environ mais ce temps a dû vous paraître bien long et surtout en voyant que ça marchais si vite et que la sage femme ne venait pas vite Dieu a voulu que ce soit vous qui fassiez cette office et Dieu merci tout à bien marché espérons que cela durera et que tout ira pour le mieux. Surtout que ma chérie ne fasse pas d’imprudence car avec les temps qui se passe ce ne serait pas difficile de prendre mal. Je sais bien chère maman que vous ferez tout ce que vous pourrez pour elle aussi j’ai confiance que tout marchera pour le mieux c’est bien malheureux que je sois si loin de vous tous car je crois bien que je vous servirai à quelque chose car le travail ne doit pas vous manquer en ce moment mais Dieu ne le vois pas ainsi espérons que tout cela finira le plus tôt possible afin que je puisse revenir auprès de vous tous. Donc encore une fois merci de vos bons soins pour ma chérie et bien aimée. Ma chère Lili je te demande pardon si je me suis coupé dans ma lettre et que je me sois adressé un moment à la maman je crois bien qu’elle méritais mes remerciements et que c’était mon devoir de la remercier, donc ma chérie voilà la naissance de notre petite fille qui est arrivée oh ma chérie je te dirai que

j’avais dans l’idée qu’il y avait du changement surtout après avoir reçu la veille une de tes lettres et où le lendemain matin la maman y avait mis quelque ligne et qu’elle n’espérais pas que tu aille bien loin aussi me tardait il de recevoir d’autres nouvelles ; j’espère que vous n’attendrez pas trop pour la faire baptiser que veux tu puisque Dieu n’a pas voulu que je me trouve auprès de toi pour la naissance de notre petite fille faites comme si j’y étais et espérons qu’un beau jour viendra ou cette maudite guerre se finira et que nous pourrons nous retrouver réunis comme nous l’étions par le passé et en attendant ayons toujours confiance au bon Dieu et prions le toujours bien afin qu’il ait pitié de nous et qu’il nous préserve de malheur.

Je termine ma chérie espérant recevoir d’autres détails aujourd’hui reçois ma chérie et bien aimée ainsi que nos deux petites filles les plus doux baisers de celui qui vous aime toujours bien et penses souvent à vous

André Doche

Mille baisers au papa et à la maman ainsi qu’aux grands parents tante Blanche et tonton Léon et sa famille encore mille millions de baisers de ton chéri Dédé qui ne t’oubliera jamais et t’aime bien André Doche

 

(Maffrecourt) "Dimanche 28-3-15 11h

Ma bien aimée Je continue ma lettre que je t’avais commencé hier au soir et que je n’avais pas pu terminé je pensais ma chérie la finir ce matin pour qu’elle puisse partir aujourd’hui mais figure toi que ce matin je me suis réveillé juste au son de la cloche qui annoncé la première messe et comme je voulais aller me confesser pour faire mes Pâques je n’ai pas mis le temps d’écrire, donc je suis allé à la première messe ou j’ai fait mes Pâques car j’aime mieux avoir fait comme ça que d’avoir attendu à Dimanche prochain car on ne sais pas ce qui peux arriver et ça ne m’empêchera pas si je le puis d’y revenir Dimanche la première messe était à 7h et demie mais tu peux penser qu’elle n’a pas commencé à l’heure car je n’étais pas le seul pour faire la communion ce qui l’a beaucoup allongé et la grand messe qui a eu lieu un moment après et j’ai voulu y assister aussi je n’ai pas eu le temps de t’écrire mais j’espère que tu voudras me pardonner si je ne t’en ai pas envoyer d’ aujourd’hui. Tu vois que je n’ai pas perdu mon temps je t’assure que je t’écris toute les fois que je le puis car je sais trop par moi-même que l’on est trop content d’avoir des nouvelles.

Ma chérie je te mets un petit morceau de rameau dans la lettre il a été béni à la messe je pensais tout en étant à la messe. Ce n’est plus les rameaux de l’année dernière ou nous étions allé ensemble à Margueron et je t’assure que j’avais le cœur gros en pensant à ces beaux jours qui sont malheureusement trop loin ; Enfin espérons toujours en la protection du bon Dieu et à sa bonté et demandons lui toujours de vouloir bien avoir pitié de nous et nous protéger dans l’avenir comme il l’a fait jusqu’à présent.

Tu as eu une bonne idée en pensant à numéroter tes lettres c’est le mieux pour voir si elles arrivent toutes et bien moi je vais faire la même chose. Ma chérie tu me dis sur ta lettre que le papa et la maman sont allés à Sainte Foy pour le 20 mars et qu’ils ont acheté un petit cochon à ce que je vois ils ne sont pas bon marchés et c’est presque tout pareil tu me dis aussi que vous avez acheté une vache mais tu ne me dis pas si vous avez vendu l’autre ; je te remercie de toutes ces petites explications que tu me donne je t’assure que tu me fait bien plaisir car je suis heureux de savoir ce qui ce passe quoique je ne sois pas là, je vois avec plaisir que vous n’êtes pas trop en retards pour les travaux mais comme tu dis la maman a bien raison de dire que c’est bien malheureux vous autres tant travailler et nous être a s’ennuyer et pas grandchose à faire je t’assure que j’aimerai bien mieux travailler comme nous le faisions tous ensemble que d’être là tout seul à rien faire la vie serait bien plus heureuse pour nous, enfin espérons toujours en la bonté de Dieu et espérons que ces beaux jours reviendrons pour nous. Chère aimée tu me dis que le tonton trouve du changement à sa nouvelle vie et encore il n’a rien vu puisqu’il peux aller manger à l’hôtel mais ce n’est pas comme nous car depuis 8 mois nous n’avons point d’hôtel et il faut se résigner à manger ce qu’il y a encore bien content quoique des fois ce ne soit pas toujours très propre heureusement que la saleté ne tue pas et quand on a faim on ne regarde pas de si prés, si il avait été obligé comme nous pendant notre retraite de Belgique de rester plusieurs jours sans avoir de pain il aurait bien trouvé le morceau de bidoche qu’il voit nager dans la gamelle qu’il était bon, mais que veux tu il est nouveau dans le métier et il finira bien par s’y faire ; je ne lui souhaite qu’une chose c’est qu’il n’ai pas besoin de venir dans les tranchées. Hier j’ai donné le bonjour de ta part à Maurice Pérou allors il m’a dit tu lui donneras aussi un bonjour pour moi. Tu me demande si nous avons la soupe grasse figure toi la soupe grasse que c’est un morceau de viande dans une marmite sans aucun légume car des légumes il y a longtemps qu’on en a pas vu. Ca change avec les soupes grasses que tu faisais jadis, quand est ce que nous pourrons la manger ensemble. Ici le temps est revenu au beau depuis plusieurs jours mais il fait un vent de l’est très froid et ce matin je me disais quel beau temps si j’étais chez nous j’irai à la messe avec ma petite Lili et peut être aussi avec nos petits enfants quoique le vent soit bien froid mais tout au moins avec notre petite Denise, mais malheureusement la distance est trop grande pour nous.

Dans l’attente de ce beau jour si Dieu le permet reçois ma chérie et bien aimée ainsi que notre petite Denise et notre petite Marcelle les plus doux baisers de votre chéri qui ne cesse de penser à vous et vous aime toujours bien. André Doche

(...) Encore mille millions de baisers de ton petit Dédé qui t’aime toujours bien et ne t’oublie pas et à qui il tarde bien de revenir auprès de toi.
André Doche

Je vais aller aux Vêpres prier le bon dieu pour qu’il ait pitié de nous- encore un baiser"

15/05/1915 : attaque allemande vers Ville Sur Tourbe et contre-attaque française.

01/05 au 12/08/1915 : retrait du front et transport vers Saint Ménéhould puis Villers-Cotterêts ; repos vers Pierrefonds.

Nommé Caporal le 04/06/1915
14-16/06/1915 : transport vers Hangest-sur-somme puis Warluzel ; repos et instruction.
05-22/07/1915 : mouvement vers Orville ; repos. Transport dans la région d’Ay ; repos et instruction. Transport vers Courtisols, puis Valmy ; repos.
12/08 au 25/09/1915 : mouvement vers le front puis occupation d’un secteur entre l’Aisne et Ville–sur-Tourbe, déplacé à gauche, le 31 août vers Ville-sur-Tourbe et Massiges.

Engagé dans la 2ème bataille de Champagne violentes attaques françaises vers Ville-sur–Tourbe et Massiges.


"Maffrécourt le 17 septembre 1915 – 7h du soir

Ma chère petite amie Encore aujourd’hui je n’ai point eu de tes nouvelles, aussi je t’assure qu’il me tarde beaucoup d’être à demain pour voir si j’en ai une, car je t’assure que je trouve le temps long lorsque je n’ai pas de tes nouvelles car je suis si heureux de pouvoir lire tes aimables paroles oh ma chérie quand donc le beau jour de la libération sonnera t’il pour nous afin que nous ayons le bonheur de pouvoir nous causer sans que nous ayons besoin d’attendre que le facteur apporte une lettre, oh ma chérie si tu savais comme j’attends ce jour avec impatience, et quand est ce qu’il arrivera ? Ma chérie prie toujours bien le bon Dieu pour qu’il me préserve pendant le reste de cette campagne comme il l’a fait jusqu’ a présent.

Ma chérie c’est ce soir que nous aurions du partir aux tranchée, car voila 6 jours que nous sommes au repos et nous ne partons que demain soir, cela me fait prévoir que quelque chose va se passer pendant notre séjour aux tranchées, et d’après tout les préparatifs qui sont fait je prévois quelque chose de terrible et peut être ma chérie lorsque tu recevras cette lettre seront nous en prise. aussi ma chérie dans cette semaine ne m’oubli pas je t’en supplie. Je te promets ma chérie de t’écrire tous les jours si cela m’est possible jusqu'à l’attaque et ensuite je ne sais comment cela va marcher-on espère aller de l’avant il faut espérer que ça réussisse et que tout cela finisse.

Je te quitte ma chérie dans l’espoir que ma lettre te trouveras toujours en bonne santé ainsi que toute la famille. Reçois ma chérie et bien aimée ainsi que nos petites filles les plus doux baisers de votre chérie qui ne vous oublie pas et vous aime toujours bien, et qui vous demande de bien prier pour lui. A Doche

Mille baisers au papa et a la maman sans oublier les grands parents ainsi que les tantes qui sont avec vous. Adieu non amour mon chérie adorée. Encore mille millions de baisers de ton petit dédé pour la vie. A Doche"

Très émouvante dernière lettre (en partie illisible) écrite 2 jours avant sa mort sur une lettre qu’il avait reçue peu avant de sa femme Faugérie :

"Les Eyriauds le 18 septembre

Mon cher André

de St Foy je t’envoie 20 frs. Je n’ai pas pu t’écrire avant de partir, nous sommes en bonne santé et je désire que tu sois de même hier j’ai reçu une lettre
de toi. Je te quitte adieu chéri amour milles baisers ta Lili chérie pour la vie.
Doche Faugérie"


"Poste des tranchées le 23-9-15 10h matin

Ma chère petite femme adorée

Hier je n’ai point eu de lettre de toi et moi ma chérie je n’ai pu t’écrire mais ce matin j’ai reçu ta lettre avec le mandat je vous remercie. Ma chérie j’espère que tu me pardonneras de ne t’avoir pas écrit hier figure toi que j’ai eu beaucoup de travail pour la pose de lignes qui doivent servir à l’attaque et ce matin je n’ai pas vu partir la personne qui est descendu à Ville Sur Tourbe autrement je pensais te faire au moins une carte mais je dormais encore quand il est parti et voilà pourquoi je ne l’ai point vu. Ma chérie voilà l’attaque qui arrive le bombardement est commencé depuis hier matin je t’assure que tu ne peux pas te figurer ce qui s’emploie comme obus, je te dirai même que la tête en fait mal et dire que ce n’est pas encore fini, le bombardement va durer encore 1 où 2 jours avant de commencer attaquer aussi ma chérie je me demande qu’est ce que ça va être, oh ma chérie lorsque tu recevras cette lettre nous serons en pleine bataille aussi ma chérie plus que jamais pense à moi et prie le bon Dieu pour moi pour qu’il me protège c’est la seule confiance que nous pouvons avoir… (Partie illisible) Mon amour prie bien pour moi et la volonté du bon Dieu embrasse bien mes petites filles pour moi adieu amour chérie ma bien aimée mon amour mille millions de baisers de celui qui ne t’oublie pas. A Doche

Mille baisers au papa et à la maman sans oublier les grands-parents. Adieu"

Le 25/09/1915, sortant de la tranchée de l'Ouvrage Pruneau, le 2e bataillon atteint le haut de la butte sous le feu des allemands. Le 1er bataillon est en grande partie fauché par les tirs de mitrailleuses.

Comme de trop nombreux frères d'arme, André DOCHE est tué.

Sa veuve écrit à un compagnon de guerre pour savoir comment son mari est tombé. Nul ne sait ce qu'elle a appris...

SES DERNIERES VOLONTES

Celui qui retrouvera ce papier voudra bien le remettre à l’adresse qui est portée la dessus. Ce sont les dernières volonté d’un mari 1er je demande s’il est possible que je sois enterré de manière que l’on puisse reconnaitre l’emplacement. 2ieme Celui qui trouvera le papier sur moi, voudra bien donner toutes les indications possibles à ma femme sur mon sort et l’endroit ou je serai ensevelit.

Maintenant ma dernière pensée sera pour Dieu en qui j’ai mis toujours toute ma confiance et qu’il veuille bien me recevoir dans son sein, pour ma femme et mes chers petits enfants que j’aime bien et mon seul désir c’est que je sois pas oublié d’eux auprès de Dieu.

Voir au verso pour les adresses

Voici mon adresse :

André Doche Caporal téléphoniste

3iéme Régt Colonial – secteur 14

Voici l’adresse de ma femme

Madame Doche André aux

Eyriaud Cne de Margueron

Par Ste Foy la Grande Gironde

(Nous avons eu l'intense émotion en ce début d'année de recevoir des nouvelles lettres de notre grand père retrouvées dans les archives de sa fille aînée
par ses enfants . Dont une, en réponse à la lettre où il a appris la naissance de notre maman et une autre où il écrit ses dernières volontés. Je vous les mets
 en pièces jointes, si vous voulez les rajouter sur le site. 

Ces nouveaux documents retrouvés me permettent de confirmer ce que j’avais déduit:

Notre grand père sur son acte de naissance ainsi que sur ses papiers militaire était déclaré Pierre André. Dans la vie courante et à la guerre comme le 
confirme l'adresse qu'il met sur le papier de ses dernières volontés il se faisait appeler André.
Sur le site mémoire des hommes, son acte de décès est au prénom de Pierre alors que celui de sa sépulture est André(document qui n'est plus sur le site
depuis que celui-ci a été refait). Sur sa tombe à Minaucourt-le-Mesnil-lès-Hurlus est inscrit André.

Je suppose que le jugement notifié sur son acte de décès a été nécessaire pour prouver que Pierre et André était le même homme.Qu'en pensez vous?)

 

Le 3e RIC est cruellement frappé le 23/02/1916 par le naufrage du "Provence II" qui transporte ses troupes à Salonique. Torpillé, il "sombre en 17 minutes, faisant 912 victimes, dont le commandant qui avait demandé qu'on débarque 1 100 personnes en raison du manque de brassières de sauvetage."(Wikipédia) 

A cette occasion, Faugérie prend des nouvelles d'un frère d'arme qui lui répond :

"Je vous remercie beaucoup de la peine que vous venez de vous donner, en demandant chez moi si parfois je ne fut pas parmi les victimes de la Provence mais heureusement pour moi je fus pas parmi ses pauvres camarades, cela est triste après avoir combattu sur le champ de bataille français et venir finir ses jours au fond de la mer. Cela est très dur aussi nous avons 900 hommes de sombrés".

Faugérie Doche ne se remariera jamais et élèvera seule ses deux filles. Elle est décédée le 21/12/1989 à l’âge de 97 ans.

"Il y a une quinzaine d’années, Sylvain, l’ainé des garçons de sa plus jeune fille (Marcelle) et sa femme Yvette, sont allés se recueillir sur la tombe de leur grand-père à la nécropole nationale de Minaucourt-Le Mesnil-Les Hurlus

En 2016, Jean Louis, son plus jeune fils, et moi-même (Nicole) sommes allés, à notre tour, nous recueillir sur sa tombe.

En 2017 nous avons décidé de faire un pélerinage de 3 jours en famille Sylvain, Yvette, Dany, Jean-Louis et moi-même voir les principaux lieux ou il est passé (dont Rossignol en Belgique).

Merci aux membres de l’association de la main de Massiges qui œuvrent pour que la mémoire de nos soldats perdure et particulièrement à M Jean-Pierre Mainsant qui nous a fait visiter les tranchées et nous a emmené sur le lieu où est mort notre aïeul. Nicole Chassagne, sa petite-fille par alliance"

Monument Aux Morts de Margueron où le nom d'André Doche est inscrit

(Avec l'aimable autorisation de Mme Nicole Chassagne, sa petite-fille)

 

 

DISPARU MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 04/02/1915

Antoine Emile CHIFFRE, 32 ans

Citou, AUDE

4e RIC

Né le 15/04/1882, fils d'Auguste et de Emilie Azalbert, classe 1902, matricule 141 au recrutement de Narbonne.

Profession : cultivateur

1,64 m ; cheveux et yeux châtains

Ajourné pour faiblesse en 1903 et 1904, bon pour le service au 100e RI en 1905.

Rappelé à l'activité au 4e RIC le 13/08/1914

Après Beauséjour en Décembre 1914, le régiment est engagé en Février 1915 dans les violents combats de la Main de Massiges.

3 Février 1915 : "Alerte à midi - Le régiment rejoint Massiges où il est réuni à 18h30. La situation est la suivante : 1er (Bataillon à) 191...2e (Bataillon à l') Annulaire.

Le 21e a été délogé de l' annulaire qui est entièrement entre les mains des allemands. On se propose de reprendre les tranchées perdues.

Le 3e Bat (Barbazan) est chargé de l'attaque de l'annulaire. A la faveur de la nuit, le Capitaine Barbazan son bat au pied de la croupe, le dispose en colonnes et escouades par 2, et le fait progresser jusqu'aux abords de la 1ère tranchée, dans laquelle il se jette au signal convenu. La surprise est si complète que le mouvement se continue jusqu'à la 2e tranchée qui est également prise. Une mitrailleuse allemande est enlevée ; tous les allemands (plusieurs centaines) sont tués ou faits prisonniers. Quelques minutes ont suffi pour obtenir ce brillant résultat, malheureusement nous le payons de la vie de beaucoup des nôtres dont le Capitaine Barbazan mort glorieusement à la tête de son Bataillon.

4 Février 1915 : au point du jour, le bataillon est contre-attaqué par de nombreuses petites colonnes allemandes qui sont repoussées". (JMO du 4e RIC)

 

Blessé au combat, Antoine CHIFFRE a été amené dans l'église de Massiges qui a été bombardée.

Il est porté disparu à la Main de Massiges dans la nuit du 3 au 4 février 1915.


En 1920, une fois les prisonniers de guerre rentrés, son décès est fixé au 04/02/1915.

Il repose très probablement dans l'un des ossuaires de la Nécropole Militaire du Pont de Marson-Minaucourt

(Avec l'aimable autorisation d'Emmanuelle Fabre, son arrière-arrière-petite-fille)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à Massiges le 26/09/1915

Joseph GERONIMI, 46 ans

Carpineto, CORSE

Lieutenant au 24e RIC, 1ère Cie

Né le 28/11/1868 ; Classe 1888, matricule 947 au recrutement d'Ajaccio.

"Marié à Elisabeth Luciani (1881-1967) dont il eut 2 enfants : Charles (1907-1993), mon père, et Lucien (1911-1977)" (Francis Geronimi, son petit-fils)

Campagne de Tunisie du 13/11/1889 au 01/09/1892 : Incorporé au 4e Régiment de Zouaves le 13/11/1889 ; nommé Caporal le 21/09/1890. Passé au 8e régiment d'Infanterie de Marine (RIM)le 31/08/1892.

-Rengagé pour 3 ans comme soldat de 1ère Classe.Nommé Caporal le 18/11/1892 puis Sergent le 06/01/1894

Campagne au Tonkin (en guerre) du 15/02/1894 au 28/11/1897 : Passé au 3e Régiment de Tirailleurs Tonkinois le 15/02/1894. Rengagé pour 2 ans en 1895 puis pour 5 ans en 1897. Passé au 8e RIM le 20/10/1897.

Campagne en Annam (en guerre) du 02/01/1899 au 31/10/1899 : passé au 10e RIM le 02/01/1899

Campagne au Tonkin (en guerre) du 01/11/1899 au 23/03/1903 : passé au 2e Régiment de Tirailleurs Tonkinois le 01/11/1899. Nommé Sergent Fourrier le 01/12/1900 puis Sergent Major le 28/01/1902. Passé au Bataillon des Tirailleurs Chinois le 01/01/1903 puis au 7e RIC le 13/02/1903.

-Nommé Adjudant le 01/04/1903

Campagne en Afrique Occidentale Française du 19/08/1904 au 06/05/1906 : passé au 2e Régiment des Tirailleurs Sénégalais le 19/08/1904 puis au 8e RIC le 02/04/1906.

Campagne de Mauritanie du 24/04/1908 au 07/05/1910 : passé au Bataillon de Mauritanie le 24/04/1908 puis au 8e RIC le 29/04/1910.

Campagne au Tonkin (en guerre) du 30/04/1911 au 04/05/1914 : passé au 1er Tonkinois le 30/04/1911 puis au 8e RIC le 28/03/1914. Nommé Adjudant le 28/03/1914.

En Août 1914, il reste affecté au 8° RIC. Blessé à Beaumont (Ardennes), il est soigné à l’Hopital de Toulouse. Il rejoindra en Octobre 1914 le 24°RIC 1ère Cie.

Présentation du drapeau du 24° RIC en Novembre 1914 (Joseph Geronimi est à la droite du porte-drapeau et à l'arrière-plan)

Carte adressée à sa femme le 08/12/1914 :

Promu Sous-Lieutenant le 02/03/1915 puis Lieutenant le 27/05/1915

Photos d'Officiers du 24e RIC, 1ère Cie

(de gauche à droite : Sous Lieutenant ARDOIN, Capitaine ROCHERAY, Sous-Lieutenant ABLAND, Capitaine GALLIARD, Lieutenant GERONIMI, Médecin MICCKANIUVSKI)

Le 24e RIC est engagé dans la terrible offensive de Septembre 1915 à la Main de Massiges.

"Le 26/09/1915, le 1er Bataillon reçoit l'ordre de relever sur l'Index les bataillons éprouvés du 22e RIC etles 2 bataillons du 143e RI (...) La lutte continue à coups de grenades, de fusil, sous le feu des mitrailleuses qui nous font perdre beaucoup de monde. Dans cette lutte, où les corps à corps sont fréquents les Cies enchevêtrées luttent sans interruption avec archarnement."(JMO du 24e RIC)

Joseph Geronimi est tué à l'ennemi le 26/09/1915

(Liste des tués, JMO)

Citation :

Il repose dans le cimetière militaire du Pont du Marson à Minaucourt, tombe 789.

Ses décorations  :
Médaille militaire (10/11/1907)
Chevalier de la Légion d’Honneur (01/04/1909) à la suite d’un fait d’arme en Mauritanie
Médaille coloniale (AOF, Mauritanie, Adrar)

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Francis Geronimi, son petit-fils)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à la Main de Massiges (Mont-Têtu) le 27/09/1915

Firmin SIMONNET, 22 ans

Toulouse, HAUTE-GARONNE

Sergent au 143e RI, 10e Cie

Né le 08/04/1893, fils de Jean-Pierre et de Rose Léocadie Jouret ; classe 1913, matricule 1824 au recrutement de Toulouse.

Profession : peintre

1,66 m ; cheveux châtains, yeux marron foncé

Incorporé au 143e RI le 10/08/1914

Nommé Caporal le 11/11/1914 puis Sergent le 18/02/1915

Parti aux Armées le 18/02/1915

Son régiment est engagé à la Main de Massiges dans la Grande Offensive de Septembre 1915 :

"Le 26 septembre, le régiment attaque les pentes du Mont Têtu.

La traversée du ravin du ruisseau de l'étang s'effectue sous le feu de l'artillerie et des mitrailleuses ennemies. Malgré les pertes sensibles, les poilus n'hésitent pas. Les compagnies progressent avec rapidité, chargent à la baïonnette les tranchées ennemies. Le boche est débordé, les prisonniers ennemis nombreux. La ligne de défense du Mont Têtu est brisée. L'ennemi profite de la nuit pour se réorganiser". (Historique du 143e RI)

"Circonstances de la mort au combat de Firmin Simonnet :
 
Le Sergent Firmin Simonnet, du 143 ème RI , 10 ème Cie, est mort le 27 septembre 1915 ( et non le 26 comme le stipule sa citation à l'ordre du régiment ) ,  après 17 heures lors de l'assaut vers le " Bois marteau " en partant de la tranchée " de Moltke " , au dessus du " Bois de la Faux " ; il a d'abord été touché par une balle à l'épaule, a continué son chemin puis a été atteint au front par une autre balle, et s'est effondré dans un trou d'obus , situé entre les lignes.

Son corps n'a pu être ramené par ses camarades de combat.

Fait par J. Simonnet ,son petit – neveu.
Septembre 2017 "

Citation :

Croix de guerre, étoile de bronze

(Avec l'aimable autorisation de Jacques Simonnet, son petit-neveu)

 

 

DISPARU MPLF à MASSIGES le 17/09/1914

Jacques François SEGUIER, 32 ans

Saint-Affrique, TARN

Soldat de 1ère classe, 8e RIC, 27e Cie

Né le 11/09/1882, fils d' Antoine et d' Emilie Batigne ; classe 1902, matricule 751 au recrutement de Carcassonne.

Profession : cultivateur à Verdalle (Tarn)

1,79 m ; cheveux châtains, yeux bleus

Marié le 08/01/1907 avec Françoise Louise Séguier : 3 enfants naissent de cette union en 1907, 1909 et 1911.

Rappelé à l'activité au 8e RIC le 01/08/1914, arrivé au corps le 12/08/1914, parti en détachement le 13/08/1914.

"Il me tarde de savoir de vos nouvelles de toute ma famille et surtout de mes petits enfants que je ne peus pas oublier et de ma famille non plus que je n'oublierai jamais (...)

Quand vous me ferai réponse vous me donnerez des nouvelles si vous en avez de mes frères et des baux-frères parce que je comprends que vous devez faire du mauvais sangs touts ensemble mais il faut espérer que le bon Dieu voudra que nous reviendrons un jour nous voir touts ensemble mais je ne peut pas dire le jour. Je ne puis pas vous raconter rien parce qu'il est défendu et on déchire les lettres (...) Je puis vous dire que l'on a renvoyé la classe 1900 qui on 2 ans de plus que nous à notre régiment (...)

Toi louise je te recomande de faire un gros baiser à mon petit Cyprien et Marie Jeane et la petite Reine c'est à elle que je pense le plus." (Extraits de lettre de François Séguier)

(A à gauche ses parents ; sur le poulain, son fils ; à droite son épouse Louise avec ses 2 filles)

Photo de famille envoyée à François ...l'a t-il reçue à temps ?

 

Le 17/09/1914, son régiment se bat dans le secteur de Massiges, à Virginy :

"Le village de Massiges où les unités sont en réserve à tour de rôle étant quotidiennement bombardé par l'artillerie ennemie, finit par être abandonné et les hommes couchent en permanence dans les tranchées qui sont approfondies et aménagées en conséquence : banquettes de tir, niches individuelles, créneaux. Pendant quelques jours les pertes occasionnées par le tir de l'artillerie allemande, continuent cependant à être fortes, en raison du manque de boyaux et de l'insuffisance des tranchées hâtivement construites avec les outils portatifs". (Historique du 8e RIC)

"Tout mouvement en avant est interdit aux 2 bataillons ; ils ont toujours devant eux un ennemi très vigilant, soutenu par une nombreuse artillerie, à laquelle nos 75 ne répondent que très faiblement".(JMO du 8e RIC)

François Séguier est porté disparu le 17/09/1914

L'insoutenable absence pour cette famille endeuillée du début de guerre, commence ... avec l'espoir tenace que la Croix-Rouge parvienne à le localiser dans un camp de prisonniers...

François Séguier ne sera déclaré décédé qu'en 1920, une fois tous les prisonniers rentrés d' Allemagne.

Comme de nombreux frères d'arme tombés en début de guerre (300 000 morts en 1914!), Louis Pagès repose très probablement dans l'un des ossuaires de la Nécropole Militaire du Pont de Marson.

Avec une seule plaque d'identité, beaucoup n'ont pu être identifiés...

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Jean-Marie Séguier et Mme Monique Sablayrolles, ses petits-enfants en visite à Massiges le 31/07/2017)

 

 

Offensive de septembre 1915 à décembre 1915 (Beauséjour, Maison de Champagne)

Albert WAUTELET

Rethel, ARDENNES

Lieutenant au 418e RI, 3e Bataillon, 13e Cie de Mitrailleuses

Né le 31/08/1890, fils de Félicien et d'Irma Lechat ; classe 1907, matricule 1167 au recrutement de Mézières.

1,70m, cheveux châtains, yeux bleus

Profession : industriel briquetier à Mohon

Engagé volontaire pour 3 ans en 1908 à la mairie de Mézières au titre du 91e RI

Nommé Caporal le 28/04/1905

Evacué le 12/09/1914 suite à une blessure par balle à l'épaule

Sergent le 28/09/1905

Certificat de capacité pour la conduite d'un auto à pétrole.

Rappelé le 02/08/1914 au 148e RI au grade de Sous-Lieutenant.

 

Passé dans le 418e RI à sa création en avril 1915. Il est Officier de compagnie de mitrailleuses.

Son régiment est engagé dans la deuxième bataille d'Ypres

Citation :

Croix de guerre avec étoile de bronze.

Promu Lieutenant le 08/09/1915.

Son régiment est engagé dans la sanglante Offensive de Septembre 1915, secteur de Beauséjour entre la Butte du Mesnil et Maison de Champagne.

1200 hommes du 418e RI sont blessés, tués ou portés disparus.

L'occupation de Maison de Champagne se poursuit jusqu'au 18/12/1915

pour "plaie de la poitrine par éclats d'obus" ; il remonte au front le 04/01/1916.

Très gravement blessé le 21/02/1916 à Vaux devant le fort de Douaumont. Evacué et soigné pour "plaie de poitrine par éclats d'obus. Hémoptysie".

(Sa Croix de guerre avec, à gauche, l'éclat d'obus de 1915 ; à droite, le schrapnel qui l'a mutilé en 1916)

Pensionné à 40% puis 100% pour "tuberculose", il ne combattra plus.

Marié à Léone Marevery, ils ont eu deux fils : Pierre Léon Félicien Albert et Pol Léon Wautelet. 

Albert Wautelet décède à Mohon le 20/07/1934 des suites de ses blessures.

Mort Pour La France.

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Patrick Wautelet, son petit-fils en visite à Massiges)

 

Ajouts de Juin 2017 :

Combats de PERTHES-LES-HURLUS et MASSIGES en 1915 et 1916

Clotaire MONCEAU, MPLF le 31/07/1917 à 29 ans

Givraines, LOIRET

Adjudant au 101e RI, 2e Cie des mitrailleuses

Né le 18/08/1887, fils de Jules Monceau (cultivateur) et de Louise Rousseau ; une soeur

Classe 1907, matricule 1463 au recrutement de Dreux

ENGAGE VOLONTAIRE pour 3 ans le 14/09/1906 au 131e RI

Profession : instituteur comme son épouse à Dreux (Eure et Loir)

Marié à Marthe Leroy le 30/08/1910 à Pithiviers ; 2 enfants, Jean né en 1912 et René

Rappelé au 101e RI le 02/08/1914

"Je me suis déjà fait quelques amis - un instituteur en Marne -région de Reims - un avocat - le frère d'un de mes élèves de Dreux - Hamelin - un de Garney"

"Tout soldat doit manier l'outil aussi bien que le fusil" (Joffre)

Evacué pour maladie le 06/11/1914, rentré au dépot le 01/03/1915, il rejoint son régiment.

25 février 1915 au 22 mars 1915 : secteur de Perthes les Hurlus

Le 18/03/1915, l'Artillerie ennemie tire sans cesse sur les tranchées et le village de Perthes. Fusillade assez vive pendant toute la journée.

"Perthes, c'est ce que j'ai vu de mieux, depuis Champien, comme dévastation." (Colonel Lebaud)

Le 19/03/1915, il y a une grande activité allemande. Leurs positions sont fortement organisées et occupées. Un canon de 77 est repéré dans le Bois Triangulaire. L' Artillerie française tire trop court et blesse ou tue des Hommes dans les tranchées françaises. L' Artillerie ennemie concentre son tir sur les tranchées qui sont proches de la route de Tahure. (JMO du 101e RI)

Clotaire Monceau et sa marraine de guerre

"7983 hommes de troupe (101e RI) ont figuré dans nos rangs, il en reste 2902, à l'heure actuelle ; ce qui donne un chiffre de 5081 disparus, tués, blessés, évacués pour maladie, prisonniers." (Colonel Lebaud, le 31/03/1915)

Le 12/05/1915 : le Colonel Lebaud mentionne : "qu'il devient courant de faire passer, dans l'infanterie, par mesure disciplinaire, tous les mauvais soldats des autres Armes. Est-ce un Honneur ou une disgrâce de servir dans l'Armée la plus exposée?"

Le 15/05/1915 : Trêve pour laisser enterrer les Morts français car une trentaine de cadavres pourrissaient depuis le 21/10/1914 ; échange de journaux, également.

Le 21/05/1915, l'ennemi a commencé à faire usage de balles perforantes dont la partie centrale est en acier et la partie externe en maillechort.

Le 02/06/1915, un Allemand a lancé un paquet contenant la gazette des Ardennes n°14

Clotaire Monceau passe Caporal le 24/06/1915

Détaché au centre d'élèves aspirants de Saint Maixent le 25/08/1915, il rejoint son régiment le 01/01/1916.

3 décembre 1915 au 7 avril 1916 : Secteur de Massiges, Main de Massiges (Cratère, Médius, Verrue, Mont Têtu)

Passé Sergent le 20/12/1915

En photos, une mitrailleuse Hotchkiss et une mitrailleuse St Etienne (" Attention les boches débouchent du boqueteau et dévalent les pentes du Mont A...En souvenir d'une attaque mémorable et glorieuse")

"Souvenir de la Campagne 1914-1915-1916, le lendemain du bombardement du 10 janvier. Pour ma petite femme et pour mes deux chers petits". Clotaire Monceau en 1917, décoré de sa croix de guerre.

Du 05/02 au 02/04/1916, l'Artillerie allemande et française sont très actives. Tirs de réglage (Mont Têtu, Oreille, Massiges) ; vifs combats à la grenade le 14 mars. Lors d'accalmie, des travaux divers du secteur sont effectués, construction de quelques éléments de tranchées pour améliorer la liaison entre la Verrue et l'Index.

8 avril 1916 au 26 avril 1916 : Secteur de Ville-sur-Tourbe

L'ennemi tire sur la route de Berzieux entre Ville-sur-Tourbe et le Mont Rémoy, sur le Calvaire et le Balcon.

"Aux Armées 13/04/1916. L''Etat Major se rendant compte de l'alimentation de la troupe" (cantonnement à Berzieux)

Du 15/05/1916 eu 15/06/1916, le 101e RI participe à la Bataille de Verdun

Citation du 26/06/1916 : "Très bon chef de section : s'est acquitté de ses fonctions avec beaucoup de courage et d'énergie ; a conduit ses hommes en renfort sous un violent bombardement et a contribué ainsi à repousser de violentes attaques ennemies." (à Verdun)

Médaille de Verdun

Retour en Champagne dès le 15/06/1916

28 juin 1916 au 24 septembre 1916 : Secteur de Massiges, Main de Massiges

Le 04/07/1916, le Régiment vient occuper le sous-secteur de Massiges (Arbre aux Vaches et Pruneau).

"Aux Armées 9 juillet 1916" et "Souvenir du 14 juillet 1916. Section Girard. 2e Cie des Mitrailleuses" (Clotaire cantonne à Maffrécourt)

Du 5 au 23 juillet 1916, journées calmes, échanges de grenades, tirs de concentration française, quelques obus de 150 et de minenwerfers venant de l'Entonnoir de l'Ouest. Le 21 juillet, l'aviation allemande est active dans les secteurs.

Du 16/08/1916 au 25/09/1916, le 101e RI s'installe aux emplacements prévus (Noyer, Tombes, Valet, demi-lune, Fer de Lance, Verrue) et répare les tranchées et boyaux.

Journées calmes, entretien du secteur, grenades, tirs de 58 et ripostes par Minenwerfers, bombes à ailettes, tirs intenses sur les batteries de la vallée de la Tourbe ; coups de canons, tirs de Minenwerfers, riposte de 58 et de 75.

Citation du 22/06/1917 : " Excellent Sous-Officier mitrailleur ; a été cité pour sa belle conduite à Verdun le 27 mai 1917 dans des circonstances difficiles, a montré beaucoup de courage et de sang-froid facilitant ainsi la tâche du Chef de Section. N'a échappé que grâce à son courage et à sa volonté."

Croix de Guerre avec deux étoiles de bronze

Promu Adjudant le 08/07/1917

Le 31/07/1917, secteur du Mont Cornillet à Villers Marmery : "pendant la nuit du 30 au 31 juillet vers 23h, un fort coup de main est tenté par les Allemands , repoussé victorieusement par les 5e et 7e Cies. Nous avons 10 tués, 29 blessés et 2 disparus". Parmi les 10 victimes, figure Clotaire Monceau tué aux avants-postes de sa section avec plusieurs de ses hommes.

Citation du 17/08/1917 : "Excellent Sous-Officier Mitrailleur, déjà cité deux fois pour sa conduite à Verdun en 1916 et dans les affaires des 27 et 28 mai 1917. Lors du coup de main ennemi du 31 juillet 1917, l'ennemi ayant déclenché subitement un bombardement très violent de minenwerfers et d'artillerie, s'est porté le premier aux positions de tir de sa section, avant même que le barrage ait été demandé par les premières lignes ; a été tué auprès de ses pièces avec plusieurs hommes de sa section, au bout de quelques minutes de tir."

Tombe provisoire de Clotaire Monceau à Wez (Champagne) et le grain de la moisson

Fin 1920, l'Etat autorise enfin les familles qui le souhaitent à rapatrier le corps de leur soldat. 30% d'entre elles choisissent de le faire. Clotaire Monceau est ré-inhumé dans le cimetière de son village natal, à Givraines.

"Fantassin, tu as défendu chaque pouce de terre, au sacrifice de ta vie pour "tes deux chers petits" et pour l'Alsace et la Lorraine. Nous n'avons jamais oublié. En effet, ton souvenir a toujours été présent , lorsque ton épouse, Marthe, terminait chaque repas par "encore un que les Prussiens n'auront pas". C'était sa façon , à elle de te faire vivre à notre table, parmi nous, au quotidien, elle qui fut bercée dans son enfance, par les souvenirs de la Guerre de 1870, racontée par ses parents, elle qui connut la Grande Guerre et ton départ, elle qui vit partir, lors de la 2e Guerre Mondiale, ses deux fils Jean et René, Pupilles de la Nation. Et puis, heureusement, est venue la Réconciliation avec l'Allemagne, pour la Paix de l'Europe. Les habitants de Givraines, où tu es né, ne t'oublient pas. Ils honorent ta Mémoire et celle des 17 autres enfants du pays, chaque 11 Novembre". (Mme Claudine Monceau, petite-fille de Clotaire, et fille de Jean)

(Avec son aimable autorisation. Mme Monceau a réalisé un exceptionnel travail de mémoire. Elle s'est rendue à Massiges avec son époux en 2017)

"Les Peuples cessent de vivre quand ils cessent de se souvenir" (Maréchal Foch)

 

 

Combats de MASSIGES de Juillet à Décembre 1915

Jean Henri BULIT

Nérac, LOT ET GARONNE

Lieutenant au 134e RIT

Né le 11/11/1878, fils de Jean Louis Bulit et Joséphine Marie Besse de Laromiguière ; classe 1898, matricule 1141 au recrutement de Foix.

Profession : Juge de paix

1,70 m ; cheveux et yeux châtains

ENGAGE VOLONTAIRE au 59e RI pour 3 ans le 15/03/1897 à Pamiers (Ariège).

Nommé Caporal le 04/01/1898 puis Sergent le 16/04/1899

Rengagé pour 2 ans le 02/01/1900

Passé dans l'armée territoriale au 134e RIT le 01/10/1910

 

Rappelé à l'activité au 134e RIT le 04/08/1914, nommé Sergent Major le 10/08/1914

Promu Sous-Lieutenant Chef de Section le 18/11/1914, il quitte le dépot pour le front.

Le 03/02/1915, Henri Bulit occupe les fonctions d'Officier d'approvisionnement.

"Officier d'approvisionnement intelligent, actif, a toujours assuré son service d'une façon parfaite, même dans les circonstances les plus difficiles."

Présent en Champagne dans le secteur de Massiges de Juillet à Décembre 1915, son régiment est chargé du ravitaillement en vivres et munitions des 1ères lignes ; du transport de munitions, de blessés et de prisonniers ; de travaux de nuit de réfection et de nettoyage des tranchées et boyaux de 1ères lignes.

Engagé dans la terrible Offensive de Septembre 1915, il effectue des "travaux spéciaux" aux Ouvrages Pruneau, du Calvaire, de la Place d'Armes, Tranchée de Lissa, Côte 191, Virginy, puis aux Ouvrages Raudot et Posth jusqu'en Décembre.

 

Le 25/09/1915 : chargés de leur ravitaillement, le 1er Bataillon occupe le secteur de la 3e Brigade Coloniale (3e et 7e RIC) à l'Ouvrage Pruneau, et le 2e Bataillon le secteur de la 5e Brigade (21e et 23e RIC) à Massiges.

Mêmes emplacements, mêmes missions jusqu'au 16/10/1915

Durant ce séjour en Champagne, le 134e RI a perdu 150 hommes.

Ordre particulier du 11/10/1915 : Le Général Commandant la 3e Division adresse ses félicitations au 134e Territorial qui pendant toute la durée des attaques n' a cessé de donner aux troupes engagées un concours dévoué que les Commandants de secteurs ont été unanimes à reconnaître.

Grâce à la bonne volonté des cadres et des hommes du 134e Tl, leur mépris du danger, et les vivres qui leur étaient nécessaires, les troupes d'attaque ont pu continuer à progresser.

Le 134e Territorial a contribué ainsi au succès de la Division et a mérité les remerciements que le Général de Division est heureux de lui adresser.

Le Général Goullet (JMO du 134e RIT)

Le 25/10/1915 : La 8e Cie a été placée à l'Ouvrage Guerrier pendant l'attaque des tranchées faite par le 21e RIC avec mission de tenir coûte que coûte en cas d'insuccès.

Travaux spéciaux au Sud de la Côte 191 et dans le Ravin de l'Annulaire.

Transport de matériel en 1ère ligne de 18h à 2h30.

26 et 27/10/1915 : nombreuses corvées de grenades en 1ère ligne. Occupation des ouvrages Posth et Raudot. Côte 191

28/10/1915 : en plus des corvées de ravitaillement, exécution de travaux d'approfondissement du K à la tranchée de 1ère ligne. Travaux spéciaux exécutés avec le Génie à la Côte 191. Travaux de nettoyage des boyaux conduisant à la 1ère ligne.

De 19h00 à 02h30, corvée pour la transport de matériel, vivres et munitions en 1ère ligne.

Les jours qui suivent, mêmes emplacements, mêmes missions

Le 03/11/1915 :

Le 04/11/1915 : le travail pour la 6e Cie devient de plus en plus dangereux en raison des violents bombardements qui ont lieu.

Le 06/11/1915 : une Cie à disposition du 21e RIC ; les 12 et 13/11/1915, des hommes du 134e RIT passent au 3e, 7e, 21e et 23e RIC comme conducteurs.

Le 14/11/1915 : occupation de l'Ouvrage de la Place d'Armes de Massiges, secteur Ouest ; Ouvrage A, secteur Est.

Mêmes emplacements, mêmes missions jusqu'en Décembre 1915

Henri Bulit est évacué pour maladie le 25/05/1916 ; rentré au corps le 28/08/1916

Avec son régiment, il participe aux campagnes de la Somme en 1916 (travaux pour la préparation de l'Offensive de Juillet puis ravitaillement des troupes durant l'attaque = 160 hommes hors de combat) ; à la poursuite des Allemands vers St Quentin en 1917 puis dans l'Aisne la même année.

Citation du 18/05/1917 :

"Excellent Officier au front depuis les débuts, a assuré le ravitaillement sous de violents bombardements en Champagne et sur la Somme et s'est particulièrement dévoué au cours des affaires récentes."

Croix de Guerre, une étoile

Promu Sous-Lieutenant de Territoriale le 30/07/1916 puis Lieutenant le 14/10/1917

(JMO du 134e RIT)

Passé au 2ème Bataillon du 121e RIT le 01/11/1917 en tant que Major de cantonnement à Morienval suite à la dissolution du 134e RIT.

Médaille commémorative française de la Grande Guerre, Médaille Interalliée de la Victoire

Démobilisé le 30/03/1919

Marié le 10/05/1922 à Jeanne Lescure, ils résident à Montauban où Henri Bulit exerce comme Juge de paix.

Chevalier de la Légion d'Honneur le 13/07/1934

Affaibli par ces 4 années de guerre, Henri BULIT décède en 1939.

Son frère Georges - né le 21/02/1888 - était lui aussi promis à une brillante carrière : médecin Major au Maroc depuis le 24/01/1914, il est en campagne contre l'Allemagne au Maroc du 02/08/1914 au 07/12/1915.

Georges Bulit - Campagne au Maroc

Du 08/12/1915 au 29/11/1916, il est affecté en France à l'Ambulance 8/13 et détaché à l' Artillerie de la Division marocaine comme médecin Chef.

Citation du 26/09/1916 : "Sous un bombardement incessant et parfois très violent a organisé dans une position avancée un poste de secours. A constamment fait preuve d'un grand courage et d'un dévouement remarquables en soignant nuit et jour de nombreux blessés de toutes aemés, n'hésitant pas à se porter aux endroits les plus dangereux".

Le 30/11/1916, il repart en campagne contre l'Allemagne au Maroc, en tant que médecin Chef du Groupe sanitaire mobile.

"Médecin militaire intelligent, actif, plein d'inititive et d'entrain. S'est aussi brillamment conduit au cours d'une récente épidémie de peste (1er semestre 1917) où il s'est prodigué sans compter, qu'au front où il a fait l'admiration de ses camarades par sa belle tenue au feu. Réussit très bien dans l'assistance médicale indigène."

Croix de guerre (étoile), Médaille Coloniale (Maroc), Médaille des épidémies (argent), Ouissam allaouite (officier).

Georges Bulit décède le 07/02/1920 à l'hôpital militaire de Marseilles, des suites d'une maladie contractée en service.

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Georges Bulit, fils de Henri Bulit et neveu de Georges Bulit)

Henri Bulit est aussi l'arrière grand-père paternel du fils de Marie-Sol, bénévole : Théo Bulit.

 

 

Combats du Fortin de BEAUSEJOUR de Décembre 1915 à Avril 1916

Onésime NIBERON

St Laurent, CHARENTE

6e RI, 9e Cie

(Onésime à 35 ans)

Né le 10/06/1883, fils de Pierre et de Eugénie Gabard ; 3 frères également engagés (Pierre Eugène, l'aîné, est décédé en mars 1919 des suites de ses blessures).

Classe 1903, matricule 1199 au recrutement de Saintes.

1,62 m ; cheveux bruns, yeux gris

Réformé en 1904 pour "astigmatisme"

Profession : domestique agricole près de Montguyon avec son épouse et leur fille Yvonne née le 29/09/1909.

Suite à l'hémorragie des premiers mois de guerre, de nombreux hommes réformés sont reclassés en service armé.

Classé service armé le 23/12/1914, arrivé au 6e RI le 22/02/1915, parti au front le 18/06/1915

Onésime a tenu un carnet : voici les extraits qui correspondant à sa présence dans le secteur de Massiges

17/12/1915 : "Nous sommes repartis ausitôt par Somme-Bionne, Somme-Tourbe, St Jean (sur) Tourbe, Laval et Wargemoulin. C'est là que nous avons cantonné le 18 décembre 1915 à 6 H du soir.

Le lendemain 19 décembre à 8 H du soir, nous avons occupé la tranchée de la 1ère ligne. Pour y aller, nous sommes passés par le grand boyau près de Minaucourt, dans l'eau jusqu'aux genoux, pour aller à la butte du Mesnil, en 1ère ligne.

Après 10 jours de 1ère ligne, nous sommes descendus au ravin de Marson, pour y rester quelques jours. Puis nous sommes remontés en 2ème ligne, et c'est là qu'un obus de 105 m'a couvert de terre, mais je n'ai pas été blessé.

Le 5 janvier 1916, nous avons été relevés par le 411e et le 412e, et les 9, 10, 11, 12 janvier 1916, les Boches ont attaqué à la Butte du Mesnil. Nous avons eu 111 hommes hors de combat et deux Cies prisonnières, mais nous, nous étions au repos à Gizaucourt.

Le 14 janvier 1916, nous sommes allés relever le 411e qui avit subi l'attaque du 9 au 12.

Nous sommes passés par Hans, Wargemoulin, Minaucourt. Je suis parti des tranchées de 1ère ligne de Beauséjour, le 20 février.

(Fortin de Beauséjour)

Pour aller au petit dépot, nous sommes passés par Minaucourt, Wargemoulin, Laval, Somme-Bionne, Somme-Tourbe, La Croix-en-Champagne, Auve-complètement détruit, Herpont. C'est là qu'était le petit dépot. (Onésime Nibéron, il quitte le secteur de Beauséjour fin Avril)

 

Evacué blessé le 14/06/1916 région Côte 104 "éraflures dos main par éclat d'obus", revenu au front le 19/07/1916.

"Le 29 décembre 1916 au matin, j'ai été blessé par un obus et le même obus a blessé quatre autres soldats".

Evacué pour blessures aux visage et main, rentré à sa Cie le 28/01/1917.

Blessé le 20/08/1917 (Côte 344, secteur du Poivre) : "séton par éclat d'obus, orifice d'entrée en avant épine illiaque antéro-supérieure", évacué puis rentré à sa Cie le 22/11/1917.

Citation : "Soldat courageux et intrépide. Le 11/09/1918 au soir, la Cie arrêtée sur la route du château de Beauvais par plusieurs mitrailleuses, s'est porté sur le flanc et les a attaquées à plusieurs reprises à la grenade".

Croix de guerre, étoile de bronze, Médaille de Verdun, Médaille Militaire, Croix du combattant, Médaille Commémorative de la Grande Guerre, Médaille Inter-Alliée.

De retour de la guerre, il travaille comme vigneron.

Classé réformé définitif en 1942, pension permanente de 10% pour "légère gêne de la flexion du tronc par adhérences cicatricielles au niveau de la région lombaire droite".

Onésime Nibéron décède en 1970.

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur André Berlureau, petit-fils d'Onésime Nibéron qui lui parlait souvent de la guerre, le soir à la veillée, devant le feu de cheminée. M. Berlureau s'est rendu en famille à Massiges le 19/06/?)

 

 

Combats de Massiges de Septembre 1914 à Décembre 1915

Ibrahim DINAH SALIFOU, fils du dernier roi des Nalous de Guinée

Roi-Numez, GUINEE FRANCAISE

Sous-Lieutenant au 8e RIC

Né le 11/01/1878, fils d'Amadou et de Dame Myani Camara

1,62m ; cheveux noirs, yeux marrons

Profession : représentant de commerce (avant son mariage, vit au 22 rue de Buci à Paris 6)

 

ENGAGE VOLONTAIRE pour la durée de la guerre le 28/12/1914 à la Mairie de Chateauroux (Indre)

Passé au 8e RIC le 28/09/1914

Nommé Capitaine le 10/02/1915

Blessé par balle le 11/04/1915 en Champagne

Nommé Sergent peu après puis Sous-Lieutenant le 27/05/1915

Blessé le 01/10/1915

3 citations

Croix de guerre, 2 palmes, 1 étoile de bronze

Chevalier de la Légion d'honneur

Dinah Salifou décoré de la Légion d'honneur aux Invalides le 20/01/1916

Passé au Bataillon des Tirailleurs sénégalais le 01/02/1917 et ce jusqu'à la fin de la guerre.

Traitements de la Légion d'honneur en 1917 à Bangui

 

Marié à Marguerite Renault, il continue d'exercer à Paris son métier de représentant de commerce.

Décédé le 31/01/1924 à Paris 20e

 

 

Ces extraits des mémoires de Georges Polvé sont tirées d'un cahier édité par la Société Archéologique d'Eure et Loir : "Journal d'un musicien brancardier de Nogent-le-Roi (1914-1918)"

Combats de Massiges du 19/07/1916 au 03/10/1916

Georges POLVE

Nogent-le-Roi, EURE-ET-LOIR

musicien-brancardier au 101e RI

Avec son épouse

Né le 07/05/ 1892, fils d' Eugène et de Eugénie Champagne ; classe 1912, matricule 671 au recrutement de Dreux.

1,68 m ; cheveux châtain foncé, yeux marron foncé, menton saillant à fossettes

Profession : jardinier

Incorporé au 101e RI à compter du 09/10/1913 ; musicien (clarinettiste) le 03/08/1914

Aux Armées le 07/08/1914 ; passé dans la réserve de l'armée active le 01/10/1915

Blessé évacué le 03/06/1916 au Fort de Tavannes "contusions multiples". Rejoint le 10/07/1917

Evacué malade le 25/10/1917. Rejoint le 17/12/1917

Citation : "Brancardier remarquablement courageux et dévoué s'est particulièrement distingué le 15 juillet 1918 au transport avec les blessés d'un P.S avancé (poste de secours) dans des conditions pénibles et sous de violents bombardements ; s'était déjà fait remarquer au coup de main du 13/07/1918".

Croix de Guerre Etoile de bronze

Evacué malade le 12/01/1919 ; évacué intérieur le 02/02/1919


Mercredi 19 juillet. Répétition dans la matinée. Préparatifs de départ le tantôt. Le régiment remonte aux tranchées relever le 124 avec 12 musiciens dont je suis du nombre. Nous partons à 21 h passons à Courtémont et arrivons sans encombre à Virginy où nous trouvons des dortoirs assez bien aménagés. Le secteur est très calme. Il est minuit. Le temps est beau.

Jeudi 20 juillet. Le calme étant complet, je me balade dans le pays qui n’est plus qu’un amas de ruines sur lesquelles de grandes herbes, des fleurs de toutes sortes ont poussé : coquelicots, bleuets, pâquerettes, quelques roses dans ce qui anciennement était des jardins. Ils se confondent l’un dans l’autre et quoi qu’ayant un aspect sauvage, donnent une certaine gaieté à ce qui reste de ce village complètement dévasté. De l’église, il ne reste que quelques murs qui menacent de s’effondrer. La cloche qui, par extraordinaire a été épargnée dans sa chute, sert à avertir une attaque au gaz le cas échéant.

Quelques arbres fruitiers nous fournissent un dessert assorti qui, ajouté aux champignons et au cresson que nous trouvons, améliore sensiblement notre ordinaire. On voit que le secteur est calme depuis longtemps car les boyaux sont en parfait état et ont un coup d’œil pittoresque, étant enguirlandés de chaque côté de liserons et de fleurs des champs. Ce n’est plus le bouleversement de terrain, les arbres arrachés du secteur de Verdun. Dans l’après-midi, nous déchargeons et mettons en place dans une soute à munitions 200 torpilles pendant que trois autres s’occupent du ravitaillement en eau des postes de commandement. En un mot, nous ne sommes pas trop malheureux dans ce secteur.

21 juillet, vendredi. La journée est toujours très calme quoi que n’étant qu’à 2 k des boches. Pas un obus sur Virginy. Dans l’après-midi nous allons chercher deux blessés dans un poste d’écoute. Ravitaillement en eau comme la veille. Samedi 22 juillet. Toujours la vie pas trop malheureuse et le même calme à 2 km seulement des Boches. À la tombée de la nuit, nous partons en corvée pour porter des madriers, des planches et des sacs à terre à une batterie de crapouillots entre notre première et notre seconde ligne de tranchée. Nous partons à 21 h et arrivés au PC il nous est impossible de passer par-dessus la plaine les boyaux avec des madriers de 5 m. Nous attendons donc qu’il fasse plus noir pour couper par la plaine, ce que nous faisons une demi-heure plus tard pour arriver sans encombre à notre but. Quelques fusées éclairantes nous obligent à faire plusieurs plat-ventre. Plusieurs bombes à fusils inondent la nuit de gerbes d’étincelles et c’est tout. Nous retournons à Virginy sans même avoir entendu un coup de canon.

Dimanche 23 juillet. Nous devons être relevés le soir par les autres musiciens restés à Maffrécourt. Le matin, nous allons chercher un blessé au poste Pruneaux (Poste d’accueil des victimes de pruneaux, projectiles destinés aux mortiers) et dans l’après-midi, nous chargeons trois wagons de torpilles qui doivent aller à Ville-sur-Tourbe dans la nuit. Nous sommes relevés à 23 h et nous nous mettons en route pour Maffrécourt où nous arrivons sans encombre à 21 h 30.

Lundi 24 juillet. Journée de repos.

Mardi 25 juillet. Répétition. Le régiment appuie sur la droite et prend le secteur de Ville-sur-Tourbe et par ce fait, tous les musiciens qui sont à Virginy reviennent à Maffrécourt sauf trois qui restent pour le ravitaillement en eau des postes de commandement.

Mercredi 26, jeudi 27, vendredi 28 juillet. Répétition. Maffrécourt.

Samedi 29 juillet. Remise de croix de guerre. Dimanche 30, lundi 31 juillet. Répétition.

Du mardi 1er août au lundi 14 août. Répétition. Mardi 15 août. Répétition, concert. Nous partons à 21 h pour aller cantonner à Dommartin sous Hans. Mercredi 16 août. Journée à Dommartin.

Jeudi 17 août. Nous quittons Dommartin à 18 heures avec les pionniers, passons à Courtémont puis, en vue de Minaucourt et après une marche d’environ 4 heures sous une pluie battante nous arrivons à la « Demi-Lune » gauche de la Main de Massiges. Nous relevons les musiciens du 104. La relève du régiment s’effectue dans de bonnes conditions. Nous sommes logés dans une galerie boisée, creusée sous la colline. Nous sommes donc en sécurité sous 10 à 12 cm de terre qui nous recouvrent. Les couchettes sont installées de chaque côté de la galerie. Un dépôt de matériel amené par un decauville est en face.

Vendredi 18 août. Cinq musiciens vont comme brancardiers au poste de secours de première ligne, deux autres s’occupent du ravitaillement du colonel. Alleaume et moi sommes désignés pour aller au dépôt de matériel, notre travail consiste à charger et décharger les wagonnets, préparer le matériel demandé par les compagnies, et qui est monté par les autres musiciens. Nous rangeons le dépôt…

Samedi 19 août. Nous nous livrons aux mêmes travaux que la veille. Nous sommes relativement tranquilles dans l’accomplissement de notre travail mais les premières lignes sont assez agitées par les minen (projectiles lancés par le Minenwerfer, mortier de tranchée allemand (équivalent français, Crapouillot).

Dimanche 20 août. Même occupation.

Lundi 21 août. Même travail.

Mardi 22 août. Même travail. Un violent bombardement dans la nuit sur nos premières lignes reste sans résultat. Mercredi 23 août. Mêmes occupations. Nous sommes relevés le soir par les musiciens du 124. Nous partons à 22 heures, traversons les ruines de Minaucourt puis celles de Wargemoulin pour arriver au camp Bravard, à 1 km de Hans. Nous cantonnons dans le baraquement de la musique du 124.

Vendredi Jeudi 24 août. Repos. Vendredi 25 et samedi 26 août. Répétition. Dimanche 27 août. Répétition. Concert.

Lundi 28 août. Repos. Mardi 29 et mercredi 30 août. Répétition. Jeudi 31 août. Répétition. Concert.

Vendredi 1er septembre. Préparatifs de départ. Nous quittons le camp à 20 heures, passons de nouveau à Wargermoulin puis Minaucourt et regagnons nos anciens cantonnements à la Demi-Lune.

Samedi 2 septembre. Deux équipes partent l’une au poste de secours du Noyer, l’autre au poste de Laffaut. Je suis employé avec un autre camarade au ravitaillement du colonel. La journée est assez calme mais, dans la soirée, un violent bombardement se déclenche et dure une heure environ. Les tirs des mitrailleuses et la canonnade sont très nourris. Toutes les équipes marchent et ramènent trois morts et plusieurs blessés. Résultat néant.

Dimanche 3 septembre. La journée est calme, plusieurs musiciens creusent des fosses et inhument les morts de la veille. Je suis toujours affecté au ravitaillement du colonel.

Lundi 4 septembre. Mêmes occupations. Journées très calmes. Mardi 5 septembre. Même travail.

Mercredi 6 septembre. Toujours dans les mêmes conditions.

Jeudi 7 septembre. Sommes relevés le lendemain.

Vendredi 8 septembre. Toute la musique est relevée par celle du 124 et part de la Demi-Lune à 21 h. Avec un camarade je vais déménager la cuisine du colonel que nous chargeons sur un Decauville puis nous partons et passons par le chemin de rondins pour raccourcir notre chemin. Quelques marmites éclatent à proximité du chemin mais sans faire de dégâts. Nous rattrapons les autres à la sortie de Minaucourt. Nous cantonnons à Hans où nous arrivons à 1 h du matin.

Samedi 9 septembre. Repos.

Dimanche 10 septembre. Nous changeons de cantonnement et aménageons ce dernier. Du lundi 11 au samedi 16 septembre. Répétition.

Dimanche 17 septembre. Nous quittons Hans à 19 h. Passons à Minaucourt puis à la cote 180 que nous traversons par un boyau qui, au bas de cette cote est construit à ras du sol avec des gabions remplis de terre. Le terrain étant très marécageux, l’eau est à fleur de terre et même inonde les caillebotis. Nous arrivons à l’index de la Main de Massiges. Nous relevons le 124 et cantonnons dans des abris peu solides. Nous passons une nuit tranquille.

Lundi 18 septembre. Il pleut. Alleaume et moi sommes employés à convoyer les Decauville qui desservent les différentes gares ou dépôts de matériel du secteur. Nous partons donc dans l’après-midi à la cote 180 où est le grand dépôt du secteur pour nous mettre au courant de notre travail de la nuit. Nous revenons ensuite, ayant eu les instructions nécessaires, pour souper, et retournons à 18 h au même endroit. La pluie et le vent ne cessent pas. Nous prenons connaissance des wagons destinés au régiment et attendons le départ des trains. Le premier emmène les wagons qui doivent aller au Col des Abeilles, le second, celui du Bois Valet, c’est celui que je convoie. J’arrive au Bois Valet, donne livraison au caporal qui en est chargé et je reviens, complètement traversé, à notre cagna (abri militaire de tranchée) où j’allume du feu en attendant Alleaume qui convoie le train qui va à la Demi-Lune.

Mardi 19 septembre. Nous allumons du feu le matin pour faire sécher nos effets. Le soir, même travail que la veille mais dans de meilleures conditions, le temps étant plus favorable.

Mercredi 20 septembre. La journée est en général agitée. Nous faisons toujours le truc de convoyeur dans de bonnes conditions.

Jeudi 21 septembre. Toujours le même travail nocturne et pas trop rassurés cette fois car les Boches bombardent la voie du Decauville sans résultat mais…

Vendredi 22 septembre. Belle journée calme. La soirée et une partie de la nuit se passent comme d’habitude.

Samedi 23 septembre. Travail habituel dans mon occupation de convoyeur.

Dimanche 24 septembre. La journée se passe plus mouvementée qu’à l’habitude. L’aviation est en particulier très active. Le soir, nous allons dans les conditions habituelles à la cote 180 mais en allant au dépôt de matériel du Pouce, deux marmites éclatent à quelques mètres seulement de moi, ayant entendu le sifflement à l’avance, j’ai eu le temps de me préserver des éclats en faisant un plat ventre dans un des fossés qui bordent la voie de 0 m 60. Le reste de la nuit se passe normalement.

Lundi 25 septembre. La journée est assez calme. Duels intermittents entre avions. Nous nous rendons à la cote 180 pour convoyer nos wagons ce qui est terminé à 21 heures. La musique étant partie à notre retour, nous nous mettons en route et trouvons, à l’entrée de Minaucourt, l’occasion de monter sur une cuisine roulante qui se rend à Hans. Nous arrivons de ce fait en même temps que les autres et trouvons notre ancien cantonnement.

Mardi 26 septembre. Matinée de repos. Après-midi, concert à Valmy oh !!! Le beau concert !!!

Du mercredi 27 au samedi 30 septembre. Répétition. Dimanche 1er octobre. Remise de décorations. Répétition. Concert. Le soir, nous allons à une réception d’officiers russes à la maison du colonel où nous poirotons 2 heures. Après avoir joué les hymnes nationaux à leur arrivée nous retournons à notre cantonnement où nous rencontrons deux ordonnances qui viennent casser la croûte avec nous. L’un est de Kiev (Ukraine), l’autre d’Arkangelsk (port du nord de la Russie - Georges Polvé est informé de la présence de deux brigades russes sur le front de Champagne). Avec quelques paroles de français qu’ils connaissent nous arrivons non sans difficulté à nous comprendre.

Lundi 2 octobre. Répétition. Le soir, nous retournons à un lunch offert aux mêmes officiers et faisons un petit concert.

Mardi 3 octobre. Nous quittons Hans dans la soirée pour aller cantonner à Somme-Bionne.

 

(Avec l'aimable autorisation de la Société Archéologique d'Eure et Loir et sur la recommandation de Jean-Pierre LEGRAND à qui nous adressons également tous nos remerciements ; petit-fils de Maurice Legrand, soldat au 23e RIC, il est l' auteur du livre consacré à son grand-père "Votre fils qui vous aime" et édité par la même société)

 

 

DISPARU à Massiges le 02/02/1915, prisonnier à Darmstadt

Fernand BLAISE

Essarts le Roi, SEINE ET OISE

Soldat de 1ère classe du 23e RIC, 3e Bataillon, 11e Cie

En 1922

Né le 07/09/1881, fils de Blaise François (marchand de vin puis journalier) et de Marie Léonard ; classe 1901, matricule 3456.

1,69m ; cheveux et yeux châtains

Incorporé au 94e RI en 1902, soldat de 1ère classe le 04/11/1904

A épousé le 21/04/1906 aux Essarts le Roi, Georgette Lamontagne : 2 enfants naissent de cette union, Maurice et Paulette.

Rappelé à l'activité le 01/08/1914, passé au 21e RIC puis au 23e RIC le 03/09/1914

Parti aux Armées le 05/10/1914

D'Octobre à Décembre 1914, son régiment alterne avec le 23e RIC, des périodes de 4 jours d' occupation du Bois d'Hauzy (secteur de Massiges), et de cantonnement à Dommartin-sous-Hans.


"19/10/1914 : un peloton de la 5e Cie, aux ordres du Capitaine Briard, quitte la tranchée à 1h30 avec mission d'aller enlever le poste allemand qui occupe la Ferme de Melzicourt.

Le détachement, reçu par deux feux de salves, se jette en avant à la baïonnette mais n'arrive ni a franchir, ni à tourner un mur fortement organisé ; il se replie en conséquence, sur le Bois d'Hauzy où il arrive à sa tranchée vers 5 heures ayant un caporal, Gillet Charles, blessé au côté gauche.
Un détachement de la 11e Cie (Adjudant- Chef Castelli), chargé de couvrir le flanc gauche du détachement de la 5e Cie, détache à cet effet, une patrouille de liaison vers la 5e Cie. Cette patrouille rentre vers 7h30, son Chef le Sergent Marchal signale l'absence du caporal Salat, sans être en mesure de faire connaître si ce gradé a été tué, blessé, ou s'il semble simplement s'être égaré.
Le Régiment relevé dans la nuit par le 21e Colonial rentre vers 20heures au cantonnement de Dommartin-sous-Hans.

Repos au cantonnement de Dommartin-sous-Hans.

23/10/1914 : la matinée est consacrée à l'amélioration des défenses accessoires. Le Bois d'Hauzy est partagé en 3 sous secteurs qui présentent un large front de 3500m environ. Les Unités en ligne sont fortement retranchées et couvertes par des défenses accessoires, réseaux de fil de fer, abattis.

Fabrication de claies au Bois d'Hauzy

Vers 16 heures, un drachenballon s'élève au N. du bois de Ville; un tir d'artillerie allemande est aussitôt déclenché, atteignant les positions de la 9e Compagnie, sans causer de pertes.



L' occupation du Bois Hauzy se poursuit jusqu'au 31/12/1914.

Dans la nuit du 4 au 5 février 1915 : les 2e et 3e bataillons reçoivent l'ordre d'occuper et de résister sur les crêtes au nord de Massiges que l'ennemi, après une violente attaque, a enlevées en partie à l'unité que le régiment vient de relever.

05/02/1915 : après un bombardement inouï, l'ennemi tente une attaque sur les positions défendues par le régiment. Il en est rejeté ; mais le 23e subit de très lourdes pertes ; les cadres, sont mis hors de combat, les unités complètement disloquées s'accrochent au terrain presque entièrement nivelé par le bombardement qui a repris ; pas un pouce de terrain n'est cédé à l'adversaire.

Fernand BLAISE est porté disparu le 5 février 1915 à Massiges dans le secteur du Cratère (Nord de Massiges).

Des journaux publient des annonces, avec ou sans photo, qui permettent aux familles d'avoir des renseignements pour rechercher leurs disparus.

Le comité International de la Croix Rouge, entreprend des recherches :


On le cherchait à Montmédy,il est à Darmstadt...

Camp de Damrstadt

8 millions de soldats de différentes nationalités sont fait prisonniers et répartis dans 320 camps de détention sur le territoire du Reich.

Les soldats inventent de nouveaux concepts pour nommer les conséquences psychologiques : pour les français, c’ est le "cafard" ; pour les britanniques, la " barbed wire disease " ; la "Stacheldrahtkrankheit" pour les allemands (maladie du barbelé).

 Prisonniers français du Camp de Darmstadt

Tri du courrier des français par les allemands dans le camp de Darmstadt.


La censure est totale.

 À partir du 06/11/1914, l’Allemagne est soumise à un blocus économique de la part des pays de l’Entente. La pénurie alimentaire qui touche l’Allemagne dès 1915 frappe également les prisonniers.

La soupe devient le symbole de cette alimentation inconsistante : soupe de haricots, d’avoine, de pruneaux, de betteraves, de morue.

"J'ai vu l’autre jour, dans nos cuisines, des quartiers de viande frigorifiée dont l’odeur et les reflets verdâtres étaient si accusés que nos cuisiniers refusèrent de les faire cuire. Le médecin-chef allemand, appelé comme arbitre, ordonna de les faire tremper dans une solution de permanganate et, le surlendemain, cette viande ainsi désinfectée agrémentait l’ordinaire".


Distribution du repas dans le camp de Darmstadt.


Le pain est remplacé par le "pain KK" (en allemand Kleie und Kartoffeln: son et pommes de terre ou Kriegskartoffelbrot) dont la composition reste trouble: farine de pommes de terre, sciure ou sang de bœuf. La dénutrition devient le quotidien du prisonnier; après la guerre, beaucoup souffrent de graves troubles digestifs et s’habituent difficilement à un nouveau changement de régime alimentaire.

 

En 1915, plus de 600 000 prisonniers sont parqués à l’étroit dans des baraques et des tentes insuffisamment pourvues d’installations sanitaires. Des épidémies se déclarent et plus de 4000 prisonniers périssent.

Fernand est libéré le 05/12/1918, et mis en congé de démobilisation le 25/02/1919, il rejoint alors sa famille à Auffargis. À la mi-janvier 1919, tous les prisonniers français sont rapatriés.

Dès leur retour, les prisonniers furent l'objet d'un préjugé défavorable :
- Interrogatoires sur leurs conditions de capture, - Regard des veuves de guerre, des collègues de travail les suspectant de s'être sauvés par la captivité. - Lors des fêtes de la Victoire à Paris en 1919, il n'y eut pas de place pour les prisonniers de guerre ! N' étant pas considérés comme Anciens combattants, ils n'eurent pas droit, pendant longtemps, aux décorations militaires.

Après cette période difficile, Fernand Blaise reprend ses activités d'entrepreneur en couverture et plomberie."

(Jean-Pierre BLAISE, son neveu, en visite avec son épouse à la Main de Massiges)

Avec son aimable autorisation

 

 

Combats secteur de Massiges de Janvier à Avril 1916

Charles ARSANT

Voves, EURE-ET-LOIR

Caporal au 104e RI

Né le 02/01/1895, fils d'Emile et de Marie Prévosteau ; classe 1915, matricule 643 au recrutement de Chartres.

1,69m ; cheveux noirs, yeux marron foncé

Profession : marchand de volailles

Incorporé au 104e RI à compter du 15/12/1914, nommé soldat de 1ère classe le 09/03/1915

Parti aux Armées le 20/06/1915

(En haut, le plus à gauche, vêtu d'une cape noire?)

Blessé par éclat d'obus au bras gauche et évacué le 21/09/1915 sur Ambulance 7/4 à Mourmelon le Petit.

(A l'hôpital)

Rentré au dépot le 15/12/1915 ; parti aux Armées le 27/01/1916

Son régiment combat dans le secteur de Massiges de Janvier à Avril 1916 (le Cratère, Ravin des Pins, Bois Valet, Maison de Champagne)

Citation : " Très bon soldat. Dévoué et brave sur le front depuis le 20/06/1915. A été blessé le 23/09/1915 (en fait le 21) devant Aubérive s/Suippe. Très belle conduite au cours des opérations devant Verdun de septembre à décembre 1916 et juin à août 1917."

Croix de guerre avec étoiles de bronze

Nommé Caporal le 30/01/1918

Déclaré inapte 1 mois le 18/12/1918 pour "brûlure par gaz et laryngite contractée aux armées le 02/12/1918."

Charles Arsant a ramené ce briquet, magnifique objet d'artisanat de tranchée.

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Philippe Arsant, son petit-fils, en visite à Massiges en Août 2016)

 

Ajouts de Mai 2017 :

BLESSE à TAHURE le 08/10/1915

Isidore CARIOU

Plogastel St Germain, FINISTERE

118e RI, 12e Cie

(Pendant son service au 13e régiment des Cuirassiers)

Né le 05/06/1886, fils de Marc et de Marie Louise Struilliou ; classe 1906, matricule 3310 au recrutement de Nantes.

Profession : cultivateur

1,75m ; cheveux châtain, yeux bruns

Incorporé le 02/10/1907 au 13e Cuirassiers.

Rappelé à l'activité le 03/08/1914 et affecté au 3e régiment de Dragons. Par excès de nombre, affecté au 118e ri, 12e Cie.

Pendant l'Offensive de Champagne, le régiment est engagé dans les combats de Tahure (aujourd'hui village disparu).

A l'approche du 25 septembre, les hommes se préparent : "Chaque homme emporte deux jours de vivres de réserve et un jour de vivres ordinaires......En principe tous les hommes conserveront leur sac qui constitue avec le casque un ensemble protecteur très efficace. Il sera allégé et contiendra seulement...vivres...la toile de tente servant à arrimer les vivres, 2 sacs à terre. Chaque homme portera en outre l'outil au ceinturon, 250 cartouches, un bidon de 2 litres..., le masque, les lunettes, le paquet de pansements, la calotte de campagne dans les poches de la capote, 2 grenades (4 pour les nettoyeurs) ...... Les nettoyeurs de tranchées seront armés de couteaux et de révolvers et seront munis de quelques grenades pour le nettoyage des abris qui seraient encore occupés.... Objets non emportés par les hommes, souliers, ustensiles de cantonnement, chandails ou tricots.
Ce 25 septembre, il pleut et la nuit précédente a été très froide. Au matin, les hommes sont transis.
Après trois jours de bombardement sans interruption des positions allemandes par notre artillerie, Les baïonnettes sont mises au canon.

Cette journée du 25/09/1915 a été pour le 118ème l'une des plus glorieuses. Que d'actions d'éclat individuelles ou collectives n'aurait-on pas à signaler ! Pendant toute l'action notre beau régiment à déployé une énergie, un sang-froid remarquable. Allant droit au but, sus au boche, sur l'objectif assigné, sans se soucier de danger, au mépris de la mort. Il a arraché à l'ennemi, sur une profondeur de plus de 4 kilomètres, tout un système de tranchées et de boyaux fortement organisés. Il a fait plus de 500 prisonniers, pris des canons, des mitrailleuses, des lance-bombes et un matériel considérable d'armes, de munitions, d'équipement, de dépôts de génie. Mais ce beau succès nous a coûté cher et dans la soirée, on se compte." (JMO du 118e RI)

"Tandis que des averses de pluie se succèdent, les journées du 26 et 27/09 se passent sans combats, hormis quelques échanges de tir et surtout d'intenses bombardements allemands sur les positions françaises. Le 28 septembre, il pleut encore. Les troupes se rangent en ordre de bataille dans le but d'attaquer la brosse à dent. La compagnie de mon grand-père reste à sa place. Chacun travaille à améliorer les tranchées autant que le feu ennemi le permette.
Le 29/09 la pluie n'a pratiquement pas cessé de la journée. A 16h l'attaque est déclenchée mais elle échoue, stoppée par le feu allemand. Le 30/09, une nouvelle attaque est préparée. Le 118ème attaquera par l'ouest. La journée est consacrée à la réalisation de boyau permettant d'approcher des ennemis. Les 01 et 02/10, les préparatifs se poursuivent. Dans la nuit, le bataillon de mon grand-père creuse un boyau de communication entre la première et la deuxième ligne d'attaque. Les deux journées suivantes, le bombardement allemand s'intensifie encore provoquant des pertes sérieuses.
Dans la journée du 04/10, l'artillerie française pilonne les positions allemandes de la brosse à dent. La compagnie de mon grand-père est en réserve au bord de la route de Tahure.
Ce lieu de combats très dur, a valu la création d'une chanson par les poilus :

"Te souviens-tu Titinne, des Culbutes,
Tout là-haut, tout là-haut, sur la Butte,
Sur la butte de Tahuré,
Face aux casques pointus
Sous la mitraille et les Obus.
As-tu vu Guillaume ? Guillaume est foutu !
(Philippe COËNT)


"Le 05/10 dans la matinée, le régiment évacue la tranchée pour permettre à notre artillerie de bombarder le bois où sont retranchés les allemands. Celui-ci va durer la journée entière et au soir, le régiment réoccupe la position.

Le 06/10 : grâce au brouillard les 3 Bataillons établissent leurs tranchées à 200 m au Nord de la tranchée de Constantinople.

Dans la nuit, à une heure du matin, quelques hommes sont choisis pour couper les fils de fers protégeant les positions allemandes. Les hommes désignés ne portant rien sur eux qui puisse faire du bruit et tout en restant couché, coupent les fils et font de nombreuses brèches en élevant seulement leurs bras armés de cisailles. A 4 heure du matin, il existait trois grandes brèches permettant le passage de l’attaque.

Les hommes dans un magnifique élan traversent la tranchée de Constantinople, descendent le ravin, prennent à revers les allemands qui se trouvent dans le manche de la brosse et n'écoutant que leur courage dépassent la lisière sud qui leur avait été assignée comme limite. Ils poussent jusque vers 7778 facilitant ainsi dans une très large mesure l'enlèvement par le 19ème de la tranchée nouvelle. On a beaucoup de peine à ramener ces hommes qui avaient été beaucoup trop loin." (JMO du 118e RI)

"Plus tard, mon grand-père dira à ses enfants qu'il ne pourrait raconter ce qu'il avait vécu, tant ces histoires étaient horribles".
(Philippe COËNT)

07/10/1915 : "cette journée est terrible. Le bombardement ne cesse pas. L'ennemi se sert d'obus à gaz asphyxiant. La situation est très dure.

08/10/1915 : Pour les 3 Bataillons, départ à 4h du matin avec mission de s'emparer des extrémités Est de la tranchée de Constantinople et du manche de la Brosse à dents et de s'établir sur la lisière Sud de ce dernier (...) dès 9h du matin toute la Brosse à dents était entre nos mains." (JMO du 118e RI)

Isidore Cariou est blessé par balle explosive : "plaie pénétrante de l'oeil droit."

"C'est ce jour-là, que mon grand-père a été gravement blessé. Son lieutenant voulait faire passer un message et trois estafettes venaient d’être tuées au sortir de la tranchée. Isidore s’est alors porté volontaire pour effectuer la mission. Mais là encore, au sortir de la tranchée, il reçut une balle explosive qui pénétra sous son nez et ressorti par son œil, lui arrachant une partie du visage. Un autre éclat restera planté à vie derrière son crâne, car inopérable, et il en souffrira toute sa vie.
Il entre à l'hôpital le 10/10/1915 et est évacué le 01/11/1915 vers l'hôpital ophtalmologique de Lyon. Le 08/11, il était procédé à l'énucléation de son œil droit."
(Philippe COËNT)

(Billet médical)

Réformé le 28/01/1916, Isidore est renvoyé dans ses foyers le 01/02/1916 avec une pension de guerre de 644 francs.

Citation :

Croix de guerre avec palme et Médaille Militaire


"Corentin Cariou, frère de mon grand-père meurt à l'hôtel Dieu à Paris le 28 octobre des suites des blessures reçues au combat".

(Avec l'aimable autorisation de Philippe COËNT, son petit-fils, en visite à Massiges le 20/05/2017. Il a retranscris tout le parcours de son grand-père, nous contacter)

 

 

DISPARU MPLF à MASSIGES le 21/09/1914

Paul Marie RISTORI, 30 ans

Poggio, CORSE

Adjudant au 8e RIC, 1er Bataillon, 2e Cie, 3e Section

Né le 08/06/1884, fils d'Antoine et de Grâce Marie Perfettini ; classe 1901, matricule 723 au recrutement d'Ajaccio

1,65 m ; cheveux noirs et yeux bleus

ENGAGE VOLONTAIRE incorporé au 8e RIC le 14/08/1902

Soldat de 1ère Classe le 01/09/1903, passé au 13e RIC le 10/08/1905

Campagne de Madagascar du 10/08/1905 au 26/09/1909 (rengagé pour 5 ans en 1907, passé au 6e RIC le 05/09/1909)

Nommé Caporal le 01/10/1910 puis Sergent le 01/04/1912, passé au Régiment du Gabon le 28/05/1912

Campagne d'Afrique (Régiment du Gabon) du 28/05/1912 au 09/09/1913 (rengagé pour 5 ans le 14/08/1912, passé au 8e RIC le 23/04/1913)

Blessé le 21/09/1914 au violent combat de Massiges dans l'assaut de la Côte 199 (Mont Têtu) puis porté disparu.

Nommé Adjudant le 23/09/1914

Des recherches sont engagées par la famille auprès de la Croix Rouge, en vain.

Paul Ristori ne sera officiellement déclaré décédé qu' en 1920, une fois les prisonniers de guerre rapatriés d' Allemagne.

(Avec l'aimable autorisation de Corentin Bernard, son arrière petit-fils)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à VILLE-SUR-TOURBE le 05/10/1915

Léon TOURNEUR 7e RIC, 32 ans

Virson, CHARENTE-INFERIEURE

Le jour de son mariage

Né le 20/11/1882, fils de Gustave Tourneur et Armantine Rambaud ; classe 1902, matricule 1580 au recrutement de La Rochelle.

Cheveux et yeux châtain

Profession : cultivateur

Exempté de service militaire pour "hernie crurale"

A épousé Ophélie le 14/09/1908 : deux enfants sont nés de cette union.

Suite à l'hémorragie des premiers mois de guerre, de nombreux hommes pourtant exemptés ou réformés sont rappelés en service armé.

Classé dans le service armé le 09/12/1914, Léon Tourneur arrive au 7e RIC le 14/02/1915.

L'avis de réforme pour "albuminerie" le 22/04/1915 est annulé.

Parti au front le 05/09/1915 depuis Saint Médard en Jalles en Gironde où il a fait plusieurs mois de préparation militaire.

"Du 23 au 30 septembre, violentes attaques françaises vers Ville-sur-Tourbe et Massiges : enlèvement de la partie Est de la Main de Massiges. Puis organisation et occupation des positions conquises".

Sa dernière carte :

« 23 7bre 1915  Ma chère Ophélie,

Je voulais t’écrire dès ce matin, mais il me fut impossible vu le peu de temps que nous avons de libre. En ce moment nous faisons des tranchées et prochainement nous allons les occuper pour nous habituer. Je reçois tes lettres régulièrement et suis très satisfait de savoir mon beau père en bonne voie de guérison. Je te donnerai d’avantage de détails quand je serai libre; pour le moment nous avons la presse et demain 24, nous passons la journée sur le terrain de manœuvre. Ma santé est bonne et suis heureux de vous savoir bien portant vous aussi.

Votre soldat qui pense souvent, très souvent à sa petite famille vous embrasse bien fort. Léon »

Son ultime combat :

Extraits du JMO du 05/10/1915

Léon Tourneur est probablement l'un de ces 2 hommes tués à Ville-sur-Tourbe le 05/10/1915 lors de la grande Offensive de Champagne.

"Notre grand-mère s’était rendue au cimetière militaire de Ville sur Tourbe en 1919" avec l’intention de faire rapatrier le corps de son époux.

La loi l'interdit mais les familles en deuil sont prêtes à tout...

Le 6 août 1919, elle écrit au dos de cette carte : « Chère maman, Ce matin nous sommes allés au cimetière. Nous avons facilement trouvé la petite croix où est gravée le nom de mon pauvre Léon. Ce soir nous repartons pour Sainte Ménéhoulde. Nous reviendrons demain pour essayer de le faire mettre dans un cercueil mais en cachette. Je ne sais pas si nous pourrons réussir… je t’embrasse bien ainsi que mes deux petits. Je pense qu’ils sont bien sages. Ophélie Tourneur »

L'entreprise échoue...

Il faudra attendre 1921 pour que la douleur des familles soit enfin entendue et pour qu'elles puissent organiser le retour de leur fils ou époux.

"Léon Tourneur a été exhumé par la suite et il a maintenant sa sépulture au Gué d'alleré.

Lors du déménagement de la maison familiale, j’ai trouvé un livre intitulé « De Liège à Verdun – de la Somme au Rhin – la guerre racontée par nos généraux » sur lequel des paragraphes ont été soulignés.

Elle avait probablement cherché à connaitre les circonstances de la mort de son mari.

Veuve à 28 ans avec deux enfants en bas âge, elle a certainement eu du mal à faire son deuil. Je l’ai toujours connue amnésique et nous ne lui posions pas de question concernant son époux. Denise et Rémy, leurs deux enfants, ont été orphelins à 2 ans et 5 ans. Ils n'ont pas pu connaître leur père". (Monsieur Jean-François Torneur son petit-fils)

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Jean-François Tourneur venu en famille à Massiges le 17/05/2017. Ils se sont retrouvés dans l'émotion autour du Calvaire dédié aux Coloniaux)

 

MORT POUR LA FRANCE à VILLE-SUR-TOURBE entre le 25 et le 29/09/1915

Commandant Henri Joseph Claude RAUDOT (d’Orbigny)

Pontaubert, YONNE

Chef de Bataillon du 3e RIC

Officier des Troupes Coloniales. Campagnes du Soudan, Sénégal, Madagascar, Comores, Indochine. Officier de la Légion d’Honneur, croix de guerre avec palmes ; plusieurs citations.

Né le 15/07/1870, fils de Georges Claude et de Suzanne Delacour ; classe 1890, matricule 1226 au recrutement d' Auxerre.

1m55, cheveux chatain-clair, yeux gris-bleus ("magnifiques, paraît-il"), front ordinaire, nez moyen, bouche moyenne, menton rond, visage ovale. "Il porta la barbe à la suite d’une balafre" (François Raudot de Châtenay, son petit-fils)


- Elève de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr (28/10/1891), Sous-lieutenant au 7è rgt d’Infanterie de Marine (01/10/1893).


- Affecté au Régiment de tirailleurs soudanais (en service au Soudan du 20/10/1894 au 03/07/1896, 1 an et 8 mois), nommé Lieutenant de 2è classe (01/10/1895). Il est en garnison à Ségou (actuel Mali).
- Affecté au 2è rgt d’Infanterie de Marine (24/06/1896).
- A la disposition du général en chef commandant à Madagascar, le général Galliéni (26/02/1898). (en service du 10/04/1898 au 12/07/1900, 2 ans et 3 mois). Affecté en mai au Régiment Colonial, 3ème Cie sénégalaise, manque se noyer en regagnant sa première affectation (le port de Benjavily, sur la côte Ouest, déjà relevé) ; finalement occupe le poste isolé de Bekopaka, par Majunga, en pays Ménabé, peuplé de Sakalaves hostiles. Nommé Lieutenant de 1ère classe (01/10/1898). Etat-Major H.C. à Madagascar (15/05/1899), officier de renseignement à Benjavily en juin (sur recommandation du Colonel Serrillon) ; participe à la colonne du Bémahara (30 juillet), mais est victime d’une tendinite (septembre). Nommé fin février 1900 à Ankadibé.
- Affecté au 6è rgt d’Infanterie de Marine (23/06/1900) ; Nommé capitaine le 01/07/1900.
- A la disposition du général en chef à Madagascar (04/12/1901) (en poste à Madagascar, du 25/12/1901 au 25/03/1904, 2 ans et 3 mois). Affecté au 3è rgt de Tirailleurs Sénégalais en janv. 1902, part en mission d’exploration (2500 km) le 25 janvier pour tracer la route de Majunga à Maevatanana, puis nommé en mars Cdt. du cercle d’Analalava (14ème Cie), en poste à Andramosamouta ( ?), en avril-mai, puis à Majunga (septembre).
- Chevalier de l’Etoile d’Anjouan (décis. pdtielle du 31/07/1903) ; - Chevalier de la Légion d’Honneur par décret du 31/05/1904. Ses services aux Comores en 1903 ne sont malheureusement pas connus.
- Affecté au 3e RIC (07/03/1904 au 25/03/1905).
- Désigné pour servir au Tonkin (24/10/1905) ; guerre du Tonkin au 4è Tonkinois (15/11/1905 au 04/02/1908, 2 ans et 2 mois) ; en garnison à la 3ème Cie à Nam Dinh (ville importante à 100 km au S-O d’Hanoï). Vers le 13/01/1906, il attrape la rage ; soigné tardivement, il est sauvé de justesse.
- Affecté au 2e RIC (01/01/1908), puis au 7e RIC (25/05/1908) ; marié le 10/02/1909 à Marie Berthe Genet de Châtenay (fille d'Alexandre, écuyer, conseiller général et député de l'Oise, et de Louise Descantons de Montblanc, baronne d'Ingelmunster), née en 1874, +e Paris (16è) le 01/01/1920. Naissance de Jacques le 31/07/1910.
- Guerre de Cochinchine, affecté au 11e RIC (du 30/11/1910 au 29/04/1913, 2 ans et 5 mois), lieu de garnison ignoré ; nous croyons qu’il fut accompagné par son épouse : pas de correspondance connue.
- puis affecté au 3e RIC (29/03/1913). Naissance de Bernard en décembre 1913.


- Embarqué pour Madagascar avec sa famille, il apprend à Aden la déclaration de guerre avec l’Allemagne, et choisit de retourner en France.
- Guerre Franco-Allemande (2 août 1914) ; promu Chef de bataillon le 23/09/1914, il est cité à l’ordre du 3e RIC le 06/03/1915.

Citations et décorations :

 

La 3e Division de l'Infanterie Coloniale est engagé dans la Grande Offensive de Septembre 1915 : elle dispose de ses deux brigades, la 3e à droite (7e et 3e RIC), la 5e à gauche (21e et 23e RIC). Carte ci-dessous.

Sur le front de la division, la première position allemande était très fortement organisée sur les deux ailes ; à la Briqueterie d'une part, contre la route de Ville sur Tourbe, et sur la côte 191 d'autre part, à l'extrémité sud de la Main de Massiges.

L'ensemble des tranchées était protégé par d'épais réseaux de fils de fer barbelés flanqués par de nombreuses mitrailleuses bien abritées. Les défenseurs, qui représentaient l'élite des troupes du Kronprinz, avaient reçu l'ordre de tenir coûte que coûte.

A la fin de la préparation d'artillerie, le Génie avait fait exploser 24 fourneaux de mine au nord de l'ouvrage Pruneau. En ce début de matin du 25 septembre, la destruction des réseaux ennemis semble plus complète sur le front de la 5e Brigade que sur le front de la 3e (7e et 3e RIC commandé par le Lieutenant Colonel CONDAMY).

Le 24 septembre au soir, le commandant POSTH (1er bataillon) réunit ses compagnies avant la mise en place dans la tranchée de départ. En quelques mots, il dit à ses hommes ce que la Patrie attend d'eux, comment et pourquoi ils vont se battre.

Puis un commandement bref : "Présentez, Armes".

Le commandant porte la main à son casque et, d'une voix haute :

"Je salue ceux d'entre vous qui mourront demain".

Le lendemain matin, le commandant POSTH, une des premières victimes du 3e Colonial, tombait frappé d'une balle au front.

Le 25 septembre à 6 heures, le 2e bataillon (Commandant RAUDOT) occupe la face Nord-Ouest de l'ouvrage Pruneau. Il reçoit comme ordre de tenir les tranchées de l'ouvrage pendant l'attaque. Il formera une troisième vague d'assaut, si besoin est.

Les 1er et 3e bataillons accolés forment les 2 premières vagues. Ils ont pour objectifs, le 1er la Justice, le 3e le petit bois de l'Oreille, au Nord-Est de 191. Ils doivent pousser ensuite, si possible, jusqu'à la Dormoise.

Dès le signal de l'attaque donné à 9h15, les hommes bondissent hors des tranchées.

D'un seul mouvement, les 120 000 hommes des IIe et IVe armées s'arrachent à la boue crayeuse et se retrouvent , presqu'au coude à coude, à découvert, sur ce terrain crevé de trous d'obus qui leur semble subitement inconnu. A perte de vue, les vagues d'assaut de nos fantassins se dirigent vers les tranchées ennemies. Un feu terrible les accueille presque au débouché de la parallèle."

"Les Français attaquaient en trois vagues et, en de nombreux points, en cinq épaisse vagues d'assaut, tous habillés de neuf en uniforme bleu clair et casque d'acier. Les officiers, en tête, parfois l'épée au clair. C'était un travail facile pour nos mitrailleuses et notre artillerie" (Historique du 80e RIR)

"Malgré la destruction très incomplète des réseaux, les vagues d'assaut du 3e RIC prennent pied dans les premières tranchées allemandes au prix de très lourds sacrifices.

Le lieutenant-Colonel CONDAMY sort avec la deuxième vague. Il a avec lui son adjoint, le Capitaine Marec, l'Adjudant Faucher et ses agents de liaison. Il arrive jusqu'à la tranchée ennemie et s'y jette au moment où une violente contre-attaque ennemie débouche sur cette position.

"Donnez moi un fusil" demande le Colonel aux soldats qui l'entourent. On lui en passe un.

Il prend place au parapet et ouvre le feu. Mais à peine a-t-il commencé à tirer qu'il reçoit une balle dans la bouche et tombe inanimé au fond de la tranchée. Le Colonel meurt dans les bras de son officier adjoint tandis que l' adjudant Faucher s'effrondre à son tour, frappé au coeur d'une balle.

Le 1er bataillon est en grande partie fauché par les tirs de mitrailleuses.

La 3ème vague (bataillon RAUDOT) renforce les restes du 1er bataillon ; elle parvient à la première tranchée allemande et s'y maintient au prix de lourds sacrifices. Le chef de bataillon RAUDOT, à son tour, est mortellement blessé.

Vers la gauche, le 3e bataillon est plus heureux ; il enlève une partie de la 2ème tranchée à l'Est de 191 et peut s'y maintenir en assurant la liaison avec le 21e RIC ;

Les Allemands, très en force, contre-attaquent à nouveau sur la droite du 3e RIC et parviennent à réoccuper leur première ligne entre l'ouvrage Pruneau et la route de Cernay".

("Les Coloniaux à l'attaque de la Main de Massiges en Septembre-Octobre 1915", Colonel RIGAL Hubert)

Tombé à la tête de son bataillon le 25/09/1915, Henri RAUDOT reçoit une citation posthume et la Croix de Guerre avec palmes.

Sa malle, restituée à son épouse

Déclaré disparu dans un premier temps, sa veuve confirme le 21/11/1915 son décès au CICR (Croix Rouge). Le 31/12/1915, son décès est fixé définitivement par jugement au 25/09/1915.

(courrier du CIDR)

Selon son vœu, le Commandant Henri Raudot a été inhumé au milieu de ses hommes. Il repose à la Nécropole militaire du Pont de Marson, tombe n° 7737, aux côtés du Commandant POSTH, Chef du 1er Bataillon, fauché au même moment.

"Sa veuve étant morte en 1920, leurs 3 enfants sont recueillis et élevés par leur tante Henriette Genêt de Châtenay, veuve du vicomte Henri de Marcé. Adoptés par jugement du tribunal d’instance d’Avallon, à la majorité de la dernière d’entre eux (avril 1936), ils prennent alors le nom de Raudot Genêt de Chatenay.
Amateur d’armes, Henri Raudot a acquis de belles panoplies sur les marchés du Sénégal et de Madagascar, et ramené des meubles du Tonkin. Auteur d’un Rapport d’Inspection générale sur le Soudan (avril 1895), il a laissé une intéressante correspondance (67 lettres) évoquant la vie coloniale, principalement du Soudan et de Madagascar, enfin du Tonkin. Il a pris également de nombreuses photographies (sur plaques de verre).

La guerre a repris 20 ans après, les deux fils du Commandant Raudot, Officiers de reconnaissance divisionnaire en 1940, se sont battus. Mon père encerclé a été fait prisonnier en combattant, lui et son peloton à court de cartouches. Après une tentative d'évasion, il est resté prisonnier 5 ans.

Son frère a été tué en combattant et criant "ils ne m'auront pas vivant", mais la famille (il n'y avait plus que des femmes) a cru qu'il s'en était sorti et qu'il était en Afrique ou en Angleterre. Sa mort n'a été connue que plus d'un an après." (François Raudot de Châtenay, son petit-fils)

Champ de bataille depuis l'emplacement Nord de l'Ouvrage Pruneau. Au loin, l'Arbre aux Vaches et la côte 191.

(Avec l'aimable autorisation de François - Officier de réserve au 13e Dragon parachutiste - et Jean Raudot de Châtenay qui ont rédigé la biographie de leur grand-père)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915

Gustave BALLOIS, 33 ans

Emancé, SEINE ET OISE

23e RIC

Né le 31/01/1882, fils de Louis Ballois et de Louise Rougeault ; classe 1902, matricule 3627 au recrutement de Versailles.

Profession : journalier

1,49 m ; cheveux châtain clair, yeux verts

Rappelé au 23e RIC le 01/08/1914

Tué à l'ennemi le 25/09/1915 au combat de Massiges. Sa plaque de poignet est restituée à sa veuve.

Primo-inhumé au cimetière N°1de la Place d'Armes à Massiges, ce plan est envoyé à la famille.

Au début des années 20, une loi autorise enfin les familles qui le souhaitent à faire rapatrier le corps de leur fils ou époux. La sienne choisit de le laisser reposer auprès de ses frères d'arme.

En 1923, il est ré-inhumé à la Nécropole militaire du Pont de Marson, tombe n° 3089

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Alain Ballois, son petit-fils en visite à Massiges avec sa femme)

 

 

DISPARU MPLF à BEAUSEJOUR (borne 16) le 17/02/1915

Elie FOURCROY,31 ans

Samer, PAS-DE-CALAIS

1er RI, 1er Bataillon, 2e Cie

Né le 13/12/1883, fils de Louis et de feue Marie Bailliet ; enfant assisté du département ; classe 1903, matricule au recrutement de St Omer.

1,61 m ; cheveux blonds, yeux gris

Profession : ouvrier cimentier

Ajourné pour faiblesse en 1904, bon pour service au 8e RI en 1905

Rappelé à l'activité au 1er RI le 01/08/1914

(Avec ses frères d'arme)

Depuis le 06/01/1915, son régiment est engagé dans les violents combats de Beauséjour.

"La Champagne - Ferme de Beauséjour" (Sa veuve avait fait faire cet agrandissement qu'elle a conservé toute sa vie)

Le 16/02 la 2e Cie arrive à 17h à la Borne 16 (Est de Beauséjour)

Elie Fourcroy disparaît le 17/02/1915, il laisse une veuve et 3 orphelins. Son décès ne sera prononcé qu'en 1921, une fois tous les prisonniers rentrés. Jusque-là sa famille ne percevra aucune aide.

(Avec l'aimable autorisation de M et Mme Jean-Paul et Jocelyne Sautiere, sa petite-fille, de visite à Massiges en Avril 2017)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à Auve suite à la chute de son avion le 02/10/1918

Aimé AESCHBACH, 20 ans

St Etienne sur Chalaronne, AIN

Mécanicien au 2e Groupe d'Aviation, Groupe de combat 21, Escadrille 98

Né le 27/02/1898, fils de Jean Henri Otto Aeschbach et Jeanne Bady ; classe 1918, matricule 185 au recrutement de Bourg-en-Bresse.

Profession : manoeuvre à Lyon, chauffeur auto

La loi du 21/06/1907 fixe la majorité matrimoniale à 21 ans. Contre l'avis de sa famille, Aimé épouse Clotilde Monnery. De cette union naît en Août 1916 une fille.

Incorporé le 17/04/1917 au 171e RI

Classé Service Auxiliaire le 15/05/1917 pour " perte de la vision de l'oeil gauche occlusion pupillaire après irido cydite plastique" ; passé au 36e Régiment d' Artillerie (atelier de chargement de Moulin) le 02/05/1917.

Maintenu Service Auxiliaire apte à faire campagne le 20/09/1917, passé au 2e Groupe d' Aviation le 14/08/1917 à l'Escadrille 85, en subsistance.

Passé de l'Escadrille 85 à la 95 (il conserve son fusil)

(Carnet de comptabilité du 85)

 

Passé le 21/12/1917 à l'Escadrille 98 SPAD (stationnée depuis juillet 1918 à Chailly-en-Brie, 77) qui participe aux opérations de la grande offensive finale, constamment au-dessus des champs de bataille de Picardie et de Champagne.

 

Sa toute dernière permission...

 

Très grièvement blessé le 01/10/1918 suite à la chute de son avion, il meurt des suites de ses blessures reçues en service commandé le lendemain à 01h20 à l' ambulance 9/5 d' Auve (Marne).

(Carnet de comptabilité en Campagne de l'Escadrille 98)

(Billet d'hôpital)

Rejetées par la famille du soldat, sa veuve sera contrainte d' abandonner leur petite fille.

Aimé AESCHBACH est inhumé à la Nécropole Militaire du Pont de Marson, tombe n° 6892

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur François Michel Violland, son petit-fils, venu lui rendre ce magnifique hommage en avril 2017)

 

 

Blessé et fait prisonnier secteur Beauséjour-Maison de Champagne le 25/09/1915

Marcel DUPAS

Chantenay, LOIRE INFERIEURE

Caporal au 146e RI, 2e Bataillon, 5e Cie, 7e Escouade

(En captivité)

Né le 08/08/1894, fils de feu Pierre Jean et de Rose Rabu ; Classe 1914, matricule n° 2411 au recrutement de Nantes.

1,62 m ; cheveux châtain foncé, yeux marrons

Profession : entrepreneur en peinture

Incorporé au 146e RI à compter du 11/09/1914 ; nommé Caporal le 12/12/1914

" 14 bon pour le service"

Marcel Dupas tient un carnet de guerre :

"Parti de Castelnaudary pour le front le 02/02/1915"

"il n'y a pas moyen de dormir tellement il y a de poux, toutes les nuits nous faisons la chasse aux rats et aux souris qui ne veulent pas nous laisser dormir." (21/04/1915)

Evacué le 02/05/1915 pour "courbatures fébriles", Maurice Dupas est hospitalisé à l' hôpital complémentaire n°38 de Deauville jusqu'au 19/05/1915.

En permission : "le 21 j'arrive à Nantes le jour de la mort de mon frère, j'obtient une prolongation de huit jours."

"Le 4 juin, je repart de Nantes pour me rendre au dépot de Castelnaudary et j'y reste jusqu'au 7 août"

"Le 7 août je repart pour la deuxième fois sur le front"

Bivouac dans le bois d'Herpine (Marne) : "nuit bien triste il a tomber de l'eau toute la nuit un froid de loup"

Marcel Dupas (le seul qui ne regarde pas l'objectif) avec son escouade : les soldats Ramage, Dudiot, Le Gall, Mathieu, Boit, Chol, Lespourery, Olivier, Janin et Michon.

 

Le 31/08/1915 : le 2e Bataillon se rend à la borne 16 (route de Massiges à Mesnil) par Wargemoulin

"nous nous trouvons entre Beau-séjour et Massiges" (secteur K)

"Le 1er-2-3- : tranchées de 1ère ligne tournée passable"

Le 2e Bataillon est occupé à creuser des sapes (russes?) à élargir les tranchées de 1ère et 2e ligne. Les réseaux de fil de fer sont tendus dans le ruisseau du ravin du Fer de Lance (JMO)

"Le 4 : première ligne à 15 heures. nous sommes relever nous descendons derrière la crête et à 19 heures nous allons travailler entre les lignes ennemies et les nôtres de même pendant quatres nuits il n'y fait pas bon du tout pas trop de pertes".

"Le 5 : occupe abris borne 16"

"Le 8 : à 9 heures nous sommes relever, nous faisons 15 km pour arriver à Hans où nous sommes au repos pour plusieurs jours"

Le 9 : Tous les hommes sont pourvus du casque métallique. Le 146 reçoit l'ordre de construire 160 échelles de franchissement (JMO)

"Le 17 au soir nous remontons à Minaucourt en attendant l'attaque la nous sommes bombardés tous les jours le bataillon subit d'assez fortes pertes".

"Le 24 : nous nous remontons en 3e ligne à la borne 16"

Attaque du 25 septembre 1915 :

(Extrait du JMO)

Témoignage de Marcel Dupas :

"Le 25 à 3 heures du matin nous montons en première ligne attendant l'heure de l'attaque.

Il y a d'abord eu des préparations d' artillerie les pièces de tous calibres crachent démolissant les tranchées ennemies, ce n'est plus qu'un nuage de feu et de fumée qui couvre le terrain et cela pendant 72 heures nous en sommes tout abruti. Le génie fait sauter plusieurs mines les débris de toutes sortes sont projetés en l'air".

(Suite et transcription de son témoignage après les photos de son carnet)

"Une heure avant l'attaque l'artillerie cesse pendant qu'elleques minutes. tout le monde aux créneaux nous faisons des feux violents l'ennemie riposte alors l'artillerie reprend de nouveau causant des pertes à l'ennemie par ses tirs de barrages pendant ce temps chacun prépare son coin pour sortir de la tranchée. A 9h1/4 le commandemant de en avant est donné tout le monde sort de la tranchée comme un seul homme les clairons sonnent la charge et tous nous lançons à l'assaut des tranchées, sous le feu de qu'elleques mitrailleuses cachées dans le fortin que l'artillerie n'a pas complètement démoli qu'elques un des notres tombe,t . Nous prenons pied dans les premières lignes, il y a grand nombre de cadavres allemands. Dans la mêlée, je me trouve perdu de ma compagnie avec qu'elques hommes de mon escouade, nous continuons à avancer, faisant des prisonniers ; l'ennemi essaye de nous contourné mais ne réussit pas, nous poursuivons toujours quand à qu'elques kilomètres nous sommes arrêtés par les artilleurs d'une batterie qui ne veulent pas se rendrent et tirent toujours nous prenons la batterie d'assaut faisant encore des prisonniers ; je trouve le capitaine JEAN de mon régiment déjà blessé à la lèvre, il me demande si j'ai de quoi boire dans mon bidon je lui donne un 1/2 quart de vin nous continuons la marche en avant en nous déployant en tirailleurs, là le capitaine nous quitte me disant qu'il allait voir si le régiment était à notre droite,

au bout d'un instant les mitrailleuses balayent le terrain la position étant intenable en rampant je gagne un bout de boyau qui se trouvait en avant de nous mes camarades me suivent malheureusement il en reste sur le terrain, nous sommes à peut près une quinzaine. Vers les cinq heures l'ennemie contre attaque nous entendons crier sauve qui peut ceux qui veulent se replier restent allonger sur le terrain nous sommes obligés de rester nous nous défendons jusqu'au bout, l'ennemi arrive sur nous et de dessus le boyau nous tir dessus à bout portant et continuent leur chemin. Quand je me relève je me trouve au milieu de cadavres, mes camarades étaient morts les uns sur les autres dans le font du boyau un des notres blessé arrive avec deux soldats allemands ils nous emmènent dans un poste de secours où je reçois les premiers soins, j'y reste jusqu'au 27 au soir, dans ces deux jours je n'ai manger qu'une fois le dernier jour dans la nuit du 27 au 28 j' embarque dans un chariot avec des camarades et un blessé allemand, à 11 heures nous arrivons à Vouzier (s), à 10 heures du soir nous embarquons en chemin de fer, le 29 à midi nous arrivons à Sedan".

"Blessé le 25 septembre à 5h soir parti du poste de secours le 27 parti de Vouzier le 27 à 11h soir. Arrivé à Sedan le 28 à 12h matin. Parti de Sedan le 3 à 4h soir arrivé à Limburg le 29 à 9h soir à l'hopital sorti de l'hopital le 12 novembre pour le camp".

Marcel Dupas, blessé, est fait prisonnier le 25/09/1915 dans le secteur du bois de demi-lune et de Maison de Champagne.

"Limburg le 1 novembre 1915 (reçu le 25 novembre)

Chère mère

J'attends toujours de tes nouvelles j'espère bien en avoir cette semaine.

Jusqu'ici je ne te donnais pas de détails, ce n'est pas de ma faute car je ne pouvais pas écrire, mais à présent que je vais beaucoup mieux je t'en dirais plus long.

J'ai été fait prisonnier le 25/09 au soir. Comme blessures j'en avait quatres ; une balle dans le cou, une dans la main droite une dans le bras droite et une légère blessure au pied gauche je suis toujours à l'hôpital mais je suis presque guérit.

Aujourd'hui le jour de la Toussaint ; c'est un jour bien triste pour vous, mais pour moi aussi car j'aurais voulu être parmi vous et aller faire une prière sur la tombe de nos pauvres défunts aussi ce matin à la messe j'ai prier pour eux.

(...) ce que je te demanderais c'est une chemise des chaussettes et un caleçon car je n'ais plus rien. je te demanderais aussi un képi, mais pas un fantaisie car je suis tête nue.

Je te demanderais aussi un peut d'argent si tu peux sans te gêner, car au camp il y a bien des choses telle que tabac, sucre et bien des petites choses (...)

Ton fils qui t'embrasse

Marcel

P.S. J'oubliais mon chandail mais il faudra coudre un signe qu'elconque, sans quoi on y mettrais de la peinture par exemple une grande croix rouge dans le dos."

(En captivité)

Marcel Dupas tient la comptabilité des correspondances reçues :

interné à Giessen (A.0), Marcel Dupas est rapatrié le 10/12/1918

 

Les années passent...

Devant son café, Marcel DUPAS en famille, le 2e en partant de la gauche. Il tient sa fille Colette dans ses bras.

 

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Marc DUPAS, son petit-fils, en visite avec son épouse à Massiges le 01/05/2017)

 

Ajouts d' Avril 2017 :

MPLF à MASSIGES le 27/09/1915

Raoul CAUSSE, 33 ans

Albi, TARN

Agent de liaison au 15e RI, 3e Bataillon, 10e Cie

Né le 19/03/1882, fils de Justin et de Germaine Mercier ; classe 1902, matricule 730 au recrutement d'Albi.

Profession : employé de commerce résidant à Paris

1,70 m ; cheveurs noirs, yeux gris

Ajourné pour faiblesse en 1903 ; classé service auxiliaire pour "myopie supérieure à 6 dioptries" en 1904.

Employé de chemin de fer à Conakry (Guinée française) en 1910

Suite à la mobilisation générale du 02/08/1914, Raoul Caussé est classé en service armé et affecté au 15e Régiment d'Infanterie d' Albi.

En Mai 1915, du fait de sa mauvaise condition physique, Raoul Caussé adresse ce courrier (extraits retranscris ci-après) à un Chanoine, espérant son appui pour ne plus être fantassin :


"Je m'empresse de vous remercier tout d'abord pour les félicitations que vous m'adressez à l'occasion de la naisance de ma petite fille, pour la place que vous réservez dans vos prières à ma jeune famille et pour les voeux de bon retour que vous formulez pour moi-même et qui je l'espère pourront grâce à Dieu se réaliser bientôt. J'ai remis hier votre lettre à Monsieur l' Aumonier Combès qui a été très heureux de vous lire et qui m'a assuré à nouveau de son bienveillant appui. Il a fait le nécéssaire aussitôt. Je ne connais pas encore le résultat de sa démarche. (...)
J'espère que votre recommandation et l'intervention de monsieur l'Aumonier pourront me rendre grand service (...) A cause de mes mauvaises jambes qui ne me permettent que très difficilement de suivre la compagnie dans ses déplacements, je serais heureux de pouvoir être attaché à un emploi qui me libèrerait du chargement du fantassin sans m'empêcher de rendre consciencieusement des services."

(lettre de Raoul Caussé)

En septembre 1915, le 15e RI est engagé dans la Grande Offensive de Champagne :

Principaux extraits du JMO :

Le 25/09/1915, le Régiment s'engage dans les boyaux conduisant au Promontoire (Côte 180) 1km au Nord-Ouest du Pont de Minaucourt. Il arrive vers 11h sur la Côte 180 et stationne sur les pentes Sud jusque vers 17h.

Il reçoit l'ordre de tenir le front entre le Bois demi-lune et l' Index de la Main de Massiges pour combler le vide entre le 1er Corps Colonial et le 20e Corps et participer à une attaque générale avec comme objectif le Mont Têtu.

Les 1er et 2e Bataillons tiennent les tranchées de l'Index conquises par les Coloniaux qui y avaient subi de très fortes pertes, le 3eme Bataillon est maintenu sur les pentes Sud-Ouest de l'Index.

Le 26/09/1915 : à 3h du matin, le 3e Bataillon relève un Bataillon de Coloniaux (10e Cie au Sud du Bois Valet, immédiatement derrière la 9e Cie). A 9h le 3e Bataillon est désigné pour attaquer le Mont-Têtu avec 3 Cies en 1ère ligne : la 9e Cie sur la croupe au Nord du Bois de l' Arc, la 10e sur la croupe au Sud-Est du Bois des Kamarades, et la 11e dans le Ravin et sur la pente Nord de l'Index.

Le mouvement des 9e et 10e Cies est enrayé dès le début par des feux de mitrailleuses et de mousquetterie partant du boyau de Moltke et particulièrement des points 640-641-642. A 14h30, les 9e, 10e et la 4e Cies soutenues par la 3e Cie attaquent dans la direction générale 637 et arrivent d'un bond dans le boyau de Moltke.

Octave BARRE de la 9e Cie, est porté disparu (portrait en ligne dans Régiments Infanterie 1-50e)

Les éléments avancés arrivaient au Mont Têtu et occupaient tranchées allemandes ou boyaux.

L'objectif, le Mont Têtu est atteint et on s'installe sur les positions conquises .

Le 27/09/1915, l'attaque de la Ferme Chausson devait être conduite à 14h par la 64e Brigade, 2 Bataillons du 143e ri, et le 2e Bataillon du 15e ri (en appui au Sud-Ouest du Mont Têtu).

Les 1er et 3e Bataillons de 1ère ligne du 15e ri sont en réserve de brigade, sur la pente Nord du bois des Kamarades. A 13h30 environ, ils sont remplacés par un Bataillon du 143e ri (désigné par l'attaque) et viennent occuper la tête du Ravin du Bois des Kamarades.

L'assaut bien mené coûtait des pertes assez importantes.

Le 3e Bataillon reste en réserve de Brigade au Bois des Kamarades, sous un bombardement violent. (JMO du 15e RI)

A 21h, Raoul Caussé est tué par un éclat d'obus alors qu'il portait assistance à un frère d'arme. Il est inhumé sur place par ses camarades.

Le 16 octobre 1915, le soldat Rolland témoigne de son décès :

"(...) Raoul Caussé a été tué le 27 septembre au soir par un obus au moment où il conduisait au poste de secours un de nos camarades de la liaison le maréchal des Logis Simon légèrement blessé et que ce même obus blessa une seconde fois très gravement. Prévenu 1/2 heure après je me rendis sur les lieux avec Alazard l'ami Granier caporal fourrier à la Cie des mitrailleuses de la Brigade. Caussé ne bougeait plus. Nous transportames Simon environ 400 m sur un brancard et le confiames à des brancardiers rencontrés alors. Nous retournames près de Caussé. Depuis sa blessure il n'avait d'après ce que nous dit Simon ni bougé ni crié. Il était encore dans la position où l'avait jeté l'éclatement. En le tournant il me sembla entendre un soupir et sentir de faibles pulsations. J'allai chercher des brancardiers, ils arrivèrent 5 minutes après il était mort. J'ai alors pris dans ses poches tous les papiers et les objets qu'elles contenaient et les ai remis au Capitaine Salles de l'E.Ma de la 64e Brigade qui doit les faire parvenir dans quelques temps à la famille. J'ai ensuite mis le corps sur le côté de la route pensant l'enterrer le lendemain matin. Il était impossible de lui rendre les derniers devoirs à ce moment-là à cause de la nuit noire et des obus qui tombaient à proximité. Blessé moi-même le lendemain matin tout près de l'endroit où il était tombé je n'ai pu terminer ma tâche et ne sais pas ce qui a été fait. (...) Rolland"

Courrier suivi de la lettre de l'Aumonier Combès adressé au Chanoine (tous deux cités par Raoul Caussé dans son courrier de Mai 1915) : elle illustre toute la désespérance, le sentiment d'impuissance mais aussi la force de l'engagement des aumoniers militaires au plus près des hommes dans les tranchées.

"Bois Colombes Hôpital auxiliaire N°236

Cher Monsieur le Chanoine
Je viens de recevoir à l'instant à l'hôpital où voilà dix jours que j'ai été évacué pour fatigue commontion et ébranlement nerveux le télégramme que vous m'avez envoyé. Vous comprenez donc pourquoi je n'ai pu plus tôt y repondre. Je le fais aujourd'hui le coeur brisé, car la plupart des amis officiers et soldats que j'avais à mon cher régiment sont morts. Et la peine que j'en ai eue a autant de part que les obus allemands sont mon état de souffrance. Hélas vous avez deviné ma réponse. Votre ami et le mien a été tué.
Le poste-commandement, la brigade où il se trouvait prêt à porter de ci de là des ordres pressés était furieusement bombardé. A un moment un obus blesse un de ses camarades. Il s'offre généreusement et héroiquement pour le conduire en le soutenant au poste de refuge où je me trouvais. Il fallait pour cela longer pendant deux cent mètres un ravin - le fameux ravin de l'Etang - affreusement battu par l'artillerie ennemie qui y dirigeait sans discontinuer des tirs de barrage.
Son geste était bien beau mais bien dangereux. A peine avait-il fait cinquante mètres le cher enfant qu'une rafale arrive et l'étend à côté de son camarade.
On l'a enseveli non loin de l'endroit où il est tombé. Ses parents pourront venir prier sur sa tombe. Je n'ai pu le faire moi-même comme je l'aurais voulu car le canon allemand s'acharnait à barrer la route. Mais j'ai pu l'identifier et marquer l'endroit où il repose, comme je me suis fait un devoir de dire la messe à son intention dès que le régiment a été évacué en arrière et que j'ai pu célébrer. A mon arrivée à Albi bien cher ami je vous donnerai tous les détails que ma tête endolorie ne peut aujourd'hui réussir à préciser. Croyez que mon chagrin est immense et que la famille du cher disparu peut être sûre de toute mon affectueuse et désolée sympathie.
Priez pour moi j'ai besoin de Dieu pour bien me remettre et continuer à soulager les malheureux. Permettez-moi de vous embrasser filialement
G.Combès
aumonier militaire 15eme d' Infanterie
Hôpital auxiliaire N°236 à Bois Colombes (Seine)
"

(Lettre de l' Aumonier Combès)

Un secours de 150 fr immédiat est versé à sa veuve le 01/04/1916. Elle recevra l'émouvante visite de Simon, secouru par son mari et qui a survécu à ses blessures et à la guerre.

Citation posthume de Raoul Caussé : "S'est proposé d'accompagner un camarade blessé au poste de secours sous un fieu violent d'artillerie, a été tué à ses côtés en accomplissant son devoir le 27 septembre 1915 à la Main de Massiges".

Dans ce secteur aussi bouleversé par les obus, sa sépulture perd rapidement tout marquage et tombe dans l'oubli du temps...

Très probablement relevé dans les années 50 par les agriculteurs au moment du la remise en culture des parcelles, il repose aujourd'hui dans l'un des ossuaires ou dans la tombe d'un soldat inconnu de la Nécropole Militaire du Pont de Marson à 2-3 kms à peine de sa première sépulture.

Son fils âgé de 6 ans au moment de son décès - comme nombre d'enfants de soldats - s'enfermera dans le silence ; dans les années 70, son petit-fils se rendra seul, en train, à Massiges pour tenter de retrouver le lieu d'inhumation de son grand-père. De retour chez lui, il n'a jamais raconté cette journée à son épouse et s'il a atteint Massiges, de sa déception de ne rien avoir retrouvé du champ de bataille...

Sa famille n'a jamais abandonné l'espoir de le retrouver : samedi 15 avril 2017, sa petite-fille par alliance, son arrière-petite fille accompagnée de son époux et de leur fils, se sont rendus à Massiges sur le champ de bataille, au plus près de Raoul Caussé. A cet instant, l'espace de quelques minutes, le ciel a versé des larmes de pluie...

"Raoul Caussé, agent de liaison à la 64e Brigade du 15e d'Infanterie, cité à l'ordre de l'Armée"

Croix de guerre


(Avec l' aimable autorisation de la famille Caussé-Ville)

 

 

Grand-père paternel de notre bénévole Robert BEAUFRERE : "Massiges devait occuper une place en moi, le lien avec mon Grand-Père que j'ai connu jusqu'à l'âge de mes 12 ans".

 

Victor Marie NAIL, 4e Bataillon de Chasseurs à Pied

St-Paterne, INDRE ET LOIRE

(Jour de son mariage, Octobre 1919)

Né le 07/07/1894, fils de Eugène Arthur et de Marie Christine Cormery ; classe 1910, matricule 452 au recrutement de Tours. Un de ses frères, Octave - soldat au 21e RIC - combat lui aussi à Massiges en septembre 1915 (une page lui est consacrée dans 21e-23e RIC de la Mémoire) 

Epargnés tous les 2 lors de cette terrible offensive, Octane Nail ne rentrera pas, il décède le 15/09/1918 à Krivitza en Serbie.

"Mes arrières Grands-Parents avaient 5 fils à la guerre : 2 ont été tués (Octave, et Emile Valentin MPLF à Signeulx (Belgique) le 22 août 1914), 1 fait prisonnier depuis mars 1916 (mon grand-Père Victor Marie) et 2 blessés avec des incapacités pensionnées.

1,60 m ; cheveux châtain noir, yeux marron clair

Profession : cultivateur

Incorporé au 82e RI le 06/09/1914, passé au 79e RI le 28/12/1914

Passé au 4e B.C.P le 05/01/1915, il combat en Champagne de septembre à décembre 1915 :

Le 20e Corps d'Armée a pour mission d'enlever l'ouvrage de la Défaite et d'atteindre coûte que coûte la Dormoise entre Ripont inclus et le Moulin de Ripont.

Les pertes sont lourdes sur 1405 hommes : " 29 officiers engagés,  23 tués, blessés ou disparus et 600 hommes de troupe, tués blessés ou disparus".

"Il est presque certain que tous les blessés restés dans les lignes allemandes ont été achevés."

 

"En résumé, par l'assaut du 27 septembre, 600 mètres de terrain ont été conquis par le 4e B.C.P. en avant du boyau de Posen, sans qu'il fût aidé à sa droite par le 2e B.C.P. qui n'étant pas en place n'a pu attaquer." (JMO du 4e B.C.P)

Pendant la nuit du 27-28 septembre, le Bataillon organise le terrain conquis....

Le 9 octobre, le 4e BCP en réserve, rampant du ravin de Marson à 19 heures, viendra par les boyaux C7 et C9 au Fortin de Beauséjour et au Bastion, P.C. au Fer de Lance.


Victor Marie NAIL quitte le secteur le 18/12/1915, il est fait prisonnier dans l'offensive du 26/02/1916 à Vaux-Douaumont.

 

(Avec l'aimable autorisation de Robert Beaufrère, son petit-fils)

"La persévérance, c’est ce qui rend l’impossible possible, le possible probable et le probable réalisé."

 

 

MPLF à MASSIGES le 06/10/1914
Valentin Alphonse PANIS
Saint-Michel-Labadie, TARN
Soldat de 1ère classe au 8e RIC

Né le 07/05/1886, fils de feu Antoine et de Marie Panis ; classe 1906, matricule 1280 au recrutement d'Albi.
Profession : Cultivateur
1,70m, cheveux châtain foncé, yeux bleus

Incorporé le 09/10/1907 au 15e RI, soldat de 1ère Classe le 02/11/1908
A épousé en 1913 Sylvie Félicie Feral
Rappelé sous les drapeaux au 8e RIC le 03/08/1914

Citation : "Tué à l’ennemi le 06/10/1914 à Massiges, a fait vaillamment son devoir dès les premiers combats de la campagne".
Croix de Guerre avec Etoile de Bronze

Pas de sépulture connue.
Secours immédiat de 150 fr payé à la Veuve le 23/11/1914

"Son fils Albert naît le 16/10/1914 soit 10 jours après la mort de son père : Félicie se retrouvant Veuve à 21 ans, elle a dû se placer comme servante chez le Curé du village, elle y est restée toute sa vie, c’était une personne charmante mais un peu taciturne. Elle n’a jamais parlé de son mari et nous pensons qu’il est resté dans les terres de Massiges." (Mme Panis Francine épouse du petit-fils)



Félicie Panis, sa veuve
(Avec l’autorisation de Mr et Mme Jean Claude Panis son petit-fils)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à VILLE-SUR-TOURBE le 25/09/1915
Georges PANCOL
Villars-en-Pons, CHARENTE-INFERIEURE
Lieutenant au 3e RIC, 4e Cie

Né le 07/06/1888, fils de Jean Emile et de Alice Aurélie Verneuil ; 1 sœur Lilie et un frère Louis avec lesquels il a échangé beaucoup de courriers ainsi qu’avec ses parents.
Classe 1908, matricule 2321 au recrutement de Bordeaux
Profession : Etudiant à l’Ecole Coloniale où il sera reçu premier ; écrivain
Licencié ès Lettres en 1906, licencié en Droit en 1908
1,66m, cheveux blonds, yeux verts, nez pointu


Engagé volontaire pour 3 ans le 21/03/1905, Engagé Spécial à Bordeaux le 07/10/1907
Nommé Caporal le 11/03/1908, Elève Officier de réserve le 01/10/1908
Promu Lieutenant de réserve le 29/09/1909

Fiancé à une jeune Anglaise Winnie rencontrée en 1911 en Angleterre.

Parti pour Hanoï (Indochine) en novembre 1913
Passé au 1er Régiment de Tirailleurs Tonkinois à Hanoï le 19/02/1914


A la déclaration de la guerre, il demande de rentrer pour participer au sacrifice commun
Affecté le 08/08/1914 au 10e RIC comme Sous-Lieutenant
Nommé Lieutenant le 09/09/1914
Passé au 3e RIC par suite de la suppression du 10e RIC le 12/12/1914

3 jours avant sa mort, il écrit à Winnie :

La veille de sa mort, à un ami :


Citation : "Tué glorieusement le 25/09/1915 en entrainant sa Compagnie à l’assaut des tranchées Allemandes devant Ville-sur-Tourbe".

Primo-inhumé au Cimetière Militaire de Virginy, il est transféré en 1923 à la Nécropole Nationale
du Pont de Marson tombe n°4060


(Merci à Mr Pierre SAVIN, adhérent de l’Association)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à VILLE-SUR-TOURBE le 25/09/1915
Gilbert Eugène FAVREAU, 32 ans
Vouillé-les-Marais, VENDEE

3e RIC

(Avec son épouse en 1912)


Né le 13/03/1883, fils de Gilbert et de Marie Angibaud ; Classe 1903, matricule 1475 au recrutement de Fontenay-le-Comte.
Profession : Propriétaire
1,79m, cheveux bruns, yeux roux

Incorporé le 16/11/1904 au 137e RI, soldat Musicien le 21/05/1905

A épousé en 1912 Ernestine Maria Priouzeau : 2 enfants, Gilbert et Eugénie.
La même année, a pris par acte en fermage la Cabane de l’Aventure appartenant à Mr le Vicomte de Pomereu.


Mobilisé au 3e RIC le 02/08/1914, Gilbert Favreau est porté disparu au combat du 25/09/1915 lors de la Grande Offensive de Septembre.

La découverte de son corps-probablement dans les mois qui suivent-permet de dresser l'acte de décès.

Inhumé à La Nécropole du Pont de Marson, tombe n°3185

(Avec l’autorisation de Mr Pierre SAVIN son petit-fils, adhérent de notre Association, en visite à Massiges en Septembre 2015)

 

DISPARU MPLF à MASSIGES le 25/09/1915
Jules Louis MENAGER
Houx, EURE ET LOIR
23e RIC, 10e Cie


Né le 20/06/1893, fils de Louis Ernest et de Rosalie Loury ; 1 frère et 2 sœurs.
Classe 1913, matricule 867 au recrutement de Dreux.
Célibataire
Profession : Charretier
1,54m, cheveux noirs, yeux châtain foncé

Incorporé le 15/12/1914 au 23e RIC
Disparu à Massiges le 25/09/1915
Citation : "Tombé glorieusement pour la France le 25/09/1915 à Massiges en faisant tout son devoir."

Croix de Guerre avec Etoile de Bronze

(Avec l’autorisation de son petit-neveu Mr Olivier Magnani)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à VIRGINY le 25/09/1915
Gabriel Aimé BOURBON, 34 ans
Scorbé-Clairvaux, VIENNE
Sergent au 3e RIC

Né le 19/06/1881, fils de Sincère et de Alphéna Menoux ; 1 frère et 1 sœur.
Classe 1901, matricule 36 au recrutement de Chatellerault
Profession : Agriculteur
1,62m, cheveux châtains, yeux marron
Marques particulières : Tatouage sur l’avant bras gauche en avant.

Engagé Volontaire pour 3 ans le 03/04/1900 pour le 4e RIC
Passé au 3e Bataillon de marche d’Extrême Orient le 04/07/1900
Passé au 16e RI de Marine le 01/10/1900, puis au 8e RIC le 24/05/1901
Soldat de 1ère Classe le 16/07/1902
Rengagé pour 2 ans le 17/11/1902, passé au 11e RIC le 02/01/1903
Nommé Caporal le 29/04/1903
Passé au 12e RIC le 01/07/1904
Rengagé pour 1 an le 17/12/1904 et pour 5 ans le 05/09/1905
Passé au 7e RIC le 07/02/1906, puis au 16e RIC le 30/09/1909
Rengagé pour 4 ans le 26/01/1911
Nommé Sergent le 01/04/1912
Passé au 6e RIC le 01/12/1912

A épousé en 1913 Armance Ferger : pas d' enfant
Passé au Bataillon du Moyen Congo le 23/01/1914, puis au 3e RIC le 28/06/1914

Tué à l’ennemi le 25/09/1915 à Virginy
Inhumé à la Nécropole du Pont de Marson à Minaucourt tombe n°4422
Médaille Commémorative de l’Expédition de Chine 1900-1901


(avec l’aimable autorisation de Mr Christian Pouffarin, son petit-neveu)


 

MORT POUR LA FRANCE à MINAUCOURT le 20/09/1915
Josué Julien ROZAND, 34 ans
Rochefort-Samson, DROME
22e RIC

Né le 15/11/1880, fils de Frédéric Germain et de Marie Bonnardel ; un frère Ferdinand MPLF en 1918 à Sézanne.

Classe 1900, matricule 259 au recrutement de Romans.
Profession : Cultivateur
1,68m, cheveux châtains, yeux gris
Appelé à l’activité le 16/11/1901 au 8e RIC, passé le 16/12/1902 au 24e RIC

A épousé en 1905 Marie Hernulle : ils ont eu 1 fille et 2 fils

Mobilisé au 22e RIC le 01/08/1914
Blessé le 24/02/1915
Tué à l’ennemi le 20/09/1915 à Minaucourt, Josué ROZAND est inhumé dans la Nécropole du Pont de Marson tombe n° 1134.


(Avec l’aimable autorisation de son petit-fils Mr Rozand et de son épouse ; la belle-fille du soldat vit encore, elle a 93 ans)

Mme Rozand a écrit une citation du Général Charles de Gaulle : « Il n’y a qu’une fatalité, celle des peuples qui n’ont plus assez de forces pour se tenir debout et qui se couchent pour mourir.
Le destin d’une Nation se gagne chaque jour contre les causes internes et externes de destruction. »

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 04/02/1915
Marius Jean LAGARDE
Vals-les-Bains, ARDECHE
Caporal au 4e RIC, 4e Cie


Né le 19/11/1893, fils de Marius Joseph et de Blanche Baume ; 1 frère
Classe 1913, matricule 363 au recrutement de Privas
Profession : Cultivateur
1,73m, cheveux et yeux châtains

Incorporé le 26/11/1913
Nommé Caporal le 06/12/1914
Tombé au Champ d’Honneur le 04/02/1915 à Massiges-Virginy


(avec l’aimable autorisation de Mme Florence Thomas)

 

 

DISPARU MPLF à BEAUSEJOUR le 24/02/1915
François Martin CAROL, 24 ans
Prades, PYRENEES-ORIENTALES
Caporal au 22e RIC

Né le 19/03/1890, fils de feu Martin et de feue Marie Romeu (tuteur : Me Joseph Cayrol) ; 3 frères et 1 soeur.

Classe 1910, matricule 1319 au recrutement de Perpignan puis de Tananarive (Madagascar) n°7

Profession : Peintre
1,58m, cheveux et yeux noirs, front moyen, nez vexe, visage plein,
Renseignements complémentaires (!) : Teint basané, nez tordu à gauche, lèvres minces, bouche grande, menton fuyant, lobe de l’oreille non collé, oreilles peu ourlées, oreilles écartées, sourcils sous les yeux légèrement saillants, cicatrice au niveau de la 4e vertèbre à 1cm à gauche de la médiane.

Incorporé le 01/10/1911 au Bataillon de l’Infanterie Coloniale de l’Emyrne à Tananarive
Embarqué à Tamatave le 28/10/1912

Mobilisé le 04/08/1914, passé le 23/11/1914 au 22e RIC
Nommé Caporal le 23/11/1914
Disparu à Beauséjour le 24/12/1915

(avec l’aimable autorisation de Mr Michel Surre son petit-neveu)

 

 

DISPARU MPLF à MINAUCOURT le 26/09/1914
Hervé Charles GUERNIC
Scaer, FINISTERE
Sergent au 2e RIC

Né le 12/05/1889, fils de feu Jean et de Julienne Le Goff ; Soutien de famille, père décédé, 7 sœurs et 3 frères
Classe 1909, matricule 2063 au recrutement de Quimper.
Profession : Valet de chambre
1,76m, cheveux blonds, yeux bleus
Célibataire

Incorporé le 05/10/1910 au 76e RI de Paris
Nommé Caporal le 19/06/1911 puis Sergent le 20/09/1912
Mobilisé le 04/08/1914 au 2e RIC

Citation : "Tombé glorieusement pour la France dans l’accomplissement de son devoir le 26/09/1914 à Minaucourt".
Croix de Guerre avec Etoile de Bronze


(avec l’aimable autorisation de Mme Florence Goutin sa petite-nièce)

 

 

DISPARU MPLF à Suippes le 29/09/1915
Pierre dit Adrien BADET
Laluque, LANDES
3e RIC

Né le 29/12/1895, fils de Jean et de Marie Dupuy ; 1 soeur et 1 frère.
Classe 1915, matricule 1581 au recrutement de Mont de Marsan
Profession : Maçon
Célibataire
1,61m, cheveux et yeux châtains

Incorporé le 15/12/1914 au 3e RIC, Adrien BADET combat en février 1915 au Fortin de Beauséjour et à Ville-sur-Tourbe en mai.
Passé le 01/05/1915 au 2e RIC


Tué à l’ennemi à Suippes le 29/09/1915

Croix de Guerre avec Etoile de Bronze
Secours de 150 Frs accordé à Mr Badet père le 30/01/1916


(avec l’aimable autorisation de Mr Philippe Dupouy, son petit-neveu)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MINAUCOURT le 09/09/1915

Elie Lucien CASTELBOU, 22 ans

Trebas, TARN

24e RIC, 8e Cie

Né le 28/11/1892, fils de Léon Pierre et de Marie Savy ; 5 sœurs et 1 frère.

Classe 1912, matricule 542 au recrutement d'Albi

Profession : cultivateur

1,79m, cheveux châtain moyen, yeux châtain verdâtre

Incorporé le 08/10/1913 au 23e RIC, passé au 24e RIC

 

Le 7 septembre 1915 "la 8e Cie travaille à approfondir l'ancien boyau qui du Promontoire va à l'ancienne tranchée 20, et le boyau qui rejoint le dernier en traversant le Ruisseau de l' Etang et venant du Ravin du Médius." (JMO)

Elie Castelbou fait partie des tués...

Inhumé à la Nécropole du Pont de Marson tombe n°4883 

Photo de la sépulture à venir...

(Avec l’aimable autorisation de Mr Gérard By, son petit-neveu)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 05/02/1915
Albert Charles PIFFARD, 20 ans
Souzy-la-Briche, SEINE ET OISE
23e RIC

Né le 03/07/1894, fils de Louis Emile et de Amélie Guignet ; 2 frères qui ont combattus aussi et 4 sœurs.

Classe 1914, matricule 2433 au recrutement de Versailles.
Célibataire
Profession : Carrier, Mineur
1,65m, cheveux châtain, yeux marron clair
Marque particulière : cicatrice de coupure joue gauche

Incorporé le 08/09/1914 au 59e RAC 2e Canonnier Servant
Passé le 15/10/1914 au 23e RIC

Décédé des suites de blessures de guerre à Massiges, pas de sépulture
Croix de Guerre avec Etoile de Bronze


(avec l’aimable autorisation de Mr Luc Piffard)

 

 

Julien Antoine BENGOLD, 317e RI

Neuflize, ARDENNES

(Plaque trouvée par des militaires dans le Camp de Mourmelons)

Annie a retrouvé son ARRIERE PETIT-FILS, très ému de cette nouvelle ; il a en effet donné appelé son fils Julien en souvenir de cet arrière grand-père et de son grand-père qui portait également ce prénom.

Né le 15/06/1893, fils de Louis et de Joséphine Marseille ; Classe 1913, matricule 1656 au recrutement de Reims.

Profession : Ouvrier, caviste

1,69m, cheveux blonds, yeux bleus 

Incorporé le 26/11/1913 à la 6e section de commis et ouvriers d’Administration

Soutien de famille : Séance de mars 1914

Passé au 130e RI le 06/12/1915

Passé au 317e RI le 08/04/1916 qui combat à Maison de Champagne d' Avril à Juillet 1916 puis d'Août à Octobre 1916 à la Butte du Mesnil.

Citations :

- "Soldat très courageux (le 12/08/1916) ayant vu tomber un agent de liaison s’est porté à son secours sous un feu de mitrailleuses et a ramené le blessé au poste de commandement."

- "Chargé de la liaison optique d’un Bataillon d’attaque s’est dépensé sans compter pendant les combats des 14 et 15/07/1917, assurant avec une énergie et un sang froid au dessus de tout éloge son service dans un endroit particulièrement exposé malgré des barrages violents qui sans cesse comblaient et démobilisaient son poste. Déjà cité pour sa belle conduite au feu du 12/08/1917".

Croix de guerre, Etoile de Bronze

Nommé Caporal le 23/01/1917

Passé le 01/08/1918 au 115e RI

Affecté au titre des Réserves au 6e Escadron du train des équipages militaires

Evacué malade le 10/12/1918

Réformé définitivement le 12/12/1934 pour "fracture de l’étage antérieur du crane, fracture de l’os malaire droit et de l’apophyse, plaie linaire et sous orbitaire droite, fracture du bassin".

A épousé en 1920 Marthe Maignan ; ils ont eu 1 fils Jean Robert.

Décédé le 15/05/1954 à Levallois (78)

(avec l’autorisation de son arrière petit-fils Vincent BENGOLD)

 

 

2 amis d’enfance, habitant le même village, fiches matricules 516 et 517 au recrutement de Pont st Esprit, classe 1914. Incorporés le 04/09/1914 au 10e RA à pied puis passés le 14/10/1914 au 8e RIC.

DISPARUS MPLF à Massiges le 04/02/1915
Marius Maurice SALEL et Léopold Joseph SAUTEL, 20 ans
Laurac, ARDECHE
8e RIC


Marius SALEL né le 01/11/1894, fils de Marius Salel et Emilie Bertrand ; 1 frère.

1,77m, cheveux châtain clair, yeux marrons
Profession : Cultivateur. Célibataire.

"Tombé glorieusement au Champ d’Honneur le 04/02/1915 à Massiges."
Croix de Guerre avec Etoile de Bronze


Léopold Joseph SAUTEL né à Rosières le 20/10/1894, fils de Jean Joseph et de Marie Sautel ; 2 soeurs.

1,70m, cheveux châtain clair, yeux marrons
Profession : Cultivateur. Célibataire.

Disparu le 04/02/1915 à Massiges


(avec l’aimable autorisation de Mr Bernard JALLES de Laurac qui recense les combattants de son village)

 

 

MORT POUR LA FRANCE secteur de MESNIL le 01/07/1915
Louis BERTHIER
Saint-Micaud, SAONE ET LOIRE
4e RIC


Né le 05/10/1886, fils de Henri Berthier et Claudine Vittaut, 4 sœurs et 2 frères
Classe 1906, recrutement de Châlons-sur-Saône
Profession : Manœuvre
1,61m, cheveux châtains, yeux gris bleus

Incorporé le 08/10/1907 au 85e RI
Engagé volontaire le 04/11/1912 pour 2 ans au titre du 4e RIC du Maroc
Passé au 6e Bataillon Colonial le 29/12/1912 puis au 22e Bataillon Colonial le 28/10/1914
Tué à l’ennemi dans le secteur du Mesnil le 01/07/1915


(avec l’aimable autorisation de Mme et Mr Bey, ses petite-nièce et petit-neveu)

 


MORT POUR LA FRANCE à MINAUCOURT, Ferme de Confrécourt, le 26/09/1914
Chef de Bataillon, Firmin BOBO, 49 ans
Baixas, PYRENEES-ORIENTALES
24e RIC

Né le 25/09/1865, fils de Auguste et de Catherine Boher ; Classe 1885, matricule 372 au recrutement de Perpignan.
Profession : Militaire de carrière, Commandant en Chef d’Etat Major de la 2e Division d’Infanterie Coloniale,
Elève de l’Ecole de St Cyr
1,59m, cheveux et yeux châtains

Engagé volontaire pour 5 ans le 25/10/1884 à la Mairie de Perpignan
Nommé Sous Lieutenant au 2e Rég de Marine le 12/09/1886, passé au 3e Rég de Marine le 19/10/1887 puis au 1er Rég de Marche de Marine le 15/01/1888
Nommé Lieutenant le 01/07/1888, passé au 1er Rég d’Infanterie (RI) de Marine le 26/03/1890 puis au 6e RI de Marine le 05/11/1890
Nommé Lieutenant de 1ère Classe le 08/01/1892, passé au 1er Rég de Tirailleurs Tonkinois le 23/08/1892 puis au 5e RI de Marine le 10/08/1894
Nommé Capitaine au 4e RI de Marine le 06/05/1895

Epouse en 1896 Blanche Aubriot (décédée sur le Paquebot Libourne)
Désigné pour servir en Cochenchine le 29/08/1898

Passé au 11e RI de Marine le 07/06/1899 puis au 4e RIC en 1901
Citation(1902): "Capitaine d’Infanterie de Marine à l’Etat du Corps expéditionnaire, a donné le
plus bel exemple en stationnant plus d’un quart d’heure en observation sur la muraille de
ville Impériale très exposé au feu (Chine)".

Se remarie en 1902 avec Marguerite Vals (photo) : 3 fils et 2 filles naissent de cette union.
Passé en 1906 au 24e RIC
Le reste de son parcours Militaire se trouve au Service Historique de la Défense à Vincennes

Firmin BOBO est tué au cours des violents combats du 26/09/1914 à Minaucourt.

Médaille Commémorative du Tonkin
Chevalier de la Légion d’Honneur

(avec l’aimable autorisation de son petit-fils Mr Régis Bonzoms et de son arrière petite-fille Lucie)

 

 

DISPARU MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 06/10/1915
Jean Hyacinthe Michel CABOT, 32 ans
Port-Vendres, PYRENEES-ORIENTALES
24e RIC

Né le 03/05/1883, fils de Jean Cabot et Catherine Olivier ; Classe 1903, matricule 1158 au recrutement de Perpignan.
Profession : Marin
1,59m, cheveux noirs, yeux châtain clair

Arrivé à Toulon le 14/05/1903, Matelot de 3e classe, Chauffeur auxiliaire le 01/11/1903
Renvoyé dans ses foyers le 11/05/1905 comme soutien indispensable de famille
Incorporé le 19/11/1914

"Tombé glorieusement au Champ d’Honneur le 06/10/1915 à Massiges en faisant vaillamment son devoir".
Croix de Guerre avec Etoile de Bronze

Epoux en 1ère noces de Marguerite Nou, puis de Merced Teresa Cruset avec qui il a eu 2 fils : Michel décédé en bas-âge, et Marcel.

Son épouse Mercedes et leur fils Marcel

"Mon père avait 2 ans lorsque son père a été porté disparu, et ma grand-mère, espérant un hypothétique retour, ne s'est pas remariée, le laissant fils unique...
Lorsqu'il parlait de cette "disparition", puisqu'il n'y avait pas corps, il énumérait toutes les possibilités qui avaient été envisagées par la famille : amnésie ? Prisonnier à l'ennemi ? Une autre famille fondée "là-bas ?... etc...
En fait je pense qu'au fond de lui, le deuil de ce père dont il n'avait aucun souvenir n'a jamais été fait.
Il a embrassé une carrière militaire, et a participé de façon très active à la seconde guerre mondiale.
Bien entendu je suis d'accord pour que mon grand-père soit cité dans le mémorial de cette terre de Champagne dans laquelle il demeure anonymement depuis un siècle.
Comme un dernier hommage au sacrifice de sa jeune vie".
(Bernadette Cabot, sa petite-fille)

Avec son aimable autorisation.

 

Ajouts de Mars 2017 :

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915
Capitaine au 21e RIC Louis Jean RAVIGNON, 32 ans
Arles, BOUCHES DU RHONE

Chef de Section de la 6e Cie en Février 1915 puis Commandant de la 8e Cie, 2e Bataillon Guerrier

Né le 17/11/1882, fils de Auguste Ravignon et de Ernestine Dol ; 3 frères dont 2 MPLF et 2 soeurs.
Célibataire

Classe 1902, matricule 47 au recrutement de la Seine 2e bureau
Profession : Officier, Capitaine de l’Infanterie Coloniale

Engagé volontaire pour 3 ans le 29/10/1901 à Paris 3e
Admis à l’Ecole Spéciale Militaire de St-Cyr le 29/10/1902, nommé Caporal le 03/11/1903
Nommé Sous-Lieutenant au 4e RIC le 01/10/1904
Affecté au Bataillon du Congo le 15/01/1906, nommé Lieutenant le 01/10/1906
Affecté au 5e RIC le 24/07/1907 puis au Bataillon de Chari-Tchad le 25/09/1908
Affecté au 7e RIC le 20/08/1911, affecté au 3e Régiment de Tirailleurs Tonkinois le 15/12/1912

Affecté au 21e RIC le 23/12/1912

Son régiment est engagé dans les terribles combats du 3 et 4 février 1915 (récit dans LES COMBATS DE LA MAIN).

Nommé Capitaine le 19/03/1915, il commande la 8e Cie

 

Peu avant la Grande Offensive, Louis Jean Ravignon rédige cette bouleversante lettre testament :

Le 25/09/1915 jour de la Grande Offensive, les premières vagues prennent d'assaut la Main avec comme objectif pour le 21e RIC, la Côte 191 et l' Arbre aux Vaches. Les combats font rage, mais les munitions s'épuisent, l'ennemi redouble ses attaques, le colonel voit chanceler cette poignée de braves ; il leur faut un renfort immédiat.

Deux compagnies du bataillon GUERRIER sont engagées : compagnie RAVIGNON à droite, compagnie BONNARD à gauche et la lutte reprend avec une nouvelle ardeur. Le capitaine RAVIGNON est tué en tête de sa compagnie qui, très éprouvée, oblique vers l'ouest. Le capitaine Bonnard prend le commandement du groupe et le ramène vers l'Arbre aux Vaches sous un feu d'enfer qui le décime.

Louis Ravignon est mort au combat le 25/09/1915 par blessures par arme à feu.
"Officier d’une rare énergie et d’un sang-froid absolu, tombé glorieusement le 25/09/1915 à Massiges à la tête de sa Compagnie en l’entrainant à l’assaut".
Chevalier de 1ère classe de l’Ordre du Nicham-Iftikar

Inhumé au cimetière provisoire "Propriété Varoquier" de Virginy. En 1923, il est ré-inhumé à la Nécropole militaire du Pont de Marson.

2 de ses 3 frères Officiers sont également MPLF : le 08/11/1916 à Paris pour Léon (photo), et le 21/04/1918 à Mont-Kemmel, pour Paul (Croix de guerre avec Etoile Vermeil).

(avec l’aimable autorisation de Mr Jacques RAGUET, Louis Ravignon était le cousin de sa grand-mère maternelle)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à Souain le 25/09/1915
Georges BAUTHENEY, 28 ans
Livry-Gargan, Seine et Oise ; résidant à Stavropol (Russie)
Sous-Lieutenant au 22e RIC, passé au 42e RIC

"Suippes, le 22 septembre 1915"

Né le 14/11/1886, fils naturel de Marie Augustine Bautheney (elle ne l’a reconnu qu’après son décès en 1919) Classe 1906, matricule 1214 au recrutement de Versailles.

1,79 m ; cheveux blonds, yeux bleus
Profession : Professeur de Français (à la Cour du Tsar selon la chronique familiale)
Il habitait au moment de son recrutement en Russie à Stavropol

A épousé le 29/08/1907 Louise Gnaedinger (elle aussi professeur) née en Suisse.
2 enfants naissent à Stavropol, de cette union : Georges en 1908, et Louise Marie en 1911

Après avoir effectué son service au 6e RIC, il se retire auprès de sa famille à Stavropol en 1910.

Avec son épouse Louise, le 29 ou 30 juillet 1914

"Stavropol - Caucase, 29 Juillet 1914"

Avec ses enfants Georges et Louise "Stavropol - Caucase, 30 Juillet 1914"

 

Rappelé à l'activité le 01/08/1914, Georges quitte la Russie...à son arrivée, il est affecté au 22e RIC le 10/09/1914.
Nommé Caporal le 18/09/1914 puis Sergent le 16/10/1914
Promu Sous Lieutenant à titre temporaire le 07/01/1915, il passe au 42e RIC :




Avec ses frères d'arme
"Souain, le 25 Août 1915"

3 jours avant sa mort, Georges adresse cette très émouvante carte photo à son épouse :

Tué au champ d'honneur le jour de la Grande Offensive, Georges ne rentrera pas...

Dès le lendemain, Louise Bautheney reçoit une pension de 1.150 frs en tant que veuve d'un Sous-Lieutenant.

Chevalier de la Légion d’Honneur à titre posthume le 31/03/1920
"Vaillant Officier, dévoué et courageux. Glorieusement tombé pour le Salut de la Patrie le 25/09/1915
à Souain".


Croix de Guerre avec Etoile de Vermeil

Georges Bautheney est inhumé à la Nécropole de La Crouée à Souain-Pertes-lès-Hurlus carré 1E, tombe n°6153


(avec l’aimable autorisation de son arrière-arrière petit-fils Mr Steven LANDRE, "gardien" de la mémoire familiale)




MORT POUR LA FRANCE au Nord de la ferme de Beauséjour le 20/12/1914
Louis dit Abel CASTILLON, 29 ans
Herm puis Magescq, LANDES
33e RIC, 1er Bataillon, 14e Cie

Né le 22/04/1885, fils de Vincent Castillon et Marie Puyobreau ; classe 1905, matricule 1977 au recrutement de Bayonne.
Profession : Résinier
1,69m, cheveux noirs, yeus châtains

A épousé à Magescq en 1913 Marguerite Courau

Mobilisé le 03/08/1914 au 33e RIC, régiment de réserve du 3e RIC

Dès le 20/10/1914, il tient les secteurs de Virginy, Minaucourt et Massiges, où il prend une part brillante aux affaires de Minaucourt (11/11/1914), tranchée du Calvaire (20/12/1914)

La 15e Cie à laquelle appartient Alphonse BERGES vient relever la sienne...

Louis Abel CASTILLON est tué le 20/12/1914 au cours de ces terribles combats :

Probablement inhumé dans une fosse commune, il repose aujourd'hui dans l'un des ossuaires de la Nécropole Militaire du Pont de Marson.

(avec l’aimable autorisation de Mr David Cavalier)

 

 

DISPARU MPLF au Nord de la ferme de Beauséjour le 20/12/1914
Alphonse BERGEZ (BERGES), 29 ans
Magescq, LANDES
33e RIC, 1er Bataillon, 15e Cie

Né le 27/09/1885, fils de François Bergez et Catherine Prat ; un frère jumeau MPLF en 1916.

Classe 1905, matricule 2220 au recrutement de Bayonne
Profession : Scieur
1,63m, cheveux et yeux noirs

A épousé en 1910 à Magescq Marie Courteau


Rappelé au 3e RIC le 03/08/1914, soldat de 1ère classe
Passé le 07/08/1914 au 33e RIC, régiment de réserve du 3e RIC.

Dès le 20/10/1914, il tient les secteurs de Virginy, Minaucourt et Massiges, où il prend une part brillante aux affaires de Minaucourt (11/11/1914), tranchée du Calvaire (20/12/1914)

Le 20/12/1914, le régiment participe à l'attaque des tranchées allemandes au Nord de la ferme Beauséjour.

Le 1er Bataillon fait partie des troupes d'attaque.

13e et 14e Cies dans les tranchées conjuguées ; 15e et 16e Cies Ravin de Marson

A 9h15 les 13e et 14e Cies (où combat Abel Castillon) enlèvent les tranchées allemandes E et sont remplacées dans les tranchées conjuguée par les 15e et 16e Cies.

Alphonse BERGES ne rentrera pas...

(JMO du 33e RIC)

Le jugement de décès ayant été rendu en 1918 (et non à partir de 1920 pour les disparus), son corps aura été relevé et ré-inhumé dans l'un des ossuaires de la Nécropole militaire du Pont de Marson.

Son frère jumeau Cyprien meurt à son tour à Verdun le 17/05/1916



(avec l’aimable autorisation de Mr Serge Dumartin)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915

Eugène ROUYER, 34 ans

Esnes, MEUSE

Adjudant au 21e RIC, Chef de section de la 10e Cie, 3e Bataillon Le Boulanger

Né le 24/07/1881, fils de Nicolas Rouyer et Amélie Nourissier ; classe 1900, matricule 1426 au recrutement de Verdun.

1,79 m ; cheveux blond foncé, yeux gris

Engagé Volontaire pour 4 ans le 04/11/1901 à la mairie de Verdun pour le 91e RI, soldat de 1ère classe le 26/09/1902, Caporal le 26/09/1903

Rengagé pour 2 ans le 09/01/1905 comme soldat de 2e classe au 8e RIC

Campagne de Cochinchine du 01/03/1905 au 11e RIC au 08/05/1908 : soldat de 1ère classe le 01/05/1906, se rengage à Saigon pour 5 ans à compter du 04/11/1907.

Passé au 21e RIC le 10/04/1908, Caporal le 01/01/1910, Sergent le 01/07/1911

Afrique Occidentale française du 30/07/1911 au 17/10/1911 puis Territoire du Niger en guerre du 18/10/1911 au 09/11/1913 : passé au 1er sénégalais n°5 le 18/10/1912, rengagé pour 4 ans le 12/06/1912.

Parti en campagne avec le 41e RIC le 08/08/1914

Evacué le 23/09/1914 pour "bronchite aigue", rentré au dépot le 10/10/1914, reparti rejoindre le 21e RIC en campagne le 14/11/1914.

Nommé Adjudant le 24/02/1915

Son régiment est engagé à Massiges dans la 2ème grande Offensive de Champagne : Eugène ROUYER est Chef de section :

Dans la nuit du 24 au 25/09/1915 le régiment est mis en place. A 4 heures, son dispositif d'attaque est complètement réalisé. Il a pour mission de conquérir la portion de la position de Massiges formée par la côte 191 et la caponnière de l'Arbre aux Vaches. Un jour gris et pluvieux se lève. Les premiers coups de canon se font entendre, puis leur voix s'enfle et s'étend. C'est la préparation d'artillerie qui reprend, précise, condensée et puissante.

9 h.15. — Bloc homogène, véritable schéma du dispositif offensif, la première vague d'assaut bondit en avant.

Le bataillon LE BOULANGER est à droite, le bataillon Ducrot à gauche, leurs chefs en tête. Dans un ordre impressionnant les vagues successives surgissent et déferlent.

Mais l'œuvre du canon est restée incomplète ; l'ennemi est encore là.

La lutte s'engage, âpre et farouche de part et d'autre. De tous côtés les balles sifflent, les mitrailleuses crépitent, fauchant nos rangs. Sur la droite, devant les rafales meurtrières, il y a un moment d'hésitation ; les éléments de tête se plaquent au sol. « En avant, mes amis » crie le capitaine Charlemagne qui tombe quelques pas plus loin, mortellement frappé. Électrisé par l'exemple, la ligne toute entière se rue à nouveau, franchit les réseaux restés intacts et court à la deuxième tranchée dont elle s'empare après un combat forcené au cours duquel les capitaines Moutot et CHAPUIS tombent à leur tour. Le barrage d'artillerie s'intensifie, les feux de mitrailleuses se resserrent et se précisent, partant de blockhaus inexpugnables.

Tandis que le 1er Bataillon a pu aborder 191 par des brêches suffisamment larges dans les réseaux de fil de fer le Bataillon de droite - 3e Bataillon, Commandant Le Boulanger - se trouve en présence de terribles difficultés. La 3e Vague du Bataillon le Boulanger dont la marche déjà ralentie par les pertes subies du fait des mitrailleuses et de l'artillerie de Servon, a son élan également brisé ; elle s'arrête à la tranchée de la Caponnière.

(JMO du 21e RIC)

Réduit à 170 hommes, le bataillon Le Boulanger occupe la tranchée de Lissa conquise de haute lutte et s'y maintient opiniâtrement en dépit des tentatives acharnées de l'ennemi pour y reprendre pied.Ce combat à la grenade est resté légendaire au régiment.

Le jour tombe, la bataille s'apaise. Tranchée de Lissa, fortin de la Caponnière, Arbre aux Vaches, formidable position de la cote 191, muets témoins de tant d'actes de sublime héroïsme qui resteront à jamais inconnus, vous êtes nôtres, mais votre conquête, admirable fait d'armes qui semblait impossible, a coûté au régiment des pertes sans précédent : 35 officiers et 1.608 hommes hors de combat sont la lourde rançon de cette journée de victoire. Le canon s'est tu, et le silence de la nuit n'est plus troublé que par les plaintes des mourants et les gémissements des blessés dont l'évacuation se poursuit.

C'est là que le soldat Vercher, amené au poste de secours, meurt en disant au médecin qui le réconforte : "Ça va bien. C'est pour le pays... Vive la France !" (Historique du 21e RIC)

 

Mort au champ d'honneur, Eugène ROUYER est primo-inhumé au cimetière provisoire "Propriété Varoquier" de Virginy. En 1923, il est ré-inhumé à la Nécropole militire du Pont de Marson, tombe 4244

(Photo à venir)

Monument Aux Morts d'Esnes-en-Argonne où son nom est gravé

IN MEMORIAM :

A tous les Marsouins qui,

De leur vie, de leur sang ou de leurs efforts

Les ont écrites,

Ces pages sont dédiées.

(Historique du 21e RIC)

(Nous remercions Mr Serge Thierion, Président de l'association "les Amis de Vauquois", qui nous a confié cette magnifique plaque de cimetière conservée par la famille du soldat)

 

 

Blessé aux Mamelles, MPLF à PERTHES-LES-HURLUS le 27/09/1915

Clément POISSON au 137e RI, 35 ans

Legé, LOIRE-INFERIEURE

Né le 22/07/1880, fils de feu Jean Baptiste et de feue Marise Parois ; classe 1900, matricule 1396 au recrutement de Nantes.

1,60 m ; cheveux et yeux châtain

Profession : domestique

En sursis d'appel comme homme d'équipe à Aigrefeuille (chemin de fer de Nantes-Legé) du 2 au 17/08/1914.

Rappelé au 65 de ligne le 05/09/1914, passé au 137e ri (détachement de renfort du 08/11/1914)

Son régiment est engagé dans la Grande Offensive de Septembre 1915.

Le 25/09/1915, à 09h15, attaque générale

Son ultime combat :

(Extrait du JMO)

"Le capitaine Charrier enfant du pays l'a vu blessé dans un bois : mon aïeul aurait déclaré "pour moi la guerre est finie". (Mr Michel Legrand, son petit-fils)

Transporté au poste de secours puis probablement à l'ambulance de Perthes-les-Hurlus - quelques kms à l'arrière - son évacuation est décidée avec une affectation (fiche ci-dessous) dans un train sanitaire qui doit le transporter vers un Hôpital d' évacuation.

Fiche d'évacuation attachée sur un bouton de son vêtement.

"Sur sa fiche, une décision importante : Injection de sérum antitétanique à pratiquer le plus tôt possible, preuve qu'il était bien vivant au moment où cette fiche est attachée sur un bouton de son vêtement." (Robert Beaufrère, bénévole)

Clément Poisson n'arrivera malheureusement jamais à destination...

Probablement décédé au tout début de cet éprouvant voyage (lieu de décès établi à Perthes-les-Hurlus), son corps aura été débarqué à La croix en Champagne où l’inventaire a été fait, comme mentionné sur sa fiche.

Sa fiche est renvoyée à la famille avec, au verso, la liste des effets restitués (billets, porte-monnaie, alliance et livret militaire).

Mort le 27/09/1915 des suites d'une blessure pénétrante au dos probablement infligée la veille dans l'attaque vers les mamelles depuis le ravin de la goutte, Clément Poisson aura été inhumé dans un des cimetières provisoires de La Croix-en-Champagne puis ré-inhumé en 1922 dans l'un des ossuaires de la Nécropole de Saint-Jean-sur-Tourbe.

Monument Aux Morts de Legé sur lequel son nom est inscrit

(Avec l'aimable autorisation de Michel Legrand, son petit-fils, sur les pas de son grand-père en septembre 2016)

 

DISPARU MPLF au Calvaire de BEAUSEJOUR le 20/12/1914

Louis ASSEMAT au 22e RIC, 1ère Cie, 33 ans

Lamontélarié, TARN

Né le 21/10/1881, fils de feu Augustin Assemat et Philippine Cauquil ; classe 1901, matricule 1502 au recrutement de Carcassonne.

Profession : cultivateur

1,64 m ; cheveux bruns, yeux gris, menton à fossette

A épousé Justine Bourdié le 26/10/1913 : enceinte depuis Juin 1914, elle donnera naissance le 17/03/1915 à leur unique enfant, un garçon prénommé Gemain,Louis (prénom usuel).
Louis Assémat Junior classe 1935 au 5 e G.R.D.J a fait la Sarre,la Belgique,la Hollande, a été pris à Bray le 28/05/1940 soit au total 7 ans.

 

Rappelé à l'activité le 01/08/1914, passé au 22e RIC

En décembre, son régiment est engagé au Nord de la ferme de Beauséjour.

Le 20/12/1914, Louis Assémat livre son dernier combat :

(Extraits du JMO)

Les pertes éprouvées pour cette seule journée, sont de 27 tués (38 au final), 151 blessés et 119 DISPARUS, dont 117 pour sa seule Cie !!!

La disparition de ce peloton de la 1ere Cie a fait l'objet d'un rapport spécial...relatant un "incident" dû au désir de faire des prisonniers (donc on ne supprime pas d'ennemi)...et à l' excès de confiance dans la parole des allemands souhaitant se rendre (...)
"Il faut en déduire que les disparus sont des prisonniers.
Il est probable que la situation se soit retournée contre la 1e Cie lors d'une contre-attaque et que celle-ci ait, à son tour, été faite prisonnière".
(Robert Beaufrère, bénévole chargé de recherches)

Quel a été le destin de Louis Assémat ? Son nom n'apparaît sur aucune liste de prisonniers.

Mortellement blessé, a t'il été relevé sans avoir pu être identifié (en début de guerre, 1 seule plaque d'identité) et inhumé sur place par ses frères d'arme ou par les allemands ?

Aujourd'hui sur terrain militaire, les terres de Beauséjour n'ont jamais été remises en culture.

Elles demeurent le tombeau de nombreux hommes...

(Avec l'aimable autorisation de Mr et Mme Fourgassié Marie-Odile - née Assémat - sa petite-fille et fille unique de Louis Assémat junior)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915

Pierre-Antoine DEGLI-INNOCENTI au 8e RIC, 27 ans

Corbara, HAUTE-CORSE

(Son portrait peint par Carl Theodor Prötzen, interné au couvent de Corbara. Artiste allemand de renom, il a laissé beaucoup de toiles en Corse avant de faire, de retour en Allemagne, une belle carrière d'artiste)

Né le 15/09/1888, fils d' Antoine Joseph Degli-Innocenti et Marie Anne Orsini ; classe 1908, matricule 2524 au recrutement d' Ajaccio.

1,71 m ; cheveux roux, yeux gris

Profession : maçon

Incorporé au 8e RIC à compter du 19/02/1915

"Contrairement à son beau-frère, mon grand-père, qui n'a jamais douté qu'il reviendrait et qui, en effet, est revenu, Pierre-Antoine, lui, connaissait son destin adverse.

Arrivé au Calvaire du village, il est revenu sur ses pas, et a dit à ses soeurs : « embrassez -moi une dernière fois, vous ne me reverrez plus. »  

 

Parti en détachement le 05/06/1915 rejoignant le Corps Colonial

Pierre-Antoine Degli Innocenti est tué à l'ennemi le 25/09/1915 à la Main de Massiges dans l’attaque de la Côte 191.

(Historique du 8e RIC)

Probablement inhumé dans le cimetière provisoire de la pointe du Promontoire, son corps a été transféré en 1923 à la Nécropole du Pont de Marson en ossuaire ou dans l'une des nombreuses tombes qui abrite un soldat inconnu...

En effet, lors de la translation des corps, de nombreux corps ont malheureusement perdu tout élément d' identification (fragile bouteille-renfermant leur identité-disparue ; grande confusion autour du relevage des corps par les troupes indochinoises etc...)

"Ses soeurs n'avaient pas même su le lieu précis de sa mort (...) Quand mes parents étaient vivants, ils avaient bien cherché à retrouver sa tombe mais à l'époque l'acte de décès indiquait sobrement Champagne...quelques années plus tard, Marne a été ajouté, et ce n'est que depuis peu que je connais le lieu exact de sépulture de Pierre Antoine Innocenti."

Bouleversantes, "les dernières phrases léguées par Pierre-Antoine à ses soeurs représenteront, finalement, une belle revanche sur son mince destin et sa brève vie. Son prénom a été donné à plusieurs enfants de la génération suivante (ma mère, par exemple, s'appelait Pierrine Antoinette en son honneur)."

(Monique Amigues, sa petite-nièce, avec son aimable autorisation)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à VIRGINY le 15/11/1915

Sapeur Rose Théophile DEUIL au 1er GENIE

Quincy-Voisins, SEINE ET MARNE

(Photo remise à son fils à sa majorité par la DDASS)

Né le 03/10/1887, fils de feu David Deuil et Augustine Gaillardon ; classe 1907, matricule 685 au recrutement de Coulommiers.

1,68 m ; cheveux châtains, yeux bleu foncé

Profession : carrier

Tué le 15/11/1915 devant Virginy, Rose Deuil est primo-inhumé au cimetière provisoire "Propriété Varoquier" puis en 1923, ré-inhumé à la Nécropole militaire du Pont de Marson, tombe 3965.

 

 

Son fils Bayard, orphelin à 3 ans, est placé à la DDASS dans la Nièvre.

Rose Théophile Deuil et son fils

Bayard Deuil à la BA 112 à Reims en Avril 1935

(Avec l'aimable autorisation de Mme Viviane Deuil épouse Doudeau, petite-fille de Rose, et fille de Bayard. Elle s'est rendue à Massiges en 2013 et a écrit :"Ce que la guerre a détruit est immense dans les coeurs ..." )

 

DISPARU MPLF à MASSIGES (Côte 191) le 15/09/1914

Jules AUGER au 4e RIC, 32 ans

Castres, TARN

Né le 06/08/1882, fils de Joseph Auger et Rosalie Gasc ; classe 1902, matricule 830 au recrutement de Carcassonne.

1,64 m ; cheveux et yeux châtains

Profession : cultivateur à Saix

A épousé Victorine Solomiac le 09/04/1910

Arrivé au 8e RIC le 12/08/1914

Carte postale de Jules Auger écrite de Toulon quelques jours avant le départ vers le front.

Passé au 4e RIC le 30/08/1914

Le 14 septembre 1914, son régiment cantonne à Virginy.

Le 15 septembre, la Division marche à l’attaque de la côte 191 : 3 tués, 16 blessés par le feu d’artillerie (En réalité, plus de 15 morts enregistrés à cette date après le conflit)

Jules Auger ne rentrera pas...Porté disparu, son acte de décès ne sera dressé que le 22/10/1920, une fois les prisonniers de guerre rentrés. Jusqu'à cette date, sa veuve ne percevra aucune aide de l'Etat.

Avec une moyenne de 4000 morts par jour d’août à septembre 1914, de nombreuses fosses communes ont été creusées. Elles accueillent jusqu'à 100 corps de soldats, identifiés comme non-identifiés. Avec une seule plaque d'identité en début de guerre, celle de Jules Auger a probablement été arrachée ou désintégrée au moment de sa mort. Il repose très probablement avec François Arnaud, dans l'un des ossuaires de la Nécropole du Pont de Marson.

Médaille Militaire posthume

Jules Auger laisse une veuve et une enfant, Maria âgée de 18 mois (décédée le 18/07/2005)
Victorine ne se remariera jamais.

Victorine Auger, sa veuve à droite et sa mère Louise (belle-mère de Jules) à gauche

De gauche à droite, Bastien Pagès son arrière-arrière petit-fils, Marie Pagès son arrière petite-fille et Rémi Puget son petit-fils, photographiés devant la métairie de Jules Auger située sur la commune de Navès.
Bastien Pagès et Laurent Pagès, de visite à Massiges en août 2015.

(Avec l'aimable autorisation de Mr et Mme Laurent et Marie Pagès, son arrière petite-fille)

 

De villages voisins, ces 2 soldats se connaissaient !

 

DISPARU MPLF à Massiges le 16/09/1914

François ARNAUD au 4e RIC, 32 ans

Pont-de-Larn, TARN

Né le 11/05/1882, fils de Jean (François) et de Marie Nègre ; classe 1902, matricule 1131 au recrutement de Carcassonne.

1,56 m ; cheveux châtains et yeux bruns

Profession : cultivateur à Labruguière où il se marie le 22/04/1909 avec Léonie Guilhot : un fils Alfred (François) né le 20/01/1910 et une fille Maria (Emilie) née le 03/02/1913.

Soldat de 1ère Classe le 11/05/1906

Rappelé au 8e R.I.C le 02/08/1914, passé au 4e R.I.C. le 30/08/1914

Extraits du JMO :

François Arnaud est probablement l'un d'eux, tombé au champ d'honneur le 16/09/1914 à Massiges.

Avec l'hécatombe du début de guerre, le Général Joffre donne des consignes pour les inhumations en fosses communes, jusqu'à 100 corps.

Comme de nombreux camarades disparus en début de guerre, son corps non-identifié aura été relevé dans les jours ou les années qui ont suivis, et il repose avec Jules Auger, dans l'un des ossuaires de la Nécropole du Pont de Marson.

"Mon arrière grand-mère Léonie, veuve en 1914, ne s'est jamais remariée (elle est décédée en 1980); elle ne s'est jamais rendue à Massiges".

(Avec l'aimable autorisation de Guy-Noël Dupré, son arrière petit-fils en visite à Massiges le 11/11/2016)

 


MORT POUR LA FRANCE à PERTHES-LES-HURLUS le 15/10/1915

Capitaine Constant LALLEMAND, 31 ans

Commandant la 8e Batterie du 17e Régiment d' Artillerie de Campagne (RAC)

Né le 13/05/1884, à Blamont, Meurthe et Moselle 
fils de Gustave Lallemand et Célestine Huin  
classe 1904, matricule 1260, recrutement de Nancy
Saint-Cyrien promotion "Sud-Oranais"
Sous-Lieutenant au 3e Tirailleurs
Médaille du Maroc
Officier d'infanterie passé dans l'artillerie au 17e RAC
Croix de guerre, 4 palmes

Chevalier de la Légion d’Honneur

A partir d’août 1914, le Capitaine Lallemand fait campagne avec son régiment, mis à la disposition de la 3è D.I., dans la Marne et la Meuse (Argonne, Woëvre et Hauts de Meuse).

A la fin de septembre 1915, une vaste offensive est lancée en Champagne.

"Le 24 septembre 1915, par deux jours de marche forcée, la 3e Division d’Infanterie se porte à Perthes dans la Marne. Engagés dès leur arrivée, les groupes du 17e RA prennent position devant la butte et le village de Tahure, qui fûrent enlevés le 6 octobre.
Dès la mise en batterie et pendant tout le mois d’octobre, un bombardement intense, souvent par obus à gaz, creusa des vides quotidiens. Plusieurs des meilleurs officiers payèrent de leur vie ce succès partiel. Le Capitaine Lallemand, commandant la 8è batterie,(est) tué à son poste de commandement. »
(Extrait de l’historique du 17è RAC)
Le Capitaine Lallemand est mortellement atteint par un obus aveugle à son poste d’observation habituel du Bois du Paon, en direction de la butte de Tahure alors reprise par l’ennemi, à Perthes les Hurlus, le 15 octobre 1915.

Dernière de ses 5 citations :

« Officier d’une activité et d’une valeur exceptionnelles, ayant commandé brillamment sa batterie depuis le début de la campagne et rendu les plus grands services au corps d’armée. Plusieurs fois cité à l’Ordre de l’Armée pour sa grande bravoure. Tué à un observatoire très exposé alors qu’il réglait le tir de ses pièces, le 15 octobre 1915. »

"En observation dans la tranchée. Capitaine Lallemand et Carré"

"Le capitaine Lallemand en observation dans la tranchée de Sonvaux" (les Eparges)


Extrait du Tableau d'Honneur de l'Illustration 14-18

(Avec l’aimable autorisation de MM. François, Philippe et Yves Toffin, petits-fils de Constant Lallemand. Nous remercions M. Yves Toffin pour son don)

 

 

Combats de Tahure d' Octobre 1917 à Mars 1918

Lieutenant-Colonel Louis de VERDELON

Marcolès, CANTAL

Chef d'Escouade au 49e Régiment d'Infanterie (RI)

Né le 7 janvier 1868, fils de Georges de Verdelon (notaire et Maire) et Marie Cécile Perrin ; classe 1898, matricule 1308.

1,68 m ; cheveux bruns, yeux bleus

Marié le 12/06/1895 à Marguerite Blot

Engagé volontaire pour 3 ans à la Mairie d' Aurillac, incorporé au 9e Hussards le 14/10/1889

Saint-Cyr Promotion 1890-1892 de Cronstad

Promu Sous-Lieutenant en 1892, puis Lieutenant en 1894 au 13e Chasseurs

Passé au 10e Chasseurs en 1895 ; Capitaine adjoint au Colonel le 01/07/1913

Promu Chef d'Escadron le 03/09/1915, affecté au 10e Hussards le 09/09/1915

Chevalier de la Légion d'Honneur le 16/01/1915

Croix de Guerre, 2 étoiles

Affecté au 49e RI comme adjoint au Chef de Corps le 21/03/1916

Citations :

- "chef d'escadron adjoint au chef de corps. Au front depuis le début de la campagne. a participé à de nombreuses affaires. s'est toujours fait remarquer par sa belle attitude au feu en particulier le 25 mai 1916 en dirigeant sous un violent bombardement l'aménagement de la zone de 1ère ligne".

- "a fait oeuvre de chef en menant avec brio et audace l'avant-garde d'une division de cavalerie du 16 au 19 Octobre 1918 (à Tahure). a saisi avec une grande décision le premier indice de repli d'un ennemi fortement organisé pour lancer ses troupes en avant. accueilli par des feux croisés de mitrailleuses et un violent tir d'interdiction d'obus explosifs. a su habilement conserver le terrain conquis en évitant des pertes inutiles".

TAHURE de Janvier à Mars 1918 :

Groupe d'officiers, mon arrière grand-père Louis de Verdelon est dans l'abri tenant une canne.

"Hiver 1918

Poste de Commandement du Colonel de France commandant le 49e RI 36e Division du 18e Corps au point dit "Les Perdreaux en Champagne" 2 Mil ouest de la Main de Massiges, 3 ou 4 km nord de Perthes les Hurlus.

De droite à gauche : Aumonier Blazy, Commandant de Verdelon, Capitaine Mocquillon, Colonel de France, Lieutenant x, Lieutenant y, Médecin major (assis) Lieutenant z, Lieutenant"

Emplacement du PC des Perdreaux juste en dessous du Bois des Perdreaux

Passé au 12e Dragons le 13/06/1918

Officier de la Légion d'Honneur le 28/09/1924

"La terrible ironie de l'existence de mon arrière grand-père est qu'il ait réussi a survivre à toute la première guerre mondiale alors que ses deux fils, tous deux Saint Cyriens comme lui sont morts pendant la seconde à savoir Capitaine Marc de Verdelon (né le 25 mars 1904) mort au champ d'honneur le 12 mai 1940 à Rochefort (Belgique) et Capitaine Paul de Verdelon (né le 7 janvier 1902) mort pour la France le 16 septembre 1942 à Thiès au Sénégal de la fièvre bilieuse hématurique en tant que commandant d’un escadron motos et side-cars de 12ème G.A.C.A. (Groupe Autonome du 1er régiment de Chasseurs d’Afrique). Ce dernier était mon grand père maternel".

Louis de Verdelon est décédé le 20 décembre 1951 , à l’âge de 83 ans


(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Ghyslain Brochant de Villiers, son arrière petit-fils)

 

 

DISPARU MPLF à Mesnil-les-Hurlus le 03/03/1915

René WYCKHUYSE, 21 ans

Roubaix, NORD

Né le 29/04/1893, fils d'Adolphe et de Jeannette Grosmau ; classe 1913, matricule 7611 au recrutement de Lille.

Profession : monteur

1,65 m , cheveux châtains, yeux marron clair

Incorporé le 21/08/1914 au 43e RI, passé au 9e BCP le 18/12/1914.

René est porté disparu le 01/03/1915 à Mesnil-les-Hurlus.

La date du 3 mars qui fixe sa mort, prend en compte le déroulé d'attaque et contre-ordre suivants :


- le 1er mars  le Bataillon vient occuper le Ravin du Marson en vue d'une offensive générale dans la direction côte 196 - Tahure.  Pertes : 3 tués et 17 blessés.
- le 2 mars le Bataillon reçoit l'ordre d'attaquer droit devant lui. L'attaque débouche à 14h, après un bombardement, malheureusement le tir d'artillerie est trop long, n'a pas détruit les tranchées de 1ere lignes allemandes.
La 1ere vague est presque en entier anéantie, la 2eme se porte en avant néanmoins avec beaucoup moins d'entrain et quelques officiers et chasseurs parviennent jusque devant les tranchées ennemies mais ne peuvent s'y maintenir, l'ordre est donné de reprendre l'opération après une nouvelle préparation de l'artillerie à 18h. L'opération reprend à 20h par les compagnies non encore engagées, mais la nuit, par pleine lune, étant très claire, ce nouvel assaut est arrêté.  Pertes : 81 tués, 188 blessés et 138 disparus. 

- le 3 mars nouvel ordre d'attaque qui va se trouvée contremandée, sauf que cet ordre ne parvient pas à toutes les compagnies ; pertes : 19 tués et 18 blessés.

(Extraits du JMO du 9e BCP)

(Avec l'aimable autorisation de Frédéric-André Wyckhuyse)

 

 

195 PLAQUES RESTITUEES !

(Merci encore à Annie Mandrin et Robert Beaufrère, nos deux bénévoles sans lesquels beaucoup de ces recherches n'auraient pu aboutir !)

 

 

"Les soldats victorieux et las rentreront chez eux.

Mais vous, vous ne rentrerez jamais."

(Roland Dorgelès,les croix de bois, 1919)

 

 

Des familles toujours plus nombreuses entreprennent ce bien émouvant voyage de mémoire. Aujourd'hui encore, cette mémoire reste vive, parfois douloureuse en l'absence de lieu de sépulture : pour ces familles de disparus, combien de deuils impossibles laissés en héritage, transmis de génération en génération?

Nous dédions cet espace aux familles qui souhaitent continuer de faire vivre la mémoire de leur proche : ultime hommage à ces hommes qui s'en furent sur le chemin parfois sans retour qui montait vers l'Histoire.

Un soldat sur trois des classes 14 et 15 n’est jamais rentré !

"C'est toute une génération qui est "montée en ligne" comme à l'autel du sacrifice.

"Là-haut". (Michel De Jaeghere, le Figaro 2006)

Merci de nous aider à sauvegarder cette inestimable mémoire en nous adressant vos documents par mail ou par courrier (coordonnées dans Association et Adhésion).

 

 

Grièvement blessé à Maison de Champagne le 02/06/1916

Jules LEJOLLIOT

Aignerville, CALVADOS

317e RI, 15e Cie

Né le 22/05/1896, fils de ; classe 1916, matricule 861 au recrutement de Caen.

Incorporé au 39e RI à compter du 13/04/1915 puis affecté au 74e RI

Passé au 317e RI le 16/04/1916 qui combat à Maison de Champagne d' Avril à Juillet 1916.

Blessé à la jambe droite par éclats de grenade le 02/06/1916 à MDC (secteur de Massiges)

les pertes du 317e RI pour cette seule journée sont de : 25 tués, 112 blessés et 129 disparus...

Evacué sur Ambulance 8/4 secteur postal 71 puis vers l'hôpital temporaire le 24/06/1916.

En traitement dans les hôpitaux jusqu'au 15/12/1917 où Jules Lejolliot est renvoyé dans ses foyers.

Citation : "Très bon soldat dévoué. A fait preuve de la plus belle inrépidité pendant le combat du 2 juin au cours duquel il a été très gravement blessé. Amputé de la jambe droite."

Médaille militaire, Croix de guerre avec palme

Chevalier de la Légion d'Honneur

Pension d'invalidité 85%

Décédé en 1971

(Avec l'aimable autorisation de Murielle et Jean-Michel Delanoé, ses petits-enfants)

 


 

Mort Pour La France à Massiges le 25/09/1915

Ferdinand GUERS

Montpellier, HERAULT

24e RIC, 10e Cie, 3ème escouade

 

 

Né le 11/06/1880, fils de Adrien et de Pauline Paussel ; classe 1900, matricule 2094 au recrutement de Montpellier.

Profession : tailleur d'habits

Exempté en 1901 pour raison médicale

Rappelé en service armé au 24e RIC le 25/02/1915

Tué à l'ennemi le 25/09/1915

Sa veuve correspond avec le soldat Guiberteau, son compagnon d'infortune, pour obtenir des renseignements sur les circonstances de sa mort. Il lui répond le 28/09/1915 :

Madame,

Excusez-moi de répondre avec autant de retard à votre lettre. Il m'a été impossible de le faire plus tôt, car notre malheureux régiment a été encore une fois mêlé au début de ce mois, à de sanglantes opérations toujours dans le même secteur. Voyez les communiqués du 1er au 10 septembre, région de Massiges, côte 199, etc...Nous avons eu de nouveau des pertes cruelles qui ont encore éclaircis nos rangs. Après cette bataille, nous avons été mis au repos à l'arrière et nous voici, pour quelque temps du moins, à l'abri du danger. Mais on va réformer le régiment, et le rôle de la Coloniale dans cette guerre ne semble pas être joué en entier.

Je crois vous avoir dit que je ne me trouvais pas avec pauvre Fernand au moment de l'attaque : j'avais été séparé de son escouade pour assurer la liaison de la Cie avec le chef de bataillon. Il a été frappé à la tête, paraît-il, au moment ou, pour se porter plus en avant, il franchissait avec sa section le parapet d'une tranchée ennemie. Il dut être tué sur le coup, car il retomba dans la tranchée pour ne plus se relever. Selon toute vraisemblance, il aura été atteint par une balle de mitrailleuse.

Quant à l'endroit ou il a été enterré, je n'ai pu le savoir mais il est probable qu'il a une tombe à part, avec son nom, dans un des cimetières avoisinant le champ de bataille, soit au pied du médius de la main de massiges, soit près du pont de Minaucourt. Je cous conseillerai d'écrire à m le médecin-chef du 24e Colonial qui, selon moi, pourrait vous donner des renseignements précis à cet égard. S'il ne le pouvait pas, lui du moins vous indiquerait à qui vous pourriez vous adresser à coup sûr. (...) (Guiberteau)

Ils continueront tout au long de la guerre, à correspondre.

Sans nouvelles du soldat depuis le 9 juillet 1916, Mme Guers écrit au Commandant le 25/07/1916 qui l'informe en retour de la blessure et de l'évacuation du soldat Guiberteau.

Blessé le 1er Juillet 1916 à Dompierre (Somme) et évacué le 6 du même mois.

Guiberteau rentrera.

(Avec l'aimable autorisation de Mme Maryse Berger, sa petite-fille)