(Cliquer sur le régiment correspondant ou voir ci-dessous les derniers soldats entrés dans la Mémoire)

(Jean Cathebras au 342e RI)

 

NEW ! Pages complètes des nouveaux entrants désormais en ligne ci-dessous.

Un immense merci aux familles grâce auxquelles Massiges retrouve sa Mémoire ; à Annie Mandrin, Robert Beaufrère et à son petit-fils Adrian, sans lesquels beaucoup de ces recherches n'auraient pu aboutir !

 

Ajouts de Juin 2017 :

Combats de PERTHES-LES-HURLUS et MASSIGES en 1915 et 1916

Clotaire MONCEAU, MPLF le 31/07/1917 à 29 ans

Givraines, LOIRET

101e RI, 2e Cie des mitrailleuses

Né le 18/08/1887, fils de Jules Monceau (cultivateur) et de Louise Rousseau ; une soeur

Classe 1907, matricule 1463 au recrutement de Dreux

ENGAGE VOLONTAIRE pour 3 ans le 14/09/1906 au 131e RI

Profession : instituteur comme son épouse à Voves (Eure et Loir)

Marié à Marthe Leroy le 30/08/1910 à Pithiviers ; 2 enfants, Jean né en 1912 et René

Rappelé au 101e RI le 02/08/1914

"Je me suis déjà fait quelques amis - un instituteur en Marne -région de Reims - un avocat - le frère d'un de mes élèves de Dreux - Hamelin - un de Garney"

"Tout soldat doit manier l'outil aussi bien que le fusil" (Joffre)

Evacué pour maladie le 06/11/1914, rentré au dépot le 01/03/1915, il rejoint son régiment engagé depuis le 28/02/1915 dans le secteur de Suippes.

Le 17/03/1915, le Régiment se met en marche pour Perthes-les-Hurlus.

Le 18/03/1915, l'Artillerie ennemie tire sans cesse sur les tranchées et le village de Perthes. Fusillade assez vive pendant toute la journée.

"Perthes, c'est ce que j'ai vu de mieux, depuis Champien, comme dévastation." (Colonel Lebaud)

Le 19/03/1915, il y a une grande activité allemande. Leurs positions sont fortement organisées et occupées. Un canon de 77 est repéré dans le Bois Triangulaire. L' Artillerie française tire trop court et blesse ou tue des Hommes dans les tranchées françaises. L' Artillerie ennemie concentre son tir sur les tranchées qui sont proches de la route de Tahure. (JMO du 101e RI)

Clotaire Monceau et sa marraine de guerre

"7983 hommes de troupe (101e RI) ont figuré dans nos rangs, il en reste 2902, à l'heure actuelle ; ce qui donne un chiffre de 5081 disparus, tués, blessés, évacués pour maladie, prisonniers." (Colonel Lebaud, le 31/03/1915)

Le 12/05/1915 : le Colonel Lebaud mentionne : "qu'il devient courant de faire passer, dans l'infanterie, par mesure disciplinaire, tous les mauvais soldats des autres Armes. Est-ce un Honneur ou une disgrâce de servir dans l'Armée la plus exposée?"

Le 15/05/1915 : Trêve pour laisser enterrer les Morts français car une trentaine de cadavres pourrissaient depuis le 21/10/1914 ; échange de journaux, également.

Le 21/05/1915, l'ennemi a commencé à faire usage de balles perforantes dont la partie centrale est en acier et la partie externe en maillechort.

Le 02/06/1915, un Allemand a lancé un paquet contenant la gazette des Ardennes n°14

Clotaire Monceau passe Caporal le 24/06/1915

Détaché au centre d'élèves aspirants de Saint Maixent, le 25/08/1915, repart aux Armées le 01/01/1916.

Passé Sergent le 20/12/1915

Le 07/01/1916, le 101e RI vient occuper le secteur de Massiges et la Main de Massiges (Cratère, Médius, Côte 188, Verrue).

En photos, une mitrailleuse Hotchkiss et une mitrailleuse St Etienne (" Attention les boches débouchent du boqueteau et dévalent les pentes du Mont A...En souvenir d'une attaque mémorable et glorieuse")

"Souvenir de la Campagne 1914-1915-1916, le lendemain du bombardement du 10 janvier. Pour ma petite femme et pour mes deux chers petits". Clotaire Monceau en 1917, décoré de sa croix de guerre.

Du 05/02 au 02/04/1916, l'Artillerie allemande et française sont très actives. Tirs de réglage (Mont Têtu, Oreille, Massiges) ; vifs combats à la grenade le 14 mars. Lors d'accalmie, des travaux divers du secteur sont effectués, construction de quelques éléments de tranchées pour améliorer la liaison entre la Verrue et l'Index.

Du 08/04 au 26/04/1916, le 101e RI va occuper le secteur de Ville-Sur-Tourbe. L'ennemi tire sur la route de Berzieux entre Ville-sur-Tourbe et le Mont Rémoy, sur le Calvaire et le Balcon.

"Aux Armées 13/04/1916. L''Etat Major se rendant compte de l'alimentation de la troupe" (cantonnement à Berzieux)

Du 15/05/1916 eu 15/06/1916, le 101e RI participe à la Bataille de Verdun

Citation du 26/06/1916 : "Très bon chef de section : s'est acquitté de ses fonctions avec beaucoup de courage et d'énergie ; a conduit ses hommes en renfort sous un violent bombardement et a contribué ainsi à repousser de violentes attaques ennemies." (à Verdun)

Médaille de Verdun

Retour en Champagne dès le 15/06/1916

Le 04/07/1916, le Régiment vient occuper le Sous-secteur de Massiges (Arbre aux Vaches et Pruneau).

"Aux Armées 9 juillet 1916" et "Souvenir du 14 juillet 1916. Section Girard. 2e Cie des Mitrailleuses" (Clotaire cantonne à Maffrécourt)

Du 5 au 23 juillet 1916, journées calmes, échanges de grenades, tirs de concentration française, quelques obus de 150 et de minenwerfers venant de l'Entonnoir de l'Ouest ? Le 21 juillet, l'aviation allemande est active dans les secteur.

Du 16/08/1916 au 25/09/1916, le 101e RI s'installe aux emplacements prévus (Noyer, Tombes, Valet, demi-lune, Fer de Lance, Verrue) et répare les tranchées et boyaux.

Journaux calmes, entretien du secteur, grenades, tirs de 58 et ripostes par Minenwerfers, bombes à ailettes, tirs intenses sur les batteries de la vallée de la Tourbe ; coups de canons, tirs de Minenwerfers, riposte de 58 et de 75.

Citation du 22/06/1917 : " Excellent Sous-Officier mitrailleur ; a été cité pour sa belle conduite à Verdun le 27 mai 1917 dans des circonstances difficiles, a montré beaucoup de courage et de sang-froid facilitant ainsi la tâche du Chef de Section. N'a échappé que grâce à son courage et à sa volonté."

Croix de Guerre avec deux étoiles de bronze

Promu Adjudant le 08/07/1917

Le 31/07/1917, secteur du Mont Cornillet à Villers Marmery : "pendant la nuit du 30 au 31 juillet vers 23h, un fort coup de main est tenté par les Allemands , repoussé victorieusement par les 5e et 7e Cies. Nous avons 10 tués, 29 blessés et 2 disparus". Parmi les 10 victimes, figure Clotaire Monceau tué aux avants-postes de sa section avec plusieurs de ses hommes.

Citation du 17/08/1917 : "Excellent Sous-Officier Mitrailleur, déjà cité deux fois pour sa conduite à Verdun en 1916 et dans les affaires des 27 et 28 mai 1917. Lors du coup de main ennemi du 31 juillet 1917, l'ennemi ayant déclenché subitement un bombardement très violent de minenwerfers et d'artillerie, s'est porté le premier aux positions de tir de sa section, avant même que le barrage ait été demandé par les premières lignes ; a été tué auprès de ses pièces avec plusieurs hommes de sa section, au bout de quelques minutes de tir."

Tombe provisoire de Clotaire Monceau à Wez (Champagne) et le grain de la moisson

Fin 1920, l'Etat autorise enfin les familles qui le souhaitent à rapatrier le corps de leur soldat. 30% d'entre elles choisissent de le faire. Clotaire Monceau est ré-inhumé dans le cimetière de son village natal, à Givraines.

"Fantassin, tu as défendu chaque pouce de terre, au sacrifice de ta vie pour "tes deux chers petits" et pour l'Alsace et la Lorraine. Nous n'avons jamais oublié. En effet, ton souvenir a toujours été présent , lorsque ton épouse, Marthe, terminait chaque repas par "encore un que les Prussiens n'auront pas". C'était sa façon , à elle de te faire vivre à notre table, parmi nous, au quotidien, elle qui fut bercée dans son enfance, par les souvenirs de la Guerre de 1870, racontée par ses parents, elle qui connut la Grande Guerre et ton départ, elle qui vit partir, lors de la 2e Guerre Mondiale, ses deux fils Jean et René, Pupilles de la Nation. Et puis, heureusement, est venue la Réconciliation avec l'Allemagne, pour la Paix de l'Europe. Les habitants de Givraines, où tu es né, ne t'oublient pas. Ils honorent ta Mémoire et celle des 17 autres enfants du pays, chaque 11 Novembre". (Mme Claudine Monceau, petite-fille de Clotaire, et fille de Jean)

(Avec son aimable autorisation. Mme Monceau a réalisé un exceptionnel travail de mémoire. Elle s'est rendue à Massiges avec son époux en 2017)

"Les Peuples cessent de vivre quand ils cessent de se souvenir" (Maréchal Foch)

 

 

Combats de MASSIGES de Juillet à Décembre 1915

Jean Henri BULIT

Nérac, LOT ET GARONNE

Lieutenant au 134e RIT

Né le 11/11/1878, fils de Jean Louis Bulit et Joséphine Marie Besse de Laromiguière ; classe 1898, matricule 1141 au recrutement de Foix.

Profession : Juge de paix

1,70 m ; cheveux et yeux châtains

ENGAGE VOLONTAIRE au 59e RI pour 3 ans le 15/03/1897 à Pamiers (Ariège).

Nommé Caporal le 04/01/1898 puis Sergent le 16/04/1899

Rengagé pour 2 ans le 02/01/1900

Passé dans l'armée territoriale au 134e RIT le 01/10/1910

 

Rappelé à l'activité au 134e RIT le 04/08/1914, nommé Sergent Major le 10/08/1914

Promu Sous-Lieutenant Chef de Section le 18/11/1914, il quitte le dépot pour le front.

Le 03/02/1915, Henri Bulit occupe les fonctions d'Officier d'approvisionnement.

"Officier d'approvisionnement intelligent, actif, a toujours assuré son service d'une façon parfaite, même dans les circonstances les plus difficiles."

Présent en Champagne dans le secteur de Massiges de Juillet à Décembre 1915, son régiment est chargé du ravitaillement en vivres et munitions des 1ères lignes ; du transport de munitions, de blessés et de prisonniers ; de travaux de nuit de réfection et de nettoyage des tranchées et boyaux de 1ères lignes.

Engagé dans la terrible Offensive de Septembre 1915, il effectue des "travaux spéciaux" aux Ouvrages Pruneau, du Calvaire, de la Place d'Armes, Tranchée de Lissa, Côte 191, Virginy, puis aux Ouvrages Raudot et Posth jusqu'en Décembre.

 

Le 25/09/1915 : chargés de leur ravitaillement, le 1er Bataillon occupe le secteur de la 3e Brigade Coloniale (3e et 7e RIC) à l'Ouvrage Pruneau, et le 2e Bataillon le secteur de la 5e Brigade (21e et 23e RIC) à Massiges.

Mêmes emplacements, mêmes missions jusqu'au 16/10/1915

Durant ce séjour en Champagne, le 134e RI a perdu 150 hommes.

Ordre particulier du 11/10/1915 : Le Général Commandant la 3e Division adresse ses félicitations au 134e Territorial qui pendant toute la durée des attaques n' a cessé de donner aux troupes engagées un concours dévoué que les Commandants de secteurs ont été unanimes à reconnaître.

Grâce à la bonne volonté des cadres et des hommes du 134e Tl, leur mépris du danger, et les vivres qui leur étaient nécessaires, les troupes d'attaque ont pu continuer à progresser.

Le 134e Territorial a contribué ainsi au succès de la Division et a mérité les remerciements que le Général de Division est heureux de lui adresser.

Le Général Goullet (JMO du 134e RIT)

Le 25/10/1915 : La 8e Cie a été placée à l'Ouvrage Guerrier pendant l'attaque des tranchées faite par le 21e RIC avec mission de tenir coûte que coûte en cas d'insuccès.

Travaux spéciaux au Sud de la Côte 191 et dans le Ravin de l'Annulaire.

Transport de matériel en 1ère ligne de 18h à 2h30.

26 et 27/10/1915 : nombreuses corvées de grenades en 1ère ligne. Occupation des ouvrages Posth et Raudot. Côte 191

28/10/1915 : en plus des corvées de ravitaillement, exécution de travaux d'approfondissement du K à la tranchée de 1ère ligne. Travaux spéciaux exécutés avec le Génie à la Côte 191. Travaux de nettoyage des boyaux conduisant à la 1ère ligne.

De 19h00 à 02h30, corvée pour la transport de matériel, vivres et munitions en 1ère ligne.

Les jours qui suivent, mêmes emplacements, mêmes missions

Le 03/11/1915 :

Le 04/11/1915 : le travail pour la 6e Cie devient de plus en plus dangereux en raison des violents bombardements qui ont lieu.

Le 06/11/1915 : une Cie à disposition du 21e RIC ; les 12 et 13/11/1915, des hommes du 134e RIT passent au 3e, 7e, 21e et 23e RIC comme conducteurs.

Le 14/11/1915 : occupation de l'Ouvrage de la Place d'Armes de Massiges, secteur Ouest ; Ouvrage A, secteur Est.

Mêmes emplacements, mêmes missions jusqu'en Décembre 1915

Henri Bulit est évacué pour maladie le 25/05/1916 ; rentré au corps le 28/08/1916

Avec son régiment, il participe aux campagnes de la Somme en 1916 (travaux pour la préparation de l'Offensive de Juillet puis ravitaillement des troupes durant l'attaque = 160 hommes hors de combat) ; à la poursuite des Allemands vers St Quentin en 1917 puis dans l'Aisne la même année.

Citation du 18/05/1917 :

"Excellent Officier au front depuis les débuts, a assuré le ravitaillement sous de violents bombardements en Champagne et sur la Somme et s'est particulièrement dévoué au cours des affaires récentes."

Croix de Guerre, une étoile

Promu Sous-Lieutenant de Territoriale le 30/07/1916 puis Lieutenant le 14/10/1917

(JMO du 134e RIT)

Passé au 2ème Bataillon du 121e RIT le 01/11/1917 en tant que Major de cantonnement à Morienval suite à la dissolution du 134e RIT.

Médaille commémorative française de la Grande Guerre, Médaille Interalliée de la Victoire

Démobilisé le 30/03/1919

Marié le 10/05/1922 à Jeanne Lescure, ils résident à Montauban où Henri Bulit exerce comme Juge de paix.

Chevalier de la Légion d'Honneur le 13/07/1934

Affaibli par ces 4 années de guerre, Henri BULIT décède en 1939.

Son frère Georges - né le 21/02/1888 - était lui aussi promis à une brillante carrière : médecin Major au Maroc depuis le 24/01/1914, il est en campagne contre l'Allemagne au Maroc du 02/08/1914 au 07/12/1915.

Georges Bulit - Campagne au Maroc

Du 08/12/1915 au 29/11/1916, il est affecté en France à l'Ambulance 8/13 et détaché à l' Artillerie de la Division marocaine comme médecin Chef.

Citation du 26/09/1916 : "Sous un bombardement incessant et parfois très violent a organisé dans une position avancée un poste de secours. A constamment fait preuve d'un grand courage et d'un dévouement remarquables en soignant nuit et jour de nombreux blessés de toutes aemés, n'hésitant pas à se porter aux endroits les plus dangereux".

Le 30/11/1916, il repart en campagne contre l'Allemagne au Maroc, en tant que médecin Chef du Groupe sanitaire mobile.

"Médecin militaire intelligent, actif, plein d'inititive et d'entrain. S'est aussi brillamment conduit au cours d'une récente épidémie de peste (1er semestre 1917) où il s'est prodigué sans compter, qu'au front où il a fait l'admiration de ses camarades par sa belle tenue au feu. Réussit très bien dans l'assistance médicale indigène."

Croix de guerre (étoile), Médaille Coloniale (Maroc), Médaille des épidémies (argent), Ouissam allaouite (officier).

Georges Bulit décède le 07/02/1920 à l'hôpital militaire de Marseilles, des suites d'une maladie contractée en service.

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Georges Bulit, fils de Henri Bulit et neveu de Georges Bulit)

Henri Bulit est aussi l'arrière grand-père paternel du fils de Marie-Sol, bénévole : Théo Bulit.

 

 

Combats du Fortin de BEAUSEJOUR de Décembre 1915 à Avril 1916

Onésime NIBERON

St Laurent, CHARENTE

6e RI, 9e Cie

(Onésime à 35 ans)

Né le 10/06/1883, fils de Pierre et de Eugénie Gabard ; 3 frères également engagés (Pierre Eugène, l'aîné, est décédé en mars 1919 des suites de ses blessures).

Classe 1903, matricule 1199 au recrutement de Saintes.

1,62 m ; cheveux bruns, yeux gris

Réformé en 1904 pour "astigmatisme"

Profession : domestique agricole près de Montguyon avec son épouse et leur fille Yvonne née le 29/09/1909.

Suite à l'hémorragie des premiers mois de guerre, de nombreux hommes réformés sont reclassés en service armé.

Classé service armé le 23/12/1914, arrivé au 6e RI le 22/02/1915, parti au front le 18/06/1915

Onésime a tenu un carnet : voici les extraits qui correspondant à sa présence dans le secteur de Massiges

17/12/1915 : "Nous sommes repartis ausitôt par Somme-Bionne, Somme-Tourbe, St Jean (sur) Tourbe, Laval et Wargemoulin. C'est là que nous avons cantonné le 18 décembre 1915 à 6 H du soir.

Le lendemain 19 décembre à 8 H du soir, nous avons occupé la tranchée de la 1ère ligne. Pour y aller, nous sommes passés par le grand boyau près de Minaucourt, dans l'eau jusqu'aux genoux, pour aller à la butte du Mesnil, en 1ère ligne.

Après 10 jours de 1ère ligne, nous sommes descendus au ravin de Marson, pour y rester quelques jours. Puis nous sommes remontés en 2ème ligne, et c'est là qu'un obus de 105 m'a couvert de terre, mais je n'ai pas été blessé.

Le 5 janvier 1916, nous avons été relevés par le 411e et le 412e, et les 9, 10, 11, 12 janvier 1916, les Boches ont attaqué à la Butte du Mesnil. Nous avons eu 111 hommes hors de combat et deux Cies prisonnières, mais nous, nous étions au repos à Gizaucourt.

Le 14 janvier 1916, nous sommes allés relever le 411e qui avit subi l'attaque du 9 au 12.

Nous sommes passés par Hans, Wargemoulin, Minaucourt. Je suis parti des tranchées de 1ère ligne de Beauséjour, le 20 février.

(Fortin de Beauséjour)

Pour aller au petit dépot, nous sommes passés par Minaucourt, Wargemoulin, Laval, Somme-Bionne, Somme-Tourbe, La Croix-en-Champagne, Auve-complètement détruit, Herpont. C'est là qu'était le petit dépot. (Onésime Nibéron, il quitte le secteur de Beauséjour fin Avril)

 

Evacué blessé le 14/06/1916 région Côte 104 "éraflures dos main par éclat d'obus", revenu au front le 19/07/1916.

"Le 29 décembre 1916 au matin, j'ai été blessé par un obus et le même obus a blessé quatre autres soldats".

Evacué pour blessures aux visage et main, rentré à sa Cie le 28/01/1917.

Blessé le 20/08/1917 (Côte 344, secteur du Poivre) : "séton par éclat d'obus, orifice d'entrée en avant épine illiaque antéro-supérieure", évacué puis rentré à sa Cie le 22/11/1917.

Citation : "Soldat courageux et intrépide. Le 11/09/1918 au soir, la Cie arrêtée sur la route du château de Beauvais par plusieurs mitrailleuses, s'est porté sur le flanc et les a attaquées à plusieurs reprises à la grenade".

Croix de guerre, étoile de bronze, Médaille de Verdun, Médaille Militaire, Croix du combattant, Médaille Commémorative de la Grande Guerre, Médaille Inter-Alliée.

De retour de la guerre, il travaille comme vigneron.

Classé réformé définitif en 1942, pension permanente de 10% pour "légère gêne de la flexion du tronc par adhérences cicatricielles au niveau de la région lombaire droite".

Onésime Nibéron décède en 1970.

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur André Berlureau, petit-fils d'Onésime Nibéron qui lui parlait souvent de la guerre, le soir à la veillée, devant le feu de cheminée. M. Berlureau s'est rendu en famille à Massiges le 19/06/?)

 

 

Combats de Massiges de Septembre 1914 à Décembre 1915

Ibrahim DINAH SALIFOU, fils du dernier roi des Nalous de Guinée

Roi-Numez, GUINEE FRANCAISE

Sous-Lieutenant au 8e RIC

Né le 11/01/1878, fils d'Amadou et de Dame Myani Camara

1,62m ; cheveux noirs, yeux marrons

Profession : représentant de commerce (avant son mariage, vit au 22 rue de Buci à Paris 6)

 

ENGAGE VOLONTAIRE pour la durée de la guerre le 28/12/1914 à la Mairie de Chateauroux (Indre)

Passé au 8e RIC le 28/09/1914

Nommé Capitaine le 10/02/1915

Blessé par balle le 11/04/1915 en Champagne

Nommé Sergent peu après puis Sous-Lieutenant le 27/05/1915

Blessé le 01/10/1915

3 citations

Croix de guerre, 2 palmes, 1 étoile de bronze

Chevalier de la Légion d'honneur

Dinah Salifou décoré de la Légion d'honneur aux Invalides le 20/01/1916

Passé au Bataillon des Tirailleurs sénégalais le 01/02/1917 et ce jusqu'à la fin de la guerre.

Traitements de la Légion d'honneur en 1917 à Bangui

 

Marié à Marguerite Renault, il continue d'exercer à Paris son métier de représentant de commerce.

Décédé le 31/01/1924 à Paris 20e

 

 

Ces extraits des mémoires de Georges Polvé sont tirées d'un cahier édité par la Société Archéologique d'Eure et Loir : "Journal d'un musicien brancardier de Nogent-le-Roi (1914-1918)"

Combats de Massiges du 19/07/1916 au 03/10/1916

Georges POLVE

Nogent-le-Roi, EURE-ET-LOIR

musicien-brancardier au 101e RI

Avec son épouse

Né le 07/05/ 1892, fils d' Eugène et de Eugénie Champagne ; classe 1912, matricule 671 au recrutement de Dreux.

1,68 m ; cheveux châtain foncé, yeux marron foncé, menton saillant à fossettes

Profession : jardinier

Incorporé au 101e RI à compter du 09/10/1913 ; musicien (clarinettiste) le 03/08/1914

Aux Armées le 07/08/1914 ; passé dans la réserve de l'armée active le 01/10/1915

Blessé évacué le 03/06/1916 au Fort de Tavannes "contusions multiples". Rejoint le 10/07/1917

Evacué malade le 25/10/1917. Rejoint le 17/12/1917

Citation : "Brancardier remarquablement courageux et dévoué s'est particulièrement distingué le 15 juillet 1918 au transport avec les blessés d'un P.S avancé (poste de secours) dans des conditions pénibles et sous de violents bombardements ; s'était déjà fait remarquer au coup de main du 13/07/1918".

Croix de Guerre Etoile de bronze

Evacué malade le 12/01/1919 ; évacué intérieur le 02/02/1919


Mercredi 19 juillet. Répétition dans la matinée. Préparatifs de départ le tantôt. Le régiment remonte aux tranchées relever le 124 avec 12 musiciens dont je suis du nombre. Nous partons à 21 h passons à Courtémont et arrivons sans encombre à Virginy où nous trouvons des dortoirs assez bien aménagés. Le secteur est très calme. Il est minuit. Le temps est beau.

Jeudi 20 juillet. Le calme étant complet, je me balade dans le pays qui n’est plus qu’un amas de ruines sur lesquelles de grandes herbes, des fleurs de toutes sortes ont poussé : coquelicots, bleuets, pâquerettes, quelques roses dans ce qui anciennement était des jardins. Ils se confondent l’un dans l’autre et quoi qu’ayant un aspect sauvage, donnent une certaine gaieté à ce qui reste de ce village complètement dévasté. De l’église, il ne reste que quelques murs qui menacent de s’effondrer. La cloche qui, par extraordinaire a été épargnée dans sa chute, sert à avertir une attaque au gaz le cas échéant.

Quelques arbres fruitiers nous fournissent un dessert assorti qui, ajouté aux champignons et au cresson que nous trouvons, améliore sensiblement notre ordinaire. On voit que le secteur est calme depuis longtemps car les boyaux sont en parfait état et ont un coup d’œil pittoresque, étant enguirlandés de chaque côté de liserons et de fleurs des champs. Ce n’est plus le bouleversement de terrain, les arbres arrachés du secteur de Verdun. Dans l’après-midi, nous déchargeons et mettons en place dans une soute à munitions 200 torpilles pendant que trois autres s’occupent du ravitaillement en eau des postes de commandement. En un mot, nous ne sommes pas trop malheureux dans ce secteur.

21 juillet, vendredi. La journée est toujours très calme quoi que n’étant qu’à 2 k des boches. Pas un obus sur Virginy. Dans l’après-midi nous allons chercher deux blessés dans un poste d’écoute. Ravitaillement en eau comme la veille. Samedi 22 juillet. Toujours la vie pas trop malheureuse et le même calme à 2 km seulement des Boches. À la tombée de la nuit, nous partons en corvée pour porter des madriers, des planches et des sacs à terre à une batterie de crapouillots entre notre première et notre seconde ligne de tranchée. Nous partons à 21 h et arrivés au PC il nous est impossible de passer par-dessus la plaine les boyaux avec des madriers de 5 m. Nous attendons donc qu’il fasse plus noir pour couper par la plaine, ce que nous faisons une demi-heure plus tard pour arriver sans encombre à notre but. Quelques fusées éclairantes nous obligent à faire plusieurs plat-ventre. Plusieurs bombes à fusils inondent la nuit de gerbes d’étincelles et c’est tout. Nous retournons à Virginy sans même avoir entendu un coup de canon.

Dimanche 23 juillet. Nous devons être relevés le soir par les autres musiciens restés à Maffrécourt. Le matin, nous allons chercher un blessé au poste Pruneaux (Poste d’accueil des victimes de pruneaux, projectiles destinés aux mortiers) et dans l’après-midi, nous chargeons trois wagons de torpilles qui doivent aller à Ville-sur-Tourbe dans la nuit. Nous sommes relevés à 23 h et nous nous mettons en route pour Maffrécourt où nous arrivons sans encombre à 21 h 30.

Lundi 24 juillet. Journée de repos.

Mardi 25 juillet. Répétition. Le régiment appuie sur la droite et prend le secteur de Ville-sur-Tourbe et par ce fait, tous les musiciens qui sont à Virginy reviennent à Maffrécourt sauf trois qui restent pour le ravitaillement en eau des postes de commandement.

Mercredi 26, jeudi 27, vendredi 28 juillet. Répétition. Maffrécourt.

Samedi 29 juillet. Remise de croix de guerre. Dimanche 30, lundi 31 juillet. Répétition.

Du mardi 1er août au lundi 14 août. Répétition. Mardi 15 août. Répétition, concert. Nous partons à 21 h pour aller cantonner à Dommartin sous Hans. Mercredi 16 août. Journée à Dommartin.

Jeudi 17 août. Nous quittons Dommartin à 18 heures avec les pionniers, passons à Courtémont puis, en vue de Minaucourt et après une marche d’environ 4 heures sous une pluie battante nous arrivons à la « Demi-Lune » gauche de la Main de Massiges. Nous relevons les musiciens du 104. La relève du régiment s’effectue dans de bonnes conditions. Nous sommes logés dans une galerie boisée, creusée sous la colline. Nous sommes donc en sécurité sous 10 à 12 cm de terre qui nous recouvrent. Les couchettes sont installées de chaque côté de la galerie. Un dépôt de matériel amené par un decauville est en face.

Vendredi 18 août. Cinq musiciens vont comme brancardiers au poste de secours de première ligne, deux autres s’occupent du ravitaillement du colonel. Alleaume et moi sommes désignés pour aller au dépôt de matériel, notre travail consiste à charger et décharger les wagonnets, préparer le matériel demandé par les compagnies, et qui est monté par les autres musiciens. Nous rangeons le dépôt…

Samedi 19 août. Nous nous livrons aux mêmes travaux que la veille. Nous sommes relativement tranquilles dans l’accomplissement de notre travail mais les premières lignes sont assez agitées par les minen (projectiles lancés par le Minenwerfer, mortier de tranchée allemand (équivalent français, Crapouillot).

Dimanche 20 août. Même occupation.

Lundi 21 août. Même travail.

Mardi 22 août. Même travail. Un violent bombardement dans la nuit sur nos premières lignes reste sans résultat. Mercredi 23 août. Mêmes occupations. Nous sommes relevés le soir par les musiciens du 124. Nous partons à 22 heures, traversons les ruines de Minaucourt puis celles de Wargemoulin pour arriver au camp Bravard, à 1 km de Hans. Nous cantonnons dans le baraquement de la musique du 124.

Vendredi Jeudi 24 août. Repos. Vendredi 25 et samedi 26 août. Répétition. Dimanche 27 août. Répétition. Concert.

Lundi 28 août. Repos. Mardi 29 et mercredi 30 août. Répétition. Jeudi 31 août. Répétition. Concert.

Vendredi 1er septembre. Préparatifs de départ. Nous quittons le camp à 20 heures, passons de nouveau à Wargermoulin puis Minaucourt et regagnons nos anciens cantonnements à la Demi-Lune.

Samedi 2 septembre. Deux équipes partent l’une au poste de secours du Noyer, l’autre au poste de Laffaut. Je suis employé avec un autre camarade au ravitaillement du colonel. La journée est assez calme mais, dans la soirée, un violent bombardement se déclenche et dure une heure environ. Les tirs des mitrailleuses et la canonnade sont très nourris. Toutes les équipes marchent et ramènent trois morts et plusieurs blessés. Résultat néant.

Dimanche 3 septembre. La journée est calme, plusieurs musiciens creusent des fosses et inhument les morts de la veille. Je suis toujours affecté au ravitaillement du colonel.

Lundi 4 septembre. Mêmes occupations. Journées très calmes. Mardi 5 septembre. Même travail.

Mercredi 6 septembre. Toujours dans les mêmes conditions.

Jeudi 7 septembre. Sommes relevés le lendemain.

Vendredi 8 septembre. Toute la musique est relevée par celle du 124 et part de la Demi-Lune à 21 h. Avec un camarade je vais déménager la cuisine du colonel que nous chargeons sur un Decauville puis nous partons et passons par le chemin de rondins pour raccourcir notre chemin. Quelques marmites éclatent à proximité du chemin mais sans faire de dégâts. Nous rattrapons les autres à la sortie de Minaucourt. Nous cantonnons à Hans où nous arrivons à 1 h du matin.

Samedi 9 septembre. Repos.

Dimanche 10 septembre. Nous changeons de cantonnement et aménageons ce dernier. Du lundi 11 au samedi 16 septembre. Répétition.

Dimanche 17 septembre. Nous quittons Hans à 19 h. Passons à Minaucourt puis à la cote 180 que nous traversons par un boyau qui, au bas de cette cote est construit à ras du sol avec des gabions remplis de terre. Le terrain étant très marécageux, l’eau est à fleur de terre et même inonde les caillebotis. Nous arrivons à l’index de la Main de Massiges. Nous relevons le 124 et cantonnons dans des abris peu solides. Nous passons une nuit tranquille.

Lundi 18 septembre. Il pleut. Alleaume et moi sommes employés à convoyer les Decauville qui desservent les différentes gares ou dépôts de matériel du secteur. Nous partons donc dans l’après-midi à la cote 180 où est le grand dépôt du secteur pour nous mettre au courant de notre travail de la nuit. Nous revenons ensuite, ayant eu les instructions nécessaires, pour souper, et retournons à 18 h au même endroit. La pluie et le vent ne cessent pas. Nous prenons connaissance des wagons destinés au régiment et attendons le départ des trains. Le premier emmène les wagons qui doivent aller au Col des Abeilles, le second, celui du Bois Valet, c’est celui que je convoie. J’arrive au Bois Valet, donne livraison au caporal qui en est chargé et je reviens, complètement traversé, à notre cagna (abri militaire de tranchée) où j’allume du feu en attendant Alleaume qui convoie le train qui va à la Demi-Lune.

Mardi 19 septembre. Nous allumons du feu le matin pour faire sécher nos effets. Le soir, même travail que la veille mais dans de meilleures conditions, le temps étant plus favorable.

Mercredi 20 septembre. La journée est en général agitée. Nous faisons toujours le truc de convoyeur dans de bonnes conditions.

Jeudi 21 septembre. Toujours le même travail nocturne et pas trop rassurés cette fois car les Boches bombardent la voie du Decauville sans résultat mais…

Vendredi 22 septembre. Belle journée calme. La soirée et une partie de la nuit se passent comme d’habitude.

Samedi 23 septembre. Travail habituel dans mon occupation de convoyeur.

Dimanche 24 septembre. La journée se passe plus mouvementée qu’à l’habitude. L’aviation est en particulier très active. Le soir, nous allons dans les conditions habituelles à la cote 180 mais en allant au dépôt de matériel du Pouce, deux marmites éclatent à quelques mètres seulement de moi, ayant entendu le sifflement à l’avance, j’ai eu le temps de me préserver des éclats en faisant un plat ventre dans un des fossés qui bordent la voie de 0 m 60. Le reste de la nuit se passe normalement.

Lundi 25 septembre. La journée est assez calme. Duels intermittents entre avions. Nous nous rendons à la cote 180 pour convoyer nos wagons ce qui est terminé à 21 heures. La musique étant partie à notre retour, nous nous mettons en route et trouvons, à l’entrée de Minaucourt, l’occasion de monter sur une cuisine roulante qui se rend à Hans. Nous arrivons de ce fait en même temps que les autres et trouvons notre ancien cantonnement.

Mardi 26 septembre. Matinée de repos. Après-midi, concert à Valmy oh !!! Le beau concert !!!

Du mercredi 27 au samedi 30 septembre. Répétition. Dimanche 1er octobre. Remise de décorations. Répétition. Concert. Le soir, nous allons à une réception d’officiers russes à la maison du colonel où nous poirotons 2 heures. Après avoir joué les hymnes nationaux à leur arrivée nous retournons à notre cantonnement où nous rencontrons deux ordonnances qui viennent casser la croûte avec nous. L’un est de Kiev (Ukraine), l’autre d’Arkangelsk (port du nord de la Russie - Georges Polvé est informé de la présence de deux brigades russes sur le front de Champagne). Avec quelques paroles de français qu’ils connaissent nous arrivons non sans difficulté à nous comprendre.

Lundi 2 octobre. Répétition. Le soir, nous retournons à un lunch offert aux mêmes officiers et faisons un petit concert.

Mardi 3 octobre. Nous quittons Hans dans la soirée pour aller cantonner à Somme-Bionne.

 

(Avec l'aimable autorisation de la Société Archéologique d'Eure et Loir et sur la recommandation de Jean-Pierre LEGRAND à qui nous adressons également tous nos remerciements ; petit-fils de Maurice Legrand, soldat au 23e RIC, il est l' auteur du livre consacré à son grand-père "Votre fils qui vous aime" et édité par la même société)

 

 

DISPARU à Massiges le 02/02/1915, prisonnier à Darmstadt

Fernand BLAISE

Essarts le Roi, SEINE ET OISE

Soldat de 1ère classe du 23e RIC, 3e Bataillon, 11e Cie

En 1922

Né le 07/09/1881, fils de Blaise François (marchand de vin puis journalier) et de Marie Léonard ; classe 1901, matricule 3456.

1,69m ; cheveux et yeux châtains

Incorporé au 94e RI en 1902, soldat de 1ère classe le 04/11/1904

A épousé le 21/04/1906 aux Essarts le Roi, Georgette Lamontagne : 2 enfants naissent de cette union, Maurice et Paulette.

Rappelé à l'activité le 01/08/1914, passé au 21e RIC puis au 23e RIC le 03/09/1914

Parti aux Armées le 05/10/1914

D'Octobre à Décembre 1914, son régiment alterne avec le 23e RIC, des périodes de 4 jours d' occupation du Bois d'Hauzy (secteur de Massiges), et de cantonnement à Dommartin-sous-Hans.


"19/10/1914 : un peloton de la 5e Cie, aux ordres du Capitaine Briard, quitte la tranchée à 1h30 avec mission d'aller enlever le poste allemand qui occupe la Ferme de Melzicourt.

Le détachement, reçu par deux feux de salves, se jette en avant à la baïonnette mais n'arrive ni a franchir, ni à tourner un mur fortement organisé ; il se replie en conséquence, sur le Bois d'Hauzy où il arrive à sa tranchée vers 5 heures ayant un caporal, Gillet Charles, blessé au côté gauche.
Un détachement de la 11e Cie (Adjudant- Chef Castelli), chargé de couvrir le flanc gauche du détachement de la 5e Cie, détache à cet effet, une patrouille de liaison vers la 5e Cie. Cette patrouille rentre vers 7h30, son Chef le Sergent Marchal signale l'absence du caporal Salat, sans être en mesure de faire connaître si ce gradé a été tué, blessé, ou s'il semble simplement s'être égaré.
Le Régiment relevé dans la nuit par le 21e Colonial rentre vers 20heures au cantonnement de Dommartin-sous-Hans.

Repos au cantonnement de Dommartin-sous-Hans.

23/10/1914 : la matinée est consacrée à l'amélioration des défenses accessoires. Le Bois d'Hauzy est partagé en 3 sous secteurs qui présentent un large front de 3500m environ. Les Unités en ligne sont fortement retranchées et couvertes par des défenses accessoires, réseaux de fil de fer, abattis.

Fabrication de claies au Bois d'Hauzy

Vers 16 heures, un drachenballon s'élève au N. du bois de Ville; un tir d'artillerie allemande est aussitôt déclenché, atteignant les positions de la 9e Compagnie, sans causer de pertes.



L' occupation du Bois Hauzy se poursuit jusqu'au 31/12/1914.

Dans la nuit du 4 au 5 février 1915 : les 2e et 3e bataillons reçoivent l'ordre d'occuper et de résister sur les crêtes au nord de Massiges que l'ennemi, après une violente attaque, a enlevées en partie à l'unité que le régiment vient de relever.

05/02/1915 : après un bombardement inouï, l'ennemi tente une attaque sur les positions défendues par le régiment. Il en est rejeté ; mais le 23e subit de très lourdes pertes ; les cadres, sont mis hors de combat, les unités complètement disloquées s'accrochent au terrain presque entièrement nivelé par le bombardement qui a repris ; pas un pouce de terrain n'est cédé à l'adversaire.

Fernand BLAISE est porté disparu le 5 février 1915 à Massiges dans le secteur du Cratère (Nord de Massiges).

Des journaux publient des annonces, avec ou sans photo, qui permettent aux familles d'avoir des renseignements pour rechercher leurs disparus.

Le comité International de la Croix Rouge, entreprend des recherches :


On le cherchait à Montmédy,il est à Darmstadt...

Camp de Damrstadt

8 millions de soldats de différentes nationalités sont fait prisonniers et répartis dans 320 camps de détention sur le territoire du Reich.

Les soldats inventent de nouveaux concepts pour nommer les conséquences psychologiques : pour les français, c’ est le "cafard" ; pour les britanniques, la " barbed wire disease " ; la "Stacheldrahtkrankheit" pour les allemands (maladie du barbelé).

 Prisonniers français du Camp de Darmstadt

Tri du courrier des français par les allemands dans le camp de Darmstadt.


La censure est totale.

 À partir du 06/11/1914, l’Allemagne est soumise à un blocus économique de la part des pays de l’Entente. La pénurie alimentaire qui touche l’Allemagne dès 1915 frappe également les prisonniers.

La soupe devient le symbole de cette alimentation inconsistante : soupe de haricots, d’avoine, de pruneaux, de betteraves, de morue.

"J'ai vu l’autre jour, dans nos cuisines, des quartiers de viande frigorifiée dont l’odeur et les reflets verdâtres étaient si accusés que nos cuisiniers refusèrent de les faire cuire. Le médecin-chef allemand, appelé comme arbitre, ordonna de les faire tremper dans une solution de permanganate et, le surlendemain, cette viande ainsi désinfectée agrémentait l’ordinaire".


Distribution du repas dans le camp de Darmstadt.


Le pain est remplacé par le "pain KK" (en allemand Kleie und Kartoffeln: son et pommes de terre ou Kriegskartoffelbrot) dont la composition reste trouble: farine de pommes de terre, sciure ou sang de bœuf. La dénutrition devient le quotidien du prisonnier; après la guerre, beaucoup souffrent de graves troubles digestifs et s’habituent difficilement à un nouveau changement de régime alimentaire.

 

En 1915, plus de 600 000 prisonniers sont parqués à l’étroit dans des baraques et des tentes insuffisamment pourvues d’installations sanitaires. Des épidémies se déclarent et plus de 4000 prisonniers périssent.

Fernand est libéré le 05/12/1918, et mis en congé de démobilisation le 25/02/1919, il rejoint alors sa famille à Auffargis. À la mi-janvier 1919, tous les prisonniers français sont rapatriés.

Dès leur retour, les prisonniers furent l'objet d'un préjugé défavorable :
- Interrogatoires sur leurs conditions de capture, - Regard des veuves de guerre, des collègues de travail les suspectant de s'être sauvés par la captivité. - Lors des fêtes de la Victoire à Paris en 1919, il n'y eut pas de place pour les prisonniers de guerre ! N' étant pas considérés comme Anciens combattants, ils n'eurent pas droit, pendant longtemps, aux décorations militaires.

Après cette période difficile, Fernand Blaise reprend ses activités d'entrepreneur en couverture et plomberie."

(Jean-Pierre BLAISE, son neveu, en visite avec son épouse à la Main de Massiges)

Avec son aimable autorisation

 

 

Combats secteur de Massiges de Janvier à Avril 1916

Charles ARSANT

Voves, EURE-ET-LOIR

Caporal au 104e RI

Né le 02/01/1895, fils d'Emile et de Marie Prévosteau ; classe 1915, matricule 643 au recrutement de Chartres.

1,69m ; cheveux noirs, yeux marron foncé

Profession : marchand de volailles

Incorporé au 104e RI à compter du 15/12/1914, nommé soldat de 1ère classe le 09/03/1915

Parti aux Armées le 20/06/1915

(En haut, le plus à gauche, vêtu d'une cape noire?)

Blessé par éclat d'obus au bras gauche et évacué le 21/09/1915 sur Ambulance 7/4 à Mourmelon le Petit.

(A l'hôpital)

Rentré au dépot le 15/12/1915 ; parti aux Armées le 27/01/1916

Son régiment combat dans le secteur de Massiges de Janvier à Avril 1916 (le Cratère, Ravin des Pins, Bois Valet, Maison de Champagne)

Citation : " Très bon soldat. Dévoué et brave sur le front depuis le 20/06/1915. A été blessé le 23/09/1915 (en fait le 21) devant Aubérive s/Suippe. Très belle conduite au cours des opérations devant Verdun de septembre à décembre 1916 et juin à août 1917."

Croix de guerre avec étoiles de bronze

Nommé Caporal le 30/01/1918

Déclaré inapte 1 mois le 18/12/1918 pour "brûlure par gaz et laryngite contractée aux armées le 02/12/1918."

Charles Arsant a ramené ce briquet, magnifique objet d'artisanat de tranchée.

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Philippe Arsant, son petit-fils, en visite à Massiges en Août 2016)

 

Ajouts de Mai 2017 :

BLESSE à TAHURE le 08/10/1915

Isidore CARIOU

Plogastel St Germain, FINISTERE

118e RI, 12e Cie

(Pendant son service au 13e régiment des Cuirassiers)

Né le 05/06/1886, fils de Marc et de Marie Louise Struilliou ; classe 1906, matricule 3310 au recrutement de Nantes.

Profession : cultivateur

1,75m ; cheveux châtain, yeux bruns

Incorporé le 02/10/1907 au 13e Cuirassiers.

Rappelé à l'activité le 03/08/1914 et affecté au 3e régiment de Dragons. Par excès de nombre, affecté au 118e ri, 12e Cie.

Pendant l'Offensive de Champagne, le régiment est engagé dans les combats de Tahure (aujourd'hui village disparu).

A l'approche du 25 septembre, les hommes se préparent : "Chaque homme emporte deux jours de vivres de réserve et un jour de vivres ordinaires......En principe tous les hommes conserveront leur sac qui constitue avec le casque un ensemble protecteur très efficace. Il sera allégé et contiendra seulement...vivres...la toile de tente servant à arrimer les vivres, 2 sacs à terre. Chaque homme portera en outre l'outil au ceinturon, 250 cartouches, un bidon de 2 litres..., le masque, les lunettes, le paquet de pansements, la calotte de campagne dans les poches de la capote, 2 grenades (4 pour les nettoyeurs) ...... Les nettoyeurs de tranchées seront armés de couteaux et de révolvers et seront munis de quelques grenades pour le nettoyage des abris qui seraient encore occupés.... Objets non emportés par les hommes, souliers, ustensiles de cantonnement, chandails ou tricots.
Ce 25 septembre, il pleut et la nuit précédente a été très froide. Au matin, les hommes sont transis.
Après trois jours de bombardement sans interruption des positions allemandes par notre artillerie, Les baïonnettes sont mises au canon.

Cette journée du 25/09/1915 a été pour le 118ème l'une des plus glorieuses. Que d'actions d'éclat individuelles ou collectives n'aurait-on pas à signaler ! Pendant toute l'action notre beau régiment à déployé une énergie, un sang-froid remarquable. Allant droit au but, sus au boche, sur l'objectif assigné, sans se soucier de danger, au mépris de la mort. Il a arraché à l'ennemi, sur une profondeur de plus de 4 kilomètres, tout un système de tranchées et de boyaux fortement organisés. Il a fait plus de 500 prisonniers, pris des canons, des mitrailleuses, des lance-bombes et un matériel considérable d'armes, de munitions, d'équipement, de dépôts de génie. Mais ce beau succès nous a coûté cher et dans la soirée, on se compte." (JMO du 118e RI)

"Tandis que des averses de pluie se succèdent, les journées du 26 et 27/09 se passent sans combats, hormis quelques échanges de tir et surtout d'intenses bombardements allemands sur les positions françaises. Le 28 septembre, il pleut encore. Les troupes se rangent en ordre de bataille dans le but d'attaquer la brosse à dent. La compagnie de mon grand-père reste à sa place. Chacun travaille à améliorer les tranchées autant que le feu ennemi le permette.
Le 29/09 la pluie n'a pratiquement pas cessé de la journée. A 16h l'attaque est déclenchée mais elle échoue, stoppée par le feu allemand. Le 30/09, une nouvelle attaque est préparée. Le 118ème attaquera par l'ouest. La journée est consacrée à la réalisation de boyau permettant d'approcher des ennemis. Les 01 et 02/10, les préparatifs se poursuivent. Dans la nuit, le bataillon de mon grand-père creuse un boyau de communication entre la première et la deuxième ligne d'attaque. Les deux journées suivantes, le bombardement allemand s'intensifie encore provoquant des pertes sérieuses.
Dans la journée du 04/10, l'artillerie française pilonne les positions allemandes de la brosse à dent. La compagnie de mon grand-père est en réserve au bord de la route de Tahure.
Ce lieu de combats très dur, a valu la création d'une chanson par les poilus :

"Te souviens-tu Titinne, des Culbutes,
Tout là-haut, tout là-haut, sur la Butte,
Sur la butte de Tahuré,
Face aux casques pointus
Sous la mitraille et les Obus.
As-tu vu Guillaume ? Guillaume est foutu !
(Philippe COËNT)


"Le 05/10 dans la matinée, le régiment évacue la tranchée pour permettre à notre artillerie de bombarder le bois où sont retranchés les allemands. Celui-ci va durer la journée entière et au soir, le régiment réoccupe la position.

Le 06/10 : grâce au brouillard les 3 Bataillons établissent leurs tranchées à 200 m au Nord de la tranchée de Constantinople.

Dans la nuit, à une heure du matin, quelques hommes sont choisis pour couper les fils de fers protégeant les positions allemandes. Les hommes désignés ne portant rien sur eux qui puisse faire du bruit et tout en restant couché, coupent les fils et font de nombreuses brèches en élevant seulement leurs bras armés de cisailles. A 4 heure du matin, il existait trois grandes brèches permettant le passage de l’attaque.

Les hommes dans un magnifique élan traversent la tranchée de Constantinople, descendent le ravin, prennent à revers les allemands qui se trouvent dans le manche de la brosse et n'écoutant que leur courage dépassent la lisière sud qui leur avait été assignée comme limite. Ils poussent jusque vers 7778 facilitant ainsi dans une très large mesure l'enlèvement par le 19ème de la tranchée nouvelle. On a beaucoup de peine à ramener ces hommes qui avaient été beaucoup trop loin." (JMO du 118e RI)

"Plus tard, mon grand-père dira à ses enfants qu'il ne pourrait raconter ce qu'il avait vécu, tant ces histoires étaient horribles".
(Philippe COËNT)

07/10/1915 : "cette journée est terrible. Le bombardement ne cesse pas. L'ennemi se sert d'obus à gaz asphyxiant. La situation est très dure.

08/10/1915 : Pour les 3 Bataillons, départ à 4h du matin avec mission de s'emparer des extrémités Est de la tranchée de Constantinople et du manche de la Brosse à dents et de s'établir sur la lisière Sud de ce dernier (...) dès 9h du matin toute la Brosse à dents était entre nos mains." (JMO du 118e RI)

Isidore Cariou est blessé par balle explosive : "plaie pénétrante de l'oeil droit."

"C'est ce jour-là, que mon grand-père a été gravement blessé. Son lieutenant voulait faire passer un message et trois estafettes venaient d’être tuées au sortir de la tranchée. Isidore s’est alors porté volontaire pour effectuer la mission. Mais là encore, au sortir de la tranchée, il reçut une balle explosive qui pénétra sous son nez et ressorti par son œil, lui arrachant une partie du visage. Un autre éclat restera planté à vie derrière son crâne, car inopérable, et il en souffrira toute sa vie.
Il entre à l'hôpital le 10/10/1915 et est évacué le 01/11/1915 vers l'hôpital ophtalmologique de Lyon. Le 08/11, il était procédé à l'énucléation de son œil droit."
(Philippe COËNT)

(Billet médical)

Réformé le 28/01/1916, Isidore est renvoyé dans ses foyers le 01/02/1916 avec une pension de guerre de 644 francs.

Citation :

Croix de guerre avec palme et Médaille Militaire


"Corentin Cariou, frère de mon grand-père meurt à l'hôtel Dieu à Paris le 28 octobre des suites des blessures reçues au combat".

(Avec l'aimable autorisation de Philippe COËNT, son petit-fils, en visite à Massiges le 20/05/2017. Il a retranscris tout le parcours de son grand-père, nous contacter)

 

 

DISPARU MPLF à MASSIGES le 21/09/1914

Paul Marie RISTORI, 30 ans

Poggio, CORSE

Adjudant au 8e RIC, 1er Bataillon, 2e Cie, 3e Section

Né le 08/06/1884, fils d'Antoine et de Grâce Marie Perfettini ; classe 1901, matricule 723 au recrutement d'Ajaccio

1,65 m ; cheveux noirs et yeux bleus

ENGAGE VOLONTAIRE incorporé au 8e RIC le 14/08/1902

Soldat de 1ère Classe le 01/09/1903, passé au 13e RIC le 10/08/1905

Campagne de Madagascar du 10/08/1905 au 26/09/1909 (rengagé pour 5 ans en 1907, passé au 6e RIC le 05/09/1909)

Nommé Caporal le 01/10/1910 puis Sergent le 01/04/1912, passé au Régiment du Gabon le 28/05/1912

Campagne d'Afrique (Régiment du Gabon) du 28/05/1912 au 09/09/1913 (rengagé pour 5 ans le 14/08/1912, passé au 8e RIC le 23/04/1913)

Blessé le 21/09/1914 au violent combat de Massiges dans l'assaut de la Côte 199 (Mont Têtu) puis porté disparu.

Nommé Adjudant le 23/09/1914

Des recherches sont engagées par la famille auprès de la Croix Rouge, en vain.

Paul Ristori ne sera officiellement déclaré décédé qu' en 1920, une fois les prisonniers de guerre rapatriés d' Allemagne.

(Avec l'aimable autorisation de Corentin Bernard, son arrière petit-fils)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à VILLE-SUR-TOURBE le 05/10/1915

Léon TOURNEUR 7e RIC, 32 ans

Virson, CHARENTE-INFERIEURE

Le jour de son mariage

Né le 20/11/1882, fils de Gustave Tourneur et Armantine Rambaud ; classe 1902, matricule 1580 au recrutement de La Rochelle.

Cheveux et yeux châtain

Profession : cultivateur

Exempté de service militaire pour "hernie crurale"

A épousé Ophélie le 14/09/1908 : deux enfants sont nés de cette union.

Suite à l'hémorragie des premiers mois de guerre, de nombreux hommes pourtant exemptés ou réformés sont rappelés en service armé.

Classé dans le service armé le 09/12/1914, Léon Tourneur arrive au 7e RIC le 14/02/1915.

L'avis de réforme pour "albuminerie" le 22/04/1915 est annulé.

Parti au front le 05/09/1915 depuis Saint Médard en Jalles en Gironde où il a fait plusieurs mois de préparation militaire.

"Du 23 au 30 septembre, violentes attaques françaises vers Ville-sur-Tourbe et Massiges : enlèvement de la partie Est de la Main de Massiges. Puis organisation et occupation des positions conquises".

Sa dernière carte :

« 23 7bre 1915  Ma chère Ophélie,

Je voulais t’écrire dès ce matin, mais il me fut impossible vu le peu de temps que nous avons de libre. En ce moment nous faisons des tranchées et prochainement nous allons les occuper pour nous habituer. Je reçois tes lettres régulièrement et suis très satisfait de savoir mon beau père en bonne voie de guérison. Je te donnerai d’avantage de détails quand je serai libre; pour le moment nous avons la presse et demain 24, nous passons la journée sur le terrain de manœuvre. Ma santé est bonne et suis heureux de vous savoir bien portant vous aussi.

Votre soldat qui pense souvent, très souvent à sa petite famille vous embrasse bien fort. Léon »

Son ultime combat :

Extraits du JMO du 05/10/1915

Léon Tourneur est probablement l'un de ces 2 hommes tués à Ville-sur-Tourbe le 05/10/1915 lors de la grande Offensive de Champagne.

"Notre grand-mère s’était rendue au cimetière militaire de Ville sur Tourbe en 1919" avec l’intention de faire rapatrier le corps de son époux.

La loi l'interdit mais les familles en deuil sont prêtes à tout...

Le 6 août 1919, elle écrit au dos de cette carte : « Chère maman, Ce matin nous sommes allés au cimetière. Nous avons facilement trouvé la petite croix où est gravée le nom de mon pauvre Léon. Ce soir nous repartons pour Sainte Ménéhoulde. Nous reviendrons demain pour essayer de le faire mettre dans un cercueil mais en cachette. Je ne sais pas si nous pourrons réussir… je t’embrasse bien ainsi que mes deux petits. Je pense qu’ils sont bien sages. Ophélie Tourneur »

L'entreprise échoue...

Il faudra attendre 1921 pour que la douleur des familles soit enfin entendue et pour qu'elles puissent organiser le retour de leur fils ou époux.

"Léon Tourneur a été exhumé par la suite et il a maintenant sa sépulture au Gué d'alleré.

Lors du déménagement de la maison familiale, j’ai trouvé un livre intitulé « De Liège à Verdun – de la Somme au Rhin – la guerre racontée par nos généraux » sur lequel des paragraphes ont été soulignés.

Elle avait probablement cherché à connaitre les circonstances de la mort de son mari.

Veuve à 28 ans avec deux enfants en bas âge, elle a certainement eu du mal à faire son deuil. Je l’ai toujours connue amnésique et nous ne lui posions pas de question concernant son époux. Denise et Rémy, leurs deux enfants, ont été orphelins à 2 ans et 5 ans. Ils n'ont pas pu connaître leur père". (Monsieur Jean-François Torneur son petit-fils)

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Jean-François Tourneur venu en famille à Massiges le 17/05/2017. Ils se sont retrouvés dans l'émotion autour du Calvaire dédié aux Coloniaux)

 

MORT POUR LA FRANCE à VILLE-SUR-TOURBE entre le 25 et le 29/09/1915

Commandant Henri Joseph Claude RAUDOT (d’Orbigny)

Pontaubert, YONNE

Chef de Bataillon du 3e RIC

Officier des Troupes Coloniales. Campagnes du Soudan, Sénégal, Madagascar, Comores, Indochine. Officier de la Légion d’Honneur, croix de guerre avec palmes ; plusieurs citations.

Né le 15/07/1870, fils de Georges Claude et de Suzanne Delacour ; classe 1890, matricule 1226 au recrutement d' Auxerre.

1m55, cheveux chatain-clair, yeux gris-bleus ("magnifiques, paraît-il"), front ordinaire, nez moyen, bouche moyenne, menton rond, visage ovale. "Il porta la barbe à la suite d’une balafre" (François Raudot de Châtenay, son petit-fils)


- Elève de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr (28/10/1891), Sous-lieutenant au 7è rgt d’Infanterie de Marine (01/10/1893).


- Affecté au Régiment de tirailleurs soudanais (en service au Soudan du 20/10/1894 au 03/07/1896, 1 an et 8 mois), nommé Lieutenant de 2è classe (01/10/1895). Il est en garnison à Ségou (actuel Mali).
- Affecté au 2è rgt d’Infanterie de Marine (24/06/1896).
- A la disposition du général en chef commandant à Madagascar, le général Galliéni (26/02/1898). (en service du 10/04/1898 au 12/07/1900, 2 ans et 3 mois). Affecté en mai au Régiment Colonial, 3ème Cie sénégalaise, manque se noyer en regagnant sa première affectation (le port de Benjavily, sur la côte Ouest, déjà relevé) ; finalement occupe le poste isolé de Bekopaka, par Majunga, en pays Ménabé, peuplé de Sakalaves hostiles. Nommé Lieutenant de 1ère classe (01/10/1898). Etat-Major H.C. à Madagascar (15/05/1899), officier de renseignement à Benjavily en juin (sur recommandation du Colonel Serrillon) ; participe à la colonne du Bémahara (30 juillet), mais est victime d’une tendinite (septembre). Nommé fin février 1900 à Ankadibé.
- Affecté au 6è rgt d’Infanterie de Marine (23/06/1900) ; Nommé capitaine le 01/07/1900.
- A la disposition du général en chef à Madagascar (04/12/1901) (en poste à Madagascar, du 25/12/1901 au 25/03/1904, 2 ans et 3 mois). Affecté au 3è rgt de Tirailleurs Sénégalais en janv. 1902, part en mission d’exploration (2500 km) le 25 janvier pour tracer la route de Majunga à Maevatanana, puis nommé en mars Cdt. du cercle d’Analalava (14ème Cie), en poste à Andramosamouta ( ?), en avril-mai, puis à Majunga (septembre).
- Chevalier de l’Etoile d’Anjouan (décis. pdtielle du 31/07/1903) ; - Chevalier de la Légion d’Honneur par décret du 31/05/1904. Ses services aux Comores en 1903 ne sont malheureusement pas connus.
- Affecté au 3e RIC (07/03/1904 au 25/03/1905).
- Désigné pour servir au Tonkin (24/10/1905) ; guerre du Tonkin au 4è Tonkinois (15/11/1905 au 04/02/1908, 2 ans et 2 mois) ; en garnison à la 3ème Cie à Nam Dinh (ville importante à 100 km au S-O d’Hanoï). Vers le 13/01/1906, il attrape la rage ; soigné tardivement, il est sauvé de justesse.
- Affecté au 2e RIC (01/01/1908), puis au 7e RIC (25/05/1908) ; marié le 10/02/1909 à Marie Berthe Genet de Châtenay (fille d'Alexandre, écuyer, conseiller général et député de l'Oise, et de Louise Descantons de Montblanc, baronne d'Ingelmunster), née en 1874, +e Paris (16è) le 01/01/1920. Naissance de Jacques le 31/07/1910.
- Guerre de Cochinchine, affecté au 11e RIC (du 30/11/1910 au 29/04/1913, 2 ans et 5 mois), lieu de garnison ignoré ; nous croyons qu’il fut accompagné par son épouse : pas de correspondance connue.
- puis affecté au 3e RIC (29/03/1913). Naissance de Bernard en décembre 1913.


- Embarqué pour Madagascar avec sa famille, il apprend à Aden la déclaration de guerre avec l’Allemagne, et choisit de retourner en France.
- Guerre Franco-Allemande (2 août 1914) ; promu Chef de bataillon le 23/09/1914, il est cité à l’ordre du 3e RIC le 06/03/1915.

Citations et décorations :

 

La 3e Division de l'Infanterie Coloniale est engagé dans la Grande Offensive de Septembre 1915 : elle dispose de ses deux brigades, la 3e à droite (7e et 3e RIC), la 5e à gauche (21e et 23e RIC). Carte ci-dessous.

Sur le front de la division, la première position allemande était très fortement organisée sur les deux ailes ; à la Briqueterie d'une part, contre la route de Ville sur Tourbe, et sur la côte 191 d'autre part, à l'extrémité sud de la Main de Massiges.

L'ensemble des tranchées était protégé par d'épais réseaux de fils de fer barbelés flanqués par de nombreuses mitrailleuses bien abritées. Les défenseurs, qui représentaient l'élite des troupes du Kronprinz, avaient reçu l'ordre de tenir coûte que coûte.

A la fin de la préparation d'artillerie, le Génie avait fait exploser 24 fourneaux de mine au nord de l'ouvrage Pruneau. En ce début de matin du 25 septembre, la destruction des réseaux ennemis semble plus complète sur le front de la 5e Brigade que sur le front de la 3e (7e et 3e RIC commandé par le Lieutenant Colonel CONDAMY).

Le 24 septembre au soir, le commandant POSTH (1er bataillon) réunit ses compagnies avant la mise en place dans la tranchée de départ. En quelques mots, il dit à ses hommes ce que la Patrie attend d'eux, comment et pourquoi ils vont se battre.

Puis un commandement bref : "Présentez, Armes".

Le commandant porte la main à son casque et, d'une voix haute :

"Je salue ceux d'entre vous qui mourront demain".

Le lendemain matin, le commandant POSTH, une des premières victimes du 3e Colonial, tombait frappé d'une balle au front.

Le 25 septembre à 6 heures, le 2e bataillon (Commandant RAUDOT) occupe la face Nord-Ouest de l'ouvrage Pruneau. Il reçoit comme ordre de tenir les tranchées de l'ouvrage pendant l'attaque. Il formera une troisième vague d'assaut, si besoin est.

Les 1er et 3e bataillons accolés forment les 2 premières vagues. Ils ont pour objectifs, le 1er la Justice, le 3e le petit bois de l'Oreille, au Nord-Est de 191. Ils doivent pousser ensuite, si possible, jusqu'à la Dormoise.

Dès le signal de l'attaque donné à 9h15, les hommes bondissent hors des tranchées.

D'un seul mouvement, les 120 000 hommes des IIe et IVe armées s'arrachent à la boue crayeuse et se retrouvent , presqu'au coude à coude, à découvert, sur ce terrain crevé de trous d'obus qui leur semble subitement inconnu. A perte de vue, les vagues d'assaut de nos fantassins se dirigent vers les tranchées ennemies. Un feu terrible les accueille presque au débouché de la parallèle."

"Les Français attaquaient en trois vagues et, en de nombreux points, en cinq épaisse vagues d'assaut, tous habillés de neuf en uniforme bleu clair et casque d'acier. Les officiers, en tête, parfois l'épée au clair. C'était un travail facile pour nos mitrailleuses et notre artillerie" (Historique du 80e RIR)

"Malgré la destruction très incomplète des réseaux, les vagues d'assaut du 3e RIC prennent pied dans les premières tranchées allemandes au prix de très lourds sacrifices.

Le lieutenant-Colonel CONDAMY sort avec la deuxième vague. Il a avec lui son adjoint, le Capitaine Marec, l'Adjudant Faucher et ses agents de liaison. Il arrive jusqu'à la tranchée ennemie et s'y jette au moment où une violente contre-attaque ennemie débouche sur cette position.

"Donnez moi un fusil" demande le Colonel aux soldats qui l'entourent. On lui en passe un.

Il prend place au parapet et ouvre le feu. Mais à peine a-t-il commencé à tirer qu'il reçoit une balle dans la bouche et tombe inanimé au fond de la tranchée. Le Colonel meurt dans les bras de son officier adjoint tandis que l' adjudant Faucher s'effrondre à son tour, frappé au coeur d'une balle.

Le 1er bataillon est en grande partie fauché par les tirs de mitrailleuses.

La 3ème vague (bataillon RAUDOT) renforce les restes du 1er bataillon ; elle parvient à la première tranchée allemande et s'y maintient au prix de lourds sacrifices. Le chef de bataillon RAUDOT, à son tour, est mortellement blessé.

Vers la gauche, le 3e bataillon est plus heureux ; il enlève une partie de la 2ème tranchée à l'Est de 191 et peut s'y maintenir en assurant la liaison avec le 21e RIC ;

Les Allemands, très en force, contre-attaquent à nouveau sur la droite du 3e RIC et parviennent à réoccuper leur première ligne entre l'ouvrage Pruneau et la route de Cernay".

("Les Coloniaux à l'attaque de la Main de Massiges en Septembre-Octobre 1915", Colonel RIGAL Hubert)

Tombé à la tête de son bataillon le 25/09/1915, Henri RAUDOT reçoit une citation posthume et la Croix de Guerre avec palmes.

Sa malle, restituée à son épouse

Déclaré disparu dans un premier temps, sa veuve confirme le 21/11/1915 son décès au CICR (Croix Rouge). Le 31/12/1915, son décès est fixé définitivement par jugement au 25/09/1915.

(courrier du CIDR)

Selon son vœu, le Commandant Henri Raudot a été inhumé au milieu de ses hommes. Il repose à la Nécropole militaire du Pont de Marson, tombe n° 7737, aux côtés du Commandant POSTH, Chef du 1er Bataillon, fauché au même moment.

"Sa veuve étant morte en 1920, leurs 3 enfants sont recueillis et élevés par leur tante Henriette Genêt de Châtenay, veuve du vicomte Henri de Marcé. Adoptés par jugement du tribunal d’instance d’Avallon, à la majorité de la dernière d’entre eux (avril 1936), ils prennent alors le nom de Raudot Genêt de Chatenay.
Amateur d’armes, Henri Raudot a acquis de belles panoplies sur les marchés du Sénégal et de Madagascar, et ramené des meubles du Tonkin. Auteur d’un Rapport d’Inspection générale sur le Soudan (avril 1895), il a laissé une intéressante correspondance (67 lettres) évoquant la vie coloniale, principalement du Soudan et de Madagascar, enfin du Tonkin. Il a pris également de nombreuses photographies (sur plaques de verre).

La guerre a repris 20 ans après, les deux fils du Commandant Raudot, Officiers de reconnaissance divisionnaire en 1940, se sont battus. Mon père encerclé a été fait prisonnier en combattant, lui et son peloton à court de cartouches. Après une tentative d'évasion, il est resté prisonnier 5 ans.

Son frère a été tué en combattant et criant "ils ne m'auront pas vivant", mais la famille (il n'y avait plus que des femmes) a cru qu'il s'en était sorti et qu'il était en Afrique ou en Angleterre. Sa mort n'a été connue que plus d'un an après." (François Raudot de Châtenay, son petit-fils)

Champ de bataille depuis l'emplacement Nord de l'Ouvrage Pruneau. Au loin, l'Arbre aux Vaches et la côte 191.

(Avec l'aimable autorisation de François - Officier de réserve au 13e Dragon parachutiste - et Jean Raudot de Châtenay qui ont rédigé la biographie de leur grand-père)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915

Gustave BALLOIS, 33 ans

Emancé, SEINE ET OISE

23e RIC

Né le 31/01/1882, fils de Louis Ballois et de Louise Rougeault ; classe 1902, matricule 3627 au recrutement de Versailles.

Profession : journalier

1,49 m ; cheveux châtain clair, yeux verts

Rappelé au 23e RIC le 01/08/1914

Tué à l'ennemi le 25/09/1915 au combat de Massiges. Sa plaque de poignet est restituée à sa veuve.

Primo-inhumé au cimetière N°1de la Place d'Armes à Massiges, ce plan est envoyé à la famille.

Au début des années 20, une loi autorise enfin les familles qui le souhaitent à faire rapatrier le corps de leur fils ou époux. La sienne choisit de le laisser reposer auprès de ses frères d'arme.

En 1923, il est ré-inhumé à la Nécropole militaire du Pont de Marson, tombe n° 3089

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Alain Ballois, son petit-fils en visite à Massiges avec sa femme)

 

 

DISPARU MPLF à BEAUSEJOUR (borne 16) le 17/02/1915

Elie FOURCROY,31 ans

Samer, PAS-DE-CALAIS

1er RI, 1er Bataillon, 2e Cie

Né le 13/12/1883, fils de Louis et de feue Marie Bailliet ; enfant assisté du département ; classe 1903, matricule au recrutement de St Omer.

1,61 m ; cheveux blonds, yeux gris

Profession : ouvrier cimentier

Ajourné pour faiblesse en 1904, bon pour service au 8e RI en 1905

Rappelé à l'activité au 1er RI le 01/08/1914

(Avec ses frères d'arme)

Depuis le 06/01/1915, son régiment est engagé dans les violents combats de Beauséjour.

"La Champagne - Ferme de Beauséjour" (Sa veuve avait fait faire cet agrandissement qu'elle a conservé toute sa vie)

Le 16/02 la 2e Cie arrive à 17h à la Borne 16 (Est de Beauséjour)

Elie Fourcroy disparaît le 17/02/1915, il laisse une veuve et 3 orphelins. Son décès ne sera prononcé qu'en 1921, une fois tous les prisonniers rentrés. Jusque-là sa famille ne percevra aucune aide.

(Avec l'aimable autorisation de M et Mme Jean-Paul et Jocelyne Sautiere, sa petite-fille, de visite à Massiges en Avril 2017)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à Auve suite à la chute de son avion le 02/10/1918

Aimé AESCHBACH, 20 ans

St Etienne sur Chalaronne, AIN

Mécanicien au 2e Groupe d'Aviation, Groupe de combat 21, Escadrille 98

Né le 27/02/1898, fils de Jean Henri Otto Aeschbach et Jeanne Bady ; classe 1918, matricule 185 au recrutement de Bourg-en-Bresse.

Profession : manoeuvre à Lyon, chauffeur auto

La loi du 21/06/1907 fixe la majorité matrimoniale à 21 ans. Contre l'avis de sa famille, Aimé épouse Clotilde Monnery. De cette union naît en Août 1916 une fille.

Incorporé le 17/04/1917 au 171e RI

Classé Service Auxiliaire le 15/05/1917 pour " perte de la vision de l'oeil gauche occlusion pupillaire après irido cydite plastique" ; passé au 36e Régiment d' Artillerie (atelier de chargement de Moulin) le 02/05/1917.

Maintenu Service Auxiliaire apte à faire campagne le 20/09/1917, passé au 2e Groupe d' Aviation le 14/08/1917 à l'Escadrille 85, en subsistance.

Passé de l'Escadrille 85 à la 95 (il conserve son fusil)

(Carnet de comptabilité du 85)

 

Passé le 21/12/1917 à l'Escadrille 98 SPAD (stationnée depuis juillet 1918 à Chailly-en-Brie, 77) qui participe aux opérations de la grande offensive finale, constamment au-dessus des champs de bataille de Picardie et de Champagne.

 

Sa toute dernière permission...

 

Très grièvement blessé le 01/10/1918 suite à la chute de son avion, il meurt des suites de ses blessures reçues en service commandé le lendemain à 01h20 à l' ambulance 9/5 d' Auve (Marne).

(Carnet de comptabilité en Campagne de l'Escadrille 98)

(Billet d'hôpital)

Rejetées par la famille du soldat, sa veuve sera contrainte d' abandonner leur petite fille.

Aimé AESCHBACH est inhumé à la Nécropole Militaire du Pont de Marson, tombe n° 6892

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur François Michel Violland, son petit-fils, venu lui rendre ce magnifique hommage en avril 2017)

 

 

Blessé et fait prisonnier secteur Beauséjour-Maison de Champagne le 25/09/1915

Marcel DUPAS

Chantenay, LOIRE INFERIEURE

Caporal au 146e RI, 2e Bataillon, 5e Cie, 7e Escouade

(En captivité)

Né le 08/08/1894, fils de feu Pierre Jean et de Rose Rabu ; Classe 1914, matricule n° 2411 au recrutement de Nantes.

1,62 m ; cheveux châtain foncé, yeux marrons

Profession : entrepreneur en peinture

Incorporé au 146e RI à compter du 11/09/1914 ; nommé Caporal le 12/12/1914

" 14 bon pour le service"

Marcel Dupas tient un carnet de guerre :

"Parti de Castelnaudary pour le front le 02/02/1915"

"il n'y a pas moyen de dormir tellement il y a de poux, toutes les nuits nous faisons la chasse aux rats et aux souris qui ne veulent pas nous laisser dormir." (21/04/1915)

Evacué le 02/05/1915 pour "courbatures fébriles", Maurice Dupas est hospitalisé à l' hôpital complémentaire n°38 de Deauville jusqu'au 19/05/1915.

En permission : "le 21 j'arrive à Nantes le jour de la mort de mon frère, j'obtient une prolongation de huit jours."

"Le 4 juin, je repart de Nantes pour me rendre au dépot de Castelnaudary et j'y reste jusqu'au 7 août"

"Le 7 août je repart pour la deuxième fois sur le front"

Bivouac dans le bois d'Herpine (Marne) : "nuit bien triste il a tomber de l'eau toute la nuit un froid de loup"

Marcel Dupas (le seul qui ne regarde pas l'objectif) avec son escouade : les soldats Ramage, Dudiot, Le Gall, Mathieu, Boit, Chol, Lespourery, Olivier, Janin et Michon.

 

Le 31/08/1915 : le 2e Bataillon se rend à la borne 16 (route de Massiges à Mesnil) par Wargemoulin

"nous nous trouvons entre Beau-séjour et Massiges" (secteur K)

"Le 1er-2-3- : tranchées de 1ère ligne tournée passable"

Le 2e Bataillon est occupé à creuser des sapes (russes?) à élargir les tranchées de 1ère et 2e ligne. Les réseaux de fil de fer sont tendus dans le ruisseau du ravin du Fer de Lance (JMO)

"Le 4 : première ligne à 15 heures. nous sommes relever nous descendons derrière la crête et à 19 heures nous allons travailler entre les lignes ennemies et les nôtres de même pendant quatres nuits il n'y fait pas bon du tout pas trop de pertes".

"Le 5 : occupe abris borne 16"

"Le 8 : à 9 heures nous sommes relever, nous faisons 15 km pour arriver à Hans où nous sommes au repos pour plusieurs jours"

Le 9 : Tous les hommes sont pourvus du casque métallique. Le 146 reçoit l'ordre de construire 160 échelles de franchissement (JMO)

"Le 17 au soir nous remontons à Minaucourt en attendant l'attaque la nous sommes bombardés tous les jours le bataillon subit d'assez fortes pertes".

"Le 24 : nous nous remontons en 3e ligne à la borne 16"

Attaque du 25 septembre 1915 :

(Extrait du JMO)

Témoignage de Marcel Dupas :

"Le 25 à 3 heures du matin nous montons en première ligne attendant l'heure de l'attaque.

Il y a d'abord eu des préparations d' artillerie les pièces de tous calibres crachent démolissant les tranchées ennemies, ce n'est plus qu'un nuage de feu et de fumée qui couvre le terrain et cela pendant 72 heures nous en sommes tout abruti. Le génie fait sauter plusieurs mines les débris de toutes sortes sont projetés en l'air".

(Suite et transcription de son témoignage après les photos de son carnet)

"Une heure avant l'attaque l'artillerie cesse pendant qu'elleques minutes. tout le monde aux créneaux nous faisons des feux violents l'ennemie riposte alors l'artillerie reprend de nouveau causant des pertes à l'ennemie par ses tirs de barrages pendant ce temps chacun prépare son coin pour sortir de la tranchée. A 9h1/4 le commandemant de en avant est donné tout le monde sort de la tranchée comme un seul homme les clairons sonnent la charge et tous nous lançons à l'assaut des tranchées, sous le feu de qu'elleques mitrailleuses cachées dans le fortin que l'artillerie n'a pas complètement démoli qu'elques un des notres tombe,t . Nous prenons pied dans les premières lignes, il y a grand nombre de cadavres allemands. Dans la mêlée, je me trouve perdu de ma compagnie avec qu'elques hommes de mon escouade, nous continuons à avancer, faisant des prisonniers ; l'ennemi essaye de nous contourné mais ne réussit pas, nous poursuivons toujours quand à qu'elques kilomètres nous sommes arrêtés par les artilleurs d'une batterie qui ne veulent pas se rendrent et tirent toujours nous prenons la batterie d'assaut faisant encore des prisonniers ; je trouve le capitaine JEAN de mon régiment déjà blessé à la lèvre, il me demande si j'ai de quoi boire dans mon bidon je lui donne un 1/2 quart de vin nous continuons la marche en avant en nous déployant en tirailleurs, là le capitaine nous quitte me disant qu'il allait voir si le régiment était à notre droite,

au bout d'un instant les mitrailleuses balayent le terrain la position étant intenable en rampant je gagne un bout de boyau qui se trouvait en avant de nous mes camarades me suivent malheureusement il en reste sur le terrain, nous sommes à peut près une quinzaine. Vers les cinq heures l'ennemie contre attaque nous entendons crier sauve qui peut ceux qui veulent se replier restent allonger sur le terrain nous sommes obligés de rester nous nous défendons jusqu'au bout, l'ennemi arrive sur nous et de dessus le boyau nous tir dessus à bout portant et continuent leur chemin. Quand je me relève je me trouve au milieu de cadavres, mes camarades étaient morts les uns sur les autres dans le font du boyau un des notres blessé arrive avec deux soldats allemands ils nous emmènent dans un poste de secours où je reçois les premiers soins, j'y reste jusqu'au 27 au soir, dans ces deux jours je n'ai manger qu'une fois le dernier jour dans la nuit du 27 au 28 j' embarque dans un chariot avec des camarades et un blessé allemand, à 11 heures nous arrivons à Vouzier (s), à 10 heures du soir nous embarquons en chemin de fer, le 29 à midi nous arrivons à Sedan".

"Blessé le 25 septembre à 5h soir parti du poste de secours le 27 parti de Vouzier le 27 à 11h soir. Arrivé à Sedan le 28 à 12h matin. Parti de Sedan le 3 à 4h soir arrivé à Limburg le 29 à 9h soir à l'hopital sorti de l'hopital le 12 novembre pour le camp".

Marcel Dupas, blessé, est fait prisonnier le 25/09/1915 dans le secteur du bois de demi-lune et de Maison de Champagne.

"Limburg le 1 novembre 1915 (reçu le 25 novembre)

Chère mère

J'attends toujours de tes nouvelles j'espère bien en avoir cette semaine.

Jusqu'ici je ne te donnais pas de détails, ce n'est pas de ma faute car je ne pouvais pas écrire, mais à présent que je vais beaucoup mieux je t'en dirais plus long.

J'ai été fait prisonnier le 25/09 au soir. Comme blessures j'en avait quatres ; une balle dans le cou, une dans la main droite une dans le bras droite et une légère blessure au pied gauche je suis toujours à l'hôpital mais je suis presque guérit.

Aujourd'hui le jour de la Toussaint ; c'est un jour bien triste pour vous, mais pour moi aussi car j'aurais voulu être parmi vous et aller faire une prière sur la tombe de nos pauvres défunts aussi ce matin à la messe j'ai prier pour eux.

(...) ce que je te demanderais c'est une chemise des chaussettes et un caleçon car je n'ais plus rien. je te demanderais aussi un képi, mais pas un fantaisie car je suis tête nue.

Je te demanderais aussi un peut d'argent si tu peux sans te gêner, car au camp il y a bien des choses telle que tabac, sucre et bien des petites choses (...)

Ton fils qui t'embrasse

Marcel

P.S. J'oubliais mon chandail mais il faudra coudre un signe qu'elconque, sans quoi on y mettrais de la peinture par exemple une grande croix rouge dans le dos."

(En captivité)

Marcel Dupas tient la comptabilité des correspondances reçues :

interné à Giessen (A.0), Marcel Dupas est rapatrié le 10/12/1918

 

Les années passent...

Devant son café, Marcel DUPAS en famille, le 2e en partant de la gauche. Il tient sa fille Colette dans ses bras.

 

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Marc DUPAS, son petit-fils, en visite avec son épouse à Massiges le 01/05/2017)

 

Ajouts d' Avril 2017 :

MPLF à MASSIGES le 27/09/1915

Raoul CAUSSE, 33 ans

Albi, TARN

Agent de liaison au 15e RI, 3e Bataillon, 10e Cie

Né le 19/03/1882, fils de Justin et de Germaine Mercier ; classe 1902, matricule 730 au recrutement d'Albi.

Profession : employé de commerce résidant à Paris

1,70 m ; cheveurs noirs, yeux gris

Ajourné pour faiblesse en 1903 ; classé service auxiliaire pour "myopie supérieure à 6 dioptries" en 1904.

Employé de chemin de fer à Conakry (Guinée française) en 1910

Suite à la mobilisation générale du 02/08/1914, Raoul Caussé est classé en service armé et affecté au 15e Régiment d'Infanterie d' Albi.

En Mai 1915, du fait de sa mauvaise condition physique, Raoul Caussé adresse ce courrier (extraits retranscris ci-après) à un Chanoine, espérant son appui pour ne plus être fantassin :


"Je m'empresse de vous remercier tout d'abord pour les félicitations que vous m'adressez à l'occasion de la naisance de ma petite fille, pour la place que vous réservez dans vos prières à ma jeune famille et pour les voeux de bon retour que vous formulez pour moi-même et qui je l'espère pourront grâce à Dieu se réaliser bientôt. J'ai remis hier votre lettre à Monsieur l' Aumonier Combès qui a été très heureux de vous lire et qui m'a assuré à nouveau de son bienveillant appui. Il a fait le nécéssaire aussitôt. Je ne connais pas encore le résultat de sa démarche. (...)
J'espère que votre recommandation et l'intervention de monsieur l'Aumonier pourront me rendre grand service (...) A cause de mes mauvaises jambes qui ne me permettent que très difficilement de suivre la compagnie dans ses déplacements, je serais heureux de pouvoir être attaché à un emploi qui me libèrerait du chargement du fantassin sans m'empêcher de rendre consciencieusement des services."

(lettre de Raoul Caussé)

En septembre 1915, le 15e RI est engagé dans la Grande Offensive de Champagne :

Principaux extraits du JMO :

Le 25/09/1915, le Régiment s'engage dans les boyaux conduisant au Promontoire (Côte 180) 1km au Nord-Ouest du Pont de Minaucourt. Il arrive vers 11h sur la Côte 180 et stationne sur les pentes Sud jusque vers 17h.

Il reçoit l'ordre de tenir le front entre le Bois demi-lune et l' Index de la Main de Massiges pour combler le vide entre le 1er Corps Colonial et le 20e Corps et participer à une attaque générale avec comme objectif le Mont Têtu.

Les 1er et 2e Bataillons tiennent les tranchées de l'Index conquises par les Coloniaux qui y avaient subi de très fortes pertes, le 3eme Bataillon est maintenu sur les pentes Sud-Ouest de l'Index.

Le 26/09/1915 : à 3h du matin, le 3e Bataillon relève un Bataillon de Coloniaux (10e Cie au Sud du Bois Valet, immédiatement derrière la 9e Cie). A 9h le 3e Bataillon est désigné pour attaquer le Mont-Têtu avec 3 Cies en 1ère ligne : la 9e Cie sur la croupe au Nord du Bois de l' Arc, la 10e sur la croupe au Sud-Est du Bois des Kamarades, et la 11e dans le Ravin et sur la pente Nord de l'Index.

Le mouvement des 9e et 10e Cies est enrayé dès le début par des feux de mitrailleuses et de mousquetterie partant du boyau de Moltke et particulièrement des points 640-641-642. A 14h30, les 9e, 10e et la 4e Cies soutenues par la 3e Cie attaquent dans la direction générale 637 et arrivent d'un bond dans le boyau de Moltke.

Octave BARRE de la 9e Cie, est porté disparu (portrait en ligne dans Régiments Infanterie 1-50e)

Les éléments avancés arrivaient au Mont Têtu et occupaient tranchées allemandes ou boyaux.

L'objectif, le Mont Têtu est atteint et on s'installe sur les positions conquises .

Le 27/09/1915, l'attaque de la Ferme Chausson devait être conduite à 14h par la 64e Brigade, 2 Bataillons du 143e ri, et le 2e Bataillon du 15e ri (en appui au Sud-Ouest du Mont Têtu).

Les 1er et 3e Bataillons de 1ère ligne du 15e ri sont en réserve de brigade, sur la pente Nord du bois des Kamarades. A 13h30 environ, ils sont remplacés par un Bataillon du 143e ri (désigné par l'attaque) et viennent occuper la tête du Ravin du Bois des Kamarades.

L'assaut bien mené coûtait des pertes assez importantes.

Le 3e Bataillon reste en réserve de Brigade au Bois des Kamarades, sous un bombardement violent. (JMO du 15e RI)

A 21h, Raoul Caussé est tué par un éclat d'obus alors qu'il portait assistance à un frère d'arme. Il est inhumé sur place par ses camarades.

Le 16 octobre 1915, le soldat Rolland témoigne de son décès :

"(...) Raoul Caussé a été tué le 27 septembre au soir par un obus au moment où il conduisait au poste de secours un de nos camarades de la liaison le maréchal des Logis Simon légèrement blessé et que ce même obus blessa une seconde fois très gravement. Prévenu 1/2 heure après je me rendis sur les lieux avec Alazard l'ami Granier caporal fourrier à la Cie des mitrailleuses de la Brigade. Caussé ne bougeait plus. Nous transportames Simon environ 400 m sur un brancard et le confiames à des brancardiers rencontrés alors. Nous retournames près de Caussé. Depuis sa blessure il n'avait d'après ce que nous dit Simon ni bougé ni crié. Il était encore dans la position où l'avait jeté l'éclatement. En le tournant il me sembla entendre un soupir et sentir de faibles pulsations. J'allai chercher des brancardiers, ils arrivèrent 5 minutes après il était mort. J'ai alors pris dans ses poches tous les papiers et les objets qu'elles contenaient et les ai remis au Capitaine Salles de l'E.Ma de la 64e Brigade qui doit les faire parvenir dans quelques temps à la famille. J'ai ensuite mis le corps sur le côté de la route pensant l'enterrer le lendemain matin. Il était impossible de lui rendre les derniers devoirs à ce moment-là à cause de la nuit noire et des obus qui tombaient à proximité. Blessé moi-même le lendemain matin tout près de l'endroit où il était tombé je n'ai pu terminer ma tâche et ne sais pas ce qui a été fait. (...) Rolland"

Courrier suivi de la lettre de l'Aumonier Combès adressé au Chanoine (tous deux cités par Raoul Caussé dans son courrier de Mai 1915) : elle illustre toute la désespérance, le sentiment d'impuissance mais aussi la force de l'engagement des aumoniers militaires au plus près des hommes dans les tranchées.

"Bois Colombes Hôpital auxiliaire N°236

Cher Monsieur le Chanoine
Je viens de recevoir à l'instant à l'hôpital où voilà dix jours que j'ai été évacué pour fatigue commontion et ébranlement nerveux le télégramme que vous m'avez envoyé. Vous comprenez donc pourquoi je n'ai pu plus tôt y repondre. Je le fais aujourd'hui le coeur brisé, car la plupart des amis officiers et soldats que j'avais à mon cher régiment sont morts. Et la peine que j'en ai eue a autant de part que les obus allemands sont mon état de souffrance. Hélas vous avez deviné ma réponse. Votre ami et le mien a été tué.
Le poste-commandement, la brigade où il se trouvait prêt à porter de ci de là des ordres pressés était furieusement bombardé. A un moment un obus blesse un de ses camarades. Il s'offre généreusement et héroiquement pour le conduire en le soutenant au poste de refuge où je me trouvais. Il fallait pour cela longer pendant deux cent mètres un ravin - le fameux ravin de l'Etang - affreusement battu par l'artillerie ennemie qui y dirigeait sans discontinuer des tirs de barrage.
Son geste était bien beau mais bien dangereux. A peine avait-il fait cinquante mètres le cher enfant qu'une rafale arrive et l'étend à côté de son camarade.
On l'a enseveli non loin de l'endroit où il est tombé. Ses parents pourront venir prier sur sa tombe. Je n'ai pu le faire moi-même comme je l'aurais voulu car le canon allemand s'acharnait à barrer la route. Mais j'ai pu l'identifier et marquer l'endroit où il repose, comme je me suis fait un devoir de dire la messe à son intention dès que le régiment a été évacué en arrière et que j'ai pu célébrer. A mon arrivée à Albi bien cher ami je vous donnerai tous les détails que ma tête endolorie ne peut aujourd'hui réussir à préciser. Croyez que mon chagrin est immense et que la famille du cher disparu peut être sûre de toute mon affectueuse et désolée sympathie.
Priez pour moi j'ai besoin de Dieu pour bien me remettre et continuer à soulager les malheureux. Permettez-moi de vous embrasser filialement
G.Combès
aumonier militaire 15eme d' Infanterie
Hôpital auxiliaire N°236 à Bois Colombes (Seine)
"

(Lettre de l' Aumonier Combès)

Un secours de 150 fr immédiat est versé à sa veuve le 01/04/1916. Elle recevra l'émouvante visite de Simon, secouru par son mari et qui a survécu à ses blessures et à la guerre.

Citation posthume de Raoul Caussé : "S'est proposé d'accompagner un camarade blessé au poste de secours sous un fieu violent d'artillerie, a été tué à ses côtés en accomplissant son devoir le 27 septembre 1915 à la Main de Massiges".

Dans ce secteur aussi bouleversé par les obus, sa sépulture perd rapidement tout marquage et tombe dans l'oubli du temps...

Très probablement relevé dans les années 50 par les agriculteurs au moment du la remise en culture des parcelles, il repose aujourd'hui dans l'un des ossuaires ou dans la tombe d'un soldat inconnu de la Nécropole Militaire du Pont de Marson à 2-3 kms à peine de sa première sépulture.

Son fils âgé de 6 ans au moment de son décès - comme nombre d'enfants de soldats - s'enfermera dans le silence ; dans les années 70, son petit-fils se rendra seul, en train, à Massiges pour tenter de retrouver le lieu d'inhumation de son grand-père. De retour chez lui, il n'a jamais raconté cette journée à son épouse et s'il a atteint Massiges, de sa déception de ne rien avoir retrouvé du champ de bataille...

Sa famille n'a jamais abandonné l'espoir de le retrouver : samedi 15 avril 2017, sa petite-fille par alliance, son arrière-petite fille accompagnée de son époux et de leur fils, se sont rendus à Massiges sur le champ de bataille, au plus près de Raoul Caussé. A cet instant, l'espace de quelques minutes, le ciel a versé des larmes de pluie...

"Raoul Caussé, agent de liaison à la 64e Brigade du 15e d'Infanterie, cité à l'ordre de l'Armée"

Croix de guerre


(Avec l' aimable autorisation de la famille Caussé-Ville)

 

 

Grand-père paternel de notre bénévole Robert BEAUFRERE : "Massiges devait occuper une place en moi, le lien avec mon Grand-Père que j'ai connu jusqu'à l'âge de mes 12 ans".

 

Victor Marie NAIL, 4e Bataillon de Chasseurs à Pied

St-Paterne, INDRE ET LOIRE

(Jour de son mariage, Octobre 1919)

Né le 07/07/1894, fils de Eugène Arthur et de Marie Christine Cormery ; classe 1910, matricule 452 au recrutement de Tours. Un de ses frères, Octave - soldat au 21e RIC - combat lui aussi à Massiges en septembre 1915 (une page lui est consacrée dans 21e-23e RIC de la Mémoire) 

Epargnés tous les 2 lors de cette terrible offensive, Octane Nail ne rentrera pas, il décède le 15/09/1918 à Krivitza en Serbie.

"Mes arrières Grands-Parents avaient 5 fils à la guerre : 2 ont été tués (Octave, et Emile Valentin MPLF à Signeulx (Belgique) le 22 août 1914), 1 fait prisonnier depuis mars 1916 (mon grand-Père Victor Marie) et 2 blessés avec des incapacités pensionnées.

1,60 m ; cheveux châtain noir, yeux marron clair

Profession : cultivateur

Incorporé au 82e RI le 06/09/1914, passé au 79e RI le 28/12/1914

Passé au 4e B.C.P le 05/01/1915, il combat en Champagne de septembre à décembre 1915 :

Le 20e Corps d'Armée a pour mission d'enlever l'ouvrage de la Défaite et d'atteindre coûte que coûte la Dormoise entre Ripont inclus et le Moulin de Ripont.

Les pertes sont lourdes sur 1405 hommes : " 29 officiers engagés,  23 tués, blessés ou disparus et 600 hommes de troupe, tués blessés ou disparus".

"Il est presque certain que tous les blessés restés dans les lignes allemandes ont été achevés."

 

"En résumé, par l'assaut du 27 septembre, 600 mètres de terrain ont été conquis par le 4e B.C.P. en avant du boyau de Posen, sans qu'il fût aidé à sa droite par le 2e B.C.P. qui n'étant pas en place n'a pu attaquer." (JMO du 4e B.C.P)

Pendant la nuit du 27-28 septembre, le Bataillon organise le terrain conquis....

Le 9 octobre, le 4e BCP en réserve, rampant du ravin de Marson à 19 heures, viendra par les boyaux C7 et C9 au Fortin de Beauséjour et au Bastion, P.C. au Fer de Lance.


Victor Marie NAIL quitte le secteur le 18/12/1915, il est fait prisonnier dans l'offensive du 26/02/1916 à Vaux-Douaumont.

 

(Avec l'aimable autorisation de Robert Beaufrère, son petit-fils)

"La persévérance, c’est ce qui rend l’impossible possible, le possible probable et le probable réalisé."

 

 

MPLF à MASSIGES le 06/10/1914
Valentin Alphonse PANIS
Saint-Michel-Labadie, TARN
Soldat de 1ère classe au 8e RIC

Né le 07/05/1886, fils de feu Antoine et de Marie Panis ; classe 1906, matricule 1280 au recrutement d'Albi.
Profession : Cultivateur
1,70m, cheveux châtain foncé, yeux bleus

Incorporé le 09/10/1907 au 15e RI, soldat de 1ère Classe le 02/11/1908
A épousé en 1913 Sylvie Félicie Feral
Rappelé sous les drapeaux au 8e RIC le 03/08/1914

Citation : "Tué à l’ennemi le 06/10/1914 à Massiges, a fait vaillamment son devoir dès les premiers combats de la campagne".
Croix de Guerre avec Etoile de Bronze

Pas de sépulture connue.
Secours immédiat de 150 fr payé à la Veuve le 23/11/1914

"Son fils Albert naît le 16/10/1914 soit 10 jours après la mort de son père : Félicie se retrouvant Veuve à 21 ans, elle a dû se placer comme servante chez le Curé du village, elle y est restée toute sa vie, c’était une personne charmante mais un peu taciturne. Elle n’a jamais parlé de son mari et nous pensons qu’il est resté dans les terres de Massiges." (Mme Panis Francine épouse du petit-fils)



Félicie Panis, sa veuve
(Avec l’autorisation de Mr et Mme Jean Claude Panis son petit-fils)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à VILLE-SUR-TOURBE le 25/09/1915
Georges PANCOL
Villars-en-Pons, CHARENTE-INFERIEURE
Lieutenant au 3e RIC, 4e Cie

Né le 07/06/1888, fils de Jean Emile et de Alice Aurélie Verneuil ; 1 sœur Lilie et un frère Louis avec lesquels il a échangé beaucoup de courriers ainsi qu’avec ses parents.
Classe 1908, matricule 2321 au recrutement de Bordeaux
Profession : Etudiant à l’Ecole Coloniale où il sera reçu premier ; écrivain
Licencié ès Lettres en 1906, licencié en Droit en 1908
1,66m, cheveux blonds, yeux verts, nez pointu


Engagé volontaire pour 3 ans le 21/03/1905, Engagé Spécial à Bordeaux le 07/10/1907
Nommé Caporal le 11/03/1908, Elève Officier de réserve le 01/10/1908
Promu Lieutenant de réserve le 29/09/1909

Fiancé à une jeune Anglaise Winnie rencontrée en 1911 en Angleterre.

Parti pour Hanoï (Indochine) en novembre 1913
Passé au 1er Régiment de Tirailleurs Tonkinois à Hanoï le 19/02/1914


A la déclaration de la guerre, il demande de rentrer pour participer au sacrifice commun
Affecté le 08/08/1914 au 10e RIC comme Sous-Lieutenant
Nommé Lieutenant le 09/09/1914
Passé au 3e RIC par suite de la suppression du 10e RIC le 12/12/1914

3 jours avant sa mort, il écrit à Winnie :

La veille de sa mort, à un ami :


Citation : "Tué glorieusement le 25/09/1915 en entrainant sa Compagnie à l’assaut des tranchées Allemandes devant Ville-sur-Tourbe".

Primo-inhumé au Cimetière Militaire de Virginy, il est transféré en 1923 à la Nécropole Nationale
du Pont de Marson tombe n°4060


(Merci à Mr Pierre SAVIN, adhérent de l’Association)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à VILLE-SUR-TOURBE le 25/09/1915
Gilbert Eugène FAVREAU, 32 ans
Vouillé-les-Marais, VENDEE

3e RIC

(Avec son épouse en 1912)


Né le 13/03/1883, fils de Gilbert et de Marie Angibaud ; Classe 1903, matricule 1475 au recrutement de Fontenay-le-Comte.
Profession : Propriétaire
1,79m, cheveux bruns, yeux roux

Incorporé le 16/11/1904 au 137e RI, soldat Musicien le 21/05/1905

A épousé en 1912 Ernestine Maria Priouzeau : 2 enfants, Gilbert et Eugénie.
La même année, a pris par acte en fermage la Cabane de l’Aventure appartenant à Mr le Vicomte de Pomereu.


Mobilisé au 3e RIC le 02/08/1914, Gilbert Favreau est porté disparu au combat du 25/09/1915 lors de la Grande Offensive de Septembre.

La découverte de son corps-probablement dans les mois qui suivent-permet de dresser l'acte de décès.

Inhumé à La Nécropole du Pont de Marson, tombe n°3185

(Avec l’autorisation de Mr Pierre SAVIN son petit-fils, adhérent de notre Association, en visite à Massiges en Septembre 2015)

 

DISPARU MPLF à MASSIGES le 25/09/1915
Jules Louis MENAGER
Houx, EURE ET LOIR
23e RIC, 10e Cie


Né le 20/06/1893, fils de Louis Ernest et de Rosalie Loury ; 1 frère et 2 sœurs.
Classe 1913, matricule 867 au recrutement de Dreux.
Célibataire
Profession : Charretier
1,54m, cheveux noirs, yeux châtain foncé

Incorporé le 15/12/1914 au 23e RIC
Disparu à Massiges le 25/09/1915
Citation : "Tombé glorieusement pour la France le 25/09/1915 à Massiges en faisant tout son devoir."

Croix de Guerre avec Etoile de Bronze

(Avec l’autorisation de son petit-neveu Mr Olivier Magnani)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à VIRGINY le 25/09/1915
Gabriel Aimé BOURBON, 34 ans
Scorbé-Clairvaux, VIENNE
Sergent au 3e RIC

Né le 19/06/1881, fils de Sincère et de Alphéna Menoux ; 1 frère et 1 sœur.
Classe 1901, matricule 36 au recrutement de Chatellerault
Profession : Agriculteur
1,62m, cheveux châtains, yeux marron
Marques particulières : Tatouage sur l’avant bras gauche en avant.

Engagé Volontaire pour 3 ans le 03/04/1900 pour le 4e RIC
Passé au 3e Bataillon de marche d’Extrême Orient le 04/07/1900
Passé au 16e RI de Marine le 01/10/1900, puis au 8e RIC le 24/05/1901
Soldat de 1ère Classe le 16/07/1902
Rengagé pour 2 ans le 17/11/1902, passé au 11e RIC le 02/01/1903
Nommé Caporal le 29/04/1903
Passé au 12e RIC le 01/07/1904
Rengagé pour 1 an le 17/12/1904 et pour 5 ans le 05/09/1905
Passé au 7e RIC le 07/02/1906, puis au 16e RIC le 30/09/1909
Rengagé pour 4 ans le 26/01/1911
Nommé Sergent le 01/04/1912
Passé au 6e RIC le 01/12/1912

A épousé en 1913 Armance Ferger : pas d' enfant
Passé au Bataillon du Moyen Congo le 23/01/1914, puis au 3e RIC le 28/06/1914

Tué à l’ennemi le 25/09/1915 à Virginy
Inhumé à la Nécropole du Pont de Marson à Minaucourt tombe n°4422
Médaille Commémorative de l’Expédition de Chine 1900-1901


(avec l’aimable autorisation de Mr Christian Pouffarin, son petit-neveu)


 

MORT POUR LA FRANCE à MINAUCOURT le 20/09/1915
Josué Julien ROZAND, 34 ans
Rochefort-Samson, DROME
22e RIC

Né le 15/11/1880, fils de Frédéric Germain et de Marie Bonnardel ; un frère Ferdinand MPLF en 1918 à Sézanne.

Classe 1900, matricule 259 au recrutement de Romans.
Profession : Cultivateur
1,68m, cheveux châtains, yeux gris
Appelé à l’activité le 16/11/1901 au 8e RIC, passé le 16/12/1902 au 24e RIC

A épousé en 1905 Marie Hernulle : ils ont eu 1 fille et 2 fils

Mobilisé au 22e RIC le 01/08/1914
Blessé le 24/02/1915
Tué à l’ennemi le 20/09/1915 à Minaucourt, Josué ROZAND est inhumé dans la Nécropole du Pont de Marson tombe n° 1134.


(Avec l’aimable autorisation de son petit-fils Mr Rozand et de son épouse ; la belle-fille du soldat vit encore, elle a 93 ans)

Mme Rozand a écrit une citation du Général Charles de Gaulle : « Il n’y a qu’une fatalité, celle des peuples qui n’ont plus assez de forces pour se tenir debout et qui se couchent pour mourir.
Le destin d’une Nation se gagne chaque jour contre les causes internes et externes de destruction. »

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 04/02/1915
Marius Jean LAGARDE
Vals-les-Bains, ARDECHE
Caporal au 4e RIC, 4e Cie


Né le 19/11/1893, fils de Marius Joseph et de Blanche Baume ; 1 frère
Classe 1913, matricule 363 au recrutement de Privas
Profession : Cultivateur
1,73m, cheveux et yeux châtains

Incorporé le 26/11/1913
Nommé Caporal le 06/12/1914
Tombé au Champ d’Honneur le 04/02/1915 à Massiges-Virginy


(avec l’aimable autorisation de Mme Florence Thomas)

 

 

DISPARU MPLF à BEAUSEJOUR le 24/02/1915
François Martin CAROL, 24 ans
Prades, PYRENEES-ORIENTALES
Caporal au 22e RIC

Né le 19/03/1890, fils de feu Martin et de feue Marie Romeu (tuteur : Me Joseph Cayrol) ; 3 frères et 1 soeur.

Classe 1910, matricule 1319 au recrutement de Perpignan puis de Tananarive (Madagascar) n°7

Profession : Peintre
1,58m, cheveux et yeux noirs, front moyen, nez vexe, visage plein,
Renseignements complémentaires (!) : Teint basané, nez tordu à gauche, lèvres minces, bouche grande, menton fuyant, lobe de l’oreille non collé, oreilles peu ourlées, oreilles écartées, sourcils sous les yeux légèrement saillants, cicatrice au niveau de la 4e vertèbre à 1cm à gauche de la médiane.

Incorporé le 01/10/1911 au Bataillon de l’Infanterie Coloniale de l’Emyrne à Tananarive
Embarqué à Tamatave le 28/10/1912

Mobilisé le 04/08/1914, passé le 23/11/1914 au 22e RIC
Nommé Caporal le 23/11/1914
Disparu à Beauséjour le 24/12/1915

(avec l’aimable autorisation de Mr Michel Surre son petit-neveu)

 

 

DISPARU MPLF à MINAUCOURT le 26/09/1914
Hervé Charles GUERNIC
Scaer, FINISTERE
Sergent au 2e RIC

Né le 12/05/1889, fils de feu Jean et de Julienne Le Goff ; Soutien de famille, père décédé, 7 sœurs et 3 frères
Classe 1909, matricule 2063 au recrutement de Quimper.
Profession : Valet de chambre
1,76m, cheveux blonds, yeux bleus
Célibataire

Incorporé le 05/10/1910 au 76e RI de Paris
Nommé Caporal le 19/06/1911 puis Sergent le 20/09/1912
Mobilisé le 04/08/1914 au 2e RIC

Citation : "Tombé glorieusement pour la France dans l’accomplissement de son devoir le 26/09/1914 à Minaucourt".
Croix de Guerre avec Etoile de Bronze


(avec l’aimable autorisation de Mme Florence Goutin sa petite-nièce)

 

 

DISPARU MPLF à Suippes le 29/09/1915
Pierre dit Adrien BADET
Laluque, LANDES
3e RIC

Né le 29/12/1895, fils de Jean et de Marie Dupuy ; 1 soeur et 1 frère.
Classe 1915, matricule 1581 au recrutement de Mont de Marsan
Profession : Maçon
Célibataire
1,61m, cheveux et yeux châtains

Incorporé le 15/12/1914 au 3e RIC, Adrien BADET combat en février 1915 au Fortin de Beauséjour et à Ville-sur-Tourbe en mai.
Passé le 01/05/1915 au 2e RIC


Tué à l’ennemi à Suippes le 29/09/1915

Croix de Guerre avec Etoile de Bronze
Secours de 150 Frs accordé à Mr Badet père le 30/01/1916


(avec l’aimable autorisation de Mr Philippe Dupouy, son petit-neveu)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MINAUCOURT le 09/09/1915

Elie Lucien CASTELBOU, 22 ans

Trebas, TARN

24e RIC, 8e Cie

Né le 28/11/1892, fils de Léon Pierre et de Marie Savy ; 5 sœurs et 1 frère.

Classe 1912, matricule 542 au recrutement d'Albi

Profession : cultivateur

1,79m, cheveux châtain moyen, yeux châtain verdâtre

Incorporé le 08/10/1913 au 23e RIC, passé au 24e RIC

 

Le 7 septembre 1915 "la 8e Cie travaille à approfondir l'ancien boyau qui du Promontoire va à l'ancienne tranchée 20, et le boyau qui rejoint le dernier en traversant le Ruisseau de l' Etang et venant du Ravin du Médius." (JMO)

Elie Castelbou fait partie des tués...

Inhumé à la Nécropole du Pont de Marson tombe n°4883 

Photo de la sépulture à venir...

(Avec l’aimable autorisation de Mr Gérard By, son petit-neveu)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 05/02/1915
Albert Charles PIFFARD, 20 ans
Souzy-la-Briche, SEINE ET OISE
23e RIC

Né le 03/07/1894, fils de Louis Emile et de Amélie Guignet ; 2 frères qui ont combattus aussi et 4 sœurs.

Classe 1914, matricule 2433 au recrutement de Versailles.
Célibataire
Profession : Carrier, Mineur
1,65m, cheveux châtain, yeux marron clair
Marque particulière : cicatrice de coupure joue gauche

Incorporé le 08/09/1914 au 59e RAC 2e Canonnier Servant
Passé le 15/10/1914 au 23e RIC

Décédé des suites de blessures de guerre à Massiges, pas de sépulture
Croix de Guerre avec Etoile de Bronze


(avec l’aimable autorisation de Mr Luc Piffard)

 

 

Julien Antoine BENGOLD, 317e RI

Neuflize, ARDENNES

(Plaque trouvée par des militaires dans le Camp de Mourmelons)

Annie a retrouvé son ARRIERE PETIT-FILS, très ému de cette nouvelle ; il a en effet donné appelé son fils Julien en souvenir de cet arrière grand-père et de son grand-père qui portait également ce prénom.

Né le 15/06/1893, fils de Louis et de Joséphine Marseille ; Classe 1913, matricule 1656 au recrutement de Reims.

Profession : Ouvrier, caviste

1,69m, cheveux blonds, yeux bleus 

Incorporé le 26/11/1913 à la 6e section de commis et ouvriers d’Administration

Soutien de famille : Séance de mars 1914

Passé au 130e RI le 06/12/1915

Passé au 317e RI le 08/04/1916 qui combat à Maison de Champagne d' Avril à Juillet 1916 puis d'Août à Octobre 1916 à la Butte du Mesnil.

Citations :

- "Soldat très courageux (le 12/08/1916) ayant vu tomber un agent de liaison s’est porté à son secours sous un feu de mitrailleuses et a ramené le blessé au poste de commandement."

- "Chargé de la liaison optique d’un Bataillon d’attaque s’est dépensé sans compter pendant les combats des 14 et 15/07/1917, assurant avec une énergie et un sang froid au dessus de tout éloge son service dans un endroit particulièrement exposé malgré des barrages violents qui sans cesse comblaient et démobilisaient son poste. Déjà cité pour sa belle conduite au feu du 12/08/1917".

Croix de guerre, Etoile de Bronze

Nommé Caporal le 23/01/1917

Passé le 01/08/1918 au 115e RI

Affecté au titre des Réserves au 6e Escadron du train des équipages militaires

Evacué malade le 10/12/1918

Réformé définitivement le 12/12/1934 pour "fracture de l’étage antérieur du crane, fracture de l’os malaire droit et de l’apophyse, plaie linaire et sous orbitaire droite, fracture du bassin".

A épousé en 1920 Marthe Maignan ; ils ont eu 1 fils Jean Robert.

Décédé le 15/05/1954 à Levallois (78)

(avec l’autorisation de son arrière petit-fils Vincent BENGOLD)

 

 

2 amis d’enfance, habitant le même village, fiches matricules 516 et 517 au recrutement de Pont st Esprit, classe 1914. Incorporés le 04/09/1914 au 10e RA à pied puis passés le 14/10/1914 au 8e RIC.

DISPARUS MPLF à Massiges le 04/02/1915
Marius Maurice SALEL et Léopold Joseph SAUTEL, 20 ans
Laurac, ARDECHE
8e RIC


Marius SALEL né le 01/11/1894, fils de Marius Salel et Emilie Bertrand ; 1 frère.

1,77m, cheveux châtain clair, yeux marrons
Profession : Cultivateur. Célibataire.

"Tombé glorieusement au Champ d’Honneur le 04/02/1915 à Massiges."
Croix de Guerre avec Etoile de Bronze


Léopold Joseph SAUTEL né à Rosières le 20/10/1894, fils de Jean Joseph et de Marie Sautel ; 2 soeurs.

1,70m, cheveux châtain clair, yeux marrons
Profession : Cultivateur. Célibataire.

Disparu le 04/02/1915 à Massiges


(avec l’aimable autorisation de Mr Bernard JALLES de Laurac qui recense les combattants de son village)

 

 

MORT POUR LA FRANCE secteur de MESNIL le 01/07/1915
Louis BERTHIER
Saint-Micaud, SAONE ET LOIRE
4e RIC


Né le 05/10/1886, fils de Henri Berthier et Claudine Vittaut, 4 sœurs et 2 frères
Classe 1906, recrutement de Châlons-sur-Saône
Profession : Manœuvre
1,61m, cheveux châtains, yeux gris bleus

Incorporé le 08/10/1907 au 85e RI
Engagé volontaire le 04/11/1912 pour 2 ans au titre du 4e RIC du Maroc
Passé au 6e Bataillon Colonial le 29/12/1912 puis au 22e Bataillon Colonial le 28/10/1914
Tué à l’ennemi dans le secteur du Mesnil le 01/07/1915


(avec l’aimable autorisation de Mme et Mr Bey, ses petite-nièce et petit-neveu)

 


MORT POUR LA FRANCE à MINAUCOURT, Ferme de Confrécourt, le 26/09/1914
Chef de Bataillon, Firmin BOBO, 49 ans
Baixas, PYRENEES-ORIENTALES
24e RIC

Né le 25/09/1865, fils de Auguste et de Catherine Boher ; Classe 1885, matricule 372 au recrutement de Perpignan.
Profession : Militaire de carrière, Commandant en Chef d’Etat Major de la 2e Division d’Infanterie Coloniale,
Elève de l’Ecole de St Cyr
1,59m, cheveux et yeux châtains

Engagé volontaire pour 5 ans le 25/10/1884 à la Mairie de Perpignan
Nommé Sous Lieutenant au 2e Rég de Marine le 12/09/1886, passé au 3e Rég de Marine le 19/10/1887 puis au 1er Rég de Marche de Marine le 15/01/1888
Nommé Lieutenant le 01/07/1888, passé au 1er Rég d’Infanterie (RI) de Marine le 26/03/1890 puis au 6e RI de Marine le 05/11/1890
Nommé Lieutenant de 1ère Classe le 08/01/1892, passé au 1er Rég de Tirailleurs Tonkinois le 23/08/1892 puis au 5e RI de Marine le 10/08/1894
Nommé Capitaine au 4e RI de Marine le 06/05/1895

Epouse en 1896 Blanche Aubriot (décédée sur le Paquebot Libourne)
Désigné pour servir en Cochenchine le 29/08/1898

Passé au 11e RI de Marine le 07/06/1899 puis au 4e RIC en 1901
Citation(1902): "Capitaine d’Infanterie de Marine à l’Etat du Corps expéditionnaire, a donné le
plus bel exemple en stationnant plus d’un quart d’heure en observation sur la muraille de
ville Impériale très exposé au feu (Chine)".

Se remarie en 1902 avec Marguerite Vals (photo) : 3 fils et 2 filles naissent de cette union.
Passé en 1906 au 24e RIC
Le reste de son parcours Militaire se trouve au Service Historique de la Défense à Vincennes

Firmin BOBO est tué au cours des violents combats du 26/09/1914 à Minaucourt.

Médaille Commémorative du Tonkin
Chevalier de la Légion d’Honneur

(avec l’aimable autorisation de son petit-fils Mr Régis Bonzoms et de son arrière petite-fille Lucie)

 

 

DISPARU MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 06/10/1915
Jean Hyacinthe Michel CABOT, 32 ans
Port-Vendres, PYRENEES-ORIENTALES
24e RIC

Né le 03/05/1883, fils de Jean Cabot et Catherine Olivier ; Classe 1903, matricule 1158 au recrutement de Perpignan.
Profession : Marin
1,59m, cheveux noirs, yeux châtain clair

Arrivé à Toulon le 14/05/1903, Matelot de 3e classe, Chauffeur auxiliaire le 01/11/1903
Renvoyé dans ses foyers le 11/05/1905 comme soutien indispensable de famille
Incorporé le 19/11/1914

"Tombé glorieusement au Champ d’Honneur le 06/10/1915 à Massiges en faisant vaillamment son devoir".
Croix de Guerre avec Etoile de Bronze

Epoux en 1ère noces de Marguerite Nou, puis de Merced Teresa Cruset avec qui il a eu 2 fils : Michel décédé en bas-âge, et Marcel.

Son épouse Mercedes et leur fils Marcel

"Mon père avait 2 ans lorsque son père a été porté disparu, et ma grand-mère, espérant un hypothétique retour, ne s'est pas remariée, le laissant fils unique...
Lorsqu'il parlait de cette "disparition", puisqu'il n'y avait pas corps, il énumérait toutes les possibilités qui avaient été envisagées par la famille : amnésie ? Prisonnier à l'ennemi ? Une autre famille fondée "là-bas ?... etc...
En fait je pense qu'au fond de lui, le deuil de ce père dont il n'avait aucun souvenir n'a jamais été fait.
Il a embrassé une carrière militaire, et a participé de façon très active à la seconde guerre mondiale.
Bien entendu je suis d'accord pour que mon grand-père soit cité dans le mémorial de cette terre de Champagne dans laquelle il demeure anonymement depuis un siècle.
Comme un dernier hommage au sacrifice de sa jeune vie".
(Bernadette Cabot, sa petite-fille)

Avec son aimable autorisation.

 

Ajouts de Mars 2017 :

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915
Capitaine au 21e RIC Louis Jean RAVIGNON, 32 ans
Arles, BOUCHES DU RHONE

Chef de Section de la 6e Cie en Février 1915 puis Commandant de la 8e Cie, 2e Bataillon Guerrier

Né le 17/11/1882, fils de Auguste Ravignon et de Ernestine Dol ; 3 frères dont 2 MPLF et 2 soeurs.
Célibataire

Classe 1902, matricule 47 au recrutement de la Seine 2e bureau
Profession : Officier, Capitaine de l’Infanterie Coloniale

Engagé volontaire pour 3 ans le 29/10/1901 à Paris 3e
Admis à l’Ecole Spéciale Militaire de St-Cyr le 29/10/1902, nommé Caporal le 03/11/1903
Nommé Sous-Lieutenant au 4e RIC le 01/10/1904
Affecté au Bataillon du Congo le 15/01/1906, nommé Lieutenant le 01/10/1906
Affecté au 5e RIC le 24/07/1907 puis au Bataillon de Chari-Tchad le 25/09/1908
Affecté au 7e RIC le 20/08/1911, affecté au 3e Régiment de Tirailleurs Tonkinois le 15/12/1912

Affecté au 21e RIC le 23/12/1912

Son régiment est engagé dans les terribles combats du 3 et 4 février 1915 (récit dans LES COMBATS DE LA MAIN).

Nommé Capitaine le 19/03/1915, il commande la 8e Cie

 

Peu avant la Grande Offensive, Louis Jean Ravignon rédige cette bouleversante lettre testament :

Le 25/09/1915 jour de la Grande Offensive, les premières vagues prennent d'assaut la Main avec comme objectif pour le 21e RIC, la Côte 191 et l' Arbre aux Vaches. Les combats font rage, mais les munitions s'épuisent, l'ennemi redouble ses attaques, le colonel voit chanceler cette poignée de braves ; il leur faut un renfort immédiat.

Deux compagnies du bataillon GUERRIER sont engagées : compagnie RAVIGNON à droite, compagnie BONNARD à gauche et la lutte reprend avec une nouvelle ardeur. Le capitaine RAVIGNON est tué en tête de sa compagnie qui, très éprouvée, oblique vers l'ouest. Le capitaine Bonnard prend le commandement du groupe et le ramène vers l'Arbre aux Vaches sous un feu d'enfer qui le décime.

Louis Ravignon est mort au combat le 25/09/1915 par blessures par arme à feu.
"Officier d’une rare énergie et d’un sang-froid absolu, tombé glorieusement le 25/09/1915 à Massiges à la tête de sa Compagnie en l’entrainant à l’assaut".
Chevalier de 1ère classe de l’Ordre du Nicham-Iftikar

Inhumé au cimetière provisoire "Propriété Varoquier" de Virginy. En 1923, il est ré-inhumé à la Nécropole militaire du Pont de Marson.

2 de ses 3 frères Officiers sont également MPLF : le 08/11/1916 à Paris pour Léon (photo), et le 21/04/1918 à Mont-Kemmel, pour Paul (Croix de guerre avec Etoile Vermeil).

(avec l’aimable autorisation de Mr Jacques RAGUET, Louis Ravignon était le cousin de sa grand-mère maternelle)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à Souain le 25/09/1915
Georges BAUTHENEY, 28 ans
Livry-Gargan, Seine et Oise ; résidant à Stavropol (Russie)
Sous-Lieutenant au 22e RIC, passé au 42e RIC

"Suippes, le 22 septembre 1915"

Né le 14/11/1886, fils naturel de Marie Augustine Bautheney (elle ne l’a reconnu qu’après son décès en 1919) Classe 1906, matricule 1214 au recrutement de Versailles.

1,79 m ; cheveux blonds, yeux bleus
Profession : Professeur de Français (à la Cour du Tsar selon la chronique familiale)
Il habitait au moment de son recrutement en Russie à Stavropol

A épousé le 29/08/1907 Louise Gnaedinger (elle aussi professeur) née en Suisse.
2 enfants naissent à Stavropol, de cette union : Georges en 1908, et Louise Marie en 1911

Après avoir effectué son service au 6e RIC, il se retire auprès de sa famille à Stavropol en 1910.

Avec son épouse Louise, le 29 ou 30 juillet 1914

"Stavropol - Caucase, 29 Juillet 1914"

Avec ses enfants Georges et Louise "Stavropol - Caucase, 30 Juillet 1914"

 

Rappelé à l'activité le 01/08/1914, Georges quitte la Russie...à son arrivée, il est affecté au 22e RIC le 10/09/1914.
Nommé Caporal le 18/09/1914 puis Sergent le 16/10/1914
Promu Sous Lieutenant à titre temporaire le 07/01/1915, il passe au 42e RIC :




Avec ses frères d'arme
"Souain, le 25 Août 1915"

3 jours avant sa mort, Georges adresse cette très émouvante carte photo à son épouse :

Tué au champ d'honneur le jour de la Grande Offensive, Georges ne rentrera pas...

Dès le lendemain, Louise Bautheney reçoit une pension de 1.150 frs en tant que veuve d'un Sous-Lieutenant.

Chevalier de la Légion d’Honneur à titre posthume le 31/03/1920
"Vaillant Officier, dévoué et courageux. Glorieusement tombé pour le Salut de la Patrie le 25/09/1915
à Souain".


Croix de Guerre avec Etoile de Vermeil

Georges Bautheney est inhumé à la Nécropole de La Crouée à Souain-Pertes-lès-Hurlus carré 1E, tombe n°6153


(avec l’aimable autorisation de son arrière-arrière petit-fils Mr Steven LANDRE, "gardien" de la mémoire familiale)




MORT POUR LA FRANCE au Nord de la ferme de Beauséjour le 20/12/1914
Louis dit Abel CASTILLON, 29 ans
Herm puis Magescq, LANDES
33e RIC, 1er Bataillon, 14e Cie

Né le 22/04/1885, fils de Vincent Castillon et Marie Puyobreau ; classe 1905, matricule 1977 au recrutement de Bayonne.
Profession : Résinier
1,69m, cheveux noirs, yeus châtains

A épousé à Magescq en 1913 Marguerite Courau

Mobilisé le 03/08/1914 au 33e RIC, régiment de réserve du 3e RIC

Dès le 20/10/1914, il tient les secteurs de Virginy, Minaucourt et Massiges, où il prend une part brillante aux affaires de Minaucourt (11/11/1914), tranchée du Calvaire (20/12/1914)

La 15e Cie à laquelle appartient Alphonse BERGES vient relever la sienne...

Louis Abel CASTILLON est tué le 20/12/1914 au cours de ces terribles combats :

Probablement inhumé dans une fosse commune, il repose aujourd'hui dans l'un des ossuaires de la Nécropole Militaire du Pont de Marson.

(avec l’aimable autorisation de Mr David Cavalier)

 

 

DISPARU MPLF au Nord de la ferme de Beauséjour le 20/12/1914
Alphonse BERGEZ (BERGES), 29 ans
Magescq, LANDES
33e RIC, 1er Bataillon, 15e Cie

Né le 27/09/1885, fils de François Bergez et Catherine Prat ; un frère jumeau MPLF en 1916.

Classe 1905, matricule 2220 au recrutement de Bayonne
Profession : Scieur
1,63m, cheveux et yeux noirs

A épousé en 1910 à Magescq Marie Courteau


Rappelé au 3e RIC le 03/08/1914, soldat de 1ère classe
Passé le 07/08/1914 au 33e RIC, régiment de réserve du 3e RIC.

Dès le 20/10/1914, il tient les secteurs de Virginy, Minaucourt et Massiges, où il prend une part brillante aux affaires de Minaucourt (11/11/1914), tranchée du Calvaire (20/12/1914)

Le 20/12/1914, le régiment participe à l'attaque des tranchées allemandes au Nord de la ferme Beauséjour.

Le 1er Bataillon fait partie des troupes d'attaque.

13e et 14e Cies dans les tranchées conjuguées ; 15e et 16e Cies Ravin de Marson

A 9h15 les 13e et 14e Cies (où combat Abel Castillon) enlèvent les tranchées allemandes E et sont remplacées dans les tranchées conjuguée par les 15e et 16e Cies.

Alphonse BERGES ne rentrera pas...

(JMO du 33e RIC)

Le jugement de décès ayant été rendu en 1918 (et non à partir de 1920 pour les disparus), son corps aura été relevé et ré-inhumé dans l'un des ossuaires de la Nécropole militaire du Pont de Marson.

Son frère jumeau Cyprien meurt à son tour à Verdun le 17/05/1916



(avec l’aimable autorisation de Mr Serge Dumartin)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915

Eugène ROUYER, 34 ans

Esnes, MEUSE

Adjudant au 21e RIC, Chef de section de la 10e Cie, 3e Bataillon Le Boulanger

Né le 24/07/1881, fils de Nicolas Rouyer et Amélie Nourissier ; classe 1900, matricule 1426 au recrutement de Verdun.

1,79 m ; cheveux blond foncé, yeux gris

Engagé Volontaire pour 4 ans le 04/11/1901 à la mairie de Verdun pour le 91e RI, soldat de 1ère classe le 26/09/1902, Caporal le 26/09/1903

Rengagé pour 2 ans le 09/01/1905 comme soldat de 2e classe au 8e RIC

Campagne de Cochinchine du 01/03/1905 au 11e RIC au 08/05/1908 : soldat de 1ère classe le 01/05/1906, se rengage à Saigon pour 5 ans à compter du 04/11/1907.

Passé au 21e RIC le 10/04/1908, Caporal le 01/01/1910, Sergent le 01/07/1911

Afrique Occidentale française du 30/07/1911 au 17/10/1911 puis Territoire du Niger en guerre du 18/10/1911 au 09/11/1913 : passé au 1er sénégalais n°5 le 18/10/1912, rengagé pour 4 ans le 12/06/1912.

Parti en campagne avec le 41e RIC le 08/08/1914

Evacué le 23/09/1914 pour "bronchite aigue", rentré au dépot le 10/10/1914, reparti rejoindre le 21e RIC en campagne le 14/11/1914.

Nommé Adjudant le 24/02/1915

Son régiment est engagé à Massiges dans la 2ème grande Offensive de Champagne : Eugène ROUYER est Chef de section :

Dans la nuit du 24 au 25/09/1915 le régiment est mis en place. A 4 heures, son dispositif d'attaque est complètement réalisé. Il a pour mission de conquérir la portion de la position de Massiges formée par la côte 191 et la caponnière de l'Arbre aux Vaches. Un jour gris et pluvieux se lève. Les premiers coups de canon se font entendre, puis leur voix s'enfle et s'étend. C'est la préparation d'artillerie qui reprend, précise, condensée et puissante.

9 h.15. — Bloc homogène, véritable schéma du dispositif offensif, la première vague d'assaut bondit en avant.

Le bataillon LE BOULANGER est à droite, le bataillon Ducrot à gauche, leurs chefs en tête. Dans un ordre impressionnant les vagues successives surgissent et déferlent.

Mais l'œuvre du canon est restée incomplète ; l'ennemi est encore là.

La lutte s'engage, âpre et farouche de part et d'autre. De tous côtés les balles sifflent, les mitrailleuses crépitent, fauchant nos rangs. Sur la droite, devant les rafales meurtrières, il y a un moment d'hésitation ; les éléments de tête se plaquent au sol. « En avant, mes amis » crie le capitaine Charlemagne qui tombe quelques pas plus loin, mortellement frappé. Électrisé par l'exemple, la ligne toute entière se rue à nouveau, franchit les réseaux restés intacts et court à la deuxième tranchée dont elle s'empare après un combat forcené au cours duquel les capitaines Moutot et CHAPUIS tombent à leur tour. Le barrage d'artillerie s'intensifie, les feux de mitrailleuses se resserrent et se précisent, partant de blockhaus inexpugnables.

Tandis que le 1er Bataillon a pu aborder 191 par des brêches suffisamment larges dans les réseaux de fil de fer le Bataillon de droite - 3e Bataillon, Commandant Le Boulanger - se trouve en présence de terribles difficultés. La 3e Vague du Bataillon le Boulanger dont la marche déjà ralentie par les pertes subies du fait des mitrailleuses et de l'artillerie de Servon, a son élan également brisé ; elle s'arrête à la tranchée de la Caponnière.

(JMO du 21e RIC)

Réduit à 170 hommes, le bataillon Le Boulanger occupe la tranchée de Lissa conquise de haute lutte et s'y maintient opiniâtrement en dépit des tentatives acharnées de l'ennemi pour y reprendre pied.Ce combat à la grenade est resté légendaire au régiment.

Le jour tombe, la bataille s'apaise. Tranchée de Lissa, fortin de la Caponnière, Arbre aux Vaches, formidable position de la cote 191, muets témoins de tant d'actes de sublime héroïsme qui resteront à jamais inconnus, vous êtes nôtres, mais votre conquête, admirable fait d'armes qui semblait impossible, a coûté au régiment des pertes sans précédent : 35 officiers et 1.608 hommes hors de combat sont la lourde rançon de cette journée de victoire. Le canon s'est tu, et le silence de la nuit n'est plus troublé que par les plaintes des mourants et les gémissements des blessés dont l'évacuation se poursuit.

C'est là que le soldat Vercher, amené au poste de secours, meurt en disant au médecin qui le réconforte : "Ça va bien. C'est pour le pays... Vive la France !" (Historique du 21e RIC)

 

Mort au champ d'honneur, Eugène ROUYER est primo-inhumé au cimetière provisoire "Propriété Varoquier" de Virginy. En 1923, il est ré-inhumé à la Nécropole militire du Pont de Marson, tombe 4244

(Photo à venir)

Monument Aux Morts d'Esnes-en-Argonne où son nom est gravé

IN MEMORIAM :

A tous les Marsouins qui,

De leur vie, de leur sang ou de leurs efforts

Les ont écrites,

Ces pages sont dédiées.

(Historique du 21e RIC)

(Nous remercions Mr Serge Thierion, Président de l'association "les Amis de Vauquois", qui nous a confié cette magnifique plaque de cimetière conservée par la famille du soldat)

 

 

Blessé aux Mamelles, MPLF à PERTHES-LES-HURLUS le 27/09/1915

Clément POISSON au 137e RI, 35 ans

Legé, LOIRE-INFERIEURE

Né le 22/07/1880, fils de feu Jean Baptiste et de feue Marise Parois ; classe 1900, matricule 1396 au recrutement de Nantes.

1,60 m ; cheveux et yeux châtain

Profession : domestique

En sursis d'appel comme homme d'équipe à Aigrefeuille (chemin de fer de Nantes-Legé) du 2 au 17/08/1914.

Rappelé au 65 de ligne le 05/09/1914, passé au 137e ri (détachement de renfort du 08/11/1914)

Son régiment est engagé dans la Grande Offensive de Septembre 1915.

Le 25/09/1915, à 09h15, attaque générale

Son ultime combat :

(Extrait du JMO)

"Le capitaine Charrier enfant du pays l'a vu blessé dans un bois : mon aïeul aurait déclaré "pour moi la guerre est finie". (Mr Michel Legrand, son petit-fils)

Transporté au poste de secours puis probablement à l'ambulance de Perthes-les-Hurlus - quelques kms à l'arrière - son évacuation est décidée avec une affectation (fiche ci-dessous) dans un train sanitaire qui doit le transporter vers un Hôpital d' évacuation.

Fiche d'évacuation attachée sur un bouton de son vêtement.

"Sur sa fiche, une décision importante : Injection de sérum antitétanique à pratiquer le plus tôt possible, preuve qu'il était bien vivant au moment où cette fiche est attachée sur un bouton de son vêtement." (Robert Beaufrère, bénévole)

Clément Poisson n'arrivera malheureusement jamais à destination...

Probablement décédé au tout début de cet éprouvant voyage (lieu de décès établi à Perthes-les-Hurlus), son corps aura été débarqué à La croix en Champagne où l’inventaire a été fait, comme mentionné sur sa fiche.

Sa fiche est renvoyée à la famille avec, au verso, la liste des effets restitués (billets, porte-monnaie, alliance et livret militaire).

Mort le 27/09/1915 des suites d'une blessure pénétrante au dos probablement infligée la veille dans l'attaque vers les mamelles depuis le ravin de la goutte, Clément Poisson aura été inhumé dans un des cimetières provisoires de La Croix-en-Champagne puis ré-inhumé en 1922 dans l'un des ossuaires de la Nécropole de Saint-Jean-sur-Tourbe.

Monument Aux Morts de Legé sur lequel son nom est inscrit

(Avec l'aimable autorisation de Michel Legrand, son petit-fils, sur les pas de son grand-père en septembre 2016)

 

DISPARU MPLF au Calvaire de BEAUSEJOUR le 20/12/1914

Louis ASSEMAT au 22e RIC, 1ère Cie, 33 ans

Lamontélarié, TARN

Né le 21/10/1881, fils de feu Augustin Assemat et Philippine Cauquil ; classe 1901, matricule 1502 au recrutement de Carcassonne.

Profession : cultivateur

1,64 m ; cheveux bruns, yeux gris, menton à fossette

A épousé Justine Bourdié le 26/10/1913 : enceinte depuis Juin 1914, elle donnera naissance le 17/03/1915 à leur unique enfant, un garçon prénommé Gemain,Louis (prénom usuel).
Louis Assémat Junior classe 1935 au 5 e G.R.D.J a fait la Sarre,la Belgique,la Hollande, a été pris à Bray le 28/05/1940 soit au total 7 ans.

 

Rappelé à l'activité le 01/08/1914, passé au 22e RIC

En décembre, son régiment est engagé au Nord de la ferme de Beauséjour.

Le 20/12/1914, Louis Assémat livre son dernier combat :

(Extraits du JMO)

Les pertes éprouvées pour cette seule journée, sont de 27 tués (38 au final), 151 blessés et 119 DISPARUS, dont 117 pour sa seule Cie !!!

La disparition de ce peloton de la 1ere Cie a fait l'objet d'un rapport spécial...relatant un "incident" dû au désir de faire des prisonniers (donc on ne supprime pas d'ennemi)...et à l' excès de confiance dans la parole des allemands souhaitant se rendre (...)
"Il faut en déduire que les disparus sont des prisonniers.
Il est probable que la situation se soit retournée contre la 1e Cie lors d'une contre-attaque et que celle-ci ait, à son tour, été faite prisonnière".
(Robert Beaufrère, bénévole chargé de recherches)

Quel a été le destin de Louis Assémat ? Son nom n'apparaît sur aucune liste de prisonniers.

Mortellement blessé, a t'il été relevé sans avoir pu être identifié (en début de guerre, 1 seule plaque d'identité) et inhumé sur place par ses frères d'arme ou par les allemands ?

Aujourd'hui sur terrain militaire, les terres de Beauséjour n'ont jamais été remises en culture.

Elles demeurent le tombeau de nombreux hommes...

(Avec l'aimable autorisation de Mr et Mme Fourgassié Marie-Odile - née Assémat - sa petite-fille et fille unique de Louis Assémat junior)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915

Pierre-Antoine DEGLI-INNOCENTI au 8e RIC, 27 ans

Corbara, HAUTE-CORSE

(Son portrait peint par Carl Theodor Prötzen, interné au couvent de Corbara. Artiste allemand de renom, il a laissé beaucoup de toiles en Corse avant de faire, de retour en Allemagne, une belle carrière d'artiste)

Né le 15/09/1888, fils d' Antoine Joseph Degli-Innocenti et Marie Anne Orsini ; classe 1908, matricule 2524 au recrutement d' Ajaccio.

1,71 m ; cheveux roux, yeux gris

Profession : maçon

Incorporé au 8e RIC à compter du 19/02/1915

"Contrairement à son beau-frère, mon grand-père, qui n'a jamais douté qu'il reviendrait et qui, en effet, est revenu, Pierre-Antoine, lui, connaissait son destin adverse.

Arrivé au Calvaire du village, il est revenu sur ses pas, et a dit à ses soeurs : « embrassez -moi une dernière fois, vous ne me reverrez plus. »  

 

Parti en détachement le 05/06/1915 rejoignant le Corps Colonial

Pierre-Antoine Degli Innocenti est tué à l'ennemi le 25/09/1915 à la Main de Massiges dans l’attaque de la Côte 191.

(Historique du 8e RIC)

Probablement inhumé dans le cimetière provisoire de la pointe du Promontoire, son corps a été transféré en 1923 à la Nécropole du Pont de Marson en ossuaire ou dans l'une des nombreuses tombes qui abrite un soldat inconnu...

En effet, lors de la translation des corps, de nombreux corps ont malheureusement perdu tout élément d' identification (fragile bouteille-renfermant leur identité-disparue ; grande confusion autour du relevage des corps par les troupes indochinoises etc...)

"Ses soeurs n'avaient pas même su le lieu précis de sa mort (...) Quand mes parents étaient vivants, ils avaient bien cherché à retrouver sa tombe mais à l'époque l'acte de décès indiquait sobrement Champagne...quelques années plus tard, Marne a été ajouté, et ce n'est que depuis peu que je connais le lieu exact de sépulture de Pierre Antoine Innocenti."

Bouleversantes, "les dernières phrases léguées par Pierre-Antoine à ses soeurs représenteront, finalement, une belle revanche sur son mince destin et sa brève vie. Son prénom a été donné à plusieurs enfants de la génération suivante (ma mère, par exemple, s'appelait Pierrine Antoinette en son honneur)."

(Monique Amigues, sa petite-nièce, avec son aimable autorisation)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à VIRGINY le 15/11/1915

Sapeur Rose Théophile DEUIL au 1er GENIE

Quincy-Voisins, SEINE ET MARNE

(Photo remise à son fils à sa majorité par la DDASS)

Né le 03/10/1887, fils de feu David Deuil et Augustine Gaillardon ; classe 1907, matricule 685 au recrutement de Coulommiers.

1,68 m ; cheveux châtains, yeux bleu foncé

Profession : carrier

Tué le 15/11/1915 devant Virginy, Rose Deuil est primo-inhumé au cimetière provisoire "Propriété Varoquier" puis en 1923, ré-inhumé à la Nécropole militaire du Pont de Marson, tombe 3965.

 

 

Son fils Bayard, orphelin à 3 ans, est placé à la DDASS dans la Nièvre.

Rose Théophile Deuil et son fils

Bayard Deuil à la BA 112 à Reims en Avril 1935

(Avec l'aimable autorisation de Mme Viviane Deuil épouse Doudeau, petite-fille de Rose, et fille de Bayard. Elle s'est rendue à Massiges en 2013 et a écrit :"Ce que la guerre a détruit est immense dans les coeurs ..." )

 

DISPARU MPLF à MASSIGES (Côte 191) le 15/09/1914

Jules AUGER au 4e RIC, 32 ans

Castres, TARN

Né le 06/08/1882, fils de Joseph Auger et Rosalie Gasc ; classe 1902, matricule 830 au recrutement de Carcassonne.

1,64 m ; cheveux et yeux châtains

Profession : cultivateur à Saix

A épousé Victorine Solomiac le 09/04/1910

Arrivé au 8e RIC le 12/08/1914

Carte postale de Jules Auger écrite de Toulon quelques jours avant le départ vers le front.

Passé au 4e RIC le 30/08/1914

Le 14 septembre 1914, son régiment cantonne à Virginy.

Le 15 septembre, la Division marche à l’attaque de la côte 191 : 3 tués, 16 blessés par le feu d’artillerie (En réalité, plus de 15 morts enregistrés à cette date après le conflit)

Jules Auger ne rentrera pas...Porté disparu, son acte de décès ne sera dressé que le 22/10/1920, une fois les prisonniers de guerre rentrés. Jusqu'à cette date, sa veuve ne percevra aucune aide de l'Etat.

Avec une moyenne de 4000 morts par jour d’août à septembre 1914, de nombreuses fosses communes ont été creusées. Elles accueillent jusqu'à 100 corps de soldats, identifiés comme non-identifiés. Avec une seule plaque d'identité en début de guerre, celle de Jules Auger a probablement été arrachée ou désintégrée au moment de sa mort. Il repose très probablement avec François Arnaud, dans l'un des ossuaires de la Nécropole du Pont de Marson.

Médaille Militaire posthume

Jules Auger laisse une veuve et une enfant, Maria âgée de 18 mois (décédée le 18/07/2005)
Victorine ne se remariera jamais.

Victorine Auger, sa veuve à droite et sa mère Louise (belle-mère de Jules) à gauche

De gauche à droite, Bastien Pagès son arrière-arrière petit-fils, Marie Pagès son arrière petite-fille et Rémi Puget son petit-fils, photographiés devant la métairie de Jules Auger située sur la commune de Navès.
Bastien Pagès et Laurent Pagès, de visite à Massiges en août 2015.

(Avec l'aimable autorisation de Mr et Mme Laurent et Marie Pagès, son arrière petite-fille)

 

De villages voisins, ces 2 soldats se connaissaient !

 

DISPARU MPLF à Massiges le 16/09/1914

François ARNAUD au 4e RIC, 32 ans

Pont-de-Larn, TARN

Né le 11/05/1882, fils de Jean (François) et de Marie Nègre ; classe 1902, matricule 1131 au recrutement de Carcassonne.

1,56 m ; cheveux châtains et yeux bruns

Profession : cultivateur à Labruguière où il se marie le 22/04/1909 avec Léonie Guilhot : un fils Alfred (François) né le 20/01/1910 et une fille Maria (Emilie) née le 03/02/1913.

Soldat de 1ère Classe le 11/05/1906

Rappelé au 8e R.I.C le 02/08/1914, passé au 4e R.I.C. le 30/08/1914

Extraits du JMO :

François Arnaud est probablement l'un d'eux, tombé au champ d'honneur le 16/09/1914 à Massiges.

Avec l'hécatombe du début de guerre, le Général Joffre donne des consignes pour les inhumations en fosses communes, jusqu'à 100 corps.

Comme de nombreux camarades disparus en début de guerre, son corps non-identifié aura été relevé dans les jours ou les années qui ont suivis, et il repose avec Jules Auger, dans l'un des ossuaires de la Nécropole du Pont de Marson.

"Mon arrière grand-mère Léonie, veuve en 1914, ne s'est jamais remariée (elle est décédée en 1980); elle ne s'est jamais rendue à Massiges".

(Avec l'aimable autorisation de Guy-Noël Dupré, son arrière petit-fils en visite à Massiges le 11/11/2016)

 


MORT POUR LA FRANCE à PERTHES-LES-HURLUS le 15/10/1915

Capitaine Constant LALLEMAND, 31 ans

Commandant la 8e Batterie du 17e Régiment d' Artillerie de Campagne (RAC)

Né le 13/05/1884, à Blamont, Meurthe et Moselle 
fils de Gustave Lallemand et Célestine Huin  
classe 1904, matricule 1260, recrutement de Nancy
Saint-Cyrien promotion "Sud-Oranais"
Sous-Lieutenant au 3e Tirailleurs
Médaille du Maroc
Officier d'infanterie passé dans l'artillerie au 17e RAC
Croix de guerre, 4 palmes

Chevalier de la Légion d’Honneur

A partir d’août 1914, le Capitaine Lallemand fait campagne avec son régiment, mis à la disposition de la 3è D.I., dans la Marne et la Meuse (Argonne, Woëvre et Hauts de Meuse).

A la fin de septembre 1915, une vaste offensive est lancée en Champagne.

"Le 24 septembre 1915, par deux jours de marche forcée, la 3e Division d’Infanterie se porte à Perthes dans la Marne. Engagés dès leur arrivée, les groupes du 17e RA prennent position devant la butte et le village de Tahure, qui fûrent enlevés le 6 octobre.
Dès la mise en batterie et pendant tout le mois d’octobre, un bombardement intense, souvent par obus à gaz, creusa des vides quotidiens. Plusieurs des meilleurs officiers payèrent de leur vie ce succès partiel. Le Capitaine Lallemand, commandant la 8è batterie,(est) tué à son poste de commandement. »
(Extrait de l’historique du 17è RAC)
Le Capitaine Lallemand est mortellement atteint par un obus aveugle à son poste d’observation habituel du Bois du Paon, en direction de la butte de Tahure alors reprise par l’ennemi, à Perthes les Hurlus, le 15 octobre 1915.

Dernière de ses 5 citations :

« Officier d’une activité et d’une valeur exceptionnelles, ayant commandé brillamment sa batterie depuis le début de la campagne et rendu les plus grands services au corps d’armée. Plusieurs fois cité à l’Ordre de l’Armée pour sa grande bravoure. Tué à un observatoire très exposé alors qu’il réglait le tir de ses pièces, le 15 octobre 1915. »

"En observation dans la tranchée. Capitaine Lallemand et Carré"

"Le capitaine Lallemand en observation dans la tranchée de Sonvaux" (les Eparges)


Extrait du Tableau d'Honneur de l'Illustration 14-18

(Avec l’aimable autorisation de MM. François, Philippe et Yves Toffin, petits-fils de Constant Lallemand. Nous remercions M. Yves Toffin pour son don)

 

 

Combats de Tahure d' Octobre 1917 à Mars 1918

Lieutenant-Colonel Louis de VERDELON

Marcolès, CANTAL

Chef d'Escouade au 49e Régiment d'Infanterie (RI)

Né le 7 janvier 1868, fils de Georges de Verdelon (notaire et Maire) et Marie Cécile Perrin ; classe 1898, matricule 1308.

1,68 m ; cheveux bruns, yeux bleus

Marié le 12/06/1895 à Marguerite Blot

Engagé volontaire pour 3 ans à la Mairie d' Aurillac, incorporé au 9e Hussards le 14/10/1889

Saint-Cyr Promotion 1890-1892 de Cronstad

Promu Sous-Lieutenant en 1892, puis Lieutenant en 1894 au 13e Chasseurs

Passé au 10e Chasseurs en 1895 ; Capitaine adjoint au Colonel le 01/07/1913

Promu Chef d'Escadron le 03/09/1915, affecté au 10e Hussards le 09/09/1915

Chevalier de la Légion d'Honneur le 16/01/1915

Croix de Guerre, 2 étoiles

Affecté au 49e RI comme adjoint au Chef de Corps le 21/03/1916

Citations :

- "chef d'escadron adjoint au chef de corps. Au front depuis le début de la campagne. a participé à de nombreuses affaires. s'est toujours fait remarquer par sa belle attitude au feu en particulier le 25 mai 1916 en dirigeant sous un violent bombardement l'aménagement de la zone de 1ère ligne".

- "a fait oeuvre de chef en menant avec brio et audace l'avant-garde d'une division de cavalerie du 16 au 19 Octobre 1918 (à Tahure). a saisi avec une grande décision le premier indice de repli d'un ennemi fortement organisé pour lancer ses troupes en avant. accueilli par des feux croisés de mitrailleuses et un violent tir d'interdiction d'obus explosifs. a su habilement conserver le terrain conquis en évitant des pertes inutiles".

TAHURE de Janvier à Mars 1918 :

Groupe d'officiers, mon arrière grand-père Louis de Verdelon est dans l'abri tenant une canne.

"Hiver 1918

Poste de Commandement du Colonel de France commandant le 49e RI 36e Division du 18e Corps au point dit "Les Perdreaux en Champagne" 2 Mil ouest de la Main de Massiges, 3 ou 4 km nord de Perthes les Hurlus.

De droite à gauche : Aumonier Blazy, Commandant de Verdelon, Capitaine Mocquillon, Colonel de France, Lieutenant x, Lieutenant y, Médecin major (assis) Lieutenant z, Lieutenant"

Emplacement du PC des Perdreaux juste en dessous du Bois des Perdreaux

Passé au 12e Dragons le 13/06/1918

Officier de la Légion d'Honneur le 28/09/1924

"La terrible ironie de l'existence de mon arrière grand-père est qu'il ait réussi a survivre à toute la première guerre mondiale alors que ses deux fils, tous deux Saint Cyriens comme lui sont morts pendant la seconde à savoir Capitaine Marc de Verdelon (né le 25 mars 1904) mort au champ d'honneur le 12 mai 1940 à Rochefort (Belgique) et Capitaine Paul de Verdelon (né le 7 janvier 1902) mort pour la France le 16 septembre 1942 à Thiès au Sénégal de la fièvre bilieuse hématurique en tant que commandant d’un escadron motos et side-cars de 12ème G.A.C.A. (Groupe Autonome du 1er régiment de Chasseurs d’Afrique). Ce dernier était mon grand père maternel".

Louis de Verdelon est décédé le 20 décembre 1951 , à l’âge de 83 ans


(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Ghyslain Brochant de Villiers, son arrière petit-fils)

 

 

195 PLAQUES RESTITUEES !

(Merci encore à Annie Mandrin et Robert Beaufrère, nos deux bénévoles sans lesquels beaucoup de ces recherches n'auraient pu aboutir !)

 

 

"Les soldats victorieux et las rentreront chez eux.

Mais vous, vous ne rentrerez jamais."

(Roland Dorgelès,les croix de bois, 1919)

 

 

Des familles toujours plus nombreuses entreprennent ce bien émouvant voyage de mémoire. Aujourd'hui encore, cette mémoire reste vive, parfois douloureuse en l'absence de lieu de sépulture : pour ces familles de disparus, combien de deuils impossibles laissés en héritage, transmis de génération en génération?

Nous dédions cet espace aux familles qui souhaitent continuer de faire vivre la mémoire de leur proche : ultime hommage à ces hommes qui s'en furent sur le chemin parfois sans retour qui montait vers l'Histoire.

Un soldat sur trois des classes 14 et 15 n’est jamais rentré !

"C'est toute une génération qui est "montée en ligne" comme à l'autel du sacrifice.

"Là-haut". (Michel De Jaeghere, le Figaro 2006)

Merci de nous aider à sauvegarder cette inestimable mémoire en nous adressant vos documents par mail ou par courrier (coordonnées dans Association et Adhésion).

 

 

Ajouts de Février 2017 :

Norbert Arrivé 6e RI (MPLF à Mesnil-les-Hurlus le 01/03/1916) ; Elie Cadéot 20e RI (MPLF aux Hurlus le 01/10/1914) ; Georges Baudin 26e RI (Combats de la Butte du Mesnil du 25/09 au 06/10/1915) ; Colonel Louis de Verdelon 49e RI (Combats de Tahure d'octobre 1917 à mars 1918) ; Justin Dupieu 80e RI (Disparu MPLF à Massiges le 06/10/1915 et retrouvé en 1999) ; Henri Quenivet 110e RI (MPLF à Mesnil-les-Hurlus le 12/02/1915) ; Noel Leveau 117e RI (MPLF à Massiges le 06/03/1916)

Ajouts de Janvier 2017 :

Louis Jacobe de Goncourg 8e RI (MPLF à Mesnil-Les-Hurlus le 04/03/1915), Maurice son père, et Joseph son oncle ; Octave Barré 15e RI (Disparu MPLF à Massiges le 26/09/1915) et Edouard Soulié 15e RI (MPLF à Massiges le 26/09/1915) ; Pierre Dumage 20e RI (MPLF à Mesnil-les-Hurlus le 29/12/1914) ; Alexandre Martnaud 81e RI (Disparu MPLF à Beauséjour le 12/05/1915) ; Justin Montangnier 95e RI (MPLF à Massiges) ; Gaston Vallet 101/102e RI (Plaque trouvée par Eric Marchal à Perthes-les-Hurlus) Alexandre Blotas 115e RI (MPLF à la Main de Massiges le 08/03/1916) et son frère Alphonse Blotas 115e RI (MPLF le 23/09/1917) ; Henri Rohé 115e RI (MPLF des suites de blessures à Massiges le 27/07/1916 ; plaque trouvée à Massiges par Eric Marchal) ; Auguste LUEGER 117e RI (MPLF à Massiges le 08/04/1916) ; Charles Heymann 115e RI (MPLF à Main de Massiges le 15/03/1916) ; André Marchand 115e RI (Combats de Massiges de 1916) ; Isidore Ravary 124e RI (Combats de Perthes-les-Hurlus en février 1915 et de Massiges en février et mars 1916) ; Marcel Caillaux 134e RI (Plaque trouvée par Eric Marchal à Maisons de Champagne)