En 1914 et 1915, le 21e RIC combat aux côtés du 23e RIC à : Ville-sur-Tourbe, Bois d'Hauzy, Beauséjour, Massiges, et Côte 191.

Accès simplifié aux nouveaux soldats de 2017 depuis la page d'accueil, dans INTRODUCTION

Ajouts Juin 2017 : Fernand BLAISE 23e RIC (Disparu à Massiges le 05/02/1915, prisonnier à Darmstadt)

Ajouts Mai 2017 : Gustave BALLOIS 23e RIC (MPLF à Massiges le 23/09/1915)

Ajouts Avril 2017 : Albert PIFFARD 23e RIC (MPLF à Massiges le 05/02/1915) ; Jules MENAGER 23e RIC (MPLF à Massiges le 25/09/1915) ; Ajouts Mars 2017 : Capitaine Louis RAVIGNON au 21e RIC (MPLF à Massiges le 25/09/1915) ; Adjudant Eugène ROUYER au 21e RIC (MPLF à Massiges le 25/09/1915) ; Ajouts Janvier 2017 : Caporal Pierre MALHIE et Jean Eugène GERASSE 21e RIC (Disparus MPLF à Massiges le 03/02/1915) ; Raymond MOREAU 23e RIC (MPLF à Massiges le 25/09/1915)

(Soldats classés par régiment et par date croissante de combats à Massiges)

 

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1914 : Ville-Sur-Tourbe (Septembre), Bois d'Hauzy (Novembre)

1915 : Massiges (Janvier), secteur de Beauséjour, Massiges (Février), Côte 191 (Septembre)

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DISPARU à MASSIGES le 03/02/1915, MPLF le 06/12/1918

Caporal Pierre MALHIE 21e RIC, 7e Cie

Saint Christophe, CANTAL

Né le 16/03/1891, fils d'Antoine et de Françoise Chastan ; classe 1911, matricule 1306 au recrutement d'Aurillac.

1,65 m ; cheveux châtains moyens, yeux gris vert

Profession : cultivateur

Bon pour service armé en 1912, incorporé à compter du 10/10/1912 au 21e RIC, 19e section d'infirmiers

Rengagé pour 2 ans le 03/07/1913 à compter du 01/10/1914

Nommé Caporal le 06/10/1914

Le 3 février 1915 à 10 heures, après une forte préparation d'artillerie, l' ennemi donne l'assaut sur la Main de Massiges avec trois régiments de front.
Le 21e RIC supporte le gros de l'attaque, qui débute par l'explosion de trois gros fourneaux de mine sur les tranchées de l'Annulaire, occupées par nos éléments de 1re ligne (1er Bat.)"
(JMO du 21e RIC)

Suite à ce "combat de 12h acharné où des prodiges de valeur furent accomplis" le Caporal Pierre MALHIE est porté disparu...

Prisonnier à Darsmstadt Neschede le 27/04/1915, Pierre Malhié décède le 06/12/1918 des suites de maladie (broncho-pneumonie) à l' ambulance chirurgicale St Paul à Morhange (Moselle).

 

(Avec l'aimable autorisation de Yanick Malhié, son petit-neveu)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 03/02/1915

Jean Eugène GERASSE 21e RIC, 27 ans

Villapourçon, NIEVRE

 

Né le 27/01/1888, fils de Jean (couvreur),et de Blanche Torchy (ménagère). Il suit ses parents qui s’établissent à Marly le Roi (Seine et Oise) où il sera couvreur-plombier.

1,62 m ; cheveux blonds, yeux bleus

Incorporé au 95e RI de Bourges le 8 Octobre 1909, il obtient son certificat de bonne conduite à sa libération le 24/09/1911. A la déclaration de la guerre, il habite depuis 1 an à LA CELLE SAINT CLOUD, 3 rue de la Mairie. Il est alors appelé à rejoindre les «MARSOUINS» du 21ème RIC qui se constitue à PARIS.

Le 8 Août, le Régiment qui fait partie de la 5ème Brigade Coloniale, part pour la Meuse à Neuville sur Orne, puis c’est une longue marche pour être à Cléry le Petit le 15 et entrer ensuite en Belgique, pour aller jusqu’à la ville de NEUFCHATEAU, mais la région est déjà occupée et il tombe dans une véritable embuscade.

Il se bat avec force bravoure, mais doit se dégager à la baïonnette et se replier sous l’action de l’artillerie Allemande.

Les pertes sont cruelles ; 26 Officiers et 942 soldats sont tués, blessés ou disparus.

Exténués, les hommes battent en retraite jusqu’à Margut et s’endorment sous la pluie. Ils ne seront relevés que le 27.

Le 30 Août, il est à Brieulles sur Bar et dans le Bois de Sy, mais soumis à un feu d’une extrême violence d’artillerie lourde Allemande qui durera près de 5 heures, il enregistre à nouveau, la perte de 3 Officiers et 110 Soldats.
Le régiment se replie sur ordre vers Buconville, puis par étapes rejoint le 6 septembre le village d’Ecriennes (Marne), où il doit empêcher les Allemands de déboucher au sud du canal de la Marne au Rhin. Le Régiment attaque alors sur un front Luxemont-Vilotte-Vauclerc. Le combat gagne en intensité sous la mitraille et les duels d’artillerie qui vont durer une journée, causant de grosses pertes de part et d’autre, notamment pour le 21e qui perdra encore 19 Officiers et 862 Soldats. Le lendemain, le Régiment passe en réserve, mais cela ne durera pas malgré la fatigue des hommes, car le 9 alors qu’il se trouve au Mont Moret, il est accueilli par une volée de shrapnels qui fait 4 blessés, les Allemands ne cessent d’attaquer (Ferme du CALVAIRE, celle de BEAUSEJOUR), et aussi sur le Bois de VILLE, où se trouve le 21ème RIC, il reste là jusqu’au 27 et le bilan sera encore très lourd (5 Officiers et 529 hommes.). Le 28 Septembre il est relevé enfin et séjourne à DOMMARTIN sous HANS. Le surlendemain, il remonte en secteur au Bois d’HAUZY, et ce sera ainsi jusqu’en Février 1915, les séjours en ligne et en réserve se succéderont régulièrement dans un continuel combat de tranchées à tranchées, pour la défense d’un secteur marécageux dans la terre duquel on s’enlise régulièrement.

Le 2 Février le 21e tout entier est transporté au Nord de MASSIGES à la disposition de la 2ème DIC et prend position sur les pentes Sud du MONT TETU.
Depuis 2 jours, par une canonnade incessante, les Allemands manifestent une activité anormale, et le 3 Février à 10 Heures, ils donnent l’assaut sur La MAIN de MASSIGES, avec 3 Régiments de front. Le 21ème supporte le gros de l’attaque qui débute par l’explosion de 3 gros fourneaux de mine sur les tranchées de l’Annulaire occupées par le 1er Bataillon. 2 Compagnies sont ensevelies et subissent de lourdes pertes et le Capitaine MARTY est tué.
Au MEDIUS, tenu par le 2ème Bataillon, les vagues d’assaut sont reçues par une vive fusillade qui déconcertent les assaillants et le combat s’engage dans les boyaux où les Allemands sont arrêtés, n’ayant pu progresser que sur les points d’explosions de leurs mines, mais la position de l’Annulaire a cédé. Ce n’est qu’en arrière de la TOURBE que le Capitaine FOUCHER réussira à regrouper 70 survivants des explosions. La situation devient critique, car de l’Annulaire avec leurs mitrailleuses les Allemands déciment les défenseurs du RAVIN des ABEILLES. Toutes les liaisons téléphoniques sont coupées, mais des barrages sont établis et les réserves engagées les défendent avec fureur malgré la supériorité en nombre et en armement de l’ennemi, qui dispose notamment d’une grande quantité de grenades, engin presque encore inconnu des hommes du 21ème. Malgré tout la défense acharnée réussit a enrayer la progression des colonnes d’attaque qui s’arrêtent à bout de souffle, mais se maintiennent sur l’Annulaire et sur les première tranchées du médius. (JMO)

Les pertes au combat de MASSIGES seront énormes, 20 Officiers et 890 Soldats dont Jean Eugène GERASSE.

Citation : " Excellent soldat est tombé glorieusement au champ d'honneur le 3 février 1915 à Massiges en faisant vaillamment son devoir."

Médaille Militaire, Croix de guerre, Etoile de bronze


En mars 2012, les restes de 2 soldats français ont été découverts sur le site lors de travaux d’aménagement des tranchées par l’Association. Malheureusement, ils ne portaient plus leurs plaques d’identité.

Ils ont désormais rejoint les 21000 Soldats qui reposent dans la Nécropole du Pont de Marson, où tous les honneurs militaires leur ont été rendus.

Jean Eugène GERASSE est peut-être l’un d’entre eux...

(Avec l'aimable autorisation de Claude FEBVRE)


 

BLESSE lors de l' attaque de la MAIN de MASSIGES du 03/02/1915

Marcel HAINAUT 21e RIC

Paris, SEINE puis SARTHE

Né le 10/02/1889, fils de Laure Hainaut qui le confie à l' Assistance Publique ; classe 1909, matricule 1101.

Profession : boucher à St Georges-du-Rosay (Sarthe)

1,65 m ; cheveux châtain blond, yeux bleus

Marié le 31/03/1913 avec Louise Richard : 2 enfants, Hélène et Gaston.

Rappelé au 26e BCP le 03/08/1914 puis passé au 21e RIC.

Blessé le 3 février 1915 à l' Annulaire de la Main de Massiges : "plaie superficielle bras gauche, plaie pénétrante au thorax, épanchement pleural".

Les pertes dans son régiment s'élèvent à 20 officiers et 800 soldats...

(Marcel lors de sa convalescence à Clermont-Ferrand)

Réformé en juillet 1916 pour infirmité résultant de blessures reçues en service commandé.

Pension de 10% pour "large cicatrice adhérente à une perte de substance osseuse au niveau de la fourchette sternale, névralgies".

Cet enfer qu'il voulait désespérément chasser de sa mémoire se rappelle à lui : il gardera toute sa vie un éclat d'obus placé trop près de l'aorte pour être extrait.

Marcel Hainaut décède le 13/07/1952 à St Georges-du-Rosay (Sarthe)

(Avec l'aimable autorisation de Mme Françoise Chevalier-Boutillier, sa petite-fille)

 

 

BLESSE à MASSIGES le 03/02/1915, MPLF le 10/02/1915

Corps disparu dans les années 20

Raymond BONNENFANT 21e RIC, 21 ans

Vibrac, CHARENTES

Né le 24/08/1893, fils de Jean et de Clémentine Laroche ; classe 1913, matricule au recurtement de .

1,57 m ; cheveux et yeux châtain foncé

Profession : laitier

Incorporé au 21e RIC à compter du 28/11/1913

 

"Cher beau-frère chère sœur

Reçu les colis en bon état. Merci ! C’est tout ce qu’il me fallait.
Je vous écris à la hâte, on marche de l’avant.

Toute la nuit le canon a tonné, dans une heure, on sera en plein combat, aussi ça va être dur, mais n’en parlons pas.
Allons au revoir et gardons confiance de nous embrasser bientôt.

Je pars.

A toute la famille mes bons baisers.

Raymond"

 

Frère d'arme de Clovis Pottier, il est blessé le 3 février 1915 à l’Annulaire de la Main de Massiges.

Fait prisonnier, il décède des suites de ses blessures le 10 février à l’hôpital Allemand de Vouziers.

Sa sépulture,  pourtant parfaitement identifiée et localisée en 1921, disparaîtra ensuite.
La chronique orale raconte qu’il a été fait appel à une main d’œuvre étrangère -probablement indochinoise- pour libérer le cimetière civil de ses envahisseurs.

L’allée française des soldats prisonniers décédés, était située au cœur des allées de tombes allemandes, d’où une possible confusion.
D’autres disparitions de corps de soldats inhumés en 1915, seront signalées, du côté français comme du côté allemand.

Croix de guerre, Etoile de bronze

 

 

Combats de MASSIGES de Février 1915, MPLF le 16/03/1915

Louis Emile ALLAIRE 21e RIC, 31 ans

Vernouillet, EURE-ET-LOIR

Né le 16/09/1883, fils de Jacques et d' Anastasie Gueulvée ; classe 1903, matricule 772, recrutement de Dreux. 1,66 m ; cheveux châtain, yeux gris.

Employé de commerce dans une minoterie à Chérisy, il épouse Berthe Moineaud en 1910.

Rappelé le 1er août 1914, il rejoint le 21e RIC.

Son régiment participe aux terribles combats de février 1915 à la Main de Massiges. Les pertes des seules journées du 3 et 4 février se chiffrent à près de 1000 hommes de troupe et officiers du 21e RIC !

Malade, il est évacué tardivement et entre à l'Hôpital militaire Bégin de St Mandé le 13 mars 1915.

Il meurt le 16 mars 1915 de "fièvres".

Sa jeune veuve et leurs trois jeunes fils : André, Robert et Lucien (1915)

(Avec l'aimable autorisation de Denis ALLAIRE, son petit-fils)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 03/02/1915

Achille Paul LEGENDRE 21e RIC, 30 ans

Orgeval, SEINE ET OISE

Né le 11/06/1884, fils d' Edouard et de Marie Balley (marchands de vins et épiciers) ; classe 1904, matricule 2326 au recrutement de Versailles.

Profession : cultivateur

1,60 m ; cheveux noirs, yeux gris

Photo carte envoyée par Paul à Armand et Jeanne (doyenne d' Orgeval, elle vécut jusqu'à 106 ans)

Rappelé à l'activité au 21e RIC le 01/08/1914.

Disparu à l' Annulaire lors des très violents combats du 3 février 1915.

Robert Beaufrère a retracé le parcours atypique de sa dépouille qui a connu 2 inhumations provisoires.

Après recherche (certainement de la famille) une tombe a été trouvée au cimetière Place d' Armes (Cimetière des Coloniaux) à Massiges. ce qui a permis par le jugement de 1921 de le déclarer "Tué à l'ennemi" contrairement à l'avis de 1916 qui le portait disparu.

A été transféré au cimetière Est du bas du Médius à Massiges le 05/07/1921 puis au Cimetière du Pont du Marson en janvier 1923 où nous perdons sa trace.

L'hypothèse la plus plausible serait qu'il était dans une tombe collective. Avec une seule plaque d'identité en début de guerre, le risque qu'elle soit perdue, arrachée ou devenue illisible explique que beaucoup d'identités de soldats aient été perdues au moment de l'exhumation de leur dépouille.

Il repose très probablement dans l'un des ossuaires du Pont du Marson.

Carte des cimetières provisoires de Massiges

(Avec l' aimable autorisation de Nadine Legendre, sa petite-cousine)

 

 

DISPARU MPLF à MASSIGES le 03/02/1915

Alfred DIGNE 21e RIC, 32 ans

Saint Lô, MANCHE

Le jour de son mariage

Né le 08/04/1882, fils de feu Auguste François et de feue Marie Florentine Rousselin, il exerçait la profession de journalier.

Mobilisé le 1er août, il rejoint le 21e RIC.

Il disparait dans les terribles combats du 3 février 1915 de la Main de Massiges : son corps ne sera jamais retrouvé.

"Le 3 février, vers 8h se produisit sur le secteur du bataillon le déclenchement de l'artillerie lourde allemande, accompagnée d'un nombre considérable de projectiles de "minenwerfer" ; le bombardement excessivement violent dura sans interruption pendant 3 heures. Des obus de 150 et de 210, qui arrivaient par salves, et non pas isolés comme les jours précédents, arrosaient systématiquement tout le terrain de l'Annulaire, bouleversant les tranchées de 1ère et de 2ème ligne et les boyaux de communication, et produisant déjà des pertes sérieuses et un effet moral énorme sur les hommes qui avaient reçu l'ordre d'évacuer les abris, et qui opéraient dans les boyaux des mouvements de va-et-vient, pour éviter les gros projectiles et les éboulements produits ; plusieurs hommes furent enterrés complètement.

Le terrain occupé par le bataillon devenait presque intenable ; les hommes conservaient cependant, bien que terrifiés, une bonne attitude.

Vers 11h, une détonation formidable retentit, faisant trembler la surface du sol dans tout le secteur.

La terre tremble et branle comme lors d'une explosion volcanique ou d'un tremblement de terre. Le ciel s'obscurcit. Des morceaux de craie, de sable, d'argile, sont projetés jusqu'à 100 m de haut. Sur la côte 191 apparaissent deux énormes entonnoirs de 20 à 30 m.

Des mines très violentes venaient d'éclater sur le front du bataillon (...) un nuage épais de terre et de fumée se répandit en avant des tranchées.

Les tranchées de première ligne , déjà fortement détériorées par le bombardement, s'affaissèrent, ensevelissant quelques défenseurs et ne protégeant plus les autres. Au même moment, une fusillade intense se déclancha pendant quelques minutes, suivie aussitôt de l'irruption de têtes de colonnes allemandes. Les quelques hommes restant de la 1ère ligne, complètement affolés, et toujours sous le feu des projectiles d'artillerie lourde, se retirèrent vers la 2e ligne, où l'ordre fut donné de tenir.

Les hommes de deuxième ligne , déjà fort ébranlés par le bombardement, furent terrifiés par l'arrivée de leurs camarades qui avaient escaladé les terre-pleins, et qui étaient poursuivis de près par les Allemands, et ils se ruèrent dans les boyaux conduisant au ravin de l'Annulaire (...) sous un feu effroyable d'artillerie lourde de canon de campagne et de mitrailleuses, produisant beaucoup de ravages. (Rapport du 21e RIC)

(Avec l'aimable autorisation d'Annabelle Fonseca, son arrière-petite-fille)

 

 

DISPARU MPLF à MASSIGES le 03/02/1915

Clovis POTTIER, 21e RIC, 20 ans

Tourlaville, MANCHE


« voici la crête maintenant…..un sale bout à grimper….. quelques obus choquent la terre avec un bruit sourd, en avant et à côté d’eux, ils éclatent dans un boucan infernal…….leurs pas sont lourds et l’angoisse étreint leur âme. »

(Henri Poulaille, pain de soldat : la mort au jour le jour)

Clovis Pottier était un des jeunes frères de Marie, ma grand mère paternelle.
Il aurait eu 21 ans le 28 novembre de cette année là.

1,64m. Cheveux châtains clair, yeux gris, visage oval, front ordinaire, nez moyen, selon la description militaire. Incorporé à compter du 07/09/1914, il appartenait au 21è RIC.

Tout comme lui, ses frères avaient payé un lourd tribut à cette guerre :
Joseph, du 1er RIC, avait été tué « à l’ennemi » à 26 ans, pendant le « massacre » de la bataille de Rossignol, en Belgique, le 22/08/1914.
Louis décédera en 1922 suite à ses blessures de guerre.

Alexandre, du 21è puis du 23è RIC, blessé le 24/05/1915 à Roclincourt dans le secteur d’Arras, au poste de guetteur en première ligne, et Jean rappelé dans la marine le 03/08/1914, s’en sortiront.


Clovis vivait au hameau Lucet, village de Tourlaville, près du château du même nom, célèbre par l’amour incestueux des Ravalet, à quelques centaines de mètres de la manufacture de La Glacerie d’où proviennent les verres de la Galerie des Glaces du château de Versailles, où sera signée la Paix.
Sur cette colline, verdoyante, bocagère, où son père était paysan, au pied de laquelle coulait et coule encore le Trottebec, une rivière paisible, il pouvait voir la mer et l’anse de Collignon, à l’est du port de Cherbourg.

J’ai retrouvé Clovis Pottier dans ma mémoire, mon père évoquait ses oncles quand j’étais enfant, à cause d’un séjour dans la Somme, au hasard d’un arrêt à Frise, à Albert et puis à Péronne, et, de la lecture de Blaise Cendrars, « la main coupée ».
Une porte d’entrée pour découvrir au delà de l’histoire « officielle » apprise à l’école, la vie et la mort des « poilus ».
Depuis 2006, de la mer du Nord aux Vosges, avec Hélène mon épouse, nous avons suivi, avec toujours une grande émotion, les chemins de 14-18, toujours si fréquentés, échangé avec des Britanniques, des Africains du Sud, des habitants des villages de la ligne de Front.


En Automne 2013 à la Main de Massiges, grâce à Eric Marchal, nous avons pu passer quelques heures à la Main de Massiges. Voir les derniers horizons sous le regard de Clovis Pottier et de ses compagnons de tranchée avant le pétardage des mines, le 3 février 1915.

(texte écrit par Denis Galbadon, son petit neveu)

 

 

DISPARU MPLF à MASSIGES le 03/02/1915

Etienne PETIT, 20 ans

Anet, EURE-ET-LOIR

21e RIC, 2e Cie, 7e escouade

Né le 02/03/1894, fils de Léopold et Eugénie Myard, classe 1914, matricule 712 au recrutement d' Evreux.

Profession : peintre

1,65 m ; yeux et cheveux châtains

Appelé le 01/09/1914 au 22e RAC, 2d canonnier

Passé le 18/10/1914 au 21e RIC

Disparu le 03/02/1915, présumé prisonnier, déclaré décédé en 1920

(Avec l'aimable autorisation de Jean-Pierre Myard, son neveu)

 

 

MORT POUR LA FRANCE le 04/02/1916

Alphonse LESUR 21e RIC, 23 ans

Wandignies Hamage, NORD

Né le 22/03/1891, classe 1911, matricule 1295 au recrutement de Cambrai. Le registre matricule a malheureusement été détruit par des faits de guerre.

Le 04/02/1916, il décède à l' hôpital complémentaire du Lycée Buffon (Paris 5e), des suites de blessures de guerre.

"Mon grand père, soldat au 9ème génie était allé le voir – un autre cousin  avait écrit à mon grand père le 08/01/1916 : «  je suis en permission, j’ai été voir Alphonse, je ne le trouve pas bien du tout, il est toujours comme tu l’as vu, il a bon espoir tant mieux pour lui, mais à mon idée qu’il aura du mal à revoir notre pays, c’est un malheur. Je t’envoie un bonjour de Paris, ton cousin qui t’embrasse. Charles. »

 Sa jeunesse, le fait qu’il ait été fils unique, ont profondément marqué la famille – après la mort de ses parents, mes grands parents (cousins germains) ont entretenu sa tombe , puis mes parents, mes sœurs et moi avons pris le relais…" ( Jean-Marie Libert, son petit-cousin)

 



BLESSE à MASSIGES le 25/09/1915

Arsene ALLAIN, 20 ans

St Hilaire de Harcouet, MANCHE

Soldat de 1ere classe du 21e RIC

Né le 19/07/1895, fils d' Auguste et de Victorine Anfray ; classe 1915, matricule 923

Profession : négociant en quincaillerie puis placier sur les marchés

1,68m ; cheveux et yeux marron foncé

Incorporé au 21e RIC à compter du 19/12/1914 ; soldat de 1ère Classe le 15/04/1915

Le 02/09/1915, il rédige cette lettre "testament":

Cette lettre ne sera heureusement pas ouverte, mais il sera blessé au bras droit par balle le 25/09/1915 à Massiges.

Dans une longue lettre adressée à sa mère, Arsène ALLAIN livre un inestimable témoignage des combats du 25 septembre (dans LES COMBATS DE LA MAIN puis l'offensive de septembre 1915)

Il tente ici de rassurer sa mère...avec un certain humour !

Passé au 3e RIC le 13/10/1915 puis au 35e Régiment Mixte et Sénégalais le 19/11/1915 , nommé Caporal.

Passé au 4e RIC le 08/04/1916, puis au 5e RIC le 02/09/1916

Nommé Sergent le 13/07/1917 ; il relatera en août 1917 l'incendie qui a ravagé Salonique.

Il est hospitalisé deux fois pour "embarras gastrique".

Sa dernière lettre conservée par sa famille est datée du 14/10/1917. Il fait très froid mais depuis le mois de mai, ils n'ont pour ainsi dire pas eu d'eau. Il craint que le paludisme et que la dysenterie ne fassent de nouvelles victimes. Il se fait construire une cagna en pierres pour être mieux abrité. Il demande par ailleurs de l'argent pour financer une permission qui le fera traverser pendant 15 jours la Grèce et l'Italie.

Nommé Sergent-Fourrier le 08/11/1917

Passé au 22e RIC le 23/03/1918

Hospitalisé du 03/09 au 14/10/1918, puis du 15 au 31/10/1918

Passé au 6e RIC le 24/12/1918

 

Il se marie en 1921 et aura 3 enfants.

(Avec l'aimable autorisation de M et Mme PENARD, sa petite-fille : nous les remercions vivement)

 

 

Combats de MASSIGES de Septembre 1915

Robert LEROY 23e puis 21e RIC

Bonneval, EURE-ET-LOIR

(Plaque trouvée sur la Côte 191 par Eric Marchal)

Aidée de Mme Bigot, petite-nièce du soldat, Annie a retrouvé son unique PETIT-FILS très ému !
Né le 20/09/1894, fils d' Eugène (tailleur de pierres) et de Eugénie Leroy ; 8 frères et sœurs
Classe 1914, matricule 57 au recrutement de Chartres.
Profession : Chef de culture
1,59m ; cheveux châtain noir, yeux châtain verdâtre
Incorporé le 15/12/1914, son départ au 23e RIC est repoussé au 7/05/1915 pour faiblesse. Passé au 21e RIC.

(A gauche)

Blessé le 02/07/1916 à Dampierre (Somme) par balle au côté gauche : évacué, sorti de l' hôpital le 23/07/1916. Rentré à sa Compagnie le 08/10/1916.

Citation :
"Pris sous un feu violent d'Infanterie, s'est porté bravement en avant et blessé, n'a pas voulu abandonner son matériel".
Croix de Guerre, Etoile de Vermeil
Nommé Soldat de 1ère classe le 01/01/1918, puis Caporal le 08/03/1919.

 

A épousé en 1921 à Bonneval, Charlotte Lemarie : 1 fils, Pierre

2 frères Morts pour la France : Maurice du 125e RI aux tranchées de Courcy (Marne) le 24/04/1917, et Germain du 94e RI à Landau (Allemagne) le 07/07/1919.

1 frère Gaston du groupe de cyclistes du 26e BCP blessé grièvement à Betz.

Son frère Gaston en convalescence avec le bras en écharpe, debout sur les 2 photos

Robert Leroy est décédé le 10/11/1956 à Bonneval.

(Avec l'aimable autorisation de Mme Bigot et de Philippe Leroy)

 

 

DISPARU MPLF à MASSIGES le 25/09/1915

Hilaire RABAUD 21e RIC, 32 ans

St Gilles Croix de vie, VENDEE

Beau travail de mémoire réalisé en 2000 par la mairie de St Gilles Croix de vie (Vendée), pour chacun de ses enfants morts pour la France.

Hilaire Rabaud était l'un d'eux, né le 19 septembre 1883, fils d'Armand et de Zoé Barreau.

Profession : forgeron. 1,60 m ; cheveux et yeux brun.

Marié avec Aline Picard le 31/10/1908 ; un fils, Robert, naît le 20/10/1909.

Robert Rabaud décèdera à son tour le 25/12/1944 au camp de concentration d'Ellrich.

(Avec l'aimable autorisation de son petit-neveu, Hervé RABAUD)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915

Moise Alfred JACQUET 21e RIC, 36 ans

Oizon, CHER

Né le 22/11/1878, fils de Jules et de feue Marie Soulat ; classe 1898, matricule 1390 au recrutement de Cosne.

1,62 m ; cheveux châtain, yeux gris-bleu

Profession : journalier

A la mobilisation générale, il est affecté au 81e Régiment d'Infanterie Territoriale (RIT), dans une unité non combattante. Essentiels au quotidien des soldats, de nombreux territoriaux ou "pépères" ont pourtant été tués en relevant des blessés ou des morts, en assurant le ravitaillement ou en remettant en état les tranchées.

Pour faire face à l'hémorragie des premiers mois de guerre, Moise est rappelé le 15/02/1915 en 1ère ligne, au 21e RIC, décimé lors de l' attaque du 03/02/1915 (1er combat majeur de la Main de Massiges).

Le 25/09/1915, jour de la Grande Offensive, il "tombe glorieusement au champ d' honneur de Massiges en faisant vaillamment son devoir".

Moise Jacquet est inhumé au cimetière provisoire de Virginy, tombe 333 comme indiquée sur ce document reçu par sa famille :

Il reçoit la Médaille Militaire à titre posthume :

Moise repose aujourd'hui à la Nécropole Militaire du Pont du Marson, tombe 4308

Avec son arrière petit-fils et son arrière arrière petite-fille en avril 2016.

(Avec l'aimable autorisation de Frédéric Jacquet, son arrière petit-fils)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à VIRGINY le 25/09/1915

Fabien LONGUET 21e RIC, 26 ans

Maulette, SEINE ET OISE

1,77 m ; cheveux châtain, yeux gris

Rédacteur : Marie-Jo Germain

(Avec l'aimable autorisation de la Mairie de Neauphle-le-Château et de Jean-Pierre Legrand)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à la MAIN de MASSIGES le 25/09/1915

Marie-Ange BASTARD 21e RIC, 20 ans

Saint-Jacut de la Mer, COTES-DU-NORD

Né le 20/03/1895, fils de Guillaume et de Françoise Lucas ; classe 1915, matricule 531 au recrutement de St Malo.

1,62 m ; cheveux châtain foncé, yeux marron clair

Profession : marin

Inscrit maritime versé dans l' Armée de Terre, incorporé au 21e RIC à compter du 19/12/1914

Tué à Massiges le 25/09/1915 lors de la Grande Offensive de Septembre

(Le Cratère ou Côte 191 correspond au terrain de l' Association)

Les pertes de son régiment pour cette journée s'élèvent à 35 Officiers et 1608 tués, blessés ou disparus.

Citation : "Excellent soldat. Tombé glorieusement au champ d' honneur en faisant vaillamment son devoir le 25/09/1915 à Massiges"

Inhumé à la Nécropole du Pont de Marson, tombe 4736

(Avec l' aimable autorisation de Daniel et Françoise Guichard)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915

Eugène ROUYER, 34 ans

Esnes, MEUSE

Adjudant au 21e RIC, Chef de section de la 10e Cie, 3e Bataillon Le Boulanger

Né le 24/07/1881, fils de Nicolas Rouyer et Amélie Nourissier ; classe 1900, matricule 1426 au recrutement de Verdun.

1,79 m ; cheveux blond foncé, yeux gris

Engagé Volontaire pour 4 ans le 04/11/1901 à la mairie de Verdun pour le 91e RI, soldat de 1ère classe le 26/09/1902, Caporal le 26/09/1903

Rengagé pour 2 ans le 09/01/1905 comme soldat de 2e classe au 8e RIC

Campagne de Cochinchine du 01/03/1905 au 11e RIC au 08/05/1908 : soldat de 1ère classe le 01/05/1906, se rengage à Saigon pour 5 ans à compter du 04/11/1907.

Passé au 21e RIC le 10/04/1908, Caporal le 01/01/1910, Sergent le 01/07/1911

Afrique Occidentale française du 30/07/1911 au 17/10/1911 puis Territoire du Niger en guerre du 18/10/1911 au 09/11/1913 : passé au 1er sénégalais n°5 le 18/10/1912, rengagé pour 4 ans le 12/06/1912.

Parti en campagne avec le 41e RIC le 08/08/1914

Evacué le 23/09/1914 pour "bronchite aigue", rentré au dépot le 10/10/1914, reparti rejoindre le 21e RIC en campagne le 14/11/1914.

Nommé Adjudant le 24/02/1915

Son régiment est engagé à Massiges dans la 2ème grande Offensive de Champagne : Eugène ROUYER est Chef de section :

Dans la nuit du 24 au 25/09/1915 le régiment est mis en place. A 4 heures, son dispositif d'attaque est complètement réalisé. Il a pour mission de conquérir la portion de la position de Massiges formée par la côte 191 et la caponnière de l'Arbre aux Vaches. Un jour gris et pluvieux se lève. Les premiers coups de canon se font entendre, puis leur voix s'enfle et s'étend. C'est la préparation d'artillerie qui reprend, précise, condensée et puissante.

9 h.15. — Bloc homogène, véritable schéma du dispositif offensif, la première vague d'assaut bondit en avant.

Le bataillon LE BOULANGER est à droite, le bataillon Ducrot à gauche, leurs chefs en tête. Dans un ordre impressionnant les vagues successives surgissent et déferlent.

Mais l'œuvre du canon est restée incomplète ; l'ennemi est encore là.

La lutte s'engage, âpre et farouche de part et d'autre. De tous côtés les balles sifflent, les mitrailleuses crépitent, fauchant nos rangs. Sur la droite, devant les rafales meurtrières, il y a un moment d'hésitation ; les éléments de tête se plaquent au sol. « En avant, mes amis » crie le capitaine Charlemagne qui tombe quelques pas plus loin, mortellement frappé. Électrisé par l'exemple, la ligne toute entière se rue à nouveau, franchit les réseaux restés intacts et court à la deuxième tranchée dont elle s'empare après un combat forcené au cours duquel les capitaines Moutot et CHAPUIS tombent à leur tour. Le barrage d'artillerie s'intensifie, les feux de mitrailleuses se resserrent et se précisent, partant de blockhaus inexpugnables.

Tandis que le 1er Bataillon a pu aborder 191 par des brêches suffisamment larges dans les réseaux de fil de fer le Bataillon de droite - 3e Bataillon, Commandant Le Boulanger - se trouve en présence de terribles difficultés. La 3e Vague du Bataillon le Boulanger dont la marche déjà ralentie par les pertes subies du fait des mitrailleuses et de l'artillerie de Servon, a son élan également brisé ; elle s'arrête à la tranchée de la Caponnière.

(JMO du 21e RIC)

Réduit à 170 hommes, le bataillon Le Boulanger occupe la tranchée de Lissa conquise de haute lutte et s'y maintient opiniâtrement en dépit des tentatives acharnées de l'ennemi pour y reprendre pied. Ce combat à la grenade est resté légendaire au régiment.

Le jour tombe, la bataille s'apaise. Tranchée de Lissa, fortin de la Caponnière, Arbre aux Vaches, formidable position de la cote 191, muets témoins de tant d'actes de sublime héroïsme qui resteront à jamais inconnus, vous êtes nôtres, mais votre conquête, admirable fait d'armes qui semblait impossible, a coûté au régiment des pertes sans précédent : 35 officiers et 1.608 hommes hors de combat sont la lourde rançon de cette journée de victoire. Le canon s'est tu, et le silence de la nuit n'est plus troublé que par les plaintes des mourants et les gémissements des blessés dont l'évacuation se poursuit.

C'est là que le soldat Vercher, amené au poste de secours, meurt en disant au médecin qui le réconforte : "Ça va bien. C'est pour le pays... Vive la France !" (Historique du 21e RIC)

 

Mort au champ d'honneur, Eugène ROUYER est primo-inhumé au cimetière provisoire "Propriété Varoquier" de Virginy. En 1923, il est ré-inhumé à la Nécropole militaire du Pont de Marson, tombe 4244

(Photo à venir)

Monument Aux Morts d'Esnes-en-Argonne où son nom est gravé

IN MEMORIAM :

A tous les Marsouins qui,

De leur vie, de leur sang ou de leurs efforts

Les ont écrites,

Ces pages sont dédiées.

(Historique du 21e RIC)

(Nous remercions Mr Serge Thierion, Président de l'association "les Amis de Vauquois", qui nous a confié cette magnifique plaque de cimetière conservée par la famille du soldat)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915
Capitaine au 21e RIC Louis Jean RAVIGNON, 32 ans
Arles, BOUCHES-DU-RHONE

Chef de Section de la 6e Cie en Février 1915 puis Commandant de la 8e Cie, 2e Bataillon Guerrier

Né le 17/11/1882, fils de Auguste Ravignon et de Ernestine Dol ; 3 frères dont 2 MPLF et 2 soeurs.
Célibataire

Classe 1902, matricule 47 au recrutement de la Seine 2e bureau
Profession : Officier, Capitaine de l’Infanterie Coloniale

Engagé volontaire pour 3 ans le 29/10/1901 à Paris 3e
Admis à l’Ecole Spéciale Militaire de St-Cyr le 29/10/1902, nommé Caporal le 03/11/1903
Nommé Sous-Lieutenant au 4e RIC le 01/10/1904
Affecté au Bataillon du Congo le 15/01/1906, nommé Lieutenant le 01/10/1906
Affecté au 5e RIC le 24/07/1907 puis au Bataillon de Chari-Tchad le 25/09/1908
Affecté au 7e RIC le 20/08/1911, affecté au 3e Régiment de Tirailleurs Tonkinois le 15/12/1912

Affecté au 21e RIC le 23/12/1912

Son régiment est engagé dans les terribles combats du 3 et 4 février 1915 (récit dans LES COMBATS DE LA MAIN).

Nommé Capitaine le 19/03/1915, il commande la 8e Cie

 

Peu avant la Grande Offensive, Louis Jean Ravignon rédige cette bouleversante lettre testament :

Le 25/09/1915 jour de la Grande Offensive, les premières vagues prennent d'assaut la Main avec comme objectif pour le 21e RIC, la Côte 191 et l' Arbre aux Vaches. Les combats font rage, mais les munitions s'épuisent, l'ennemi redouble ses attaques, le colonel voit chanceler cette poignée de braves ; il leur faut un renfort immédiat.

Deux compagnies du bataillon GUERRIER sont engagées : compagnie RAVIGNON à droite, compagnie BONNARD à gauche et la lutte reprend avec une nouvelle ardeur. Le capitaine RAVIGNON est tué en tête de sa compagnie qui, très éprouvée, oblique vers l'ouest. Le capitaine Bonnard prend le commandement du groupe et le ramène vers l'Arbre aux Vaches sous un feu d'enfer qui le décime.

Louis Ravignon est mort au combat le 25/09/1915 par blessures par arme à feu.
"Officier d’une rare énergie et d’un sang-froid absolu, tombé glorieusement le 25/09/1915 à Massiges à la tête de sa Compagnie en l’entrainant à l’assaut".
Chevalier de 1ère classe de l’Ordre du Nicham-Iftikar

Inhumé au cimetière provisoire "Propriété Varoquier" de Virginy. En 1923, il est ré-inhumé à la Nécropole militaire du Pont de Marson.

2 de ses 3 frères Officiers sont également MPLF : le 08/11/1916 à Paris pour Léon (photo), et le 21/04/1918 à Mont-Kemmel, pour Paul (Croix de guerre avec Etoile Vermeil).

(avec l’aimable autorisation de Mr Jacques RAGUET, Louis Ravignon était le cousin de sa grand-mère maternelle)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à VIRGINY le 26/09/1915

Edouard HANQUEZ, 25 ans

Verlincthun, PAS-DE-CALAIS

Soldat de 1ère classe du 21e RIC, 7e Cie

Avec sa fiancée Mélanie Levêque

Né le 23/04/1890, fils de Marie Françoise Hanquez ; classe 1910, matricule 2757 au recrutement de Saint-Omer.

1,68 m ; cheveux châtain foncé, tâches de rousseur.

Profession : cantonnier

Rappelé à l'activité le 01/08/1914 au 21e RIC.

Après les terribles combats de février 1915 à Massiges, son régiment participe à la Grande Offensive de Septembre 1915.

Comme nombre de ses camarades, Edouard Hanquez est tué à l'ennemi le 26/09/1915.

Les pertes du 21e RIC se montent à 1608 hommes et 35 officiers.

Primo-inhumé au cimetière provisoire "propriété Varoquier" à Virginy (2 kms de Massiges), il est ré-inhumé à la Nécropole Militaire du Pont du Marson à Minaucourt où il repose aujourd'hui dans l'un des ossuaires.

Citation :

"Excellent soldat. Est tombé glorieusement au champ d'honneur le 26 septembre 1915 à Massiges (Marne), en faisant vaillamment son devoir."

Croix de Guerre avec étoile de bronze, Médaille Militaire

Son lieu de naissance

(Avec l'aimable autorisation de Pierre George, son petit-neveu)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à VIRGINY entre le 25/09/1915 et le 06/10/1915

Paul Antony ROBERT, 27 ans

Paris 11e, SEINE

Soldat de 1ere classe et grenadier du 21e RIC

Né le 28/01/1888, fils d' Antony Robert et d' Albertine Thiourt ; classe 1908, matricule 1585 au recrutement de la Seine.

1,66 m ; cheveux châtain et yeux gris

Profession : peintre

Marié, Paul est le père d'un garçon né en 1913.

Rappelé le 01/08/1914 au 21e RIC

En décembre 1914, son régiment combat dans le secteur de Massiges (bois d' Hauzy)

Paul écrit cette très touchante lettre à son frère Charles (transcription plus bas)

"Le 19 Décembre 1914

Cher Charles

Deux mots pour te donner de mes nouvelles qui sont très bonnes pour l'instant

(...) à battre en retraite et je crois que cela va barder car nous touchons 3 jours de vivre de réserve et 200 cartouches par homme je ne sais pas mon pauvre vieux si j'en reviendrais mais je l' espère tout de même mais en tout les cas je vous recommande à tous ma chère petite Juliette ainsi que mon pauvre petit Dédé donc si j'y reste j'espère pouvoir partir tranquille car je connais ton grand coeur et je sais que je peux compter sur toi. avant de terminer cette lettre je veux te dire combien je suis reconnaissant et combien j'ai su apprécier ton grand coeur et je t'en remercie du fond du coeur et tu peux être tranquille que si je tombe ma dernière pensée seras pour vous. tu dois trouver drôle si je t'écris dans ce sens moi qui ne vous y ai pas habitué c'est que vois-tu nous avons été prévenu que le coup que nous tentons seras terrible ne crois pas surtout que je parte avec apréhension loin de la mon cher Charles j'ai au contraire la conviction d'en revenir mais malgré cela l'on ne peut pas savoir ce que demain nous réserve. j'ai l'esprit très serein le physique et très bon et j'ai foi en ma bonne étoile qui je crois n'ai pas près de s'éteindre. nous devons embarquer à Valmy destination inconnue mais si je ne suis pas trop amoché je te ferais toujours parvenir de mes nouvelles.

Cher Charles j'espère que toi et les tiens ainsi que toute la famille vont bien et avant de finir cette lettre je te prie d'être mon interprête auprès de tout le monde de la famille pour les assurer de ma reconnaissance mon vieux je vais en terminer mais auparavant je te le répète et assure tout le monde de la famille que . Ma dernière pensée sera pour vous tous. mon vieux Charles je te quitte en t'assurant de mes meilleurs sentiments. Sois tranquille j'y vais sans aucun présage de malheur et surtout tranquillise Juliette. je termine en te priant d'embrasser mes neveux et nièces de ma part ainsi que toute la famille n'oublie pas surtout la mère ? car c'est une excellente mère pour nous tous.

Je te la serre bien fort mon vieux

Paul qui ne vous oublieras jamais".

Son régiment perd 800 hommes lors de l'attaque sanglante de février 1915 à la Main de Massiges.

Le 16 septembre 1915, il envoie cette lettre à son frère, l'une des dernières...elle est incomplète :

"Le 16 septembre 1915

Mon cher Charles

Je t'écris cette lettre avant notre attaque qui va se déclancher avant peu. je te dirais qu'il va se passer quelque chose de formidable tout est fin prêt et je t'assure que s'ils ne perdent pas ce coup çi je ne sais pas quand ils le feront car rien n'a été négligé et par la suite tu le verras sur les journaux. je ne sais pas si j'en reviendrais car j'ai un poste très dangereux celui de grenadier c'est nous qui amorçons l'attaque à coups de grenades que nous portons dans deux musettes et si par malheur une balle vient frapper une de ces musettes je fais explosion car juges un peu j'aurais quinze grenades de deux bombes je crois que je serais en plusieurs morceaux. Malgré cela j'ai toujours bonne espoir mais si parfois le sort voulait que j'y reste je te prie de t'occuper de ma chère Juliette et de mon cher petit Dédé et tout ce que tu feras seras bien fait car je te sais capable de remplir ce devoir et je m'en irais sans crainte à ce sujet. donc par la présente je te fais mes adieux ainsi qu'à toute la famille. c'est malheureux d' écrire ça mais que veux tu on ne sait jamais ce qui peut arrivé. j'ai terminé à ce"

 

Paul-Antony est tué à l'ennemi entre le 25/09/1915 et le 06/10/1915 lors de la Grande Offensive de Septembre : 1608 hommes et 35 Officiers du 21e RIC sont hors de combat.

La violence de ces combats est telle qu'il n'est pas possible de relever les corps avant la fin de l'Offensive. Aucun survivant ne peut témoigner avoir vu Paul-Antony vivant après le 25/09/1915...La date de son décès est fixé au 25 mais sans aucune certitude.

Citation : "A été tué en faisant bravement son devoir"

Croix de guerre avec étoile de bronze

Primo-inhumé dans le cimetière provisoire (propriété Varoquier) de Virginy, il est ré-inhumé dans la Nécropole militaire du Pont de Marson.

En 1921, une loi autorise enfin les familles à rapatrier les corps de leurs fils et époux. 300 000 soldats "rentrent" chez eux : c'est le cas de Paul-Antony ROBERT en 1923.

Avec l'aimable autorisation de Mme Marie-Christine Barrault, sa petite-fille. Son père, fils du soldat, "n'a jamais beaucoup parlé de ce papa qu'il n'a pas vraiment connu bien que cette absence fut essentielle dans sa vie".

 
  

 

MORT POUR LA FRANCE à VIRGINY le 28/09/1915

Narcisse RAOUL 21e RIC , 20 ans

Feucherolles, SEINE ET OISE

Né le 27 septembre 1895 à Sainte-Gemme, un hameau de la commune de Feucherolles, près de Chambourcy. Fils d' Ernest d'origine bretonne (maçon) et de Louise Dujardin, d'origine normande, il est le premier de leurs 12 enfants.

Maçon, il mesurait 1,63 m et avait les cheveux noirs et les yeux gris.

De la classe 1915, matricule 153 au recrutement de VERSAILLES, il est incorporé le 19 décembre 1914.

Il meurt des suites de ses blessures le 28 septembre 1915 à Virginy en contre bas de la main de Massiges le lendemain de ses 20 ans. 

Sa sœur Hélène, de trois ans plus jeune, parlait beaucoup de son frère Narcisse. Ils étaient très proches, elle l’a longtemps pleuré. Elle l’évoquait surtout au moment où la seconde guerre mondiale se profilait.

Devant ma mère, elle disait que si la guerre avait eu son frère, elle n’aurait pas ses fils, décédés en bas âge. Elle disait qu’il était gentil, Narcisse, et il devait l’être pour être parti si jeune et si tôt se battre pour son pays. 

Je l’ai cherché durant des années. Je pensais que, comme beaucoup, il était resté là où il était tombé, peut-être dans une tranchée, sur le champ de bataille. Grâce à tous ceux qui ont partagé la mémoire de la Grande Guerre, j’ai su finalement qu’il était mort au combat à la Main de Massiges.

Mais finalement, c’est dans la commune familiale qu’il reposait depuis qu’on l’y avait ramené, bien avant que ma famille ne la quitte pour de bon. 

Narcisse repose là, à Feucherolles, dans une magnifique tombe militaire bien entretenue qui porte ses décorations, auprès d’autres soldats de la grande guerre, enfants du pays.

Une dernière plaque a été mise, il y a fort longtemps, pour ses rameaux. 

Yannick A. Oliviéro, sa petite-nièce. 

(Avec son aimable autorisation)

 

 

Combats de MASSIGES de 1915

Soldats anonymes du 21ème RIC

 

 

" Mon Grand-Oncle Octave, et son frère Victor, mon Grand-Père maternel, ont tous 2 combattu à Massiges en Septembre 1915 ! "

(Robert BEAUFRERE, notre bénévole, a enfin trouvé pourquoi le vent l'a poussé vers Massiges !)

MPLF en 1918 en Serbie

Octave NAIL 21e RIC, 21 ans

Saint-Paterne-Racan, INDRE-ET-LOIRE

Né le 23/10/1896, fils de Eugène Arthur et de Marie Christine Cormery ; classe 1916, matricule 845 au recrutement de Tours.

1,62 m ; cheveux châtain foncé, yeux marrons

Profession : Cultivateur

Son parcours :

- 21e RIC du 12/04/1915 au 17/06/1916
- 3e RIC du 18/06/1916 au 12/10/1916 puis au 6e RIC du 13/10/1916 au 16/09/1917

- 22e RIC du 17/10/1917 au 23/11/1917 puis au 1e RIC du 01/12/1917 au 15/09/1918 (MPLF à Krivitza en Serbie)


Jusque fin avril, Octave NAIL occupe avec son régiment des secteurs de Massiges, Virginy, puis du Bois d'Hauzy.

Il est engagé dans la Grande Offensive de Septembre 1915 avec, comme objectif, la Côte 191 ("le Cratère")

Le Combat.— "Commencée le 22 septembre, la préparation d'artillerie se continue les 23 et 24, sans ripostes sérieuses de l'ennemi dont nos simulacres d'attaque font seulement déclencher les tirs de barrage.
Dans la nuit du 24 au 25 le régiment est mis en place. A 4 heures, son dispositif d'attaque est complètement réalisé.
Il a pour mission de conquérir la portion de la position de Massiges formée par la côte 191 et la caponnière de l'Arbre aux Vaches."
(JMO du 21e RIC)

(Au fond, l'arbre aux vaches et la côte 191)

Ces terribles combats du 25/09/1915 au 06/10/1915 se solderont pour le 21e RIC par 1608 hommes et 35 Officiers hors de combat.

"Le 23 octobre, le 21e RIC remonte dans le secteur Est de Massiges. Un nouvel effort va lui être demandé, en vue d'améliorer nos nouvelles positions par la conquête de la tranchée du Panneau qui nous domine de façon gênante.

L'assaut, d'abord audacieux coup de main d'une cinquantaine d'hommes froidement décidés, a lieu dans la nuit du 25 au 26, à minuit, après une préparation d'artillerie habilement menée pour donner le change à l'adversaire.
L'effet de surprise nous permet d'aborder la tranchée du Panneau par le terre-plein sans donner l'éveil à l' ennemi, mais celui-ci se ressaisit vite et notre progression, notamment vers 557, devient lente et difficile ; les sections de soutien sont engagées.
Vers 1 heure, tous nos objectifs sont atteints, cinquante cadavres ennemis sont dans la tranchée conquise et nous avons fait 20 prisonniers. L'organisation du terrain commence avec le concours de 30 sapeurs du génie."
(JMO)

"Mes arrières Grands-Parents avaient 5 fils à la guerre : 2 ont été tués, 1 fait prisonnier depuis mars 1916 (mon Grand-Père) et 2 blessés avec des incapacités pensionnées.
Octave et Emile Valentin 113e RI MPLF à Signeulx (Belgique) le 22 août 1914, étaient les frères de mon Grand-Père.
Pour Emile Valentin, des recherches auprès de la Croix Rouge ont eu lieu avec l'espoir qu'il ait été prisonnier, ce n'est qu'après la guerre qu'il y a eu la confirmation de son décès. Mes recherches m'ont permis de retrouver un carnet relevant 1499 noms de soldats tués ou blessés à la bataille de Signeulx écrit par une jeune fille Pauline Gillet que j'ai pu rencontrer et qui nous a ainsi transmis beaucoup d'informations sur les soldats notamment leurs lieux d'inhumation.


Pour mes arrières-Grands-Parents, le 11 novembre 1918 c'était la joie de la fin de la guerre, joie de retrouver leurs fils, joie de courte durée : le 14 novembre 1918 un avis de décès était transmis pour ce fils Octave qui a combattu à Massiges et qui est décédé en Serbie".
(Robert Beaufrère, son petit-neveu)

La page dédiée à Victor Marie NAIL, grand-père de Robert, soldat au 4e BCP, est en ligne dans AUTRES REGIMENTS de la Mémoire de la Main.

(Avec son aimable autorisation)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 27/09/1915

Jean Baptiste COUVELARD, 37 ans

Le Portel, PAS-DE-CALAIS

21e RIC, 2e Cie

Né le 06/08/1978, fils de Louis et de Clémentine Magnier ; classe 1898, matricule 1770 au recrutement de St Omer.

1,62 m , cheveux châtain, yeux bleus

Profession : marin

Campagne de guerre en Chine du 24/09/1900 sur le Redoutable.

Inscrit maritime versé dans l' Armée de terre le 29/10/1914, affecté au 21e RIC et arrivé au corps le 12/01/1915. Parti aux Armées le 05/03/1915.

"Excellent soldat remarquable par son sang froid et sa bravoure, est tombé glorieusement le 27/09/1915 à Massiges en participant à un assaut à une position ennemie fortement défendue. A été cité".

Médaille militaire

 "C’était émouvant de fouler le sol de ces tranchées, là où certainement il est passé et malheureusement là où il est tombé. Mes petits enfants ont tous été impressionnés de voir (en vrai) les conditions de (sur)vie de ces Poilus et de savoir qu’un de leur aïeul avait participé à cette épopée les rendaient fier de lui.

Ce qui nous a marqué en dehors du chaos sur cette cote 191, c’est l’odeur difficilement identifiable, mais particulière". (Août 1915, Daniel Couvelard, son petit-fils)

(Avec son aimable autorisation)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 28/09/1915

Armand LEBLOND 21e RIC, 20 ans

Malleville les Grès, SEINE-INFERIEURE

Né le 08/12/1894, fils d' Ernest et de Charlotte Delaune ; classe 1914, matricule 275 au recrutement du Havre.

1,82 m (un géant pour l'époque!) cheveux noirs et yeux gris

Profession : jardinier

Incorporé au 2e Régiment d'Artillerie le 01/09/1914

Passé au 21e RIC le 15/10/1914

Blessé à Massiges le 28 septembre 1915 et porté disparu jusqu'à cette découverte à Ville-sur-Tourbe en 1938 :

Inhumé à la Nécropole nationale du Pont de Marson, tombe N°128

(Avec l' aimable autorisation de M. Saunier, son petit-neveu)

 

 

Combats de MASSIGES de Septembre 1915

Robert Henri LEROY 21e RIC

Bonneval, EURE-ET-LOIR

(Plaque trouvée par Eric Marchal sur la Côte 191)

Né le 20/09/1894 à Bonneval où il exerce la profession de chef de culture. Sa fiche matricule le décrit ayant les cheveux châtain noirs, les yeux châtain verdâtre et mesurant 1,59 m.

Son départ au 23e RIC est repoussé au 07/05/1915 pour "faiblesse".

Nous supposons qu'il perd sa plaque lors de la Grande Offensive de septembre 1915.

Il passe au 21e RIC

Blessé par balle au côté gauche et évacué à Amiens le 02/07/1916, il ressort de l'hôpital le 23/09/1916. Après une permission de 15 jours, il rentre à sa compagnie le 08/10/1916.

Cette blessure lui vaudra une citation : "Pris sous un feu violent d'infanterie, s'est porté bravement en avant et blessé, n'a pas voulu abandonner son matériel"

Il est nommé soldat de 1ère classe le 01/01/1918, puis Caporal le 08/03/1919.

Croix de guerre, Etoile vermeil

Il décède à Orléans le 10/11/1967.

 

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1914 : Ville-Sur-Tourbe (mi-Septembre), Bois d'Hauzy (Octobre à Décembre)

1915 : Nord de Massiges (Février), Bois d'Hauzy (jusqu'en Mai), retour à Massiges Côte 191 (Septembre à Novembre)

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DISPARU à Massiges le 02/02/1915, prisonnier à Darmstadt

Fernand BLAISE

Essarts le Roi, SEINE ET OISE

Soldat de 1ère classe du 23e RIC, 3e Bataillon, 11e Cie

En 1922

Né le 07/09/1881, fils de Blaise François (marchand de vin puis journalier) et de Marie Léonard ; classe 1901, matricule 3456.

1,69m ; cheveux et yeux châtains

Incorporé au 94e RI en 1902, soldat de 1ère classe le 04/11/1904

A épousé le 21/04/1906 aux Essarts le Roi, Georgette Lamontagne : 2 enfants naissent de cette union, Maurice et Paulette.

Rappelé à l'activité le 01/08/1914, passé au 21e RIC puis au 23e RIC le 03/09/1914

Parti aux Armées le 05/10/1914

D'Octobre à Décembre 1914, son régiment alterne avec le 23e RIC, des périodes de 4 jours d' occupation du Bois d'Hauzy (secteur de Massiges), et de cantonnement à Dommartin-sous-Hans.


"19/10/1914 : un peloton de la 5e Cie, aux ordres du Capitaine Briard, quitte la tranchée à 1h30 avec mission d'aller enlever le poste allemand qui occupe la Ferme de Melzicourt.

Le détachement, reçu par deux feux de salves, se jette en avant à la baïonnette mais n'arrive ni a franchir, ni à tourner un mur fortement organisé ; il se replie en conséquence, sur le Bois d'Hauzy où il arrive à sa tranchée vers 5 heures ayant un caporal, Gillet Charles, blessé au côté gauche.
Un détachement de la 11e Cie (Adjudant- Chef Castelli), chargé de couvrir le flanc gauche du détachement de la 5e Cie, détache à cet effet, une patrouille de liaison vers la 5e Cie. Cette patrouille rentre vers 7h30, son Chef le Sergent Marchal signale l'absence du caporal Salat, sans être en mesure de faire connaître si ce gradé a été tué, blessé, ou s'il semble simplement s'être égaré.
Le Régiment relevé dans la nuit par le 21e Colonial rentre vers 20heures au cantonnement de Dommartin-sous-Hans.

Repos au cantonnement de Dommartin-sous-Hans.

23/10/1914 : la matinée est consacrée à l'amélioration des défenses accessoires. Le Bois d'Hauzy est partagé en 3 sous secteurs qui présentent un large front de 3500m environ. Les Unités en ligne sont fortement retranchées et couvertes par des défenses accessoires, réseaux de fil de fer, abattis.

Fabrication de claies au Bois d'Hauzy

Vers 16 heures, un drachenballon s'élève au N. du bois de Ville; un tir d'artillerie allemande est aussitôt déclenché, atteignant les positions de la 9e Compagnie, sans causer de pertes.



L' occupation du Bois Hauzy se poursuit jusqu'au 31/12/1914.

Dans la nuit du 4 au 5 février 1915 : les 2e et 3e bataillons reçoivent l'ordre d'occuper et de résister sur les crêtes au nord de Massiges que l'ennemi, après une violente attaque, a enlevées en partie à l'unité que le régiment vient de relever.

05/02/1915 : après un bombardement inouï, l'ennemi tente une attaque sur les positions défendues par le régiment. Il en est rejeté ; mais le 23e subit de très lourdes pertes ; les cadres, sont mis hors de combat, les unités complètement disloquées s'accrochent au terrain presque entièrement nivelé par le bombardement qui a repris ; pas un pouce de terrain n'est cédé à l'adversaire.

Fernand BLAISE est porté disparu le 5 février 1915 à Massiges dans le secteur du Cratère (Nord de Massiges).

Des journaux publient des annonces, avec ou sans photo, qui permettent aux familles d'avoir des renseignements pour rechercher leurs disparus.

Le comité International de la Croix Rouge, entreprend des recherches :


On le cherchait à Montmédy,il est à Darmstadt...

Camp de Damrstadt

8 millions de soldats de différentes nationalités sont fait prisonniers et répartis dans 320 camps de détention sur le territoire du Reich.

Les soldats inventent de nouveaux concepts pour nommer les conséquences psychologiques : pour les français, c’ est le "cafard" ; pour les britanniques, la " barbed wire disease " ; la "Stacheldrahtkrankheit" pour les allemands (maladie du barbelé).

 Prisonniers français du Camp de Darmstadt

Tri du courrier des français par les allemands dans le camp de Darmstadt.


La censure est totale.

 À partir du 06/11/1914, l’Allemagne est soumise à un blocus économique de la part des pays de l’Entente. La pénurie alimentaire qui touche l’Allemagne dès 1915 frappe également les prisonniers.

La soupe devient le symbole de cette alimentation inconsistante : soupe de haricots, d’avoine, de pruneaux, de betteraves, de morue.

"J'ai vu l’autre jour, dans nos cuisines, des quartiers de viande frigorifiée dont l’odeur et les reflets verdâtres étaient si accusés que nos cuisiniers refusèrent de les faire cuire. Le médecin-chef allemand, appelé comme arbitre, ordonna de les faire tremper dans une solution de permanganate et, le surlendemain, cette viande ainsi désinfectée agrémentait l’ordinaire".


Distribution du repas dans le camp de Darmstadt.


Le pain est remplacé par le "pain KK" (en allemand Kleie und Kartoffeln: son et pommes de terre ou Kriegskartoffelbrot) dont la composition reste trouble: farine de pommes de terre, sciure ou sang de bœuf. La dénutrition devient le quotidien du prisonnier; après la guerre, beaucoup souffrent de graves troubles digestifs et s’habituent difficilement à un nouveau changement de régime alimentaire.

 

En 1915, plus de 600 000 prisonniers sont parqués à l’étroit dans des baraques et des tentes insuffisamment pourvues d’installations sanitaires. Des épidémies se déclarent et plus de 4000 prisonniers périssent.

Fernand est libéré le 05/12/1918, et mis en congé de démobilisation le 25/02/1919, il rejoint alors sa famille à Auffargis. À la mi-janvier 1919, tous les prisonniers français sont rapatriés.

Dès leur retour, les prisonniers furent l'objet d'un préjugé défavorable :
- Interrogatoires sur leurs conditions de capture, - Regard des veuves de guerre, des collègues de travail les suspectant de s'être sauvés par la captivité. - Lors des fêtes de la Victoire à Paris en 1919, il n'y eut pas de place pour les prisonniers de guerre ! N' étant pas considérés comme Anciens combattants, ils n'eurent pas droit, pendant longtemps, aux décorations militaires.

Après cette période difficile, Fernand Blaise reprend ses activités d'entrepreneur en couverture et plomberie."

(Jean-Pierre BLAISE, son neveu, en visite avec son épouse à la Main de Massiges)

Avec son aimable autorisation



MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 05/02/1915
Albert Charles PIFFARD, 20 ans
Souzy-la-Briche, SEINE ET OISE
23e RIC

Né le 03/07/1894, fils de Louis Emile et de Amélie Guignet ; 2 frères qui ont combattus aussi et 4 sœurs.

Classe 1914, matricule 2433 au recrutement de Versailles.
Célibataire
Profession : Carrier, Mineur
1,65m, cheveux châtain, yeux marron clair
Marque particulière : cicatrice de coupure joue gauche

Incorporé le 08/09/1914 au 59e RAC 2e Canonnier Servant
Passé le 15/10/1914 au 23e RIC

Décédé des suites de blessures de guerre à Massiges, pas de sépulture
Croix de Guerre avec Etoile de Bronze


(avec l’aimable autorisation de Mr Luc Piffard)

 

 

DISPARU MPLF à MASSIGES le 05/02/1915

Jules Vital RENAULT 23e RIC, 33 ans

St Brice, ORNE

Né le 15/12/1881, 10ème d'une fratrie de 14 enfants ; son plus jeune frère décède le 22/08/1914 à Charleroi en Belgique.

Cultivateur ; veuf et père d' un garçon, il épouse en secondes noces Louise Thierry, une jeune veuve (photo de leur mariage du 25/10/1911). Ensemble, ils ont 2 fils.

Le plus jeune sur les genoux de Louise - grand-père de notre contributrice - naît peu de temps avant la mobilisation en juillet 1914.

Soldat au 23e RIC, Jules est porté disparu à Massiges le 5 février 1915.

Croix de guerre avec étoile de bronze.

Son second fils, François - flou sur la photo - se noie dans la mare de la ferme familiale en juin 1915 à l'âge de 2 ans et demi...

(Avec l'aimable autorisation de Fabienne Lerosier, son arrière-petite-fille)

 

 

DISPARU MPLF à MASSIGES le 07/02/1915, retrouvé en 2013

Albert DADURE 23e RIC , 20 ans

Audouville, MANCHE

(le 2e à droite)

Né le 02/04/1894 à Audouville où il était cultivateur.

Tué à l’ennemi le 7 février 1915, il a été inhumé dans les parapets de la tranchée de 1ère ligne, il a été retrouvé par l’équipe de bénévoles en juillet 2013, lors de travaux.

Une cérémonie en son honneur a eu lieu le 07/02/2014 à la nécropole militaire du Pont de Marson: Il repose auprès de ses frères d'arme.

 

 

 

 

 

 

 

 

De la terre de son village natal a été versée au pied de la croix.

Une page lui est consacrée dans LE TOMBEAU DE LA MAIN.

Grâce à une cousine éloignée, ses lettres ont pu voyager jusqu’à nous.

Lettre du 25/01/1915
            
Cher Oncle et Tante
          
(…) je suis relevé d'hier soir pour 4 jours (...)
Quand je rentre dans les tranchées, je suis 2 jours et 2 nuits en 1ère  ligne et sans coucher ni dormir et puis 2 jours et 2 nuits en deuxième ligne à la lisière d'un bois .
Là la nuit on se repose un peu, on prend la faction de sentinelle que 3 heures par nuit comme cela ça peut encore aller,  et le jour on veille par section :  pendant qu'une section veille,  les autres coupent  du bois pour faire des cabanes, on appelle cela des guitoûnes pour se mettre à l’abri.. 
Il y en a qu'il y pleut autant comme dehors.
Enfin le jour quand les bôches canardent le bois on se cache dedans.
Les deux premiers jours en première ligne ils ont bombardé toute une journée, il y a eu 1 tué de la classe 14,  et 4 anciens de blessés dont un sergent chef qui a eu le bras emporté. C'est cela qu'est le plus triste, d’avoir un membre de moins. 
Là en première ligne ils bombardent tous les jours parce qu’ils savent où je suis et voient bien les tranchées, je suis en grand dans une plaine.
Ils ont tellement repéré qu'ils tapent presque tous leurs coups dans les tranchées.
Ils n'en manquent pas beaucoup.
Heureusement que tous leurs  coups n'éclatent  pas. Le chef a même dit que maintenant qu'elles sont repérées qu’on ne pourra plus y rester, qu'il faudra en faire une autre à côté. 
Je vous promets que ces deux jours là on ne graisse pas depuis le matin jusqu'au soir et même la nuit ils envoient des marmites et des scrasmelles,  ça fait des trous pour y enfouir un cheval,  la terre qui vous vole par la tête. Je vous promets  qu’on ne fait pas le fier. 
Je pense que ces jours qu'ils vont prendre quelque chose il y a déjà le 75 qui leur crache fort mais il y en a encore une batterie d'arrivée puis une batterie de 155 et une pièce de 305 qu'est montée sur une tour à hanse pour bombarder une crête.
Je crois que même qu'ils entendent toutes ces pièces, ils pourraient bien se sauver mais malheureusement  ils ne sont pas peureux.
Nous pour le moment,  on ne peut pas beaucoup avancer vu qu'à  la droite et à la gauche de nous ils sont en arrière,  c'est eux qui faut qu'avance les premiers après cela on  pourra marcher. 
Je vous dirais qu'après ces 4 jours on est relevé par un autre régiment c'est le 21 eme Colonial qui fait comme nous les 4 jours. 
Et pendant les 4 jours qu'ils appellent  le repos on a à peine le temps d'écrire et le soir même ils ne veulent pas qu’on allume de bougie.
Enfin vivement que tout  cela finisse, surtout dans la saison qu’on est.
Cher Oncle et  Tante je viens de recevoir à l'instant mon 3eme paquet.
Comme vous voyez ils viennent bien plus vite par la poste.
Je n’ai  encore pas reçu le premier qui est parti par le chemin fer il faut espérer qu'il va arriver un ces jours (…)
Votre neveu qui pense à vous et vous embrasse bien fort tous les trois.         Ab.Dadure

Lettre du 01/02/1915, écrite une semaine avant sa mort :

Cher Oncle et Tante

C'est avec grand plaisir que j'ai reçu de vos nouvelles (…)
Dans les tranchées on aurait le temps d'y écrire, mais ils ne veulent pas,  il faut qu’on soit toujours à regarder aux créneaux  et ils ont raison car ces maudits bôches sont si roublards  qu'ils tâchent  toujours de nous surprendre,  surtout maintenant.
Je vous dirais, chers Parents,  que je somme changé de tranchées je somme à la gauche d'où  j’étions, je somme sur le bord de la Marne, mais je vous promets  que c'est moche.
Je somme à 25 ou 30 mètres à peine des bôches, vous voyez qu’il ne faut pas qu’ils fassent un long bon  pour venir nous trouver.
On les entend parler,  il y a même des moments qu'ils envoient des pierres.
Mais par moment ils nous en  font voir de drôles,  ils ont encore inventé un nouveau truc pour démolir les tranchées,  ils envoient cela comme des bombes,  ça a la forme d'une bouteille et je vous promets que où ça tombe,  la tranchée décroche bien.
 Il y en a tous les jours de  pris dessous, et combien de tués par les obus,  je vous promets qu'il n'y fait pas bon.
Voila cinq jours qu’on y est c'est en toute première ligne, ça ne peut pas être bien plus près :  il y a des places que la terre qui est devant  les tranchées et la leur se touchent.
Seulement il y a des fils de fer en avant,  il faut qu’on fasse des piquets et qu’on  les mette  comme un X entortillé de ronce artificielle, et les jeter de dedans la tranchée car si ils nous voyaient monter on n’y serait pas longtemps.
Je vous promets que c'est dur surtout cinq jours nuit et jours sans dormir.
Je vous promets hier soir quand on s’est couché  on était raide comme un bâton et puis dans la boue.
Maintenant c'est de la neige tous les jours mais elle ne tient pas.
Vivement que tout cela soit fini,  quelle bonne journée car je vous promets que je ne sais pas comment on attrape pas plus de mal que cela et comment on peut résister mal nourri,  manger toujours froid, même pas d'eau à boire. 
Les deux premiers jours,  il  y en avait qui mettaient  même de la glace à  fondre ou à sucer.
On  a de la fièvre,  ce n'est pas drôle toujours les pieds froids.
(…)
Enfin si vous renvoyez un paquet ne me mettez pas trop de lainages ; maintenant j'en  ai assez à porter dans le sac.
Je  suis très content d'avoir mon chandail ; c'est des pieds qu’on souffre le plus.
Ab. Dadure

 

Evacué de MASSIGES pour pieds gelés le 11/02/1915

Maurice LEGRAND 23e RIC, 9e Cie

Montainville, EURE-ET-LOIR

Maurice Legrand est né le 22/02/1885, fils de Thomas legrand et de Angéline Barillon (cultivateurs), 3 soeurs et 1 frère.

Classe 1905, matricule 232 au recrutement de Chartres.

1,66 m ; cheveux châtains, yeux bleus

Profession : dessinateur typographe aux Ateliers Photomécaniques D.A.Longuet 250 Faubourg St.Martin Paris.

Il s'est marié le 15/05/1910 avec Fernande Canonge. Ils ont eu 2 enfants: Jean né le 15/02/1911 et Gaston né le 15/03/1922.

Arrivé au 23e ric le 02/08/1914, parti aux Armées le 31/08/1914.

Extrait d'une lettre écrite le 20/12/1914, juste après les terribles combats de Massiges :

"Chers Parents

(...)voilà plus de 3 mois 1/2 que je suis dans le dpt de la Marne ou le 6 septembre j'ai reçu le baptême du feu dans un rude combat à Ecriennes. Depuis je suis dans les tranchées sur les bords de la Tourbe près de l' Argonne (...) J'ai reçu une lettre de la grand-mère elle me cause beaucoup de la Ste Vierge et cependant notre sergent qu'avait plusieurs médailles vient d'être tué au petit poste d'une balle qui a passée dans un créneau c'est dommage c'était le meilleur garçon parmi les sergents.

Le premier bataillon du 23 vient d'être éprouvé : 384 hommes manquent à l'appel une centaine ont réussi à s'en tirer".

Evacué pour pied gelé (phlegmon au pied droit) le 11/02/1915

Extrait d'une lettre adressée à ses parents et écrite le 17/02/1915 :

Ses pieds gelés lui ont très probablement sauvé la vie car à cette période, il ne faisait pas bon à Massiges vu le nombre de morts de février 1915 !

Rentré au dépot le 17/04/1915.

Passé au 43e ric le 28/09/1915, soldat de 1ère Classe le 01/09/1916 ; passé à la section de Secrétaires d' Etat Major Coloniaux (2e DIC) jusqu'à l' Armistice (topographe)

Citation : "S'est dépensé sans compter du 2 au 9 août en assurant son service de liaison entre le commandement malgré les tirs de barrage intenses avec l'ennemi. Excellent soldat sous tous les rapports".

Croix de guerre, étoile d'argent ; Brevet insigne des blessés de guerre

Dégagé de toutes obligations militaires en 1927 pour : "hémiplégie droite, céphalées et troubles de la mémoire"

La Société Archéologique d'Eure et Loir a édité ce livre (en vente sur leur site), beau témoignage familial et historique. Nous constatons une fois de plus l'importance des colis postaux envoyés par les familles et qui ont permis aux hommes de tenir.

Sa demande de carte de combattant

Maurice Legrand est décédé le 14/12/1939 à l'hôpital de Châteaudun.

(Avec l' aimable autorisation de Jean-Pierre Legrand, son petit-fils et fils de Jean)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915

Gustave BALLOIS, 33 ans

Emancé, SEINE ET OISE

23e RIC

Né le 31/01/1882, fils de Louis Ballois et de Louise Rougeault ; classe 1902, matricule 3627 au recrutement de Versailles.

Profession : journalier

1,49 m ; cheveux châtain clair, yeux verts

Rappelé au 23e RIC le 01/08/1914

Tué à l'ennemi le 25/09/1915 au combat de Massiges. Sa plaque de poignet est restituée à sa veuve.

Primo-inhumé au cimetière N°1de la Place d'Armes à Massiges, ce plan est envoyé à la famille.

Au début des années 20, une loi autorise enfin les familles qui le souhaitent à faire rapatrier le corps de leur fils ou époux.

En 1923, il est ré-inhumé à la Nécropole militaire du Pont de Marson, tombe n° 3089

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Alain Ballois, son petit-fils en visite à Massiges avec sa femme)

 

 

DISPARU MPLF à MASSIGES le 25/09/1915
Jules Louis MENAGER
Houx, EURE ET LOIR
23e RIC, 10e Cie


Né le 20/06/1893, fils de Louis Ernest et de Rosalie Loury ; 1 frère et 2 sœurs.
Classe 1913, matricule 867 au recrutement de Dreux.
Célibataire
Profession : Charretier
1,54m, cheveux noirs, yeux châtain foncé

Incorporé le 15/12/1914 au 23e RIC
Disparu à Massiges le 25/09/1915
Citation : "Tombé glorieusement pour la France le 25/09/1915 à Massiges en faisant tout son devoir."

Croix de Guerre avec Etoile de Bronze

(Avec l’autorisation de son petit-neveu Mr Olivier Magnani)

 


MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915

Raymond MOREAU 23e RIC, 32 ans

Paris 13e, SEINE

Né le 22 ou 23/03/1883, fils de François (coiffeur) et d’Antonie Dubar (modiste) ; classe 1903, matricule 406 au recrutement de la Seine 1er Bureau.

1,61 m ; cheveux châtains, yeux noisette

Profession : horticulteur

ENGAGE VOLONTAIRE pour 4 ans au 8e RIC

Il demeure à Paris, puis dans l’Oise, part en Algérie durant plusieurs années comme agent de sureté de 4e classe dans la police algérienne, travaille ensuite à la "Société Agricole du Maroc d'octobre 1911 à avril 1912 puis se réinstalle à Vaujours (aujourd'hui Seine-Saint-Denis) où il est professeur d'horticulture au lycée Fénelon.

Il épouse le 04/04/1914 Juliette Quittard : une fille, Suzanne, naît de leur union en 1915.

Rappelé à l'activité le 01/08/1914 au 23e RIC, engagé dans la terrible Offensive du 25 septembre 1915 :

"L'attaque est déclenchée à 9h15. Le régiment a pour objectif la cote 191 de la Main de Massiges. Les bataillons d'assaut (2e et 3e), formés en quatre vagues, s'élancent sur les pentes sud de la position, dans un ordre parfait, comme pour une parade. La première vague n'a pas parcouru 50 mètres qu'elle se trouve prise sous un feu violent de mousqueterie et de mitrailleuses, les autres vagues sont prises sous le feu de l'artillerie qui va en augmentant d'intensité. Aucun arrêt n'est marqué, les compagnies vigoureusement entraînées par leurs officiers continuent la progression, malgré les pertes qui commencent à devenir très sérieuses.
Des mitrailleuses, de tous côtés sur le sommet de la position entrent en action, une casemate dans laquelle se trouvent un canon tirant à mitraille et plusieurs mitrailleuses se révèle. Tout ce qui progresse sur les terre-pleins est littéralement fauché; les éléments ayant déjà, dans le premier bond, franchi la crête, sont pris sur le versant nord, sous des feux violents partant d'un plateau situé au nord-ouest de la position.
Les pertes sont extrêmement élevées; presque tous les officiers sont tombés, les unités sont complètement mélangées. La situation devient très critique; l'ennemi contre-attaque; nos munitions sont presque épuisées, nos sections de mitrailleuses complètement anéanties. La casemate dont les pièces n'ont pu être réduites au silence coupe notre liaison avec l'arrière.

Une série de combats acharnés, au corps à corps, sont livrés pour enrayer l'avance ennemie, après l'épuisement de nos munitions". (JMO du 23e RIC)

Raymond MOREAU est tué par blessures d' arme à feu le 25/09/1915 à Massiges

Médaille Militaire

Inhumé à la nécropole nationale du Pont-de-Marson, tombe n°25. Son nom est inscrit sur les monuments aux morts érigés à Tremblay en 1920 (photo) et 2014, et sur celui de Vaujours.


(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Jean-Pierre Creuzot, son petit-fils)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915

(Jacques) RAOUL JAME, 31 ans

Caporal téléphoniste du 23e RIC

Versailles, SEINE ET OISE

Emouvant souvenir du caporal Raoul Jame né le 1er mai 1884.

Pensée réalisée avec une écorce de bouleau avec écrit à la plume :

"Toute ma....Bois D'HAUZY 1914-1915 Raoul Jame 1 Mai"

LETTRE A RAOUL

Mon cher Raoul,

Grâce à l'Association de la Main de Massiges, à son président Eric Marchal et toute l'équipe, tu restes présent dans notre mémoire.

Arrivé au 21e RIC le 3 août 1914, passé au 23e RIC le 3 septembre 1914, électricien de profession, tu es rapidement nommé téléphoniste dans la section Hors Rang.

Dans ta lettre du 31 octobre 1914, tu racontes comment tu as installé et réparé à plusieurs reprises les lignes téléphoniques et rétabli les liaisons sous les feux des salves et les obus.

(Téléphonistes à la Main de Massiges)

Pour ce courage exemplaire et même héroique, tu seras cité au rapport du régiment et nommé Caporal. Tu écriras : "Mon cher Papa, je suis heureux de t'écrire une bonne nouvelle..."

Tu pressens, dans la lettre du 1er septembre 1915 à ta soeur Eugénie, que : "le plus mauvais...le grand coup arrive...il faut tout prévoir ici-bas et surtout ici..."

Tu perds la vie le premier jour de la grande offensive du 25 septembre 1915, on peut lire sur ton carnet militaire "tombé glorieusement alors qu'il installait la liaison téléphonique derrière la première vague d'assaut. Croix de guerre avec étoile en argent."

Cher Raoul, fasse que la France n'oublie jamais ses enfants morts pour leur patrie et que nous gardions toujours dans nos coeurs le souvenir de votre courage.

Avec toute mon affection, ta petite nièce.

Valérie Loriot, 27 novembre 2014

Dernière correspondance du 04/10/1915 de sa soeur Eugénie : "Retour à l'envoyeur, le destinataire n'a pu être atteint"...

(Avec l'aimable autorisation de Valérie Loriot, sa petite-nièce)

 

 

Nous avons appris avec beaucoup de tristesse le décès de Cécile Bertrand, sa nièce. Nous présentons à la famille nos plus sincères condoléances.

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915

Louis ZAGALA 23e RIC

Bagnolet, SEINE-SAINT-DENIS

(Cette plaque a été trouvée par Eric Marchal, probablement à l'endroit même où Louis a trouvé la mort)

Avec l'aide de Mr Keller du FA93, de Mr Domdedieu du FA75 et de Mme Levêque, Annie a retrouvé sa NIECE de 88 ans qui n'en revient toujours pas. Son père André lui parlait de son frère Louis : tous deux ont combattu à Massiges. Le père de son époux Henri BERTRAND également ! Il est photographié ici à la Main de Massiges en 1917. Il y a été blessé par un éclat d'obus.

"J'ai remis à plus tard le moment bouleversant de sortir de sa protection la plaque qui appartenait à Louis Zagala, mon oncle.

Mon père ne parlait pas la guerre qu'il avait faite, sauf à certains moments privilégiés d'abandon. Plus jeune de beaucoup dans la fratrie, j'écoutais, j'enregistrais, mais ne suivais pas tout. Je n'ai jamais oublié ces noms terribles : le chemin des Dames, Verdun, la Main de Massiges.

La plaque est maintenant en bonne place, protégée. Je la confierai à mes enfants...après eux?

J'admire le travail qui a été accompli, l'état d' esprit, de coeur, des personnes qui y ont participé. Grâce à elles, des gens comme moi, ont retrouvé la trace d'un être cher.

Je ne pourrais, ni ne voudrais, vous dire la violence, le bouleversement qu'a provoqué en moi cette nouvelle.

Je vous remercie pleinement pour votre action et le courage dont vous devez faire preuve pour la mener à bien. Je n'oublierai rien". (Mme Bertrand, sa nièce)

Nous avons appris avec beaucoup de tristesse son décès survenu le 06/04/2016, sa dernière lettre, bouleversante, nous était adressée.

"Je peux vous assurer qu'elle avait éprouvé une grande joie et un grand trouble lorsqu'elle a reçu cette médaille" (son époux Henri Bertrand)

Nous ne l'oublions pas.

Louis ZAGALA est né le 17/09/1885, fils de Louis et de Cécile Mirgot ; 1 frère et 2 soeurs.
1,60 m ; cheveux châtains, yeux gris, menton à fossette
Profession : Employé de commerce

Engagé volontaire

Citation :

Tué le 25/09/1915 en cherchant à atteindre une mitrailleuse dont le feu meurtrier
arrêté l'élan d'une vague d'assaut.

Croix de Guerre, Etoile de Bronze

Inhumé à la Nécropole Nationale du Pont du Marson (Marne), tombe n°4683
Sa veuve Germaine Delisse a reçu le 26/09/1915 une pension de 563 fr ; elle s'est remariée en 1920.

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Henri Bertrand, son neveu)

 

MORT POUR LA FRANCE entre le 25 et le 29/12/1915 à la côte 191

Marie Joseph HARDIVILLER, 25 ans

Berthecourt, OISE

Sous-lieutenant du 23e RIC, 21e Cie

(Au 1er rang)

Né le 31/12/1881, fils de Ghilbert Rustique et de Marie Horoy ; 5 frères tous soldats et étudiants en Lettres, Droit et Médecine ; classe 1901, matricule 725 au recrutement de Beauvais.

1m62, cheveux châtains, yeux gris bleus

Profession : Etudiant

ENGAGE VOLONTAIRE pour 4 ans au 8e, 11e et 2e RIC

Campagne de Cochinchine du 19/03 au 23/12/1904

Nommé Caporal le 16/01/1907

Rappelé à l'activité le 13/08/1014, passé au 23e RIC le 31/08/1914

Nommé Sergent le 10/02/1915, puis Sous-Lieutenant à titre temporaire le 27/05/1915

Tué à l'ennemi entre le 25 et le 29/12/1915 aux combats de Massiges côte 191 (on ne l'a plus revu depuis le 25, mais son corps a été retrouvé le 29. Compte tenu de l'état du corps, il a été impossible de dater la mort)
Inhumé au Cimetière provisoire de Virginy propriété Varoquier tombe n°349. Les corps ont ensuite été ré- inhumés à la Nécropole Militaire du Pont du Marson (Minaucourt) à 2 kms de Massiges.

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915

Lucien GRIMONT 23e RIC, 34 ans

Saint-Denis, ex-SEINE

Louis Joseph Lucien est né le 18/02/1881, fils de Louis Gustave, boucher, et de Marie Anne Joséphine Kuentz, tous deux originaires de l'Alsace.

De la classe 1901, matricule 1968, recrutement de Seine 1er Bureau

Le 27/10/1909, il épouse à Saint-Maur sa cousine Thérèse Kuentz

Il effectue son service militaire au 1er RIC puis est affecté au 23e RIC.

Rappelé par le décret de mobilisation générale, il arrive au Corps le 06/08/1914.

Le 25/09/1915, son régiment est décimé.

Sur une brochure "La Bataille de Champagne" conservée dans la famille, une mention manuscrite indique que "Lucien a été tué à l'assaut de la Main de Massiges à 8h45 du matin".

Une demie-heure donc, avant l'assaut. On disait dans la famille qu'il portait des messages (probablement à vélo)

L'avis de décès ne leur parvient que fin novembre! Après deux longs mois d'incertitude...

La famille reçoit les plans qui permettent la localisation de sa tombe : Lucien repose dans le Cimetière de Massiges n°1 (dit de la Place d' Armes) tombe 111, 5e rangée

Le 1er plan a été fait à la plume, le cimetière au crayon.

Cette tombe comprenait 4 corps identifiés par un piquet portant une cocarde tricolore et une plaque métallique:

Comme la loi l'impose, les soldats Henri Lauber et Henri Gremeaux, musiciens au 23e RIC, témoignent de son décès par "suite de blessure d'arme à feu".

Sa femme Thérèse se voit accorder une pension de veuve de guerre de 563 francs.

En mars 1922, le corps de Lucien est ramené par sa soeur à Epinay-sur-Seine où il est ré-inhumé.

Son nom figure dans l' église et sur le monument aux morts d'Epinay.

(Avec l'aimable autorisation de Patrick Grimont, son petit-neveu)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915

Eugène Maxime RAHARD, 31 ans

Versailles, SEINE ET OISE

23e RIC, matricule 02640

Né le 11/11/1883

"Ses deux décorations ainsi qu'une petite croix qu'il a du faire à l'époque et qu'il devait sans doute vouloir donner pour Noel à sa femme" (avec l'aimable autorisation de Marc et Jean-Pierre Rahard, ses petits-fils)

 

 

Marcel CANAVI

Pontailler-sur-Saône, COTE D'OR

Téléphoniste du 23e RIC

Aidée par Mme Duchâtel parente, Annie a retrouvé son ARRIERE-PETIT-NEVEU.

(Plaque trouvée en juillet 2015 sur la Côte 191 par Eric Marchal lors des travaux de remise en état des tranchées. Elle a probablement été perdue pendant la Grande Offensive de Septembre 1915 à la Main de Massiges)

Né le 20/01/1894, fils de Charles et Alexandrine Benoit ; 2 frères et 1 soeur ; classe 1914, matricule 1012 au recrutement de Dijon.

Profession : Domestique de culture

1m75 ; cheveux châtains, yeux gris bleu, cicatrice au front

23e RIC, 21e RIC puis 48e RA

Citation :

"Téléphoniste d'un courage et d'un dévouement absolus, toujours prêt à partir pour la réparation des lignes, le 21/08/1918 assure malgré un bombardement violent d'une façon permanente la liaison de sa Compagnie avec le groupe".

Atélectasie du poumon droit suite à une pleurésie, emphysème

En 1920 pension temporaire à 60%

A épousé le 27/05/1922 à Paris, Madeleine Prunieras.

Décédé le 22/05/1924 ; sa femme le suivra 6 jours plus tard !

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915

Sous-lieutenant du 23e RIC, 8e Cie, Section de Mitrailleuses, 28 ans

Villeneuve-du-Bosc, ARIEGE

Monument Aux Morts de Varilhes sur lequel son nom est gravé.

Né le 23/05/1887, fils de feu Pierre et de Jeanne Rouch

1,65 m ; cheveux châtain noir et yeux gris bleu

ENGAGE VOLONTAIRE pour 4 ans en 1906, passé au 10e RIC en 1909, rengagé pour 5 ans en 1911

Campagne du Tonkin de 1909 à 1913

Passé au 23e RIC en 1913 et promu Sous-Lieutenant le 7/09/1914.

Son nom est cité à plusieurs reprises dans le JMO du 23e RIC.

Tué par arme à feu le 25 septembre 1915 à Massiges.

Primo-Inhumé au cimetière des Coloniaux de la Place d' Armes, tombe n°40 ; il repose aujourd'hui dans l'un des ossuaires de la Nécropole militaire du Pont du Marson à 2 kms de Massiges.

Citation :

"Glorieusement tombé à la tête de sa section de mitrailleuses qu'il commandait au moment où il l'installait sur la position conquise à quelques mètres à peine de l'ennemi."

Sa lettre testament datée du 23/09/1915 a été trouvée dans sa cantine puis transmise à sa mère par son ordonnance:

« Pour remettre  à Mme Veuve Jeanne Santouil »

Le 23.9.1915

Bien chère mère et filleul,


Quelques jours avant l’attaque qui se prépare je tiens à t’écrire ces quelques lignes qui te seront remises après ma mort si par hasard Dieu en décide ainsi.

Cette lettre te dira que dans mes derniers moments j’ai pensé à vous tous, et je meurs pour vous défendre contre l’envahisseur barbare, et enfin pour notre France et notre belle Ariège que j’aime tant.

Ici je te dirais encore d’exécuter le testament que j’ai fait déposer avant la guerre j’y ajouterai simplement que si Louise de Paris te fait parvenir ma malle et enfin toutes mes affaires qui te seront un de mes souvenirs tu lui ajouteras une somme de 100 f de plus, mais comme je te l’ai dit ne lui réclame rien si par hasard elle oubliait de te faire parvenir mes effets.

Tu diras de ma part à Paul que j’espère bien qu’il ne sera plus polisson et deviendra je l’espère un modèle pour pouvoir consoler sa pauvre maman.

Et toi pauvre maman efforce-toi d’être forte, comme une femme française doit l’être ne songeant qu’à donner ses enfants pour le pays.

Ce qui te consolera c’est de savoir que je suis mort en brave faisant mon devoir et enfin qu’aux derniers instants votre nom sera prononcé.

Je vous embrasse une dernière fois à tous et si je meurs c’est en criant:

C’est pour la victoire, Vive la France !

Santouil 

La lettre qui suit est celle de Charles cordel, ordonnance du sous-lieutenant sébastien Santouil :

Le 28 octobre 1915


"Madame,

Au reçu de votre lettre je fais réponse aussitôt.

Vous  me demandez si j’étais là quand votre fils fut tué.

Oui et non.

Je n’étais pas tout prêt de lui mais je n’étais pas à plus de dix mètres.

Aussitôt qu’il fut touché le sergent m’as fais appeler de suite et je suis arriver pour le voir mourir.

Les seules paroles qu’il a prononcé furent : "laissez moi ce n’est rien" ; et à moi :"tu écriras à ma mère".

Je suis resté la jusqu’à son dernier soupir et nous avons été forcé de nous replier vu que les Boches contre attaquait.

Le lendemain l’ayant retrouvé je l’ai fais transporté à Massiges ou il est enterré seul.

La tombe sera facile à retrouver, elle se trouve dans le deuxième rang du cimetière du 23è à Massiges…" 

(Merci à Joel Dufis pour les photos du MAM)

 

 

BLESSE le 25/09/1915 à la MAIN de MASSIGES

Louis GRILLET 23e RIC

Sully, SAONE ET LOIRE

Né le 07/06/1874, fils de feu Jean et de Jeanne Claire ; Classe 1894, matricule 1796 au recrutement d' AUTUN.

Profession : boucher

1,70 m ; cheveux noirs, yeux roux

Mobilisé au 63e ri le 17/08/1914, passé au 23e RIC le 14/02/1914

Blessé le 25/09/1915 devant Massiges d'une plaie au tiers inférieur de la cuisse gauche par coup de feu.

Passé au 30e RIT le 03/12/1915 ; au 209e RIT le 08/01/1916 ; au C.O.A le 27/04/1917 puis au 5e Régiment du Génie le 03/12/1918

Libéré définitivement de toute obligation militaire le 01/10/1922

Décédé en 1950 à Choisy le Roi (Seine)

(Avec l'aimable autorisation de Roger Truffe, son petit-fils)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915

Sergent Marcel MERLEN 23e RIC, 32 ans

Gravelines, NORD

(à droite avec ses frères, en 1914)

Marcel MERLEN est né le 25/07/1883.

Il épouse Angèle Neukelman le 20/01/1909 ; de cette union naissent deux enfants : Marceline née en 1912 et Marcel en 1913.

Marin-pêcheur à Islande comme ses frères, il est le seul qui ne reviendra pas.

Mobilisé, il rejoint le 23ème RIC et reste à Paris jusqu'au 7 août 1915 puis se rend à la Main de Massiges avec son régiment.

Sa dernière carte postale avant Massiges, envoyée de Paris.

Il est tué le 25 septembre 1915 lors de la Grande Offensive.

(Avec l'aimable autorisation d'Alain MERLEN, son petit-fils)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915

Paul Eugène D'HAYER 23e RIC, 32 ans

Chenoise, SEINE-ET-MARNE

Né le 10/09/1883, fils de Paul Edmond et de Mathilde Millard.

1,73 m ; cheveux châtains et yeux bleus

Profession : charretier

Marié le 21/03/1908 à Georgette Chapotot : 4 enfants (Mireille, Maurice, Serge, et Renée)

Réformé le 30/12/1905 pour "endocardite rhumatismale"

Reconnu apte au service armé par le conseil de révision de la classe 1915

Arrivé au 23ème RIC le 25/02/1915, il a été tué le 25 septembre 1915 à Massiges (côte 191).

Inhumé au Cimetière de Massiges Place d'Armes tombe 17.

Extrait du JO du 20/03/1925 attribuant à titre posthume la Croix de Guerre avec Etoile de Bronze

Sa plaque de cimetière a été retrouvée en 2013.

 

 

Combats de MASSIGES de Septembre 1915

Armand CLEMENT 23e RIC (dont la 9e Cie)

Palais, MORBIHAN

Vue aérienne ancienne de la Nécropole militaire du Pont du Marson (Minaucourt)

Annie a retrouvé la petite cousine de ce grand homme dernier survivant (à notre connaissance), à avoir foulé la terre de Massiges!

"Armand CLEMENT est effectivement de notre famille, c'était un cousin germain de ma mère. Nous le rencontrions régulièrement pendant ses vacances belliloises car il habitait à PARIS où il était vendeur à la Samaritaine et célibataire.

 Il avait un frère ainé Constant, officier de Marine Marchande et une soeur Anne-Marie, dite Nanie, gardienne de la Citadelle de Belle-Ile-en-mer" (Anne Marie LOREC)

("Mlle CLEMENT dite Nanie, est une silhouette vêtue d'une longue cape noire qui hante les murs de la Citadelle de Belle-Ile en Mer. Désireuse de percer son mystère", une réalisatrice fascinée par ce personnage, "se heurtera à un silence pudique et concluera qu'il n'y avait peut-être pas de mystère, sinon la vie d'une femme qui vécut autrement").

Né le 31/03/1895, fils d' Armand et de Marie Lorec ; Classe 1915 , matricule 3315 au recrutement de la Seine (il résidait à Paris 5)

Profession: employé de magasin

Incorporé le 15/12/1914 au 23e RIC

Son régiment participe à la sanglante Offensive de Septembre 1915 :

Clément ARMAND avait 20 ans au moment des faits : la plupart des hommes de sa compagnie ne sont jamais rentrés .  

             
62 ans après, en 1978, il se manifestera auprès du Maire de Minaucourt.

Voici son émouvante lettre : 

"Je me permets de vous écrire pour savoir si une cérémonie civile ou religieuse est prévue pour le 25 Septembre.

Je vais vous dire que je suis un vrai soldat de Massiges, il ne doit plus en avoir légion.

J’appartenais au 23e Régiment d’Infanterie Coloniale, 3ème Bataillon, 9ème Compagnie.

Ce bataillon fut désigné comme 1ère vague d’assaut. Nous avons occupé les parallèles de départ au-dessus du village de Massiges. 

Dans la nuit du 24 au 25, venant de Dommartin sous Hans objectif côte 191, la 1ère ligne allemande fut enlevée assez rapidement mais sur la 2ème ce fut autre chose, les pertes furent énormes.

Comment j’en suis sorti, je n’en sais rien, je restais le seul de la section 55 hommes et parmi les 22 de la compagnie sur 220 dont un lieutenant Sagot que je ne connaissais pas au départ.

Pourtant, je ne fus pas épargné, mes vêtements étaient en loques par les balles, ma musette en dentelle et la marmite bouteillon sur mon sac que j’avais gagné à la courte paille, un trou comme le poing dedans.

Il y a environ une dizaine d’années, je suis allé à Massiges (…)

J’ai fais les attaques de la Somme, de l’Aisne, le Chemin des Dames, le secteur de Reims en 18 mais je n’ai rien trouvé d’aussi pénible que Massiges et la région, le 21ème sur notre droite, le 3 et 7ème Colonial.


Le Pont du Marson nous l’appelions le Pont de Minaucourt.
Le 25 Septembre, on m’a offert un demi quart dans la parallèle de départ (appelé « tacot dans la Coloniale, alcool donné aux troupes principalement pour l’assaut), je l’ai refusé étant très sobre à ce moment et je voulais conserver tous mes réflexes ; l’infanterie de ligne (la biffe) appelait cela de la gniole(…)

Quand je suis redescendu de l’attaque, elle était recouverte de cadavres mis les uns sur les autres que des brancardiers descendaient de la côte 191 et de ses abords.
Je vous remercie de tous les renseignements, le handicap c’est que j’avais 20 ans et 6 mois au moment des faits et que maintenant j’ai 82 ans et 6 mois mais je ne renonce pas.

Je suis très touché d’apprendre que les maires, les notabilités, les conseils municipaux et les habitants des communes limitrophes conservent le culte du souvenir de cette période tragique".

CLEMENT Armand

(Il décédera 3 ans plus tard sans avoir pu revenir une dernière fois fouler la terre de Massiges).

Citation : "Le 12 mai 1917, a assuré la liaison optique avec les éléments de 1e ligne malgré le bombardement violent auquel son poste était soumis".

Passé au 5e Bataillon des Tirailleurs Sénégalais le 06/09/1917, au 35e puis au 73e BTS.

Citation : "Chef de demi-section intrépide et brave. A l'attaque du 19/10/1918 a entraîné avec une audace remarquable des tirailleurs à l'assaut des positions fortement organisées sous un très violent tir de barrage d'artillerie et de mtrailleuses".

Promu Caporal le 16/10/1918

Médaille Militaire en 1970

Célibataire, il est décédé le 23/02/1981 à Paris.

Nous lui rendons sur cette page un ultime hommage.

Cimetière de MINAUCOURT, aujourd’hui.
Crée en 1915, il renferme les corps de  21330 soldats français  dont  12000 « connus de Dieu seul ».

 

 

DISPARU MPLF à MASSIGES le 28/09/1915

Ernest Léon POISOT 23e RIC, 40 ans

St Germain en Laye, SEINE ET OISE

Né le 12/04/1875, fils d'Etienne et de Louise Hilarion

1,61 m ; cheveux bruns et yeux marrons

Profession : employé de bureau

Réformé le 14/11/1896 pour faiblesse générale

Classé service armé (Décision du conseil de Révision) le 01/12/1914

Arrivé au 23e RIC le 19/03/1915

Disparu le 25 septembre 1915 à l'âge de 40 ans.

Décédé le 28 septembre 1915 à Massiges des suites de blessures d'armes à feu (avis du 6 janvier 1916).

Dans un premier temps pourtant, la famille reçoit ce courrier et reprend espoir : Ernest n'est que blessé ou fait prisonnier!

Un avis de recherche est publié.

Le témoignage d'un cousin qui l'a vu exploser avec sa caisse de grenades, permet de rédiger son acte de décès.

"Tué le 25 septembre 1915, à Massiges en accomplissant vaillamment son devoir".

Croix de guerre avec étoile de bronze

Son corps ne sera jamais retrouvé.

La famille n'a eu de cesse de chercher le lieu de sa sépulture :

"En 1984 j'y suis retourné avec mon épouse, et fus étonné du changement, toutes les tranchées étaient comblées et l'herbe avait repoussée, il m'a semblé qu'il n'y avait plus d'espoir de retrouver des restes des combats de 1915...

Mardi dernier (Avril 2014) je regarde le dernier épisode d' Apocalypse (...) quand vous parlez de la Main de Massiges, vous ne pouvez imaginer quelle émotion je ressens en voyant la façon dont les tranchées ont été reconstituées, et l'espoir que peut être, mon grand-père y est encore".

(Avec l'aimable autorisation de Monsieur Daniel Hodel, son arrière-petit-fils; en 1938 il s'est rendu sur le terrain avec ses parents (Roger Hodel et Suzanne Poisot, fille d' Ernest) puis en 1984 toujours avec l'espoir de retrouver l'endroit où repose son bisaieul)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à la MAIN de MASSIGES (Côte 191) le 25/09/1915

Emile Léon CHANOINE 23e RIC, 28 ans

St Martin sur Ouanne, YONNE

(Plaque trouvée par le père de Thérèse Mathieu sur la côte 191, à l'endroit où Emile a été mortellement blessé)

Grâce à Annie, ses NIECE et PETITE-NIECE ont été retrouvées (la soeur d'Emile était leur mère et grand-mère)

Né le 16/12/1887, fils d' Emile (journalier) et de Marie Louise Robin (lingère). Un de ses frères, Georges, est Mort Pour La France le 20/12/1914 à la Haute Chevauchée (Marne).

1,64 m ; cheveux châtains, yeux gris

Profession : manoeuvrier

Réformé en 1909 pour tuberculose pulmonaire, il sera classé dans le service armé par décision du conseil de révision le 21/12/1914.

Arrivé au 23e RIC le 23/02/1915, il est tué entre le 21 septembre et le 28 septembre 1915.

(Avec l'aimable autorisation de Mme Honnorat, sa petite-nièce)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à la MAIN de MASSIGES (Côte 191) le 25/09/1915

François DURANTHON 23e RIC, 22 ans

Gouise, ALLIER

Né le 17/12/1892, fils d' Antoine et d' Amélie Michel ; classe 1911, matricule 335 au recrutement de Moulin.

1,67 m ; cheveux châtain, yeux marron foncé ; tatouage sur le bras droit représentant une grappe de raisin.

Profession : employé résidant à Paris

Engagé volontaire pour 5 ans le 24/06/1912.

Engagé sur la Côte 191 lors de la Grande Offensive du 25/09/1915, son régiment est décimé : François ne rentrera pas.

Il repose à la Nécropole du Pont du Marson, dans la tombe 4545. 

(Avec l'aimable autorisation de Bruno Léval, ami de François Duranthon, arrière petit-fils du soldat)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 27/11/1915

Albert SAISON 23e RIC, 20 ans

Chesnay, SEINE ET OISE

(Frère d' arme et de sépulture de Raoul JAME qui repose à ses côtés!)

Né le 25/11/1895, fils d' Albert et de Désirée Lesourd ; classe 1915, matricule 1959 au recrutement de Versailles.

Profession : menuisier

1,54 m ; cheveux châtains bruns, yeux bruns roux

Incorporé à compter du 19/12/1914

Tombé glorieusement le 27/11/1915 à Massiges en faisant bravement son devoir.

Citation : "S'est toujours fait remarquer par son calme dans les moments critiques".

(Merci à Valérie Loriot, petite-nièce de Raoul Jame)

 

 

MORT POUR LA FRANCE à MASSIGES le 25/09/1915

Raymond MOREAU 23e RIC, 32 ans

Paris 13e, SEINE

Né le 22/03/1883, fils de François (coiffeur) et d’Antonie Dubar (modiste) ; classe 1903, matricule au recrutement de la Seine 1er Bureau.

1,61 m ; cheveux châtains, yeux noisette

Il demeure à Paris XIXe où il exerce le métier d’horticulteur.

ENGAGE VOLONTAIRE pour 4 ans au 8e RIC

Il demeure à Paris, puis dans l’Oise, part en Algérie durant plusieurs années et s’installe de nouveau à Vaujours (aujourd'hui Seine-Saint-Denis). Il y épouse le 04/04/1914 Juliette Quittard : une fille, Suzanne, naît de leur union en 1915.

Rappelé à l'activité le 01/08/1914 au 23e RIC, engagé dans la terrible Offensive du 25 septembre 1915 :

"L'attaque est déclenchée à 9h15. Le régiment a pour objectif la cote 191 de la Main de Massiges. Les bataillons d'assaut (2e et 3e), formés en quatre vagues, s'élancent sur les pentes sud de la position, dans un ordre parfait, comme pour une parade. La première vague n'a pas parcouru 50 mètres qu'elle se trouve prise sous un feu violent de mousqueterie et de mitrailleuses, les autres vagues sont prises sous le feu de l'artillerie qui va en augmentant d'intensité. Aucun arrêt n'est marqué, les compagnies vigoureusement entraînées par leurs officiers continuent la progression, malgré les pertes qui commencent à devenir très sérieuses.
Des mitrailleuses, de tous côtés sur le sommet de la position entrent en action, une casemate dans laquelle se trouvent un canon tirant à mitraille et plusieurs mitrailleuses se révèle. Tout ce qui progresse sur les terre-pleins est littéralement fauché; les éléments ayant déjà, dans le premier bond, franchi la crête, sont pris sur le versant nord, sous des feux violents partant d'un plateau situé au nord-ouest de la position.
Les pertes sont extrêmement élevées; presque tous les officiers sont tombés, les unités sont complètement mélangées. La situation devient très critique; l'ennemi contre-attaque; nos munitions sont presque épuisées, nos sections de mitrailleuses complètement anéanties. La casemate dont les pièces n'ont pu être réduites au silence coupe notre liaison avec l'arrière.

Une série de combats acharnés, au corps à corps, sont livrés pour enrayer l'avance ennemie, après l'épuisement de nos munitions". (JMO du 23e RIC)

Raymond MOREAU est tué à l’ennemi le 25 septembre 1915 à Massiges.

Inhumé à la nécropole nationale du Pont-de-Marson, tombe n°25, son nom est inscrit sur les monuments aux morts érigés à Tremblay en 1920 et 2014 et sur celui de Vaujours.

(Avec l'aimable autorisation de Jean-Pierre Creuzot)

 

 


Recherches de famille en cours...

Emmanuel BLAZY du 23e RIC

Bordeaux, Gironde

Robert s'est interessé à ce délicat dossier et recherche la famille de ce soldat déserteur récidiviste. Cette plaque a été trouvée par Eric Marchal.

Né le 26/08/1891, fils de Paul et de Louise Tavernier ; Classe 1911, matricule 773 au recrutement de Bordeaux.

1,62 m ; cheveux châtain foncé, yeux marron foncé

Profession : vidangeur

Rengagé le 25/03/1913 pour un an au 3e RIC. Passé au Régiment Mixte Colonial de la division marocaine le 20/09/1914, puis au 23e RIC le 26/09/1914.

Blessé le 25/09/1915

Condamné à 5 ans de prison le 17/08/1916 pour désertion en présence de l'ennemi et à la dégradation.

Déserteur le 28/07/1917, repris à l'effectif du dépot le 11/12/1917.

Condamné le 25/05/1918 à 5 ans de TP (Travaux Publics) pour "désertion à l'intérieur en temps de guerre."

Sa peine étant supérieure à une année, il fut conduit à Fontevrault, aux côtés de réclusionnaires et de forçats, parmi les criminels.
L’exécution des peines de travaux forcés ne nécessitait plus une transportation en Guyane, mais une incarcération dans une maison centrale de la métropole : celle de Fontevrault, ancienne abbaye, est la principale de ce genre.  
Cette centrale est la plus dure que la France a pu connaitre, comparable au bagne. 
Il y avait 1600 détenus alors qu'elle était conçue pour 700 et on enregistrait deux décès par semaine.

Décédé au "bourg" (terme utilisé pour désigner le pénitencier), à l' hôpital de Fontevraud le 04/09/1919.

Le carré des détenus du cimetière a été relevé récemment pour un problème de place, en lieu et place, il y a un monument, mais pas de noms.

Seul le registre des écrous nous informera du lieu d' inhumation : soit le carré des détenus, soit un rapatriement familial.

En 1916, Emmanuel Blazy a échappé à la peine maximale (Fusillé) alors qu'il a été condamné pour désertion en présence de l'ennemi. Cette clémence peut se comprendre en analysant sa fiche matricule :

1- il est blessé le 25 septembre 1915
2- il est déclaré à l'intérieur du 26 septembre 1915 au 27 juillet 1916 (la cause doit être les soins suite à la blessure)
3- il est condamné par le CG du 17 août 1916 suite à sa non présence en zone de guerre, justifiant la désertion en présence de l'ennemi.
4- il est déclaré à l'intérieur du 28 juillet 1916 au 28 juillet 1917 (donc reconnu aux armées, pas en fuite, alors qu'il doit être certainement déclaré guéri)
5- il est à nouveau déclaré déserteur le 28 juillet 1917, là il est absent aux armées, après sa guérison, donc de nouveau déserteur pour absence réelle.
6- il est de retour au dépôt le 11 décembre 1917
7- il est condamné par le CG le 21 mai 1918 pour désertion à l'intérieur. La période du 11 décembre au 21 mai 1918 n'est pas retenue très certainement pour cause de prison.

Conclusion de Robert : 
- cet homme n'a pas voulu remonter en ligne après cette blessure.
- la clémence du 1er CG il l'a obtenu certainement au vu de ses blessures, les juges ont dû comprendre les raisons de son absence en 1ere ligne. Car comme je l'ai dit pour ce fait de désertion c'était la peine de mort.
- la récidive avec absence le conduit directement en prison.
- en tous les cas il devait exécuter ses peines de prison et de TP (Travaux Publics)

Sa blessure est certainement cause de tous ses malheurs.

BLAZY Emmanuel a été blessé le 25 septembre 1915 à l'assaut de la côte 191 de la Main de Massiges :

"Dans la nuit du 24 au 25 septembre, le régiment prend ses emplacements d'attaque. Les 2e et 3e bataillons occupent les parallèles de départ. Le 1er bataillon se rassemble à Virginy. L'attaque est déclenchée à 9h15. Le régiment a pour objectif la côte 191 de la Main de Massiges. Les bataillons d'assaut (2e et 3e), formés en quatre vagues, s'élancent sur les pentes sud de la position, dans un ordre parfait, comme pour une parade. La première vague n'a pas parcouru 50 metres qu'elle se trouve prise sous un feu violent de mousqueterie et de mitrailleuses, les autres vagues sont prises sous le feu de l'artillerie qui va en augmentant d'intensité. Aucun arrêt n'est marqué, les compagnies vigoureusement entraînées par leurs officiers continuent la progression, malgré les pertes qui commencent à devenir très sérieuses.

Des mitrailleuses, de tous côtés sur le sommet de la position entrent en action, une casemate dans laquelle se trouvent un canon tirant à mitraille et plusieurs mitrailleuses se révèle. Tout ce qui progresse sur les terre-pleins est littéralement fauché; les éléments ayant déjà, dans le premier bond, franchi la crête, sont pris sur le versant nord, sous des feux violent partant d'un plateau situé au nord-ouest de la position. Les pertes sont extrêmement élevées; presque tous les officiers sont tombés, les unités sont complètement mélangées. La situation devient très critique; l'ennemi contre-attaque; nos munitions sont presque épuisées, nos sections de mitrailleuses complètement anéanties. La casemate dont les pièces n'ont pu être réduites au silence coupe notre liaison avec l'arrière.

Le lieutenant-colonel MONHOVEN est blessé au moment où il rallie plusieurs groupes pour faire face à la contre-attaque. Une série de combats acharnés, au corps à corps, sont livrés pour enrayer l'avance ennemie, après l'épuisement, de nos munitions. Les hommes, pleins d'entrain, s'ingénient, à rechercher toutes les réserves de grenades abandonnées par l'adversaire et, ce sont celles-ci qui permettent d'arrêter sa progression.

Le 1er bataillon en réserve envoie deux compagnies en soutien qui ont à franchir un barrage très serré d'artillerie. Néanmoins, ces deux compagnies parviennent jusqu'à la ligne de feu et avec les éléments des deux autres bataillons réussissent à rejeter encore deux contre-attaques. La nuit ayant permis l'organisation rapide du terrain conquis, le groupement des unités décimées, le ravitaillement en munitions et la mise en état de quelques mitrailleuses, le régiment, dont les hommes sont admirables d'énergie et, d'entrain, repousse, dans la matinée du 26, deux très puissantes contre-attaques. Au cours de la journée et jusqu'au 1er octobre, le régiment continue sa progression vers le Nord, par des combats acharnés à la grenade, la totalité de la position, premier objectif du régiment, est entre nos mains".(Historique 3e D.I.C.)

 

 

 

JMO 21e RIC

(Dès le 5 février, il reprend le secteur au Bois d'Hauzy, ayant un bataillon en ligne, un en réserve et un aux travaux.
A partir du 26 février, le régiment a ses trois bataillons en ligne, un au Bois d'Hauzy, et les 2 autresà Ville-sur-Tourbe)